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 Drôle de cas [Kaeso & Gemma]

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MessageSujet: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeSam 22 Juin - 16:16

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Drôle de cas


Kaeso & Gemma

Anubis, Anubis, où peut-il habiter ? J'étais à la recherche du dieu des morts égyptiens. Quelques jours auparavant, j'avais rencontré Sealiah, sa demi-soeur, et je lui avais promis de faire tout ce que je pouvais pour le retrouver. La pauvre demi-déesse avait besoin de béquilles pour marcher, ce n'était vraiment pas pratique pour explorer une île. J'essayais donc de l'aider de mon mieux, je ne voulais pas rester sans rien faire. Direction le Quartier Sud, où logeaient les divinités égyptiennes. Là-bas, je rencontrerais peut-être plus facilement Anubis. Espérons-le.

Il faisait si chaud dans ce quartier ! Je transpirais à grosses gouttes. Je n'étais pas habituée à la chaleur, être dans le Quartier Latin était déjà compliqué, mais là ! Je ne savais pas où commencer mes recherches, mais il était hors de question que j'aille en ville, et ne parlons même pas du désert ! Commençons par un coin d'ombre, un peu de fraîcheur agréable, oui... Je suivis un chemin jusqu'à une vallée, arrivant près d'un lac. De l'eau, un peu de vent frais ! Parfait !

Je longeais le lac au hasard. Je ne savais pas où aller, ne connaissant pas du tout le Quartier, mais mon instinct me disait de suivre le chemin. Si j'étais un dieu égyptien, je me reposerais à l'ombre pendant l'après-midi, une petite sieste au bord de l'eau... Et, au coucher du soleil, je retournerais en ville festoyer avec mes pairs. Le soir, l'air n'était plus si étouffant, j'en profiterais pour sortir, oui. ll ne restait plus qu'à espérer qu'Anubis respectait cet emploi du temps - qui était parfait d'ailleurs, ce serait vraiment bête qu'il ne le suive pas.

Je marchais ainsi assez longtemps. Presque une demi-heure, et je n'avais vu personne. Je commençais à me poser des questions. Peut-être que les Egyptiens résistaient mieux à la chaleur, et qu'ils n'avaient pas besoin de s'arrêter de vivre parce qu'il faisait quarente degrés. Mon T-shirt était humide tellement j'avais transpiré, j'étais en nage, la sueur me collait les cheveux au front, je puais, tout ce que je n'aimais pas. Je regardai ma montre. Continuer encore une dizaine de minutes, et ensuite demi-tour, tant pis. Cela voulait dire que le destin était contre moi.

Cinq... Quatre... Trois... Deux... Un... Les dix minutes étaient passées, et toujours personne. Mais bon sang, c'était quoi ces Egyptiens ! Pourquoi n'y avait-il personne autour du lac ? C'était tout de même assez agréable... A moins que... Des crocodiles ! Il y avait peut-être des crocodiles ! Non. Non, ce n'était pas possible, personne n'avait parlé de crocodiles ! Et puis, j'avais prévenu Vénus, elle m'aurait interdit de venir s'il y avait des reptiles mangeurs d'hommes. Et, comme pour me donner raison, je vis quelqu'un au loin, assis près de l'eau, et aucun crocodile ne le dévorait. Je n'avais pas de raison de m'inquiéter alors !

Quelqu'un ? Enfin, c'était peut-être mon jour de chance ! C'était peut-être Anubis en personne qui pêchait pour s'occuper. Peut-être, peut-être. Je voulus courir pour rejoindre cette personne, mais au bout de trois pas à peine, j'étais essouflée. Ah, cette chaleur, c'était lourd ! Bon, ce serait en marchant alors... Dommage, cela faisait moins dramatique. On est censé arriver en courant, au ralenti si possible, les cheveux dans le vent et on tombe dans les bras de la personne qui nous a tant manquée ! La réalité ? En marchant et en soufflant comme un boeuf, les cheveux gras, vers un inconnu qui risque de s'enfuir en me voyant arriver. C'est tout de suite moins glamour.

Je croisais les doigts pour que ce soit Anubis, ou quelqu'un de sa famille. Lorsque je m'approchais suffisamment pour voir qui c'était, je ne pus retenir un soupir de déception. Kaeso. Ce n'est pas que je ne l'aimais pas, mais il n'était pas égyptien, et ce n'était probablement pas lui qui saurait où est Anubis. Je m'assis à côté de lui en silence, puis :

"Tu connais Anubis ?" demandai-je sans y croire.

Finalement, ce n'était pas forcément une mauvaise chose. J'appréciais Kaeso, mais il était un peu bizarre. A vrai dire, je ne savais pas grand-chose de lui. Et ce que je savais n'avait pas beaucoup de sens. Il ne doit pas être dangereux, non, il ne doit pas être méchant non plus. Juste un peu asocial peut-être. Non, asocial n'est pas le mot. Il est étrange, en fait. Le voyage l'avait énormément perturbé. J'avais l'impression qu'il ne supportait pas Néméïl, encore moins que tout le monde. Personne n'était ravi d'être ici, mais lui, ce n'était même pas comparable !

"Ca va ? Je crève de chaud."

En fait, c'était même bien qu'il soit là. Ca me ferait un peu de conversation. Et puis, peut-être que je trouverais ce qui l'a rendu aussi bizarre. Et, si ça se trouve, il connaissait des secrets de l'île. Vu qu'il n'est jamais avec nous, il doit savoir plein de choses ! C'était peut-être l'occasion de percer son cas... Le Kaeso.

Créditsimage 1 : inconnu
image 2 : WILD HEART. on Bazzart


[HRP : Mon dieu, inspiration de fou pour trouver un titre. Suspect fall ]


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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeMar 25 Juin - 13:10

