Partagez | 
 

 [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Mer 10 Avr - 15:18


    La matinée s’était déroulée dans des fous rires que j’appréciais beaucoup en compagnie de cet homme, celui qui tenait la boulangerie et qui avait été le premier humain avec lequel je m’étais liée d’amitié. Il avait fait en sorte de réorganiser son arrière-boutique pour que je puisse plus facilement me déplacer avec mon fauteuil roulant. C’était un geste qui me touchait énormément de sa part. J’esquissais un peu chaque jour, sur mon bloc note, des nouvelles formes pour ses pâtisseries. On discutait de ses envies, de sa façon de voir telles ou telles gourmandises prendre forme aussi bien dans son esprit que dans le mien. Ainsi avec mes dessins, il pouvait confectionner des moules. J’étais bien loin de mon travail d’archéologue qui avait fait toute ma passion depuis toute petite. J’aurai aimé pouvoir travailler dans une petite librairie mais le quartier des humain, le Camp comme on le nommait en était dépourvu. Et rester sans rien faire, cela ne me ressemblait pas vraiment. J’avais besoin de me changer les idées sans pour autant oublier pourquoi j’étais venue jusqu’ici : retrouver ce Dieu… et lui demander si mon frère était passé du bon côté. Trouver peut-être aussi des réponses à mon handicap, comment cette pyramide avait-elle pu s’écrouler. Pourrai-je un jour remarcher ?

    Je n’étais pas du genre à me laisser aller. Je faisais tous les jours des exercices pour retrouver, un jour, l’usage de mes deux jambes. J’avais pu renforcer l’une plus que l’autre, ce qui me permettait de me déplacer un peu avec une canne mais cela me demandait beaucoup d’efforts et je fatiguais beaucoup sur un long trajet. Mais ce n’était pas pour cela que je baissais les bras. J’avais quelques fois mes après-midis de libres et justement, aujourd’hui c’était le cas. Après avoir pris mon déjeuner avec le boulanger et l’un de ses employés, je sortis de la boutique, respirant la petite brise fraiche qui venait de se lever. Il ne faisait pas froid, et le petit air était très agréable sur mes bras nus. J’étais habillée très simplement : un jean et un débardeur noir. Levant le visage au ciel, les yeux fermés, je profitais de la douceur du soleil avant de commencer à enfiler mes mi- gants pour faire rouler mon fauteuils et éviter le frottement des roues contre mes paumes.

    Je voulais profiter de cet après-midi et quoi de mieux que de me dirigeais vers le lac. Je croisais des personnes qui revenaient du lac ou qui comme moi s’y dirigeaient. Je pouvais lire dans certains regards la compassion et la tristesse par rapport à mon état, et ça je ne le supportais pas. Je détestais que l’on s’apitoie sur moi. Ce n’était pas parce que je n’étais pas capable de marcher correctement que j’étais une bête de foire. Mais bon, les idées reçues étaient toujours très compliquées à faire changer. Le dernier tronçon de chemin pour descendre au lac était toujours périlleux. C’était un chemin de terre et avec les roues de mon fauteuil, j’avais toujours énormément de mal à avancer. A force, j’allais me fabriquer des bras en béton.

    Au bout de ce sentier : l’étendu bleuté. Enclenchant les freins de mon fauteuil tout près de l’étang, je relevais les cales pieds, soulevant les jambes l’une après l’autre pour pouvoir toucher la terre et retirer mes chaussures. Sous mes pieds nus, je sentais l’herbe mouillée. Je restais là à humer l’odeur de l’eau et de la nature qui m’entouraient. Depuis mon accident, je ne m’étais plus baignée et quelque part, ça me manquait.

    J’avais choisi un endroit un peu en retrait. Et j’étais certaine qu’il n’y avait personne. Pourtant, une sensation me prit au dépourvu. Une sensation étrange et familière à la fois, ne sachant pas vraiment comment la décrire, sauf au moment où je tournais mon visage sur la droite pour voir apparaitre une silhouette. Lui. Encore Lui. Cet homme que j’avais croisé à plusieurs reprises depuis mon arrivée sur cette terre et sans jamais savoir son nom. J’avouais aimer discuter avec lui,même si une aura mystérieuse paraissait l’entourer, comme un carcan impénétrable qui se tissait autour de lui.


    - La journée est belle, n’est-ce pas ? J’adore ces petits moments de la journée.
    Comment allez-vous depuis la dernière fois ? Je vais finir par croire que vous apparaissez toujours au moment où je m’y attends le moins.


    Je le vouvoyais malgré nos différentes rencontres, n’ayant jamais osée passer la limite du tutoiement. Mon sourire s’afficha sur mes lèvres, sincère.

    - Vous êtes venu prendre un bain ? L’eau doit être excellente.



Dernière édition par Brooklyn McGregor le Mar 7 Mai - 14:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Anubis
avatar Messages : 2129
Date d'inscription : 29/12/2012

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Dieu Egyptien
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Sam 20 Avr - 16:44

Brooklyn & Anubis



Ce matin, j’avais pris ma forme animale pour pouvoir me promener tranquillement dans les rues sans être abordé. Je m’étais promené un moment avant d’être arrêté par une présence noire et maléfique. Lorsque je m’étais retourné, j’avais vu cette tâche noire immense en face de moi. Visiblement, cette personne était mauvaise. Lorsque j’étais ce gros chien noir, je pouvais voir l’aura des gens, et celle de cette personne n’avait rien de bon en elle. Lorsque l’homme se retourna, je cru me reconnaître. Il étant grand, brun, et même s’il ne me ressemblait pas, il avait ma carrure. Un instant, j’avais cru qu’il était moi. Je couru le plus loin possible de cette rue avant de reprendre ma forme humaine.

Je revivais souvent cette étrange expérience, qui consistait à me confondre avec l’une des âmes noires que je voyais. J’avais à maintes reprises essayé de voir ma propre âme, mais je semblais condamner à ne jamais savoir ce que je valais à l’intérieur. Mon arrivée sur Néméïl avait fait remonter à la surface toute sorte de sentiments étranges, y compris la culpabilité. Attention, je ne me sentais pas coupable d’avoir exercé ma fonction passée ; les personnes à qui j’avais affaire étaient déjà mortes et j’agissais toujours de manière juste. Mais il est vrai que parfois j’avais usé de mes pouvoirs pour défendre mes intérêts personnels. Cette rencontre matinale m’avait rappelée que je n’étais certainement pas blanc comme neige mais que j’avais moi aussi tué le frère de Brooklyn Mcgregor, alors qu’il vendait des choses qui n’étaient pas censées lui appartenir. Et elle en avait été le dommage collatéral abominable, ce que je n’arrivais pas à me pardonner depuis que je l’avais rencontré.

C’est donc par culpabilité encore que je partis prêt du camp des humains pour pouvoir la suivre, et prévoir une nouvelle rencontre « par hasard ». En sortant de la boulangerie où elle travaillait, elle prit le chemin du lac. J’étais un brin sceptique. Qu’allait-elle faire là-bas à par se faire du mal de voir les gens profiter de l’eau quand elle en était incapable –par ma faute ?

La voir descendre le chemin fut un moment assez difficile, mais j’avais peur de la froisser en accourant pour l’aider. Je restai donc dans l’ombre par pudeur, et aussi par crainte de la faire souffrir encore plus que je ne l’avais déjà fait. C’était étrange, de la rencontrer, de la voir, de lui parler. Je n’avais jamais été aussi attentif et craintif envers quelqu’un. Mes autres connaissances divines étaient nettement moins fragiles, et la voir ainsi si … Si humaine, et si précaire, était assez étrange. Un rien pouvait la blesser, un rien pouvait la tuer. Il était si facile de faire disparaitre une vie que cela me faisait peur. Je n’avais avant cela jamais vraiment réfléchi à l’existence humaine. Il avait fallu que je sois projeté dedans de force pour me faire ouvrir les yeux.

Elle s’arrêta prêt du lac et je pris un instant pour l’observer. Elle n’avait pas l’air malheureuse cela dit. Elle observait les gens, l’eau, immobile, et semblait … Apaisée. J’enviais son calme. Je n’aurais pas été capable d’être aussi calme, ni personne que je connaissais, après avoir été aussi bousculé dans ma vie. N’importe qu’elle dieu aurait crié vengeance, mais elle faisait des décorations sur le pain et se baladait prêt d’un lac. Ce calme n’était-il qu’une façade ?

Doucement, je m’approchais d’elle. Je lui fis un léger sourire qu’elle me rendit poliment. Elle ne semblait absolument pas surprise de me voir, et j’espérais qu’elle ne commençait pas à me voir comme un psychopathe la suivant jour et nuit.

- La journée est belle, n’est-ce pas ? J’adore ces petits moments de la journée. Comment allez-vous depuis la dernière fois ? Je vais finir par croire que vous apparaissez toujours au moment où je m’y attends le moins.

Mon sourire s’étendit afin de cacher mon malaise. Je devais avouer que ce moment précis de la journée ne me paraissait pas particulièrement plus intéressant qu’un autre. Mais je n’osais pas lui poser la question, de peur de me dévoiler. Elle devait continuer à ignorer qui j’étais vraiment, du moins pour l’instant. J’évitai donc de répondre sérieusement afin de masquer mes vraies pensées.

- Ah, vous m’avez percé à jour je le crains. Je passe mon temps à vous suivre en attendant le moment opportun pour vous kidnapper.

Je la gratifiai d’un petit clin d’œil amusé pour lui signifier que je plaisantais. Je crois que c’était vrai … La kidnapper n’était pas encore prévu dans mon planning.

- Vous êtes venu prendre un bain ? L’eau doit être excellente.

Je secouais la tête. Elle pensait que j’étais un demi-dieu, je pouvais toujours lui dire la vérité sur moi et l’eau.

- En vérité je n’ai jamais aimé l’eau particulièrement. On y trouve souvent des muses charmantes cependant. Enfin, c’est vrai qu’il fait particulièrement chaud aujourd’hui. Au fait, si vous continuez à apparaître dans tous les lieux que j’apprécie, peut-être pourriez-vous commencer à me tutoyer ?

J’ôtai mon t-shirt afin de pouvoir plonger dans l’eau claire du lac. En sortant, je remis mes cheveux en place avant de me rapprocher à nouveau du bord et de m’accouder sur l’herbe à ses pieds. L’eau devenait profonde très prêt du bord, il y avait plus d’un mètre d’eau directement à l’interface entre l’eau et le rebord à l’endroit où nous nous trouvions. J’inclinai la tête et fronçai un peu les sourcils.

