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 La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos

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MessageSujet: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Mar 29 Jan - 20:44



FEAT Arès & Idun
La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Arès ne chôme pas

« Mais dis moi, A quoi ça sert, D'avoir survécu, Après tant de combats,
Et d'avoir tout perdu, Et tout laissé là bas »

La forêt pétrifiée s'étendait à perte de vue. Ce paysage désertique m'avait toujours impressionnée. Seule au beau milieu de cette étrangeté de la nature, face à l'immensité du ciel et du paysage; je me sentais plus futile que jamais. Mais pas seule, non. On ne pouvait considérer la solitude de la même manière après avoir vécu une expérience telle que la mienne.
Je repoussais en soufflant de mon front une mèche collée par la sueur. Il faisait chaud, et le soleil tapait lourdement sur mon crâne. J'avais en horreur ce genre de températures caniculaires, et bien que je ne sois pas encore arrivée, mes jambes lourdes et mon souffle laborieux me rappelaient douloureusement à mon manque d'endurance.

Je me demandais encore ce qui avait bien pu me pousser à aller voir le dieu de la guerre pour lui faire une demande aussi... saugrenue. Le courage n'était pas mon fort, et en ce moment même j'avais surtout envie de partir dans le sens inverse pour ne pas avoir à traverser le territoire le plus mal famé du pays. En temps normal, je n'aurais jamais osé poser en pied dans la Vallée du Tartare, ayant déjà du mal à sortir de chez moi... Mais justement, rien n'allait normalement. J'avais peur, mon seul désir en cet instant était de m'allonger pour ne plus jamais me relever; mais je devais résister. Parce que je ne pouvais baisser les bras tant que Loki n'avait pas payé pour ses fautes. C'était la seule chose qui me permettait de ne pas m'écrouler, qui me confortait dans ma décision d'apprendre à me protéger par moi-même. Une fois cette corvée terminée, je pourrais me consacrer à ma vengeance, puis j'accueillerais le sommeil éternel à bras ouverts...
Je ne pus retenir un soupir de soulagement en arrivant enfin au point de rendez-vous. Le territoire grec était bien trop vaste et difficile d'accès pour moi, si seulement Arès avait accepté de m'enseigner son art autre part... Je me penchais pour apaiser le point de côté qui menaçait de me faire céder, déjà sans force avant même d'avoir commencer. Tout ici paraissait mort & desséché... Je lançais des regards inquiets tout autour, cherchant sans le trouver Arès. Je n'avais pourtant pas été des plus rapide en venant jusqu'ici. Lui serai-t-il arriver malheur? Mon inquiétude devait être infondée, car s'il y avait bien quelqu'un qui n'avait rien à craindre de ces lieux, c'était Arès et son extrême dextérité au combat. Ce n'était pas pour rien que je l'avais choisit, lui et personne d'autre. Mais en attendant, moi, j'étais sans défense...

Abandonnant ma sombre réflexion, je me dirigeais vers un arbre fossile particulièrement épais, et me glissais dans le creux formé en son tronc. J'avais pris cette habitude au fur et à mesure de mes leçons, lorsqu'Arès tardait à arriver. Cette position, repliée sur moi même et adossée contre une surface dure, me donnait l'impression d'être au moins un peu en sécurité. Je ne me faisais pas d'illusions, si on venait à m'attaquer un pauvre arbre pétrifié ne me serait pas d'une grande aide, mais... Cela me rappelait à lorsque j'étais encore enfermée à Thrymheim et que je partais me réfugier dans une petite alcôve éloignée dans l'espoir de me faire oublier par mon geôlier. Si je me faisais la plus petite possible, si je me convainquais que je ne craignais rien; alors peut-être que je serais exaucée... Mes réflexes défensifs n'avaient jamais portés leurs fruits, malheureusement. Mais j'étais là pour résoudre ce problème.
Entourant mes genoux de mes bras, je fermais les yeux pour les soustraire à la dureté des rayons du soleil. Je n'étais plus habituée à voir la lumière du jour, et sortir m'était devenu aussi inhabituel que d'adresser la parole à un inconnu pour lui demander de m'apprendre à combattre! A croire que rien ne tournait plus rond depuis mon arrivée sur Néméil....
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Mer 27 Fév - 7:46