Parfois, même les buffles ont envie de se détendre comme le font les humains. Et ce, même quand ils détestent avoir leur apparence. Mais Kaeso est dans un de ses rares bons jours. Il n'a rien pris aujourd'hui, pas d'alcool, pas de drogue, pas de médicaments, rien. Son malaise est présent, mais assez attenué par sa curieuse envie de jouer. Hé oui, même un camé de sa trempe peut être parfaitement sobre, quand il en a envie. Bien sûr, il ressent un manque un peu bizarre, mais son addiction n'est pas encore trop développée, il arrive donc à le supporter. A condition, bien sûr, de se dépenser un peu. L'exercice physique a toujours été un plaisir pour lui, l'occasion d'entrer en communion avec son corps, d'en avoir conscience et d'en prendre soin. Même s'il passe son temps à le détruire, parfois, Kaeso aussi a envie de faire les choses bien. Voilà pourquoi il s'entraîne aujourd'hui même, la chaleur ne le dérangeant absolument pas, vu qu'il a toujours été une créature africaine, vivant en Éthiopie. Au contraire, il la trouve plutôt agréable, même si sa peau pâle a tendance à être plus fragile que celle, noire, qu'il avait sous sa forme de buffle. Le destin a décidé de le rendre clair de peau, comme pour le torturer encore plus. Torse nu, vêtement d'un simple short de toile et de sandales ouvertes, le buffle a fière allure, même s'il n'en a pas conscience. Quelques déesses qui passent par là ne peuvent s'empêcher de le regarder s'entraîner, admirant la courbe parfaite de son corps qui n'est pas encore ravagé par les mauvais traitements. Si l'une d'elles avait sauté le pas, et lui avait proposé d'aller boire un verre, et plus si affinités, Kaeso n'aurait pas dit non, à partir du moment où elle était suffisamment jolie pour attiser sa convoitise. Il est dénué de toute pudeur humaine, à vrai dire, à part peut-être qu'il n'aime pas se balader nu, se sentant trop vulnérable. Si une femme lui plaît et veut de lui, il n'y a pas de mal à s'accoupler. Cela fonctionne ainsi, dans la nature : telle est la loi de la reproduction, celle qui permet de faire de beaux buffles tout neufs et forts, encore qu'avec un Catoblépas, les choses étaient un peu différentes, vu qu'il avait toujours eu une conscience, même si elle était moins développée qu'aujourd'hui.
Enfermé dans une concentration de fer, celui qui ressemble à un très charmant jeune homme s'essaie au lancer de javelot... et constate qu'il n'est pas si nul que cela. En fait, il est même plutôt doué, surtout si on se rappelle qu'il a passé des millénaires sans pouvoir lever la tête du sol. Il jubile, il se sent heureux. Le sport est une autre forme de drogue, il le sait, et il se demande parfois s'il ne ferait pas mieux de le substituer à d'autres substances. Quoique, cela lui permet de conserver sa forme, alors qu'il a plutôt envie de la détruire. Mais bon, pour le moment, il est bien.

Kaeso finit par prendre une pause et à s'asseoir au bout du terrain. Ses efforts ont payé, mais maintenant, il est peu somnolent, et il a envie de dormir. D'ailleurs, il se laisserait volontiers faire si son instinct lui disait de ne pas s'endormir à découvert. Il n'est plus un buffle, la nature ne sera plus aussi clémente, et il risque d'attraper des coups de soleil, phénomène absolument ignoble qu'il a découvert à ses dépens, et qui lui fait regretter l'ébène de son ancien cuir. Il boit un peu, et ferme ensuite les yeux, se prélassant sans protection car, même en sachant qu'il peut brûler, il aime la caresse du soleil sur sa peau. Il se sent tellement mieux en plein soleil... Tout à coup, une petite voix le tire de sa léthargie, et il sursaute, incapable de comprendre ce qui vient de lui arriver. Ouvrant les yeux, il aperçoit la silhouette de Gemma, et lui adresse un sourire. Il réfléchit un instant à la question qu'elle vient de lui poser, puis cherche la réponse. Voilà bien un nom qui ne lui dit absolument rien. Sans doute un dieu d'une quelconque mythologie dont il n'a pas la connaissance. Il ne connaît vraiment pas bien les dieux, aussi secoue-t-il la tête.

« Désolé, je ne connais personne de ce nom. Bonjour, petite Gemma. »

Petite, car elle n'est qu'une demi-déesse de quinze ans, et sa taille n'est pas non plus aussi imposante que la sienne. Quinze ans. Que c'est minuscule, comme temps de vie... on ne peut pas reprocher à Kaeso de la trouver petite, et aussi fragile qu'un nourrisson. Cela dit, elle a des connaissances que lui n'a pas, et inversement. Cela l'amène à la traîter avec respect. De toute façon, il commence à avoir l'habitude de ces personnes qui ne vivent pas depuis si longtemps, mais qui ont une conscience développée depuis plus longtemps que lui.

« Chaud? » Kaeso se met à rire. « Je ne crois pas, non. J'ai l'habitude de ce type de températures. Et, sans vouloir t'offenser, tu serais plus à l'aise si tu portais une couche de vêtements moins importante. »

Ce n'est cependant pas une invite, loin de là. Kaeso a bien des défauts, mais à ses yeux, Gemma est encore une enfant, et on ne touche pas aux enfants. De toute façon, il se sait déjà assez dangereux pour elle, inutile d'en rajouter. Elle ne devrait pas traîner avec un individu aussi louche que lui, mais il est content qu'elle le fasse quand même. Se relevant, le torse en sueur soudain bombé, il retourne vers le javelot qu'il a laissé tomber, le ramasse et le soupèse.

« Pourquoi tu cherches cet Amudis ou je ne sais plus son nom ? Qu'est-ce qu'il a de particulier pour que tu aies envie de le voir ? »

Puis, sans attendre la réponse, il se met en position, commence à viser, puis lance le javelot dans un mouvement qui dénote son expérience nouvellement acquise. Il a encore du travail pour être performant, mais il se débrouille plutôt bien, et on le sent à l'aise dans cette discipline.
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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeSam 29 Juin - 14:46

Kaeso ne connaissait pas Anubis. Tant pis. Je m'en doutais, mais il fallait bien essayer. De toute façon, cet Anubis m'énerve, à ne pas pointer le bout de son nez. Cela faisait un bon bout de temps que j'étais dans le Quartier Egyptien, et toujours pas de signe du dieu. Je ne pensais pas le trouver en quelques secondes - Sealiah n'avait pas réussi, pourquoi serais-je meilleure qu'elle ? - mais c'était tout de même long. Je n'étais pas patiente, je n'aimais pas chercher les choses, j'avais l'habitude de tout trouver instantanément. Je n'étais pas gâtée, je n'étais pas capricieuse ; seulement, j'avais toujours eu des facultés et une chance incroyables. Alors là... Devoir faire des efforts... C'était pénible.

"Bonjour, petite Gemma."