-Vu votre choix d’endroit je suppose qu’il n’est pas dans vos plan de profiter de l’eau. Est-ce complétement impossible était donné …

Je me pinçai la lèvre avant de baisser la tête. Quelle question stupide. J’oubliai parfois son problème, peut-être intentionnellement.

-Désolé, c’était une question stupide.

Je gardais le silence. Il aurait été naturel de lui demander si cela avait toujours été comme ça, si elle avait déjà vécu sans son fauteuil. Mais je connaissais déjà les réponses. J’aurais pu lui demander pour ma couverture, mais je m’y refusais. Lui cacher qui j’étais me rendait déjà suffisamment coupable, je ne voulais pas m’enfoncer dans davantage de mensonges …





ANUBIS. Everything looks better when the sun goes down, I had everything, opportunities for eternity and I could belong to the night. I'll never be good enough. You make me wanna die and everything you love will burn up in the light. » You make me wanna die by The Pretty Reckless

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Dim 21 Avr - 9:24





    Le demi-dieu, comme il s’était révélé à moi depuis le tout début de nos rencontres, se tenait près de moi. Il apparaissait à chaque fois que je me retrouvais seule comme s’il ne pouvait s’empêcher de venir prendre de mes nouvelles, si j’allais bien, peut-être n’aimait-il pas me voir aussi solitaire que cela. Je ne sais pas. Je serai bien incapable de savoir à quoi il pouvait penser et ce qui guidait ses pas vers moi. J’aurai aimé en apprendre un peu plus sur lui. D’un côté, je me disais que sa façon d’être mystérieuse provenait de sa nature mais aussi de ce que j’étais. Il ne fallait pas oublier que c’était à cause des Miens que toutes les divinités s’étaient retrouvées piégées sur cette île. Mais au lieu de m’en vouloir, de ne voir qu’en lui aversion et haine, il se montrait agréable voir même soucieux de mon état. Je n’avais pas encore approché d’autres créatures de son espèce pour vraiment me faire une opinion sur eux. Les humains d’ici m’avaient assez souvent mise en garde contre de ne pas m’aventurer toute seule et surtout de ne pas les fréquenter. Nous étions responsables de leurs nouvelles vies, alors autant les éviter même s’ils avaient perdus une grande partie de leurs pouvoirs divins. Je n’étais pas en mesure de défier un Dieu avec mon fauteuil roulant.

    Mais Lui, il était différent. Je ne savais pas pourquoi je ressentais cela. Etait-ce un piège de sa part d’endormir ma vigilance ou bien était-il vraiment sincère ? Aucune idée … Seul l’avenir me le dira … Peut-être ou pas. Je secouai ma tête, amusée par sa réplique. En toute logique, j’aurai pu avoir peur, craindre une action de sa part. Mais, non, ce n’était pas le cas. J’aurai sans doute agi différemment si c’était une autre divinité qui se tenait à mes côtés. Peut-être endormait-il mon jugement et ma raison pour mieux se jouer de moi. A trop penser, on finit par devenir totalement paranoïaque.


    - C’est le lieu idéal pour me kidnapper : un lieu assez éloigné de toutes habitations, peu de monde … Tout est réuni pour mener votre projet à bien.

    A son clin d’œil, mon sourire se fit plus grand, détournant mon regard de lui pour, de nouveau, profiter du décor que nous offrait l’étendue bleutée qui ne pouvait qu’être agréable par cette température. Il m’avoua ne pas aimer particulièrement l’eau. J’aurai pu réfléchir à sa remarque, faire en sorte de me souvenir quel demi-dieu avait une certaine répulsion pour l’eau, mais je ne le fis pas. S’il ne désirait pas me donner son nom alors je devais respecter cela. Je revins à l’instant présent, en remarquant que j’avais été silencieuse à sa dernière remarque, m’invitant à le tutoyer. Mes prunelles le dévisagèrent un instant.

    - Avec plaisir.

    Pas vraiment le temps d’insister qu’il ôta son tee-shirt, gênée par son geste, je fixais au loin quelques personnes qui pataugeaient avant de l’observer prendre son bain. Finalement, pour une personne qui n’aimait pas vraiment se baigner, il avait l’air d’apprécier ce petit moment. Il se rapprocha du bord et tout indiquait que le bassin était assez profond pour qu’il vienne s’accouder sur l’herbe face à moi. Mes doigts se crispèrent sur les accoudoirs de mon fauteuil roulant, détournant mes yeux du Demi-Dieu, en fixant l’horizon. Peu de personne abordait avec moi mon handicap et j’étais toujours mal à l’aise quand il s‘agissait de révéler un pan de ma vie. Il le fut tout autant que moi. Je pris une grande bouffé d’air, cherchant mes mots.

    - Ne vous …
    Ne t’inquiète pas pour cela. Ce n’est pas une question stupide. J’arrive un peu à marcher. Une jambe plus que l’autre mais cela me demande beaucoup d’efforts et cela me fatigue vite. Alors, effectivement, devoir prendre un bain toute seule, c’est compliqué.


    Je détestais parler de moi, de mon handicap parce que j’avais horreur de faire pitié, ou bien qu’on vienne m’aborder par simple compassion. J’espérai que ce n’était pas dans ce but-là qu’il venait à chaque fois me parler … Autant en être certaine.

    - J’aimerai savoir une chose … C’est parce que je suis la seule humaine handicapée sur cette île, que tu sembles être si gentil avec moi ? Je sais très bien me débrouiller depuis le temps que je suis sur ce fauteuil… Alors, s’il te plait pas de compassion ou un truc dans ce genre avec moi…

    Mes mots avaient été froids. Je m’en étais rendue compte bien trop tard. Si je n’étais pas sur ce fauteuil aurait-il eu ce même comportement avec moi où bien ne m’aurait-il même pas remarqué juste une humaine de plus dans ce décor bien particulier ?

    - Navrée…mais ta présence suscite en moi beaucoup de questions auxquelles je n’ai aucune réponse… C’est très déstabilisant. Je ne serai pas sur ce fauteuil… aurais-tu pris le temps de discuter avec moi comme tu le fais ?



Revenir en haut Aller en bas
Anubis
avatar Messages : 2129
Date d'inscription : 29/12/2012

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Dieu Egyptien
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Dim 21 Avr - 18:48

Brooklyn & Anubis



Lorsqu’elle secoua la tête amusée, je me sentis rassuré. Au moins je la faisais sourire et elle ne semblait pas terrorisée par ma plaisanterie. Elle la prolongea même.

- C’est le lieu idéal pour me kidnapper : un lieu assez éloigné de toutes habitations, peu de monde … Tout est réuni pour mener votre projet à bien.

J’éclatai de rire.

« Prenez garde, je plaisantais mais si vous continuez à faire passer ça pour un plan si parfait je pourrais me laisser tenter. »

Lorsque je lui dis de me tutoyer, elle ne sembla pas y voir d’objection. J’en conclu que je pouvais me permettre de faire de même, ce qui me rassura un peu. C’était difficile de faire comme si je ne la connaissais pas, et cette légère proximité en plus me permettrait d’avoir le sentiment un peu moins intense de mentir chaque phrase.

Lorsque j’ôtai mon t-shirt, elle détourna les yeux comme gênée, gène que je trouvais plutôt rafraichissante. Elle ne s’imaginait tout de même pas que j’allais aller dans le lac tout habillé n’est-ce pas ? Mais la gêne changea rapidement de personne alors que j’abordais sans le vouloir le sujet de son handicap. Ce n’était pas voulu, et j’aurais voulu retarder ce moment, mais malheureusement ma langue avait fourché sans que mon cerveau ne puisse faire quoi que ce soit. Ce qui m’énerva le plus, c’est qu’elle aussi paraissait mal à l’aise, chose que j’avais jusque-là réussi à éviter.

- Ne vous … Ne t’inquiète pas pour cela. Ce n’est pas une question stupide. J’arrive un peu à marcher. Une jambe plus que l’autre mais cela me demande beaucoup d’efforts et cela me fatigue vite. Alors, effectivement, devoir prendre un bain toute seule, c’est compliqué. J’aimerai savoir une chose … C’est parce que je suis la seule humaine handicapée sur cette île, que tu sembles être si gentil avec moi ? Je sais très bien me débrouiller depuis le temps que je suis sur ce fauteuil… Alors, s’il te plait pas de compassion ou un truc dans ce genre avec moi…

J’en eu le souffle coupé. Lorsqu’elle commença à parler, j’étais soulagé de savoir qu’elle pouvait marcher un peu, même avec difficulté. Mais lorsqu’elle termina de parler, je n’étais plus soulagé. J’étais déstabilisé, complétement, et je me sentais mal. A quoi je m’attendais ? A ce qu’elle suppose que je tombais toujours comme par hasard sur elle et que je parlais parce qu’elle était là ? Evidemment que non. C’était une jeune femme curieuse et intelligente, et je le savais. J’aurais du m’en tenir éloigné, mais j’en avais été incapable. Depuis quelques temps nous avions vraiment sympathisé et j’avais le sentiment que je faisais des progrès avec elle, mais là, la froideur dans sa voix … J’avais l’impression d’avoir fait deux pas en avant pour en faire dix en arrière. C’est surement pour ça que j’eu du mal dans un premier temps à lui répondre.

- Navrée…mais ta présence suscite en moi beaucoup de questions auxquelles je n’ai aucune réponse… C’est très déstabilisant. Je ne serai pas sur ce fauteuil… aurais-tu pris le temps de discuter avec moi comme tu le fais ?

Je pris une profonde inspiration. Inutile de mentir, elle était trop intelligente pour ça et j’étais persuadé que si elle posait la question, au fond elle en connaissait déjà la réponse.

