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 A trop agir sans penser, nous pensons sans réfléchir. (Bastet)

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Anonymous
MessageSujet: A trop agir sans penser, nous pensons sans réfléchir. (Bastet)   A trop agir sans penser, nous pensons sans réfléchir. (Bastet) Icon_minitimeMar 26 Mar - 21:10

Ce n'était pas qu'il s'ennuyait ; on ne pouvait pas s'ennuyer quand on avait été un loup pendant des éternités, à vivre dans une complète immédiateté ou presque, un loup condamné à la solitude. Ce n'était pas qu'il se sentait mal à cause de cela : il était moins isolé qu'autrefois, mais n'était toujours pas à l'aise dans sa communauté d'origine, et était obligé de s'y intégrer tant bien que mal parce que Néméil n'était pas sa bonne vieille Terre. Non, c'était tout autre chose. Quelque chose qu'il ne pouvait pas admettre, qu'il n'avouerait même pas sous la torture. Quelque chose de honteux, de scandaleux, d'infâme ; quelque chose qui ne pouvait pas convenir à quelqu'un de sa nature. Il n'aurait jamais dû ressentir une telle chose, jamais ; Jörmungand, l'ancienne terreur des Scandinaves, ne pouvait pas se permettre une telle faiblesse. Non, c'était impossible ; lui était fort, il ne se laissait pas manipuler par ses sentiments. Alors non, cette chose ne pouvait avoir lieu, et jamais elle ne franchirait le seuil de ses lèvres.
Mais bon sang, il avait envie de la voir...
C'était pour cette raison que, contre tout ce que la raison pouvait lui dire, il s'était mis en route et éloigné de son quartier scandinave. Direction le secteur égyptien, un endroit où il avait pu mettre les pieds occasionnellement, mais certainement pas assez souvent pour s'y repérer. Mais il saurait la retrouver. Un loup ne perdait pas facilement une trace, et ce n'était pas parce qu'il était sous forme humaine qu'il allait la laisser s'échapper. Il la voyait un peu comme une proie. Mais quel genre de proie avait à ce point contrôle sur son prédateur, lequel n'arrivait pas à faire autre chose que de la suivre, hypnotisé ? Elle occupait ses pensées, d'une certaine manière, cela le rendait malade. Il aurait voulu ne jamais la rencontrer. Ne jamais avoir envie de s'approcher de cette femme qui avait un lien particulier avec les animaux, ce qui l'avait toujours attiré. Mais cela lui était tombé dessus, le piège s'était refermé. Et maintenant, il ne parvenait plus à s'en extraire. Il était devenu fou. Obsession. Pourquoi elle, d'abord ? C'était à peine mieux que d'avoir envie de fréquenter un de ceux qui l'avaient rejeté pendant si longtemps. Elle ne le connaissait, n'avait pas de raison de l'accepter comme il l'était. Surtout qu'il ne lui avait pas vraiment caché qu'il avait mauvais caractère et qu'il n'était peut-être pas aussi gentil que ce que sa physionomie avenante pouvait laisser entendre...
Il finit par arriver dans l'avenue de Gizeh, nom qui ne lui disait absolument rien, sinon qu'elle y serait sans doute. Jörmungand s'y enfonça avec une pointe de doute. Est-ce que cela n'allait pas paraître bizarre s'il commençait à rendre visite à quelqu'un de ce quartier ? On risquait d'en parler, c'était mauvais pour sa réputation... Mais ses pieds étaient, comme le dit l'expression, bête. Ils étaient incapables de comprendre la voix de la raison, ils se contentaient de suivre mécaniquement le chemin. De l'emmener de plus en plus près d'elle. Et il ne voyait même pas pourquoi il faisait cela, c'était totalement irrationnel. Depuis quand rendait-il visite à quelqu'un quand il avait envie de le voir ? Ce n'était pas son genre. Il était un Fenrir, un loup solitaire qui ne voyait les autres que lorsqu'il en avait besoin. Le reste du temps, il n'en avait rien à faire d'eux, sinon qu'il s'attendait à pouvoir leur faire peur. Mais rien de plus. A elle, il ne voulait pas faire peur, il n'avait pas envie d'être une menace. Parce que si elle le rejetait, il en souffrirait, c'était certain.
Mais elle était là, juste devant lui, et il se stoppa net. Les mots se bloquèrent dans sa gorge, et il fut incapable de s'approcher plus, saisi. L'enchantement dans lequel il se trouvait était maintenu, mais une question venait de se former dans son esprit. Et maintenant qu'il y pensait, le problème paraissait particulièrement épineux.

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver comme excuse pour justifier que je suis là pour elle ?
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A trop agir sans penser, nous pensons sans réfléchir. (Bastet)

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