Je ne me formalisai pas du "petite". Tous les dieux me considéraient comme un bébé, j'en avais l'habitude. C'est vrai que j'étais un microbe par rapport à eux. Quinze ans, ce n'est rien. Ils me prenaient pour une enfant, mais ils m'accordaient une liberté assez incroyable, ce que je ne comprenais pas. J'en profitais, bien sûr, mais pourquoi ne cherchaient-ils pas à me protéger ? Maman n'aurait jamais accepté que je me promène ainsi sur une île inconnue et hostile, au milieu de dieux aux pouvoirs redoutables. Décidément, les immortels n'avaient aucune idée de ce qu'était l'adolescence. Soit ils voulaient me nourrir au biberon, soit ils cherchaient à me saouler. C'était un extrême ou l'autre. Et, à force d'être vue ainsi, je devenais puérile et adulte à la fois. Les moments où j'étais gamine étaient de plus en plus fréquents, je rajeunissais dangereusement chaque jour. Et, dans le même temps, je me livrais à des expériences inconnues : dire que je m'étais laissée entraîner dans un bar par Dionysos ! Plus jamais, plus jamais, oh, le mal de crâne et la honte du lendemain... Non, je ne veux pas y penser. Dionysos, je le déteste, je le hais... Cette méchanceté gratuite ! Ce mépris ! Mais il a l'air tellement gentil quand il te regarde dans les yeux, avec son air innocent, "ce n'est que s'amuser"... Je sais que, malgré mes promesses de ne plus jamais me laisser distraire de cette façon, je me ferai avoir par son sourire angélique et ses propos mielleux. Je connais le piège, mais je cèderai tout de même, j'en suis persuadée. Et je le déteste encore plus, cet hypocrite qui prétend être ton ami pour mieux te ridiculiser le lendemain. Qu'il crève aux Enfers ! (Ce qui, soit dit en passant, n'est pas un sort si cruel que cela, quand on connaît bien Perséphone.) Parlons d'autre chose, je ne m'aperçois pas que je m'énerve. Pensons à autre chose, oublions ce monstre qui se prétend dieu.

"Bonjour, grand Kaeso" répondis-je alors en écho avec un sourire.

A peine m'étais-je assise que j'étais affalée par terre. La chaleur me tuait, j'entrais doucement mais sûrement dans cet état de larve que je me connaissais. J'aurais pu rester ainsi pendant des heures. En Angleterre, dans mes moments de fainéantise aiguë, je passais la journée entière en pyjama, ne bougeant pas du fauteuil devant la télévision, regardant les programmes les plus stupides sans avoir la force de me lever pour prendre la télécommande et changer de chaîne. Triste paresse. Ici, j'avais chaud, mais je n'avais même pas la force de m'éventer.

Kaeso fit une remarque sur ma couche de vêtements. Quoi ? J'avais un gilet pour me protéger des coups de soleil, et un pantalon pour la même raison. La crème solaire me collait la peau, je détestais son contact ; et il fallait bien se protéger des ultraviolets cancérigènes. Manque de chance, le gilet que je portais alors était foncé et assez épais. Je regardai l'arbre qui nous protégeait de l'astre du jour. Son ombre ne rendait plus nécessaire mes habits anti-coups de soleil. En soupirant (quel effort insurmontable il fallait faire !), j'enlevai ma veste et la laissai traîner en boule à côté de moi. Ah, oui, effectivement, c'était tout de suite mieux.

Une des paroles du jeune homme me fit hausser les sourcils. Lui, l'habitude de ce type de températures ? Habitait-il en Afrique ? Il était pourtant blanc. Ce n'était pas impossible de voyager, bien sûr, tous les Africains ne sont pas noirs, je sais... Mais il n'était même pas bronzé ! Ma cousine a la peau plus tannée que lui, alors qu'elle ne passe que l'été aux Canaries.

"Ah bon, tu as l'habitude ? Tu habitais où ?" demandai-je sans la moindre discrétion.

A ce moment-là, je ne sais pas pourquoi, peut-être que ma question était déplacée, je n'en sais rien, Kaeso se lève et ramasse une lance. Je ne pus retenir un petit cri de surprise. Que faisait-il avec cette arme ? Allait-il m'embrocher ?

"Pourquoi tu cherches cet Amudis ou je ne sais plus son nom ? Qu'est-ce qu'il a de particulier pour que tu aies envie de le voir ?"

Je ne pus pas répondre, trop occupée à regarder la pointe du javelot, presque hypnotisée. Comment peut-on jouer avec ce genre d'objet ? C'est un coup à se blesser ! Et Kaeso a l'air de trouver cela parfaitement normal, il continue même la conversation ! Eh bien, il ne doit pas se rendre compte. Parce qu'un accident peut toujours arriver, le risque zéro n'existe pas. Il y a des gens qui meurent de choses très stupides. Ce serait dommage que cela m'arrive. Je m'étais relevée brusquement, tendue. Qu'est-ce qu'il va faire ? Son geste répondit à ma question : du lancer de javelot, pardi ! Bien sûr. Je soupirai de soulagement. En plus, il avait l'air de savoir comment ça s'utilise. Cela me rassurait. Un peu.
Et je me sentais très bête. En même temps, les dieux ont des comportements tellement étranges qu'il aurait effectivement pu m'embrocher. Kaeso était encore plus bizarre que les dieux, il est peut-être même cannibale. Et puis, on n'est jamais trop prudent. Mais je ne me sentais pas très intelligente tout de même.
Les battements désordonnés de mon coeur s'étaient calmés en voyant le javelot s'éloigner. J'étais maintenant en l'état de répondre :

"Anubis, un dieu Egyptien. J'ai rencontré sa demi-soeur, et elle ne sait pas où il peut être. Du coup, j'essaie de lui donner un coup de main."

Mon regard se porta à nouveau sur le javelot, planté dans le sol à une bonne distance. Je ne voyais pas tellement l'intérêt d'un tel sport. Lancer un piquet le plus loin possible. Où est l'adrénaline ? Où est l'excitation ?

"Tu aimes bien ?!" demandai-je, sincèrement surprise.

Il faut dire que je n'étais pas très sportive. Je faisais un peu de natation avec papa le dimanche matin, mais c'était surtout pour garder la ligne. Pourquoi autrement ? Faire des allers-retours dans un bassin, ce n'est pas très palpitant. J'avais essayé la gymnastique, mais j'avais trop mal, ça tirait partout, et je n'étais pas souple du tout ; j'ai rapidement abandonné. J'aimais assez les sports collectifs qu'on pratiquait au lycée, mais les garçons ne voulaient jamais faire la passe aux filles. On courait sur le terrain, mais c'était inutile : nous étions transparentes. De toute façon, à la longue, c'est toujours la même chose, le sport. On tourne en rond. Le javelot m'avait l'air encore pire. Tu es tout seul, tu jettes un bâton en priant pour qu'il aille loin, youpi. Mer-veil-leux.

"Et t'as pas peur de tuer un canard ou un écureuil ?"