« Je ne vais pas te faire l’affront de te mentir Brooklyn. Tu sais que je suis un … Un demi-dieu. Je n’avais jamais vu personne en fauteuil avant, alors en effet c’est peut-être la raison qui m’a poussé à t’aborder au début. J’étais curieux. Et honnêtement c’est la curiosité qui m’a poussé à revenir te parler une seconde fois. Honnêtement, je n’avais jamais rencontré quelqu’un comme toi. »

Je pris une nouvelle inspiration. Malgré le secret que je cachais, une grande partie de ce que je lui disais était vrai. Je n’osais pas la regardé dans les yeux tant mes aveux étaient honteux, et je me rendis compte de ma fourberie. Là, à quelques centimètres plus bas qu’elle, il était si facile de me cacher. Je sorti donc de l’eau en prenant appui sur mes bras, puis me mis à genou devant elle pour avoir son visage en face du mien. Il fallait qu’elle voit mes yeux, si je voulais avoir une chance de me racheter pour ma conduite, même si elle allait surement me détester un temps pour cet aveu. Je ne l’avais pas approché car elle était en fauteuil, mais bien par curiosité. Etait-ce mieux ? J’en doutais …

« Les gens que je connais, les dieux, les créatures, tous ces êtres … J’en connais tellement qui ont fait des choses affreuses. Par orgueil, par vengeance. C’est injuste que tout le monde marche et que tu en sois incapable. Alors oui au début, cela m’a surpris. Tu semblais si naturelle, gentille et … Heureuse. Ca ne pouvait pas être vrai. Tu devais avoir en toi une soif de vengeance quelque part, une haine enfouie. Moi-même qui suis plutôt connu pour être sage, j’aurais surement … »

Moi-même connu pour être sage ? Je ne devais pas lui donner d’indices, aucuns. Je ne devais pas la laisser en tirer, quelles que soit les circonstances …

« Je n’aurais pas été si calme. Et je t’ai vu, un jour, puis un autre, et même aujourd’hui. A … à apprécier ces « petits moments de la journée ». Si je suis venu te parler ce n’est pas parce que tu es dans un fauteuil … C’est parce que tu es humaine. »

Je n’osais pas baisser les yeux mais j’avais peur qu’elle ne me réponde pas, ou qu’elle m’envoie promener et qu’elle me demande de partir.

« Après biensûr tu n’es pas la seule humaine qui traine … Mais je les ai toutes testées et tu étais la moins désagréable alors c’est sur toi que je satisfais ma curiosité ! »

J’avais tenté une dernière plaisanterie pour voir si je pouvais détendre l’atmosphère, bien que vu le tournant qu’avais pris la conversation, cela était sans nul doute peine perdue.






ANUBIS. Everything looks better when the sun goes down, I had everything, opportunities for eternity and I could belong to the night. I'll never be good enough. You make me wanna die and everything you love will burn up in the light. » You make me wanna die by The Pretty Reckless

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Dim 21 Avr - 22:50




    Son rire avait quelque chose d’indescriptible et de sincère à la fois quand j’eu l’audace de m’amuser à mon tour et de prolonger sa petite plaisanterie au sujet de mon kidnapping et de sa manie de me suivre à chaque fois que j’étais toute seule. Et toujours sur un ton amusé, je répliquais juste cela :

    - Très bien, je ne vais plus parler de ce plan parfait. Mieux vaut éviter de vous donner des idées sur ma petite personne.

    Très vite la situation changea. Gênée de le voir si à l’aise à se dévêtir devant une inconnue, je détournais mon regard. Il fallait bien avouer que depuis mon accident, depuis que j’étais en fauteuil roulant les hommes me regardaient comme une impotente, la pauvre fille qu’il fallait plaindre. Lui, il était différent. Encore et toujours cette notion qui revenait sans cesse quand je posais mes yeux sur lui sans savoir pourquoi. Je l’observais se rafraichir avant qu’il ne se pose près du rebord, le corps dans l’eau et les bras en appui sur l’herbe mouillée tout près de mes pieds que j’avais laissé nu pour sentir ce bien-être. Au moins, je pouvais encore ressentir des sensations et ne pas être totalement paralysée. C’étaient des petits plus que je prenais comme un cadeau supplémentaire au vu de mon état qui ne s’améliorait pas vraiment.

    Il aborda ce que je redoutais le plus : mon handicap. Bien sûr, ce n’était pas un sujet tabou mais le plus souvent, c’était par pitié que l’on s’intéressait à moi et là, soudainement, c’était cette image de lui qui m’apparaissait. Je lui répondis que j’arrivais un peu à marcher mais que tous ces efforts m’épuisaient très vite… Et puis, je ne pus taire toutes mes interrogations qui grondaient en moi. Il était un Demi-Dieu, que pouvait-il faire avec une humaine dans un fauteuil roulant ? Etais-je un animal de foire, un spécimen particulier parce que je ne pouvais plus marcher. Mon petit laïus achevait, je le scrutais attentivement.

    A son tour de me répondre et de l’écouter sans jamais le couper dans ses mots. Au fil de ses explications, je penchais ma tête sur le côté comme pour mieux cerner ses idées. Il n’avait jamais vu une personne en fauteuil roulant. Je pouvais le croire. Ici sur Néméïl, j’étais la seule et certainement, dans une autre vie, ce n’était pas ce genre de personne qui l’aurait intéressé. Pourquoi maintenant alors ? La curiosité avait bon dos et j’avais énormément du mal à croire que c’était juste cela qui avait poussé ce Demi-Dieu à venir m’adresser la parole. Je soupirai très doucement, chassant mes réflexions, essayant d’être neutre, de peser le pour et le contre. Lorsqu’il sortit de l’eau, mon réflexe fut de vouloir reculer mais j’avais oublié que j’avais enclenché les freins de mon fauteuil, impossible alors de m’éloigner de lui. Pourquoi cette soudaine envie de mettre un écart entre nous deux ? Il s ‘agenouilla face à moi, pour être à mon niveau et continuer. Ses yeux me déstabilisèrent tout comme mon cœur se mit à battre la chamade.

    Je fronçais les sourcils. Pourquoi me parlait-il des divinités, de ses créatures aux pouvoirs extraordinaires qui faisaient autant de bien que de mal ? Que me cachait-il ? Que devais-je comprendre par-delà ses mots ? Il associa mon handicap à cela, comme si un Dieu ou toute autre créature en avait été la cause. Puis, il se rabattit sur un indice qu’il me donna par rapport à lui, par cette envie aussi de me connaitre plus parce que je n’étais pas emplie de haine pour m’être retrouvée paralysée. La fin de sa tirade se termina sur une petite plaisanterie mais déjà mes pensées s’envolaient vers ma propre réponse. Trop de choses avaient été dites pour que j’en occulte une seule. Si mes prunelles n’avaient cessé de se fondre dans les siennes, je m’obligeais à baisser le regard vers mes jambes et mes pieds, observant mon corps meurtri par cet accident.


    - Alors je suis une espèce de curiosité bizarre qui traine en fauteuil roulant à tes yeux ? Remarque, tu aurais raison de penser cela de moi … Je ne suis plus tout à fait humaine … Je vis dans un corps mort. A se demander pourquoi le jour de mon accident, le Dieu de la mort n’a pas voulu de mon âme… Une âme de plus pour son royaume … Pourquoi m’a-t-il laissée ainsi, me débattre avec la Vie ?

    Je renversai ma tête en arrière pour contempler le ciel radieux au-dessus de nos têtes. J’étais venue ici pour rencontrer ce Dieu, tenter de savoir si mon frère était passé du bon côté et pourquoi m'avait-il fait cela : tout me prendre.

    - Je n’ai pas de haine enfouie quelque part en moi… Je veux juste avoir des réponses. J’étais une excellente archéologue. Oui, je suis fière de ce que j’ai été mais ce ne sont plus que des rêves derrière moi … Lors de mon accident, j’étais sur un chantier en Égypte. Avec toute une équipe, nous faisions des fouilles … Les experts ont dit à mes parents que l’entrée de la pyramide n’aurait jamais dû s’écrouler, qu’il n’y avait rien pour provoquer cela … Pourtant, je suis bien dans ce fauteuil … Je suis d’une nature fonceuse, bornée … Mais vois-tu parfois, je suis lasse de tout cela … Et oui, tu as raison, c’est injuste de me retrouver handicapée. Je ne le méritais pas. Je n’ai jamais rien fait de mal.

    Je relevais la tête vers lui, prenant conscience que mon discours pouvait être assommant. Pourtant, il était là à m’écouter poliment.

    - Je parle parfois un peu trop … Tu perds ton temps stupidement avec une humaine.

Revenir en haut Aller en bas
Anubis
avatar Messages : 2129
Date d'inscription : 29/12/2012

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Dieu Egyptien
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Lun 22 Avr - 20:30

Brooklyn & Anubis




J’avais espéré que mes mots la calmeraient, qu’elle verrait que c’était son humanité et pas son handicap qui m’avait fait venir la voir et lui parler. Au lieu de cela, je crois que j’avais réussi à l’énerver encore davantage. Pour un dieu qu’on disait sage, je m’étais mis dans un sacré pétrin.

- Alors je suis une espèce de curiosité bizarre qui traine en fauteuil roulant à tes yeux ? Remarque, tu aurais raison de penser cela de moi … Je ne suis plus tout à fait humaine … Je vis dans un corps mort. A se demander pourquoi le jour de mon accident, le Dieu de la mort n’a pas voulu de mon âme… Une âme de plus pour son royaume … Pourquoi m’a-t-il laissée ainsi, me débattre avec la Vie ?

« Je ne … »

J’avais à peine eu le temps de glisser deux mots que déjà elle continuer. D’ailleurs qu’aurais-je dis ? Le dieu de la mort, je le connaissais bien, et je savais ce qu’il avait dans la tête. Ce sentiment de culpabilité réapparu si bien que je fus incapable de soutenir son regard et baissai les yeux. J’avais honte, sentiment que je n’avais eu à ressentir auparavant. Qu’est-ce que cette île avait fait de moi ? La vie d’une seule humaine avait-elle tant d’importance ? Comment lui dire que je n’étais même pas au courant qu’elle se tenait dans la pyramide, que j’avais « juste » voulu tuer son frère et qu’elle n’était qu’un dommage collatéral car pour moi, la vie humaine était si courte qu’une année de plus ou dix de moins semblait ne pas avoir la moindre importance ? Non décidément, elle n’aurait pas compris. Moi-même je n’étais plus sûr de me comprendre.

- Je n’ai pas de haine enfouie quelque part en moi… Je veux juste avoir des réponses. J’étais une excellente archéologue. Oui, je suis fière de ce que j’ai été mais ce ne sont plus que des rêves derrière moi … Lors de mon accident, j’étais sur un chantier en Égypte. Avec toute une équipe, nous faisions des fouilles … Les experts ont dit à mes parents que l’entrée de la pyramide n’aurait jamais dû s’écrouler, qu’il n’y avait rien pour provoquer cela … Pourtant, je suis bien dans ce fauteuil … Je suis d’une nature fonceuse, bornée … Mais vois-tu parfois, je suis lasse de tout cela … Et oui, tu as raison, c’est injuste de me retrouver handicapée. Je ne le méritais pas. Je n’ai jamais rien fait de mal. Je parle parfois un peu trop … Tu perds ton temps stupidement avec une humaine.