Peut-être qu'il n'en avait que faire des canards. Quant à moi, ma préoccupation essentielle était de ne tuer personne, de ne pas faire de catastrophe. Et si ce n'était pas un canard, mais une déesse qui fait bronzette ? Quoique... S'il ne s'inquiète pas, c'est qu'il sait viser, il n'est tout de même pas si cruel que cela (j'espère). Ca doit être génial de savoir viser. De tirer où l'on veut. Prendre un ballon, shooter dedans, et il entre dans le but. Cela paraît tout simple, mais je peux dire que non, pour avoir essayé plusieurs fois en vain.

"Je vais le chercher !" proposai-je alors soudainement, me surprenant moi-même. Je bondis sur mes jambes. Je devais être hyperactive, incapable de me tenir tranquille plus de deux minutes. Alors, des grands pas ! Un... Deux... Trois...

"Quarante-deux et demi !" m'exclamai-je en arrivant au niveau du bâton. Mes enjambées n'étaient pas très régulières, je ne connaissais pas leur équivalence dans le système métrique. Je m'abstins donc d'indiquer l'unité utilisée.
Je me battis pour enlever le javelot du sol, et tirai comme une furie sur la tige. Mes mains glissaient, ce n'était pas facile, mais je finis par déplanter la lance - et sans tomber en arrière, s'il vous plaît ! Je revins vers Kaeso en sautillant.

"C'est bien ?" demandai-je. Je n'avais aucune idée du niveau de Kaeso. Je savais que j'aurais fait moins, c'était tout.


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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeDim 30 Juin - 13:22

Le Catoblépas se sent plutôt bien, avec un javelot en main. Bien sûr, il est loin d'égaler son ancienne puissance, et ne vaut pas ses anciennes armes. Pourtant, il doit reconnaître que c'est un objet fort utile, et très agréable à lancer. Cela le discipline, l'aide à maintenir son équilibre et à mieux prendre conscience de son corps humain. Il ne sait pas pourquoi est-ce qu'il s'est mis à ce sport. Peut-être parce qu'il en avait assez de voir Sansierge désapprobateur de tout ce qu'il faisait, qu'il avait donc eu envie de lui montrer qu'il pouvait aussi s'adonner à d'autres activités, même si elles sont elles aussi liées à la destruction et à la mort. Le lancer de javelot est un art martial, qui lui fait comprendre que son corps n'est peut-être pas si faible que cela. Dénué d'armes correctes, oui, encore qu'on peut apparemment s'affronter à mains nues. Mais pas si faible. Peut-être que la force est concentrée de façon différente. Kaeso n'a jamais eu une vie d'ensemble sur la vie, il a toujours été coincé dans un espace assez faible, au milieu de l'immensité de la nature. Bon, d'accord, peut-être que c'est mieux d'être humain de ce point de vue. Mais voilà bien un aveu qui lui arracherait la langue, et dont il ne parlerait jamais. Kaeso, accepter sa transformation ! N'importe quoi. Toujours est-il que, tant qu'il s'entraîne, il arrive à compenser son effroyable manque. Et cela l'aide aussi à éliminer les toxines, les substances qu'il ingurgite, et les pensées noires. L'avenir du buffle serait-il dans le sport ?
Gemma lui a demandé où il habitait avant, et Kaeso n'a pas nécessairement envie de replonger dans son idyllique passé. Rien que sa peau pâle de petit homme le déprime, lui qui avait un si beau cuir, noir et lustré... Cependant, il finit par lui répondre, comme si cela ne lui posait pas de problèmes de parler de son passé ;

« La plus belle région du monde, sans doute. Je crois que vous l'appelez Ethiopie, désormais. Un nom bien pauvre pour une terre si riche... »

Kaeso choisit un autre javelot, le soupèse et décide qu'elle fera l'affaire pour son prochain lancer. Certains ne sont pas assez équilibrés à son goût, comme si ils avaient été mal faits. Peut-être est-ce juste qu'il a un mauvais feeling en ce qui les concerne, et qu'il n'a pas envie de tenter sa chance avec eux, pour ce qu'il en sait. Gemma ne semble pas trop comprendre l'intérêt qu'il peut y porter. A vrai dire, lui non plus. Juste qu'il se sent bien quand il lance son javelot, qu'il se rappelle son ancienne puissance... mais ce serait trop compliqué d'expliquer cela à une demi-déesse. Elle n'a aucune idée de l'étendue de son manque, et le buffle ne sait pas trop si c'est possible de la lui montrer. Il a déjà essayé, bien sûr, mais elle ne pense pas que la vie animale est si riche qu'il semble le prétendre, et ça a été un échec. En tout cas, il œuvre pour l'en convaincre.

« C'est une manière comme une autre d'occuper le temps. J'aime surtout ce que je ressens quand j'ai une arme en main. Je suis fort, et mon manque est moins grand, car je sens que j'ai les moyens de me défendre. Lancer le plus loin possible ce machin n'est qu'un défi comme un autre, qui me pousse à me montrer que je ne suis pas limité par une faible enveloppe corporelle. Si je tue un autre animal, ce serait dommage, mais telle est la loi de la Nature. Nous devons tous être tués par quelque chose. »

Il n'ignore pas l'étrangeté de son discours. A vrai dire, c'est difficile d'expliquer ce qu'il ressent vraiment par des mots. Ce ne sont que des étiquettes décidées avec arbitraire – sauf pour les onomatopées – et il a parfois du mal à se dire qu'elles remplissent pleinement leur objectif. Comment un son qui n'a rien à voir avec la réalité pourrait-elle l'englober entièrement ? Même son propre nom, prononcé par des lèvres humaines, perd quelque chose, à son sens. Il sait que c'est un nom qui le représente tout entier, dont il a toujours eu conscience, mais les phonèmes lui paraissent presque dénués de sens.
Alors qu'il garde en main le second javelot qu'il compte lancer, il la laisse aller le chercher, et mesurer la distance. A vrai dire, la distance chiffrée, il ne s'en soucie pas. Comme les mots, les chiffres ne sont que des étiquettes. L'essentiel, c'est d'aller toujours plus loin. Pendant que Gemma s'éloigne, Kaeso réfléchit à cet Anutruc, ou peu importe son nom. Gemma a envie d'aider un dieu. Brave petite, toujours prête à rendre service. Cela dit, il ne connaît pas ce dieu, et il espère qu'il n'est pas méchant. Les dieux doivent être respectés plus que tout, en particulier les siens, même si il ignore qui ils sont vraiment – la proximité géographique n'est pas forcément un critère, de ce point de vue-là -, mais il faut aussi savoir se défendre quand ils outrepassent leurs droits. Ne pas poser de questions et obéir, mais ne pas se laisser bêtement sacrifier. Si on doit y perdre la vie, ce doit être pour une bonne raison, et pas pour leur simple bon plaisir. Gemma atteint alors le javelot, et donne un nombre qui ne dit absolument rien à Kaeso. Il n'a pas mesuré ses autres lancers, il se repère juste en fonction des éléments naturels : le repère que forme un arbre ou un rocher lui suffit. C'est plutôt cela qui lui fait reconnaître que c'est un bon lancer : il a dépassé son dernier repère.