Je me pinçai la lèvre avant de finalement la regarder à nouveau. Je ne m’étais jamais senti aussi insignifiant.

« Brooklyn, je … Je ne perds pas mon temps avec toi. D’ailleurs, que suis-je d’autre qu’un simple humain aujourd’hui, qu’ai-je de plus que toi ou n’importe qui sur cette île ? Rien, rien du tout. »

Mais ce n’était pas de moi que je voulais parler. Elle avait déballé son sac, et il me semblait naturel, voire poli de répondre aux perches qu’elle m’avait tendues.

« J’avoue avoir du mal à voir le plaisir qu’on peut prendre dans ton métier passé. Traîner dans la poussière toute la journée, à déterrer des choses sur des Dieux inconnus … Je … Je suis sûr que ce qui t’es arrivé n’est rien d’autre qu’un … Qu’un malheureux accident. »

Je fixai ses prunelles, le regard vide. Je ne savais pas ce que je voulais qu’elle y lise. Mais je savais ce que j’avais peur qu’elle y trouve. Ma culpabilité, je devais la cacher. Je ne voulais pas qu’elle confonde cela avec de la pitié cependant.

« Malheureusement, j’ignore où tu peux trouver les réponses que tu cherches … »

Encore un mensonge.

« Et à propos de ce que tu as dit tout à l’heure, je ne pense pas que tu sois une curiosité en fauteuil. Je me suis sûrement mal exprimé, mais ce que je voulais dire, c’est que c’est ton caractère qui me rend curieux, ta façon de te battre et d’apprécier chaque chose. Si tu cherches une raison pour laquelle tu as été autorisée à vivre, en voilà certainement déjà une. »

Je baissai les yeux vers ses pieds dans l’herbe. Elle avait élevé ses chaussures pour la sentir. J’aurais tant aimé pouvoir l’aider, pouvoir effacer ce que j’avais fait. Mais c’était impossible, je n’avais plus mes pouvoir. Mais je pouvais toujours essayer …

« Et pour ce qui est de ce tas de conneries sur ton corps mort, je n’y crois pas une seconde et toi non plus. Sinon pourquoi essayer de remarcher avec une canne ? Je pourrais t’aider, si tu me le permets. »

Alors qu’elle ouvrait la bouche, je levai la main pour la faire taire avant de reprendre.

« Et je t’en prie, maintenant que nous avons abordé ce sujet, ne me fais plus l’affront de prendre mon intérêt pour toi pour de la pitié. Je n’en ai jamais éprouvé pour personne, et je ne vais pas commencer aujourd’hui. »

J’avais eu un léger sourire énigmatique que je m’empressais de faire disparaitre. En effet je n’avais jamais eu de pitié pour les humains. Je ne faisais que ce qui était juste, les mettre dans la bonne « case » après avoir pesé leurs âmes. Et même si ce n’était pas le cas pour elle, j’étais jusqu’à mon arrivée ici persuadé que chaque homme méritait son sort, et qu’il n’y avait pas de destin mais seulement des actes qui nous définissaient tous. Aux vu des miens, j’avais été amené à revoir ma vision des choses ….







ANUBIS. Everything looks better when the sun goes down, I had everything, opportunities for eternity and I could belong to the night. I'll never be good enough. You make me wanna die and everything you love will burn up in the light. » You make me wanna die by The Pretty Reckless

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Lun 22 Avr - 21:59

Anubis & Brooklyn




    J’avais pris trop tard conscience que mes explications avaient été longues et certainement ennuyeuses pour un Demi-Dieu tel que lui. Personne sur Néméïl ne connaissait ma véritable histoire, pourquoi j’étais handicapée, qu’elle avait été ma vie avant tout cela. Et c’était la première fois depuis mon accident que j’en parlais. A croire que parfois il était bon de se confier même à un inconnu dont je ne savais toujours pas son nom. Il perdait son temps avec moi. C’était mon impression. Il pourrait tellement mieux passer son temps différemment que de venir discuter avec une femme sur son fauteuil roulant. J’avais peur qu’il ne soit là que par charité.

    Pourtant, sa réponse me serra le cœur. Il me paraissait sincère au point de me toucher avec ses mots. Combien de personne venaient vers moi sans avoir en tête la pitié ou de la compassion ? Très peu. Je détournais mes yeux de lui alors que de fines larmes voilaient mes prunelles. La gorge serrée par tout ce qu’il m’avouait. Il revint alors sur mon métier d’archéologue, ne comprenant pas quel plaisir je pouvais en tirer en bossant dans la poussière. Mes larmes laissèrent place à mon sourire, l’observant de nouveau. Je pris une profonde inspiration, chassant mon émotion avant de lui répondre.


    - Détrompes-toi. Il ne faut pas y voir que de la « poussière » comme tu le soulignes. Je suis archéologue par passion. J’ai toujours aimé la mythologie quelle que soit son origine : romaine, grecque, scandinave, égyptienne. Les Miens, … Les humains vous ont banni depuis longtemps… pas moi. Il est si magique de découvrir la vie d’un Dieu, d’une Déesse, d’un demi-dieu, d’une créature, d’un Héros. Ce n’est pas de la curiosité malsaine mais une envie de pouvoir retracer… ce qu’ils… ce que VOUS faisiez, comment vous avez toujours vécu. Ça doit être assez compliqué pour toi parce qu’à cause des Miens, tu te retrouves prisonnier de cette île.

    Pour la première fois, j’osais prendre sa main dans les miennes, tout doucement en la serrant tendrement. Sa peau était chaude et très agréable au toucher.

    - Les humains de Néméïl m’ont dit de faire attention à vous, de ne surtout pas révéler notre présence. Et toi, tu as su tout de suite ce que j’étais. Tu aurais pu dévoiler mon existence aux autres. Pourquoi me protèges-tu ?

    Quelle serait la réaction d’une autre divinité face à moi ? Je ne préférai même pas y imaginer. Ont-ils subi tous la même chose lorsqu’ils se sont retrouvés entraver dans cet univers ? Ont-ils, tous, été dépossédés de leurs pouvoirs extraordinaires ?
    Et pour mes réponses ? J’aimerai tant qu’on m’en donne juste un peu. Juste un tout petit peu …


    - Je ne perds pas espoir. Si je suis ici, c’est pour le rencontrer Lui… S’il est bien sur Néméïl …

    Lui, c’était le Dieu des Morts, celui dont la pyramide s’était abattue sur mon frère et moi : Anubis. Je ne savais même pas s’il était sur l’île et à quoi il pouvait ressembler. Peut-être qu’il serait contre de me voir, de m’adresser la parole, qu’il se moquerait d’une petite humaine comme moi et de mon destin. Mais qui ne tente rien n’a rien, pas vrai ? Il revint sur un passage que j’avais évoqué plus tôt dans notre conversation, à propos de la façon qu’il pouvait me voir, « curiosité bizarre qui traine en fauteuil roulant ».

    - Tu es gentil. J’apprécie tes paroles. Ça fait du bien d’entendre des mots tels que les tiens.

    Il baissa soudainement ses prunelles vers mes pieds nus t qui caressaient l’herbe humide. Je le libérai aussi de la pression de mes mains pour éviter une quelconque incommodité entre lui et moi. Il voulait m’aider … ?

    - Si tu as un médicament magique, je suis preneuse même si je dois faire affaire avec le Diable. Je fais des exercices quotidiens et je me force à marcher avec une canne parce que je ne veux pas baisser les bras. Mais, je ne me voile pas les yeux. Cela fait un an que je suis comme ça, il n’y a pas vraiment eu d’amélioration. Alors oui ! Je vis dans un corps presque mort.

    Mon regard passa de mes pieds à ses yeux et vis-versa. Quelle idée avait-il en tête ?

    - Tu veux faire quoi ? Être ma canne ?
    Je ne suis pas si légère que ça !


    Le ton sérieux de la conversation avait laissé place à un petit instant de malice de ma part. Il poursuivit néanmoins, sur sa présence auprès de moi, qu’il n’était pas là par pitié et qu’il me demandait de changer mon opinion sur lui. Ses paroles étaient dures et sincères. J’allais lui répondre mais son geste avec sa main m’en empêcha. Je soupirai nerveusement, l’écoutant jusqu’au bout.

    - D’accord… je ne penserai plus ça de ta part. Promis.
    Tu es le premier qui me regarde autrement … C’est assez déstabilisant.

Revenir en haut Aller en bas
Anubis
avatar Messages : 2129
Date d'inscription : 29/12/2012

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Dieu Egyptien
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Mar 23 Avr - 20:11

Brooklyn & Anubis





Je l’écoutais parler de sa passion. C’était drôle, mais à la façon dont elle en parlait avec ardeur, les yeux brillants de fierté, je me reconnaissais un peu dans mon ancienne vie, avec mon obsession pour mon propre travail.

« Je comprends ce que tu veux dire. J’ai moi aussi été privé de la possibilité d’exercer ma vocation depuis que je suis ici … Je ne sais plus trop à quoi je peux servir, car je n’ai jamais rien fait d’autre de ma vie. »

Lorsqu’elle prit ma main, je fus agréablement surpris par son contact. J’étais sûr qu’elle allait me haïr et voilà qu’elle se risquait même à me toucher. Ne l’avais-je pas repoussée avec ma curiosité malsaine ? Néanmoins, je gardais ce contact rassurant, l’écouter me dévoiler ses questions. Toujours d’autres questions. J’aurais voulu qu’elle arrête cependant je ne pouvais pas lui en vouloir. N’étais-je pas connu pour être un dieu des plus curieux moi-même ?

J’appris ensuite que les humains nous craignaient toujours apparemment puisqu’ils refusaient de nous approcher. Dans un sens je ne comprenais pas ce qu’il pouvait y avoir à craindre vu qu’ils nous avaient rendus totalement impuissants, mais d’un autre côté nous semblions avoir l’avantage du nombre pour ce que j’avais pu voir.