« Plutôt bien, Gemma, par rapport à mon niveau, répond prudemment Kaeso. Mais fais attention à ne pas te blesser. Je vais en lancer un autre. »

Il lui fait signe de se reculer un peu, pour ne pas être sur sa trajectoire – il est assez confiant en ses capacités pour ne pas l'obliger à sortir complètement du terrain – et commence à viser.
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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeMer 3 Juil - 17:51

Kaeso venait donc d'Ethiopie. Je fronçai les sourcils. Lui, un Africain ? Il avait peut-être été adopté, mais généralement, c'était l'inverse : les Européens qui adoptaient des enfants étrangers. L'Afrique ne me faisait pas rêver. Il faisait chaud, et avec la désertification... Ah, du sable partout, ça colle, ça gratte, et les cheveux deviennent trop facilement gras ! Et puis les problèmes d'accès à l'eau potable, la corruption, la pauvreté, les famines, les épidémies... Il devait y avoir de beaux paysages, bien sûr, mais la vie me paraissait incroyablement difficile. Je savais que j'étais victime de préjugés ; l'Afrique est évidemment bien plus complexe que ces simples stéréotypes.

Je ne parvenais pas à imaginer comment Kaeso vivait là-bas, et encore moins comment il s'est retrouvé ici. Il n'y a pas de dieu africain sur Néméïl ! De toute façon, Kaeso n'était pas un dieu, ni un demi-dieu, je ne pense pas. Il aurait fallu qu'il soit grec ou romain (pas assez bronzé pour être égyptien, trop pour être scandinave ; encore une fois, je jugeais sur l'apparence, mais c'était ainsi que cela fonctionnait), mais il n'était jamais avec les autres divinités, comme s'il ne les connaissait pas. Même en étant asocial, il faut quand même communiquer un minimum ! Il ne pouvait pas être un dieu, mais alors ? J'avais entendu parler de créatures sous forme humaine... Serait-il un Cyclope ? Un Sphinx ? Une chimère ? Un basilic ? Un phénix ? Oh, un phénix, ce serait bien ! Ca doit être tellement étrange, une vie de phénix ! Mourir autant de fois que l'on souhaite ! J'espère qu'ils ne souffrent pas trop quand ils renaissent.

Kaeso parle d'occuper le temps. Tout le monde s'ennuie ici. L'île est grande, mais on finit par devenir fou tout de même. C'est surtout l'idée de ne pas pouvoir partir qui fait mal. Savoir que nous sommes tous enfermés. Pourtant, le paysage est magnifique, il y aurait énormément de choses à découvrir, je suis certaine que l'endroit est plein de mystères à explorer. Mais, au lieu de s'enthousiasmer pour cette nouvelle aventure, on déprime. Je me demande s'il y a ne serait-ce qu'une seule personne ravie d'être ici. Je ne crois pas.

Il me parle de manque. Manque de quoi ? Moi, c'est ma famille qui me manque, c'est ma maison, et toutes ces petites habitudes qui font que je me sens chez moi. Etait-ce pareil pour Kaeso ? J'avais du mal à le croire. Savoir se défendre l'aide à combler ce manque, dit-il. Un manque de puissance peut-être ? La nostalgie des pouvoirs passés hante tous les dieux, depuis qu'ils ont perdu leur magie. Ce doit être cela. Ils se sentent tout nus, sans leurs pouvoirs, comme les simples mortels qu'ils sont devenus. C'est une bonne raison pour faire une dépression. Mais Kaeso n'a pas l'air déprimé.

Ses paroles sonnent étrangement. On dirait presque qu'il n'a pas confiance en lui... Je ne comprends pas. Il est grand, il a l'air plutôt fort, décidé, imposant. Je suis certaine qu'il pourrait être un adversaire redoutable s'il le voulait. Moi, je ne mesure pas un mètre soixante-cinq, j'ai la carrure et la prestance d'une souris, pas la moindre autorité ni le moindre pouvoir, et pourtant, je n'en suis pas arrivée à lancer des bâtons pour me sentir puissante ! Cela dit, ce n'est pas le lancer de javelot qui pourrait m'aider, au contraire : je me sentirais plutôt nulle qu'autre chose. Pas besoin de me rappeler que j'étais physiquement très faible.

Et la mort, toujours. J'ai l'impression qu'il n'en a pas peur. Que cela ne lui fait rien. Qu'il ne se rend pas compte. Ou il s'en rend compte, mais c'est tout. On doit être tué... Je ne dirais pas cela comme ça. Je dirais : "on doit mourir" - et encore, pas tous, pas les dieux... La nature, la nature... Mais il n'y rien de naturel à ce que nous vivons ! Les dieux, les pouvoirs, Néméïl, est-ce naturel ? Je ne sais pas d'où cela vient, c'est tellement plus fort et plus grand que moi, je ne peux comprendre... Mais ce n'est pas normal, ce n'est pas dans l'ordre des choses. Naturel, non, tout sauf naturel ! Je ne sais pas s'il s'agit d'un rêve collectif ou d'une hallucination, je ne sais pas pourquoi ni comment ces dieux ont été créés. Je tourne en rond avec mes questions, revenant toujours au même point. Et, inlassablement, la même conclusion : rien. Rien, on n'en sait rien, et je vais devenir folle. Peut-être que je suis déjà folle, et que tout cela n'existe que dans mon esprit. Mais pas la gentille folie sympathique, pas ce côté original qui fait sourire ; non, la vraie folie, sombre et triste, toute seule dans le noir.

Ah non, Gemma, ne commence pas à déprimer ! Pas maintenant, ce n'est vraiment pas le moment. Pense à autre chose. Le javelot, tiens. Fais comme Kaeso. Il vient justement d'en lancer un autre, regarde, il a l'air content, ça doit lui faire du bien. Peut-être que ça marche pour de vrai. Il faudrait essayer, pour voir. Se sentir plus fort, moins douter. Être sûr de soi. Ca doit être bien.

Finalement, j'en étais aussi au point de lancer un bâton qui ne m'avait rien fait. C'était triste. C'était bête.

"Je vais essayer" déclarai-je d'une voix neutre.