« Les miens sont déjà très perturbés en ce moment. Ils seraient prêt à accuser un papillon de leurs malheurs, et commence à développer une crainte des humains. C’est assez … Compliqué de s’ajuster. Pour nous tous. Pour nous les demi-dieux c’est peut-être plus facile, car nous étions déjà à moitié des hommes, mais pour les dieux c’est difficile de perdre tous leurs pouvoirs. Une bonne amie à moi à failli détruire sa maison de rage il y a quelques jours, et moi avec. »

Je ris en repensant à Sekhmet et à son manque total de contrôle sur elle-même. Elle était quelque chose. Mais elle était passionnée dans tout ce qu’elle faisait, et d’une honnêteté incroyable, chose que je n’avais jamais rencontré chez aucune autre déesse.

« C’est compliqué aussi pour les créatures. Avant elles n’avaient pas de forme humaine pour la plupart, et l’ajustement est encore plus difficile. C’est un peu comme naître une seconde fois, tout est à réapprendre, tout est amplifié … Effrayant. »

Je songeais à Illithia. C’était sans doute elle qui avait le plus de mal à gérer avec tout ça, une créature assoiffée de sang dans le corps, prête à torturer et tuer les hommes infidèles sur sa route. Les hommes n’étaient pas prêts pour ça, pas prêts pour nous.

« Cette crainte de part et d’autre est encore trop intense. Une fois que d’autres que nous aurons pris le temps d’apprendre à se connaître et de voir qu’il n’y a rien à craindre, peut-être alors un mélange entre ces deux mondes sera-t-il possible. Mais je ne pense pas que tous soient prêt à accepter que ceux responsables de notre chute soient nos voisins. Tes amis ont eu raison de te donner ce conseil. Evite-nous du mieux que tu le peux. »

Je venais de me rendre compte que je m’étais inclus dans le lot. Je levai mes yeux vers elle pour corriger mon erreur.

« Enfin, sauf qui se trouve toujours sur ton chemin, ceux-là sont coriaces et plutôt durs à éviter. »

J’avais dit cela le sourire aux lèvres. Je ne voulais pas qu’elle me considère comme un ennemi même si inévitablement, cela viendrait.

Elle me parla ensuite d’Anubis. Enfin, de moi, mais je commençais tellement à m’habituer à être ce demi-dieu mystère que je me perdais parfois moi-même dans mes mensonges.

« Pourquoi vouloir rencontrer quelqu’un qui t’as fait tant de mal si tu ne souhaites pas te venger ? Si il est bien ici, il aura perdu ses pouvoirs. Il ne pourrait pas te rendre ce qu’il t’a pris … »

Non, jamais je ne pourrais faire cela, jamais je ne pourrais me racheter. Il n’y avait plus rien à faire, et j’en venais à me demander pourquoi j’étais venu la voir en premier lieu. Plus je la connaissais et plus je me sentais coupable. Elle était gentille, douce, forte, honnête, n’avait pas de désir de vengeance. Elle n’avait aucune haine, et était bien différente de l’image que j’avais des femmes. Plus je la côtoyais, et plus je l’appréciais. La rencontrer ne faisais que me faire plus mal encore, à croire que je m’infligeais cette punition à moi-même.

Lorsque je baissais mes yeux vers ses jambes, elle lâcha mes mains. Visiblement mon regard l’avait gênée, ce que je compris encore plus lorsqu’elle me dit que je n’avais rien à faire, pas de remède miracle.

« Si tu veux faire affaire avec le Diable tu as sonné à la bonne porte »

J’avais dit cela avec un demi-sourire, tentant de me sortir de cette discussion qui me semblait douloureuse pour nous deux. Elle enchaina en me disant que je ne pouvais décemment pas être sa canne, alors que c’était là précisément mon idée. Je n’abandonnais pas et continuais sur un ton d’autodérision.

« Ah non, encore des insultes ? S’il te plait ce n’est pas parce que je n’ai plus de dons que je n’ai plus aucun muscle ! »

Elle semblait ne pas avoir conscience de l’aura qu’elle dégageait. Je n’étais surement pas le premier à vouloir l’aider, mais au vu de sa réaction je n’étais pas persuadé qu’elle accueille l’aide à bras ouvert. Ou la pitié, comme elle aimait l’appeler.

« Je ne peux pas être le premier. Je suis seulement le premier que tu remarques. Ils ne doivent simplement pas tous être aussi casse-pied et se tenir sur ton chemin tout le temps … »

Je la regardais un instant, avec un sourire malicieux. Une idée me trottait dans la tête depuis tout à l’heure mais je n’osais l’exécuter. Nous n’étions pas ce qu’on pouvait appeler proches, et je craignais que mon geste ne fus déplacer, mais au vue de la conversation sérieuse que nous venions d’avoir, on pouvait tous les deux avoir besoin d’un peu de détente …

« Tu dis que je ne peux pas être ta canne … Que tu ne veux pas d’aide. Pourtant tu m’as tendu une perche tout à l’heure. »

Je la laissais y réfléchir une minute, mon sourire ne parvenant pas à se défaire alors que l’idée c’était immiscée dans mon esprit. Trop tard, je ne pouvais plus reculer, j’en avais trop envie.

« Tu sais, quand tu as dit que tu ne pouvais pas prendre un bain « toute seule » ? Et puis toute cette histoire de kidnapping …Et tu continues, en disant que tu es lourde, que je n’arriverais pas à te soutenir … »

Je vis un éclair passer dans son regard et je sus qu’elle avait compris et que je n’aurais que quelques secondes pour agir. Je me relevai un instant triomphant, et me penchais vers elle pour lui dire sur le ton du secret.

« Alors laisse-moi te révéler un petit secret. Savais-tu que ton corps et moitié plus léger … Dans l’eau ! »

Et sans plus attendre, je glissai mes doigts autour de sa taille pour la soulever comme une plume avec de sauter dans l’eau, en la tenant fermement dans mes bras. Il y avait un peu plus d’un mètre d’eau et je savais qu’elle ne serait même pas immergée, mais je ne tenais pas particulièrement à la lâcher. Je voulais la détendre, pas la noyer, en encore moins l’effrayer. Dans le lac, j’affichais un sourire satisfait. Je devais avoir l’air d’un gamin, content de son coup, mais j’étais assez amusé.






ANUBIS. Everything looks better when the sun goes down, I had everything, opportunities for eternity and I could belong to the night. I'll never be good enough. You make me wanna die and everything you love will burn up in the light. » You make me wanna die by The Pretty Reckless

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Mar 23 Avr - 22:33

Anubis & Brooklyn





    Plus j’écoutais ce demi-Dieu, plus je prenais conscience que les Humains n’avaient pas fait que les bannir mais leurs avaient aussi retiré tous leurs dons extraordinaires. Ils avaient pris forme humaine et devaient désormais vivre comme nous.

    - Si j’avais été à ta place, je n’aurai pas réagi aussi calmement envers mon peuple. Tu as été dépossédé de tout ce qui fait ton identité. Comment peux-tu ne pas nous haïr, me haïr ? Je fais partie de ceux qui t'ont ôté tout ce dont à quoi tu tenais depuis… des siècles.
    As-tu gardé un pouvoir ou une faculté, ici, sur Néméïl ?


    Est- ce que toutes les Divinités et autres créatures réagiraient de la même façon que lui s’ils savaient que j’étais humaine, s’ils me voyaient en grande discussion avec l’un des leurs ? Et mon peuple comment se comporterait-il avec moi alors que je suis entrain de bafouer la première règle : ne pas sympathiser avec eux.

    - Nous sommes peut-être entrain de devenir des parias chacun de notre côté. Tu risques beaucoup en approchant une humaine et moi discuter avec un demi-Dieu.

    Tout en continuant notre conversation, j’avais osé prendre ses mains dans les miennes. Je l’écoutais très attentivement m’expliquer comment les siens vivaient désormais sur cette île. Ils cherchaient tous les responsables et pour le moment, personnes ne savaient que nous existions, nous les humains, à part lui. Il leur cacher la vérité et j’évitais de penser au danger que cela pourrait engendrer pour lui. Parfois, je souriais à son histoire surtout lors d’un passage sur une amie à lui qui avait failli mettre à sac sa demeure. Ainsi, il y avait aussi des créatures qui auparavant n’avaient aucune apparence jusqu’à aujourd’hui. C’était effrayant quelque part.

    - Je comprends très bien cette confusion, cette sensation d’impuissance, de ne plus avoir les mêmes repères, d’être obligé de s’en inventer d’autres, de tout refaire, tout reprendre à zéro. Je l’ai vécu avec mon accident.

    Il avait raison : aucun des deux peuples n’étaient prêt à faire un pas l’un envers l’autre. Pourtant, nous étions bien à là discuter. Si cela pouvait faire de même avec les autres humains et les autres divinités… mais comment pardonner à celui qui vous a fait du mal ? Sa dernière réplique me fit de nouveau sourire, secouant la tête tout en levant les yeux au ciel.

    - Pour le moment, tu es le seul qui s’est trouvé sur mon chemin… Et j’avoue ! Tu es très coriace !
    Difficile ne de pas t’oublier ou de faire mine de ne pas de voir !


    Puis vint le moment où je lui contais mon but, pourquoi j’étais venue jusqu’ici : avoir des réponses sur la mort de mon frère et sur mon accident. Pourquoi Anubis avait-il pris l’Etre qui comptait le plus pour moi et la … vie. Car, même s’il disait le contraire… Mon corps était handicapé et une part avait été retirée par ce même Dieu. Quelque chose tiqua en moi. Cela faisait deux fois qu’il insistait autant.

    - Je veux le voir de mes propres yeux. Je veux qu’il me dise pourquoi il a tué mon frère ! Pourquoi, je suis dans ce fauteuil roulant ! Je veux aussi lui demander si mon frère est du bon côté de la rive des Morts. Quoi qu’il soit devenu aujourd’hui, il devra être capable de me répondre. Je n’ai jamais fait de mal à quiconque ! Je veux entendre ses mots de sa propre bouche … Et l’histoire s’arrêtera là …Pour moi.

    J’inspirai par grandes bouffées, essayant de régulariser mon emportement. A chaque fois que je parlais de ce Dieu, j’avais l’impression d’ouvrir les vannes de mon âme et de mon cœur, relâchant tout ce que j’avais enfoui en moi. Que ce Dieu possède ou pas des pouvoirs, je n’avais aucune vengeance à exorciser. Je désirai apaiser mon âme tourmentée. Le tête à tête devenait bien trop éprouvant par un si bel après-midi. Et en silence, je le remerciai de détourner le sujet même si cela s’apparenter à revenir sur mon handicap et une aide qu’il aimerait me proposer.

    - Il est vrai que le Diable arbore toujours un visage dès plus séducteur. Quel pacte dois-je signer avec toi, alors ?

    J’arquai un sourcil à sa réplique, lui répondant avant tout par une moue malicieuse.

    - Ok , ok ! Plus d’insultes !...
    T’es sur quand même d’avoir encore assez de force ?


    Je le taquinais encore tandis qu’il se redressait devant moi, curieuse de voir arriver la suite de son comportement et de cette fameuse idée qui semblait lui trotter en tête depuis un petit moment à voir ses yeux pétiller. Je cherchais à me souvenir des personnes qui m’avaient approchée depuis mon accident et toutes avaient une sorte de pitié peinte sur le visage. Il avait tort. Ou alors j’avais été aveugle.

    - Je ferai en sorte de ne sélectionner que les casse-pieds. Ils sont intéressants à côtoyer.

    Je lui lançais un clin d’œil complice avant d’écouter la suite des festivités. Le puzzle commençait à prendre forme sous mes yeux et au plus, il avançait ses arguments et plus je devinais ce qu’il tentait de faire. Il avait réponse à tout. Il était très habile dans ce domaine-là. Et comme à chaque fois qu’il s’approchait de moi, trop, mon souffle s’accélérait sans aucune explication, plongeant mes prunelles claires dans les siennes, balbutiant comme une enfant.

    - Tu… tu… es très persuasif …sais-tu ?

    Je me sentis soulever telle une plume, m’accrochant à son cou, fermement. Là mon cœur pulsait à une allure indescriptible alors que je me laissais porter jusque dans le lac. L’eau ne m’atteignait pas de ma hauteur et même si j’avais été trempée, cela ne m’aurait pas gênée. Je regardais l’étendue bleutée que je n’avais pas vu d’aussi près depuis longtemps.

    - Lâche-moi…
    Non, non … Je veux dire, lâche mes jambes. Ce n’est pas grave si mes vêtements sont trempés. Ça fait si longtemps …


    Il me bascula doucement pour que mes jambes soient totalement immergées et que je trouve une position droite, toujours en me tenant à lui. Une de mes mains s’imprimait contre sa nuque, l’autre s’agrippait à son épaule, et moi, comme une enfant, je m’émerveillais d’être dans l’eau.

    - C’est magnifique … Merci pour ce cadeau.
    HOOOOOOooooOOO !!


    Je venais de perdre l’équilibre soudainement, l’entrainant avec moi dans l’eau. Nager, j’arrivais au moins à bouger mes bras et je partis dans un fou rire incontrôlable en voyant sa tête …

    - Quand je te disais que tu n’avais plus assez de force !

    Je lui envoyais une pichenette d’eau au visage, oubliant quelques instants que j’étais paralysée, savourant ce moment de détente avec lui. Mes mains plaquées sur mes cheveux, je les lissais en arrière, appréciant cette eau fraiche et le soleil sur ma peau.

Revenir en haut Aller en bas
Anubis
avatar Messages : 2129
Date d'inscription : 29/12/2012

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Dieu Egyptien
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Mer 24 Avr - 21:14

Anubis & Brooklyn





    Elle s’inquiétait encore pour moi. Où était-ce de la curiosité ? Soupçonnait-elle mon identité ? Non, non j’étais paranoïaque, si cela avait été le cas nul doute que son comportement aurait été tout autre. Alors que je m’apprêtais à lui inventer un pouvoir lambda, je me souvins d’un détail …

    « Nous les demi-dieux n’avons plus aucun pouvoir sur l’île. Une force accrue peut-être et de bons réflexes, mais rien de plus. Certains dieux ont par contre gardés quelques dons … Mais rien de bien puissant. Ma mère qui avait d’incroyable pouvoir n’a plus aujourd’hui que des petits tours. »

    Emporté par ma nostalgie, j’en oubliais à nouveau mes tabous et commençait déjà à chercher qui pourrait bien être ma mère fictive. Je n’avais pas vraiment préparé mon coup, moi d’habitude si réfléchi. Je ne m’étais même pas encore trouvé de nom. Par chance, elle ne me l’avait jamais demandé.

    Elle enchaîna sur le fait que se voir était surement interdit. Pour ma part, je ne savais pas vraiment ce que ça ferait, si cela se savait. Mes proches m’en voudraient sûrement de ne pas leur avoir dit pour les humains, et les autres n’avaient pas d’importance. C’est donc honnêtement que je répondis …

    « Quelle importance … Et puis, si tu dis rien, je dis rien. »

    J’ajoutais sur cela un sourire amusé, pour lui signifier que malgré le trait d’humour, j’étais sérieux. Pour l’instant personne ne le savais, il était inutile de faire des plans sur la comète.

    « Quoique les Egyptiens ont ce culte, qui consiste à torturer et découper en pièce ceux qui gardent des secrets enfouis. »

    Je la taquinai, mais je savais qu’elle ne me croirait pas une seconde. Après tout, n’avait-elle pas passé sa vie à nous étudier ? Dire que j’étais Egyptien n’était pas dangereux pour ma couverture … après tout, même si je l’avais voulu, il aurait été difficile de faire croire que j’étais Romain ou Grec. J’avais bien la tête de l’emploi …

    Elle continua sur le fait qu’elle me comprenait, la perte de repères, l’impuissance … Je ne répondis pas, mais je pensais en mon fort intérieur que cela n’avait rien à voir. Elle avait perdu tout ça à cause d’un dieu, moi-même. Nous avions été laissé ici pour une raison, et je supposais que nous avions nos tords. Elle n’en avait aucun … Pourtant elle n’avait pas de désir de vengeance contre moi. Apparemment, elle ne recherchait que la vérité. En la trompant ainsi, n’étais-je pas devenu aussi vile que les femmes que je craignais ?

    Pourquoi avais-je tué son frère ? Voulait-elle vraiment le savoir ? Il aurait été préférable qu’elle se rappelle de son frère avec l’image qu’elle en avait, sans savoir qu’il n’était intéressé que par l’argent et par son élévation. Lorsque j’avais pesé son âme, vu son aura, elle était noire. Alors évidemment, je ne l’avais pas envoyé là où elle l’espérait. Je décidai de ne pas répondre, là encore. Il n’y avait rien à dire, et je sentais que le sujet la bouleversait particulièrement. Je ne pouvais rien pour elle pour l’instant. Elle enchaîna sur le fait de passer un pacte avec le diable, et je souris à sa remarque.

    « Un visage des plus séducteur ? C’est bon à savoir … »

    Sans attendre, je repris toujours amusé par cette discussion qui était bien plus légère, et agréable que la précédente.

    « Et le mystère dans tout ça ? Si je te disais tout de suite ce que j’attends de toi ça me gâcherait tout le plaisir. »

    Brooklyn continua sur la même lancée que moi, par des taquineries, des plaisanteries, et il semblait que nous soyons intarissables à ce sujet. C’était agréable, divertissant. La plupart de mes amis étaient tellement sérieux … Ami ? Etait-ce ainsi que je la considérais maintenant ? Non, je ne pouvais pas, je ne devais pas m’y attacher, ne serait-ce qu’un peu. Je ne saurais garder indéfiniment mon petit secret, et alors, je doute qu’elle et moi puissions continuer ce genre de petites conversations et autres taquineries.

    Enfin, je fini par mettre mon plan à exécution. Lorsque je la soulevai, elle se laissa faire sans même se débattre, me fixant, et m’affirmant que j’étais persuasif. Moi qui m’attendais à un regard noir, j’eu droit à un long échange de regards et à un compliment. Je lui souris avant de sauter dans le lac. Dedans, elle ne tarda pas à me demander de la lâcher. Sur le coup je me dis que j’avais fait une erreur et que j’avais mal interpréter sa réaction, mais son lâche-moi n’étais pas violent au contraire. Elle semblait … Emerveillée. Elle voulait simplement que je lâche ses jambes, et je m’exécutais aussitôt. C’était une grande fille, et si c’était ce qu’elle voulait alors je supposais qu’il n’y avait pas de crainte à avoir.

    Elle me tenait fermement cependant, s’accrochant à moi comme on s’accroche à une bouée. J’étais agréablement surpris par le contact qu’elle m’autorisait à avoir avec elle … Elle qui avait semblée gênée plus tôt lorsque j’avais regardé ses jambes était à présent agrippée à moi et ne semblait pas s’en offusquer. Ce contact était très étrange pour moi. Ses mains étaient simplement posées sur moi, mais n’exerçaient presque aucune pression, douces, apaisées. Elle était si légère que j’avais à peine l’impression de l’avoir dans mes bras. Si je la lâchais, si je la poussais … Elle paraissait tout simplement fragile, merveilleusement humaine, et j’avais l’impression qu’il m’aurait suffi de la toucher pour … La casser.

    Lorsqu’elle perdit l’équilibre, je fus pétrifié un instant avant de faire un mouvement pour la retenir. Idiot. Je chassais rapidement l’effroi sur mon visage, alors qu’elle riait et commençait à bouger ses bras. Je refusais de paraître trop inquiet, souhaitant tant que possible lui faire oublier le mal que j’avais causé et non pas lui rappeler son handicap en me montrant trop avenant.

    « Ca y est, j’ai découvert ton secret. Tu n’es pas humaine en réalité, tu devais être une sirène grecque à n’en pas douter. »

    Et c’était vrai. Elle semblait parfaitement dans son élément, joyeuse, comme si l’eau l’avait réveillée d’un long sommeil réparateur.

    « L’eau n’est pas mon élément. Je la trouve trop … Imprévisible. Elle peut être calme, paisible, immobile, ou perdre la tête et devenir violente, entrainer les gens … Elle ne me met pas vraiment en confiance. »

    Parlais-je toujours de l’eau ? Sur la fin, j’avais plutôt l’impression de parler des femmes en général et de mon problème de confiance. J’avais besoin de sentir que j’avais le contrôle, que tous les paramètres étaient clairement définis.

    Puis elle commença à m’éclabousser avant de remettre ses cheveux en arrière, me laissant l’observer un instant. Je pris conscience d’une chose que j’avais à peine remarquée avant. Elle était belle, vraiment belle. Je me demandais pourquoi cela me frappait seulement, mais la réponse était simple … Son fauteuil. Même si c’était dur à accepter, il était la première chose qui frappait lorsqu’on la regardait. Cela ne devait pas être facile à vivre. Chassant ces pensées, je m’approchais d’elle avec un regard que je voulais menaçant mais que je soupçonnais de trahir mon amusement.