Je regardai les javelots par terre. Ils avaient l'air tous d'être à la même taille. Bon. Il fallait en prendre un au hasard. Maintenant, toute la difficulté était de le tenir en l'air d'une seule main. Je tremblais un peu, mes tremblements se propageaient et s'amplifiaient dans le bâton. Je ne le tiendrai pas longtemps en l'air, je devais m'en débarrasser rapidement.

"Attention !" criai-je en guise d'avertissement. J'espérais que Kaeso allait s'éloigner suffisamment. Non pas que je me sentais capable de lancer ce bout de bois très loin, mais je n'étais absolument pas sûre de la direction. Il aurait pu partir dans n'importe quel sens, j'étais incapable de prédire où ce javelot allait atterrir. Je ne m'en rendais pas compte sur le moment, mais j'étais un danger public.

Et... Paré au décollage... Lancer ! En sautant, je balançai le javelot en avant, les yeux fermés (mes propres gestes brusques me faisaient peur). Le bâton ne fit pas cinq mètres, il ne se planta pas dans le sol, mais roula doucement. Et, moi, je ne sentais rien du tout. Rien, à part peut-être l'épaule droite qui tirait un peu.

"Ca marche pas" dis-je, déçue.

Je n'y arrivais pas, comme je le pensais. Je ramassai le javelot, et le posai parmi les autres lances. Puis, je m'assis par terre, un peu en retrait, boudeuse. J'avais raison : ce n'était pas amusant.


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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeMer 10 Juil - 14:45

Le buffle a presque trouvé la liberté dans ce sport ridicule, que seule une créature humanoïde a pu inventer. Complètement inutile, mais fichtrement divertissement. Sa colère fond comme neige au soleil – drôle d'expression, d'ailleurs, il n'a jamais vu de neige – et le laisse soudainement calme, presque dans des conditions idéales pour réfléchir. Réfléchir, lui ? Songer à quoique ce soit est une stupidité qu'un Catoblépas ne peut se permettre. Il est important de vivre dans l'instant présent, de se concentrer sur les mouvements de son corps. Ses muscles s'activent et roulent sous sa pâle peau. Cela le choque, parfois, de se rendre compte que c'est une sensation fort agréable, peut-être moins puissante que l'avancée majestueuse du buffle, mais tout aussi grisante. Tout compte fait, il ne boira pas, ce soir. Sans doute qu'il le ferait demain, mais aujourd'hui, son manque est remplacé par une étrange euphorie complètement absurde qui le rend plus content de son sort qu'il ne l'a jamais été. Il pourra peut-être relever la tête, avec le temps. Mieux vaut ne pas plonger tant que la gamine est là. D'ailleurs, elle veut l'imiter, et Kaeso ravale la soudaine irritation qui vient de l'envahir. Elle veut faire comme lui ? Il a envie de lui dire que ce n'est pas un jeu, et certainement pas une activité pour les gosses, mais bon, elle est assez grande pour se faire mal si elle fait des bêtises. En soufflant légèrement, Kaeso se recule le plus loin possible, et la regarde. Elle ne lui demande même pas de la guider ! Voilà une fille bien téméraire ; c'est une chance si elle ne se fait pas mal en lançant le javelot... Contrarié, le buffle ne dit rien, se contente d'observer, le visage totalement neutre. Et sans surprise, le javelot ne vole pas loin, ce qui semble surprendre Gemma. Bien sûr, si elle lui avait demandé son avis, il lui aurait dit qu'elle s'était mal placée, et que le plus important n'est pas nécessairement la force que l'on y met : le mouvement compte plus. Boudeuse, elle part s'installer dans un coin, et Kaeso soupire. Pas facile de s'accommoder de Gemma. Elle a une fâcheuse tendance à fourrer son nez partout, comme si sa mère ne l'avait pas assez bien éduqué. Le buffle s'approche d'elle, et s'assoit à son tour en tailleur dans un mouvement plein de grâce dont il n'est pas du tout conscient.

« Si tu fonces comme cela, sans demander d'avis, tu ne peux pas réussir, remarque Kaeso en conservant un ton neutre. Tu n'as même pas regardé où tu lançais : tu as fermé les yeux au moment fatidique. Comment veux-tu réussir quoique ce soit si tu crois bien faire ? »

Il a presque l'air intrigué dans cette dernière phrase. L'impulsivité, il connaît bien : il a l'habitude de suivre ses pulsions. Mais depuis qu'il a un corps d'homme, et un esprit mêlé à celui d'un homme, il se rend compte que certaines choses nécessitent la réflexion. En général, dès qu'une chose n'est pas naturelle, elle doit être abordée avec prudence, parce qu'elle est nécessairement compliquée. Mais en vérité, ce n'est pas ce qui gêne vraiment Kaeso : il aurait été capable d'agir comme elle. Non, c'est plutôt le fait qu'elle se mette à jouer au même jeu que lui. Mince, pour une fois que quelque chose lui plaît, il aimerait bien le garder pour lui ! Cependant, la cause réelle de son irritation demeure enfermée au plus profond de son âme, et il sourit d'un air affable à Gemma.

« Vous êtes des choses très étranges, commente Kaeso. Vous inventez l'intelligence, mais vous ne vous en servez pas toujours. C'est bon à savoir. »

Il n'a pas vraiment conscience de l'étrangeté de sa parole. A ses yeux, tout est clair. Même les personnes qui sont censées réfléchir ne le font pas toujours. On ne peut donc rien lui reprocher quand il se conduit en animal ! Bien sûr, il aurait préféré ne pas avoir à se conduire autrement qu'en animal, mais il se sent rassuré par cette éventualité. Il a le droit à l'erreur...
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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeJeu 11 Juil - 19:11

Je boudais. De toute façon, c'était nul, inintéressant, inutile, stupide, lassant, ennuyeux. Et n'allez pas me dire que je fais preuve de mauvaise foi, parce que ce que je dis est vrai : le javelot, c'est zéro. Je n'aurais même pas dû essayer, puisque cela ne sert à rien. Ma carrière de lanceuse de javelot s'arrête là. Je n'y toucherai plus, tant pis. Le monde est peut-être passé à côté d'une athlète de haut niveau, mais cela lui apprendra à inventer des occupations aussi lamentables. Qui était l'idiot qui avait fait de ce machin débile un sport olympique ? Et pourquoi pas la corde à sauter ? La pétanque ?

Et il ne manquait plus qu'on vienne me faire la morale ! Kaeso s'assoit à côté de moi, d'un mouvement fluide et parfaitement maîtrisé pour bien montrer que lui sait utiliser son corps, et cela m'énerve. Il veut faire son adulte, mais le costume ne lui va pas, bien trop large pour ses épaules (enfin, métaphoriquement. Parce que je n'ai rien à redire de ses épaules, anatomiquement, elles sont très bien). Il prend une voix calme et raisonnable, qui se veut compréhensive alors qu'elle ne fera que critiquer - je le sais d'avance, c'est toujours la même chose avec les gens soi-disant responsables. Il me traite comme une gamine, alors qu'il ne doit pas avoir dix ans de plus que moi. Qu'il ne vienne pas me donner de leçon, je suis certaine d'être plus sage que lui !

Je ne vais pas pouvoir réussir, je m'y prends mal, na na na... Il a raison, et cela m'agace, parce que cela implique que j'ai tort - et je n'aime pas avoir tort. Foncer sans demander d'avis... Au contraire ! Être têtue, être décidée, c'est une qualité, la plus belle de toutes ! La persévérance, la volonté, la détermination ! Si je me mettais à me préoccuper de savoir si le monde entier sera d'accord avec moi, je ne pourrais rien faire. Plutôt une cuillère bleue ou verte ? Ballerines ou baskets ? Attends, je fais un sondage, dans trois semaines j'aurais une réponse, ce n'est pas un délai insurmontable !
Pathétique. Il faut être buté pour finir par réussir. Ses paroles me braquent encore plus. Le javelot, c'est pourri, de toute façon, mais je me doute bien que nous ne parlons plus de cela. C'est comme avec les parents, qui finissent toujours par généraliser, et faire la liste de tous nos défauts ! Très bien. Pour moi, ce sera tête de mule en entrée, irréfléchie en plat et maladroite pour le dessert.

Je ne réponds pas. Et puis, franchement, pour qui se prend-il ? Kaeso, tout de même ! J'accepterais ce genre de discours de Vénus, d'Idun, mais pas de Kaeso ! Il ne me donnait pas l'impression de consulter énormément de monde avant de faire quelque chose. En tout cas, il ne m'avait pas demandé mon avis pour faire du javelot. D'ailleurs, je me demande bien qui l'y a autorisé. Suis-je bête, Monsieur doit être majeur et responsable de ses actes, il fait ce qu'il veut et personne n'a rien à y redire. Pire : nous ne sommes pas sur Terre, il n'y a peut-être même pas de majorité qui tienne ici ! Alors, si j'étais comme lui, pourquoi se permettait-il de me sermonner ? Et d'abord, n'avait-il pas appris tout seul ? Comme s'il n'avait pas décidé de lui-même !

"Toi, t'as demandé à quelqu'un son avis pour réussir, peut-être ?" demandai-je d'un ton presque accusateur. "Alors pourquoi j'aurais besoin de conseil, si tu n'en as pas eus ?"

Il fallait bien essayer ! Et puis, il aurait dû me dire "Ce n'est pas grave, on apprend de ses erreurs". Il aurait dû être gentil, tenter de me consoler, "n'abandonne pas sur un coup de tête". Mais non, je ne suis pas fière de moi, et Monsieur vient m'enfoncer encore plus, me disant clairement que je suis nulle, que je serai toujours nulle, et qu'il n'y avait plus rien à faire. Lui peut réussir, mais moi non, jamais, ce n'est pas possible, je ne peux que rater ! Son air de supériorité m'exaspère.

"Vous êtes des choses très étranges. Vous inventez l'intelligence, mais vous ne vous en servez pas toujours. C'est bon à savoir."

Ses dernières paroles m'offensent beaucoup plus gravement. Le javelot, il n'y a aucune intelligence à avoir ! Comment peut-il parler ainsi de moi, alors qu'il me connaît à peine ? Je suis certaine que Kaeso aurait été incapable de résoudre une équation trinôme du second degré, de décrire la situation de la dette publique dans les pays du Tiers-monde ou de parler de thermodynamique. Et il vient sous-entendre que je suis une idiote finie ! Cela me fait enrager, mais je me sens surtout blessée. Ce domaine-là m'appartient, je sais que je suis douée, je sais que je suis intelligente, je sais que je suis vive d'esprit. S'il y a bien un organe dont je me sers particulièrement, c'est le cerveau. Kaeso n'a pas le droit de me rabaisser ! C'est de la méchanceté gratuite. C'est injuste.

De toute façon, c'est toujours pareil. Je suis trop petite, je ne peux pas comprendre. Ils prennent toujours leur air supérieur, parents, professeurs ou dieux, ils ont toujours raison. Et si je ne suis pas d'accord, c'est que je suis trop jeune. Merci bien. Et le pire, c'est qu'il n'a pas l'air de se rendre compte. Il n'a aucune idée de la portée de ses mots. Il me traite d'imbécile - l'insulte que je ne peux supporter par excellence - avec un grand sourire !

"Tu es méchant de dire ça comme ça" bougonnai-je. "Quand les gens sont déçus, il ne faut pas en rajouter. Mets-toi un peu à ma place ! C'est méchant."


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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeMar 30 Juil - 20:33

Kaeso est surpris quand il se rend compte que Gemma sous-entend qu'il n'a demandé à personne de lui enseigner le mouvement nécessaire au lancer de javelot. C'est ce qu'elle pense ? Kaeso est très buté, mais il n'est pas non plus un solitaire dans l'âme. Un buffle n'a pas forcément conscience de son individualité : il sait surtout qu'il appartient à l'essence du buffle. Un Catoblépas est un peu à part : il sait qu'il est un individu, de sorte que Kaeso a toujours été un peu individualiste, même si cela peut sembler bizarre pour un animal. Cependant, il n'est pas non plus stupide : il lui arrive de demander l'avis de quelqu'un avant d'agir. En l'occurrence, il a pris quelques conseils auprès d'un lanceur de javelot avant de s'adonner à ce sport. Cela dit, ce que pense Gemma de lui est plutôt intéressant. Elle le voit vraiment comme quelqu'un de complètement impulsif, comme si elle ignorait qu'à force d'évoluer dans un corps humain, il commence à prendre des habitudes humaines. Jamais il n'aurait demandé conseil avant : il aurait agi spontanément. Mais dans ce corps, il n'a pas de réflexes, et un instinct défaillant, il ne peut donc pas se permettre d'agir seul.