    « On ne t’as jamais dit de ne pas jouer avec un dieu ? A ce qu’on m’a dit, ils n’aiment pas perdre, ce sont de très très mauvais joueurs. »

    L’attrapant à nouveau, et m’assurant que je la serrais suffisamment, je descendis sous l’eau l’entrainant avec moi. Quelques secondes plus tard, je la remontais. J’éclatais alors d’un rire franc. Etait à cela que ressemblait la vie d’un humain ? Elle me semblait soudain beaucoup moins désagréable que je l’avais imaginé. C’était tellement futile, se baigner, s’éclabousser … Mais c’était amusant. En tant que dieu, je ne me souvenais pas la dernière fois où je m’étais vraiment amusé, juste comme cela. Il faut dire que a fonction occupait la plupart de mon temps …






ANUBIS. Everything looks better when the sun goes down, I had everything, opportunities for eternity and I could belong to the night. I'll never be good enough. You make me wanna die and everything you love will burn up in the light. » You make me wanna die by The Pretty Reckless

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Jeu 25 Avr - 11:06

Anubis & Brooklyn




    Tout ce qu’il pouvait me dire sur lui, sa vie passée, ses relations, son quotidien, je l’écoutais avec joie et une grande attention. C’était un peu comme s’il me dévoilait son jardin secret, et j’étais ravie de voir qu’il avait confiance en moi au point de me parler de sa mère. Ainsi les Dieux et autres créatures ne possédaient plus leurs dons extraordinaires, juste quelques facultés mais sans plus. Mais j’avais peur, peur qu’on nous observe qu’on nous épie, qu’on comprenne que je n’étais pas avec un humain. Nous n’étions pas beaucoup sur Néméïl et, Lui, ne faisait pas partie du Camp. Il ne paraissait pas être plus inquiet que cela par rapport à moi.

    - Tout se sait, un jour ou l’autre. Je ne veux pas que les Miens te fassent du mal.

    Egyptien. Mais oui ! Bien sûr ! C’était L.O.G.I.Q.U.E ! Les cheveux d’ébène, le regard captivant, cette peau hâlée. Pourquoi je ne voyais cela qu’aujourd’hui ? Aucune idée. Maintenant, je me demandais bien quel demi-dieu égyptien j’avais en face de moi. C’était quand même troublant de ne pas savoir son nom. Mordillant ma lèvre, je me lançais à mi- mot.

    - Qui es-tu ? Ton nom…pourquoi tu ne me l’as jamais révélée ?
    Tu penses que si tu voyais Anubis sous sa forme humaine, tu le reconnaitrais sur l'île ?


    La discussion devint plus légère lorsqu’il commençait à esquisser son idée de m’aider. Oh oui, qu’il avait un visage dès plus séducteur. Il était beau, et il devait le savoir et en jouer.

    - Tu pourrais au moins me donner un petit indice pour la pauvre petite humaine que je suis !

    Je n’avais pas peur avec lui. D’ailleurs depuis notre toute première rencontre, j’avais toujours été comme attirée par lui. Ce n’était pas une curiosité mal placée mais une envie de découvrir ce demi-Dieu. Malheureusement pour moi, il semblait ne pas aimer parler de lui, de ce qu’il faisait avant d’être prisonnier ici. Et cette baignade dans l’eau me fut très salutaire. C’est vrai que j’étais mal à l’aise lorsqu’il s’approchait un peu trop de moi, qu’il laissait son regard dévier sur mes jambes ou que ses prunelles croisaient les miennes. Mais là, dans l’eau, j’occultai tout cela, m’émerveillant de la beauté de l’étendue que je n’avais fait qu’observer et détailler depuis mon arrivée sur l’île. Alors oui, j’oubliais qu’il était torse nu, que j’étais accrochée à lui, que mes mains entraient directement en contact avec sa peau. Je profitais de ce moment fabuleux qui pourrait, pour certains, être si banal mais pour moi, c’était énorme. Mais j’avais présumé de la force de mes jambes et je perdis l’équilibre, l’entrainant avec moi.

    J’étais une très bonne nageuse avant mon accident, et je retrouvais bien vite les gestes sauf que l’une de mes jambes ne répondait plus … L’autre, j’arrivais à la bouger beaucoup plus et avec mes bras, je m’étais éloignée du bord pour me trouver au centre du lac là où nous n’avions plus pieds. Je flottais. Mon corps me paraissait si léger. Mon fou rire refléta la bonne humeur que pouvait me procurer cette baignade inattendue. Pour la première fois, depuis longtemps, j’étais bien. Apaisée.


    - Zut ! Me voilà découverte !
    Tu as raison, je suis une sirène.


    Cela faisait deux fois qu’il marquait son impression sur l’eau. J’avais le sentiment qu’il donnait à l’eau une figure plus humaine. Nous avions tous nos faiblesses. Dieux ou pas. Je continuais sur ma lancée, l’éclaboussant au visage, souriant encore bien plus. Il se rapprocha et si je pouvais lire dans ses yeux, tout le sérieux du monde, son petit sourire en coin le trahissait déjà. Je me laissais capturer alors qu’il glissait ses mains sur ma tailler pour me maintenir à lui. Mes bras se nouèrent autour de son cou pour garder mon équilibre. Rien qu’à ses mots, je venais de comprendre … un peu trop tard.

    - Nooon , non, non…t’as pas le dr…oit… !!

    Je pris une grande respiration, fermant mes yeux et plonger avec lui sous l’eau. Je m’agrippais à lui, pas par peur qu’il me laisse couler mais pour ne pas perdre mon repère. Je me laisser tenter et enfin rouvrir mes paupière et apercevoir son visage amusé par la situation avant de nous faire remonter à la surface.

    - Oui ! Mauvais joueur !

    Je bougeais mon bassin et ma seule jambe valide. L’autre, je ne la sentais même plus être un poids mort pur moi. M’appuyant sur ses épaules de toutes mes forces, je me servis de la force de l’eau pour sauter sur lui et lui faire boire la tasse, attendant qu’il remonte de nouveau.

    - Sais-tu qu’il faut se méfier des faibles femmes ? Je ne vais pas trop te noyer parce que je vais avoir besoin de toi pour atteindre le rivage.

    Taquine, malicieuse, mes prunelles pétillaient d’amusement. Je n’oubliai pas ce que je croyais être le plus important pour moi. Je revins près de lui, déposant un doux baiser sur sa joue tout en lui murmurant quelques mots au creux de son oreille.

    - Merci beaucoup pour ce moment.

    Ma joue effleura doucement la sienne avant de reculer un peu mon visage, tout en me tenant encore à lui. Et là, je pris conscience de ce que j’avais éclipsé depuis le commencement de notre petit tête à tête mouillé. Le malaise et la gêne d’être si proche de lui. Ce n’était pas Lui en tant que demi-Dieu mais Lui en tant qu’homme. Je ne suis pas très familière, en temps normal avec les hommes, si proches comme ça. Lui, il me faisait oublier tous mes repères et je commençais à trop l’apprécier. Nous étions différents, je ne devais pas l’oublier. Mais plus que ça, j’étais handicapée. Pourtant, son regard, je ne pouvais décemment pas me détourner de ses yeux clairs.

    - Tu veux bien me ramener à mon fauteuil ?


Revenir en haut Aller en bas
Anubis
avatar Messages : 2129
Date d'inscription : 29/12/2012

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Dieu Egyptien
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Lun 6 Mai - 16:53

Anubis & Brooklyn





    Lorsqu’elle me dit qu’elle était inquiète pour moi, je fus assez surpris. Je croyais qu’elle s’inquiétait pour elle, mais non c’était bien pour moi qu’elle avait peur. Je ne pus réprimer un sourire … Après tout, n’étais-je pas censé être un dieu ? Enfin, un demi-dieu ? Je pouvais encore prendre soin de moi-même, même sans mes pouvoirs. J’étais néanmoins flatté par son attention.
    Elle enchaîna sur mon identité … Mon identité. Comment répondre à cela sans me compromettre …

    - Qui es-tu ? Ton nom…pourquoi tu ne me l’as jamais révélée ?
    - Tu ne me l’as jamais demandé.

    J’avais dit ça avec un sourire, mais ma voix m’avait parue un peu froide, sans que j’y fasse attention.

    - Je m’appelle Zéphyr.

    Après tout, j’ignorais moi-même les noms des demi-dieux qui avaient été engendrés par mon père. La plupart d’entre eux étaient même inconnus de la plupart d’entre nous. Mais lorsqu’elle embraya sur le sujet d’Anubis, je fus un peu surpris même si je m’étais attendu à ce qu’à un moment ou un autre, elle l’amène sur le tapis.

    - Je suis désolé, mais je ne peux rien pour toi à ce sujet. Les dieux et les demi-dieux se mélangent très peu, et je n’ai encore jamais rencontré cet homme bien que j’en ai entendu parler. Peu pourront t’aider je le crains, il est connu pour être plutôt solitaire, pas vraiment du genre sociable.

    C’était étrange de parler de moi à travers des rumeurs que j’avais entendu, mais il faut dire qu’elles étaient vraies. Je n’avais jamais été du genre à festoyer avec les autres dieux, je n’avais eu que très peu d’aventures et mes amis se comptaient sur les doigts d’une seule main.

    Heureusement, dans l’eau, nos discussions devinrent plus légères. Je la sentais étrangement apaisée par cet élément. Elle se laissait approcher, nageait même, et elle m’avoua finalement son secret : elle était une sirène. Je pris un air surpris avant de prolonger cette plaisanterie …

    - Mais les sirènes sont des créatures enchanteresses, très dangereuses à ce que l’on raconte. Ai-je quelque chose à craindre de toi ?