« J'ai demandé, figure-toi. Pourquoi crois-tu que je maîtrise le geste ? Ce n'est pas inné. »

Il commencerait presque à apprécier son corps d'athlète. C'est plutôt agréable d'avoir des muscles bien faits, et que l'on arrive à maîtriser. C'est très différent d'un corps de buffle, et pourtant, la sensation de bien être est la même. Il se met à rire, comme s'il était vraiment heureux. Hé bien, peut-être l'est-il quand même. Méchant, lui ? Le bien et le mal sont des notions qui lui sont étrangères. La moralité ne lui est pas totalement inconnue, désormais, mais elle reste assez difficile à concevoir. Tout comme la vexation de Gemma a un petit côté étrange. Elle est censée lui apprendre ce genre de choses, qui relèvent du domaine social. Ce n'est absolument pas quelque chose où Kaeso est expert : il connaît la société des Catoblépas, et elle lui paraît infiniment plus simple que cette communauté mal coordonnée, où le seul point commun est de faire partie de la mythologie...

« Je ne sais pas, ce n'était pas méchant de ma part. J'ai juste fait une remarque sur le comportement humain, tu comprends, c'est toujours très étrange pour moi. Tu es un sujet d'étude très intéressant, est-ce que c'est un compliment ? »
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MessageSujet: Re: Drôle de cas [Kaeso & Gemma]   Drôle de cas [Kaeso & Gemma] Icon_minitimeSam 2 Nov - 11:45

« J'ai demandé, figure-toi. Pourquoi crois-tu que je maîtrise le geste ? Ce n'est pas inné. »

Les mots de Kaeso me surprennent tellement j'en oublie de bouder. Pour le coup, je ne sais que dire. Je reste là, sans bouger, bouche bée. Pardon ? Kaeso, lui, qui demande quelque chose à quelqu'un. Le monde ne tourne vraiment pas rond. C'est comme... C'est comme Loki qui se met à faire la danse des canards, c'est comme Hadès de bonne humeur, c'est comme Dionysos sobre : impossible. Pourquoi ferait-il ça ? C'est absurde ! Pas toi, Kaeso, pas toi ! Que les autres changent, c'est normal – de toute façon, quand on voit d'où ils sont partis, ce n'est pas étonnant qu'ils finissent mal. Mais là... Mais toi...

Je ne sais pas ce que je pensais. Ce devait être son côté différent. Solitaire. Guidé par l'instinct. Je ne sais pas d'où cette impression me vient. Après tout, je ne le connais pas tant que ça. Ses paroles me surprennent encore plus que le fait qu'il ait demandé de l'aide (chose déjà hautement improbable). Inné ? C'est exactement le mot qui me gêne. Justement, je devais croire que c'était inné pour lui. Pas besoin d'apprendre. Pourquoi n'aurait-il pas besoin de s'entraîner ? Je ne sais pas d'où me vient cette supposition. C'est étrange.

« Je ne sais pas, ce n'était pas méchant de ma part. J'ai juste fait une remarque sur le comportement humain, tu comprends, c'est toujours très étrange pour moi. »

Je rougis un peu de honte, et je baisse les yeux. J'avais tort de bouder, de me vexer, puisqu'au final, ce n'était pas méchant. Non, c'est moi maintenant qui suis méchante. Je commence à regretter, quand je pense que ce n'est pas si grave. Comme si Kaeso s'en préoccuperait. Comme si cela le toucherait. Je veux dire, vraiment. Cela ne lui ferait pas plaisir, mais il ne sentirait pas blessé comme je le suis. Mais c'est parce qu'il est plus âgé, et c'est un garçon de toute façon. Et même, plus que ça. Il n'est pas pareil. Quoi que... Après tout, peut-être que je ne le connais pas aussi bien que je le pense. Il a bien demandé des conseils. Burk.

« Tu es un sujet d'étude très intéressant, est-ce que c'est un compliment ? »

Je souris. Ce n'est peut-être pas très bien formulé, mais ça a l'air gentil. Être intéressant, c'est toujours positif, non ?

« Merci, toi aussi. Enfin, t'es bizarre. Mais je t'aime bien. Tu ne parles pas beaucoup, tu ne parles pas pour ne rien dire – ça change des autres, ça fait du bien. Moi, j'aime bien parler pour ne rien dire, je ne sais pas pourquoi. Et puis toi, tu écoutes, tu ne dis pas grand-chose, une remarque de temps en temps, juste pour montrer que tu ne t'es pas endormi. Je crois que c'est pour ça que je t'aime bien. T'es étrange, mais j'ai l'impression que je te comprends. Non, pas vraiment, je ne te comprends pas, ce n'est pas le mot... C'est juste que tu m'as l'air... Transparent. Je ne sais pas comment expliquer. Comme si je voyais à travers – mais pas à travers ton âme ou d'autres jolies métaphores, non – à travers ton corps, un peu comme si tu n'étais pas là. Comme si tu étais invisible. Tu ne prends pas autant de place que les autres. J'adore réfléchir à voix haute avec toi. Oui, je t'aime bien. »

C'est surtout par contraste avec les autres dieux, je crois. Forcément, quand on est habitués aux harpies et aux dieux des ténèbres, on se sent tout de suite plus proche d'une personne à peu près normale. Même si Kaeso est tout sauf normal. Enfin, il est plus normal que les autres. Je veux dire : plus simple. Eux ont une tête de la taille d'une montgolfière, je ne parle même pas de l'état de leurs chevilles. Alors que Kaeso est plus comme les garçons que je connaissais avant, en Angleterre. Il ne réfléchit pas pour rien, il va droit au but, et il ne se prend pas la tête.

Je réfléchis un moment. Quelque chose m'a gêné tout à l'heure, mais je ne parviens plus à mettre le doigt dessus... Un sujet d'étude ?
Et, brusquement :

« Mais au fait, t'es quoi ? »

On ne demandait pas qui sur Néméïl. Le qui n'était pas toujours intéressant. Qu'il se nomme Kaeso ou Britney, ce n'est pas cela qui comptait. Enfin, s'il s'appelait Britney, cela aurait été quand même assez important, parce que ça voudrait dire qu'il n'était pas très bien dans sa tête. Non, le quoi est bien plus essentiel. Je ne me souviens plus de ce qu'était Kaeso. Je ne sais même plus si je lui ai déjà demandé. Il y a tellement de tout et surtout n'importe quoi sur cette île. L'autre jour, on m'a dit qu'il y avait un Sphinx. J'ai pensé à Obélix en Egypte et j'ai ri. Mais quand on y pense bien, ça fait quand même un peu peur. Des gens qui ont un corps de lion et d'homme doivent avoir un esprit assez dérangé. Bande de psychopathes.

Qu'est-il ?

Pas nordique. Pas égyptien.
Pas grec.
Pas romain.
Demi-dieu ou créature.

Créature. Obligé. Ca expliquerait pas mal de choses. Mon regard s'illumine. Je sens que je viens de toucher un point important.

« Raconte-moi ta vie. Steuplait. »


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Drôle de cas [Kaeso & Gemma]

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