    Mais si le ton était à la plaisanterie, nos jeux l’étaient aussi, du moins c’est ce que je pensais. L’eau était réellement un élément dangereux. Pas seulement en lui-même, mais aussi à cause de l’effet qu’il produisait sur les gens. Je lui trouvais cette façon étrange de détendre les gens, de laisser tomber leurs barrières, et Brooklyn et moi n’échappions pas à cette règle. Il m’avait poussé aux confidences, ou peut-être était-ce dû au rapprochement physique que l’eau et son handicap avaient établis pour nous. Quand bien même la proximité ne semblait déranger ni elle, ni moi, alors qu’en dehors de ce lac, le moindre de mes regards semblait la déranger. L’eau était décidément un élément bien étrange. Heureusement, je n’avais pas vraiment le temps d’y songer, entraîner par la « sirène » dans un combat acharné. Elle pouvait dire ce qu’elle voulait, elle avait beaucoup de force et de volonté …


    Lorsque je la coulai, elle garda un instant les yeux fermés sous l’eau, s’accrochant à moi comme à une bouée. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, je ne pus réprimer un nouveau sourire, avant de la remonter. Elle me traita de mauvais joueur, chose que j’avais bien cherché il fallait l’avouer. Mais elle se vengea rapidement m’entraînant à son tour sous l’eau. Je ressorti rapidement, et repoussai les mèches de cheveux qui se rabattaient devant mes yeux pour la voir rire du tour qu’elle venait de me jouer.
    Elle argumenta ensuite sur les femmes, et le fait qu’il fallait s’en méfier avant de se raviser : elle avait besoin de moi pour revenir sur la terre ferme. J’ajoutai sur le ton de la plaisanterie …

    -Vicieuse et intéressée ? Tu regroupes tous les défauts possibles et imaginables n’est-ce pas ? J’ai l’impression d’être un objet … M’enfin, si cela peut me permettre de garder la vie sauf, soit.

    Elle semblait beaucoup s’amuser à mes dépends, riant sans arrêt, ses yeux pétillants de malice chose qu’il ne m’avait pas été donné de voir auparavant. Elle s’accrocha à moi et vint me déposer un baiser sur la joue tout en me murmurant un remerciement. J’écarquillai les yeux, surpris par la douceur de ce contact, alors qu’elle reculait doucement, toujours coincée entre mes bras. Je l’observai un instant en silence, sans trop savoir quoi répondre. J’avais moi aussi beaucoup apprécié ce moment, et je ne trouvais rien, moi maître des mots, pour lui exprimer ma satisfaction qui ne sonne pas ridiculement banal. Mais tout à coup, elle se recula plus encore et sembla prendre conscience de notre proximité. Je la senti comme gênée, alors qu’elle me demandait de la ramener à son fauteuil.

    Naturellement, son malaise fut assez contagieux, et je relâchais légèrement mon emprise sur elle avant de la resserrer à nouveau, tout en la fixant.

    - Evidemment.

    Je la soulevai pour nous rapprocher du rivage, avant de la déposer sur le bord. Je me hissai moi-même à ses côtés avant de la soulever à nouveau, évitant son regard, pour la déposer dans son fauteuil, dont j’avais presque oublié l’existence. Lorsque je l’aperçu, un sentiment de honte m’envahi. Avec elle, dans le lac, j’avais presque oublié qui elle était, qui j’étais, et ce que je lui avais fait. J’étais responsable de tous ses malheurs, et non content de le lui cacher, j’avais presque été jusqu’à flirter avec elle quelques instants plus tôt. Je me reculai pour récupérer mes vêtements, et les repasser. Je n’étais pas connu pour être pudique, mais leur présence me semblait à présent indispensable. Je me retournai vers elle, me pinçant la lèvre.

    - Pardonne-moi si je t’ai surmenée, ce n’était pas mon intention.

    J’étais pourtant persuadé que ce n’était pas la raison de son revirement mais que, comme moi, elle avait pris conscience de cette étrange et dérangeante proximité. Après tout, nous étions presque des étrangers …

    - Veux-tu que je te …

    J’eu un sourire tendu. Bien sûr que non, je n’allais pas la raccompagner au campement des humains. Je laissai échapper un rire jaune avant de reposer mes yeux vers elle, et de me radoucir instantanément.

    - Désolé, je … J’avais oublié. Je ne peux pas te raccompagner.








ANUBIS. Everything looks better when the sun goes down, I had everything, opportunities for eternity and I could belong to the night. I'll never be good enough. You make me wanna die and everything you love will burn up in the light. » You make me wanna die by The Pretty Reckless

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
InvitéInvité
avatar
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Mar 7 Mai - 14:49

Anubis & Brooklyn




    Il avait raison. Je ne lui avais jamais demandé son nom. Peut-être par respect, qu’il ne se sente pas pris au piège de me dévoiler une identité qu’il préférerait dissimuler. J’avais toujours eu espoir qu’il me dise son nom mais il fallait bien avouer que sans ma question, il ne me l’aurait certainement jamais dit. Ainsi, ce demi-dieu se nommait Zéphyr. Ce n’était pas un nom qui me parlai rien de familier pour moi, moi qui avait étudié la mythologie égyptienne avant de rejoindre la mission d’archéologies sur ces terres anciennes. Dans la foulée de mes questions, je lui avais demandé s’il connaitrait Anubis sous sa forme « humaine » et s’il était sur l’île. A ma grande déception, il ne l’avait pas rencontré, insistant sur le fait que les Dieux et les demi-dieux ne se mélangeaient pas vraiment. Je soupirai. Etais-je entrain de courir après une chimère ? Ne devrai-je pas tout simplement tourner cette page et passer à autre chose ? Ce n’était pas pour moi mais bien pour mon frère. Et si Anubis l’avait envoyé en Enfers, que pourrai-je bien y faire à présent ? Pactiser avec lui ? Qu’il prenne mon âme et rende la vie de mon frère ? Le ferait-il ? Ce Dieu ne perdrait rien puisqu’il remplacerait une âme par une autre âme. Je secouais la tête chassant toutes mes réflexions. Un jour, je devrai de toute façon faire un choix devant celui que je recherchais avec tant d’intérêt.

    - Merci quand même pour tes petites informations. Anubis était une quête pour moi. Je ne pourrai pas apaiser mon cœur tant que je ne l’aurai pas trouvé. A force de chercher, je le croiserai peut-être.

    Je n’étais pas quelqu’un qui abandonnait aussi vite devant les obstacles mais vivre que pour enfin connaitre des réponses qui me hantaient depuis la mort de mon frère, étais-ce vraiment la vie que je désirai ? J’étais venue sur cette île uniquement pour cela et je remarquais qu’au fil de ces mois passaient ici, j’avais tissé non seulement des liens et je prenais conscience de l’horreur des miens à vouloir emprisonner toutes les Divinités. Où était donc ma place dans toute cette histoire ?

    L’eau nous donna cette détente que l’on méritait, jouant sans nous percevoir, aussi bien que moi, de ce rapprochement physique que nous devions maintenir. Moi, pour ne pas couler. Lui pour me permettre de garder mon équilibre à cause de mon handicap. J’étais bien. Envolés tous ces questions et mon problème de santé. Je n’avais jamais été aussi sereine depuis mon accident. Joueur, il nous coula tous les deux avant que je ne prenne ma vengeance sur lui, tout en gardant ce côté plaisant. Dans cette étendue bleutée, je me sentais légère, sans handicap, oubliant mes soucis.


    - Tu n’as rien à craindre de moi. Que pourrai-je bien te faire ?

    Même sur le ton de la plaisanterie, je ne ferai de mal à personne … sauf si ma vie est en danger. Mais pas délibérément ou par envie malsain de torturer. Je nageais. Mes vêtements me collaient à la peau, mais ce n’était pas là ma priorité du moment.

    - Toi un objet ? Hum… c’est à réfléchir. Ça pourrait devenir intéressant. Je vais finir par ne plus pouvoir me passer de toi à cette allure-là… Tu y tiens vraiment ?

    L’insouciance de mes mots m’avait fait oublier quelque peu la sincérité qui se dissimulait derrière mes paroles. Malgré cela, pour le moment, je ne me rendais pas compte de toute leur portée, de cette brèche qui s’ouvrait, de ces émotions que je ne connaissais pas ou que je ne voulais pas voir. De nouveau, je me rapprochais de lui, retrouvant son contact, un besoin naissant. Je le remerciais de ce moment qu’il venait de m’offrir. Un cadeau précieux. Un baiser sur sa joue et soudaine ce fut le déclic. Je n’avais jamais été si proche d’un homme et le malaise revint trop vite. Je ne désirai pas le froisser mais c’était plus fort que moi, incapable de réagir à mon comportement devenu distant. Il me raccompagna jusqu’à mon fauteuil, nous faisant ressortir tous les deux de l’eau. Crispée, je tentais de retrouver ce plaisir que j’avais ressenti avec lui mais rien n’y faisait. Tandis qu’il remettait son tee-shirt, je serrai mes cheveux pour retirer le surplus d’eau. Avec le soleil, en cette belle journée, je n’attraperai pas froid. Je trouverai bien un moyen de raconter une histoire pour les autres humains quand ils me verront revenir trempée de la tête aux pieds.

    - Non… non… tu ne m’as pas surmenée. J’ai adoré… Crois-moi. C’est juste que … Je … Tu…

    Et voilà, je recommençais à bredouiller. Pourquoi c’était si compliqué de comprendre que sa présence me faisait un bien fou. Pourquoi ne voulais-je pas m’attacher ? La réponse était sous mes yeux … Parce que c’était un Demi-Dieu et moi une pauvre humaine handicapée.

    - Ne t’inquiète pas, je vais retourner au Camp tranquillement. Tu n’as pas à t’excuser. Encore une fois, merci du fond du cœur pour cette baignade …

    Je retirai les freins de mon fauteuil, faisant rouler leurs roues entre les paumes de mes mains pour pivoter sur la droite et suivre le petit chemin. Je m’éloignais de lui, sans me retourner. Je n’aurai pas pu continuer ma route si cela avait été le cas. Mon cœur se serra au point de m’en faire mal. J’aurai dû écouter ce que les autres humains me disaient : « Ne te mêle jamais à eux ». Je n’aurai pas éprouvé cette tristesse.


[HJ : fin du rp pour moi. Merci pour cet échange. J’ai adoré Love ]
Revenir en haut Aller en bas
Perséphone
avatar Messages : 3950
Date d'inscription : 30/05/2012
Localisation : Il fut un temps où vous m'auriez trouvé en Enfers...

Ô Grand moi
Relations:
Race & Mythologie: Déesse Grecque
Pouvoirs:
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   Mer 8 Mai - 12:48

Je déplace (a)
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: [Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis   

Revenir en haut Aller en bas
 

[Terminé] Rien dans ce monde n’arrive par hasard || Anubis

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Terre Divine :: Intrigue 1 : Les Humains-