    Héphaïstos appréciait, dans son temps perdu et solitaire, de faire quelques expériences, pour s'occuper. Ce jour-là, il avait décidé, tout simplement, de se rendre dans la forêt pétrifiée de Lesbos, pour y ramasser plusieurs branches, qu'il essayerait de faire bruler dans sa forge : il avait hâte de voir ce qui résulterait de cette fusion : obtiendrait-il des flammes plus vives, des fumées colorées ? Ou bien les fausses pierres resteraient-elles pierres ?
    Il trouvait ces perspectives absolument fascinantes en vérité. L'idée lui était venue pendant qu'il frappait sur son enclume, et il n'avait pas pris le temps de se changer avant de la mettre à exécution.
    C'était donc vêtu d'un pantalon sale de suie, et de grosses bottes à lacets, qu'il avait pris le chemin de la vallée du Tartare, marchant d'un bon pas, qui écourta son voyage à quelques heures sous le soleil chaleureux.

    Il arriva sur place brulant de sueur, jetant un regard appréciateur aux rayons qui l'éblouissaient. Aphrodite avait été son astre, pendant tant de centenaires, qu'il en avait presque oublié la vraie lueur du jour, en se retirant dans sa forge au moindre prétexte. Il évitait un feu au profit d'un autre, qui le faisait moins souffrir.
    Le jeune Dieu avisa un premier arbre, et entreprit d'en arracher quelques morceaux, pour les transporter dans un sac en toile, cet effort le couvrant plus encore son front de gouttelettes brulantes.
    La nuit tomba sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, passionné par sa ceuillette bien étrange.
    Au loin, une silhouette, adossée à un tronc sombre, attira soudain sa curiosité. Tiens donc, il y avait une autre âme vivante en cet endroit désert ? C'était un lieu qui n'appelait pourtant pas à la promenade de confort.

    Il se rapprocha juste, observant discrètement la blonde qui semblait dormir, la tête sur ses genoux. Héphaïstos fronça les sourcils, puis fit mine de l'ignorer, retournant à sa tâche. Mais il jetait tout de même des regards intrigués, irrépressibles, vers la jeune femme.
    La curiosité le titillait.
    Enfin, il résolut de se rendre à ses côtés, seulement pour la pousser avec le pied, comme pour vérifier qu'elle respirait encore - Héphaïstos avait une douceur réputée pour faire les premiers contacts.

      - Hey, t'es crevée ou quoi ? Demanda-t-il, embarrassé de devoir se trouver à la charge d'un cadavre. Néanmoins il n'y croyait pas trop : l'aura d'un Dieu était sensible, et il la devinait immortelle. Debout, c'pas un endroit pour faire la sieste là. Tu t'es perdue ?


    Non, ce n'était pas une invitation pour la ramener chez elle, bien au contraire. S'il avait pu croire le moindre instant qu'il y avait des chances pour qu'il se la coltine sur le trajet de retour, il l'aurait fuit avant qu'elle ne se rende compte de sa présence.
    Il enleva une boucle qui tombait sur son visage, d'un geste brusque, pour mieux la fixer avec un mépris presque exagéré. Vu sa blondeur et son teint pâle, il se trouvait surement en présence d'une nordique : une race d'arriérés barbares. Un peu comme lui, en pire, quoi.
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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Mer 17 Avr - 10:40



FEAT Héphaïstos & Idun
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« Mais dis moi, A quoi ça sert, D'avoir survécu, Après tant de combats,
Et d'avoir tout perdu, Et tout laissé là bas »



    Je flottais. Etendue dans le silence, je flottais dans une brume intangible qui annihilait ma vue. Je ne savais pas -plus- pourquoi j'étais ici. Perdue? J'attendais. Il me semblait que j'attendais quelque chose, ou quelqu'un peut-être. Mais la brume opaque bloquait aussi bien ma vue que mes capacités de réflexion. Une impression de mal être me transperçait de toute part, seul sentiment qui me restait dans ce puit sans fond dont rien ne pouvait s'échapper. Je n'avais pas peur. Mais il me semblait que je n'étais pas à ma place. Pourquoi ne pouvais-je bouger? Pourquoi étais-je ici? Et quel était cette chose qui me touchait? Un ennemi? Un géant?!! Je commençais à remuer, je sentais que je devais faire quelque chose, maintenant, pour échapper à ce....

~o~

.... contact impromptu me sortit brusquement de mon rêve étrange. J'ouvris les yeux, encore toute engourdie par ce réveil brutal. Les yeux et l'esprit encore brouillés par le sommeil, je regardais d'un air... peu réveillé le... -l'être?- qui me faisait face. Qui...? Pourquoi...? Le temps que je comprennes que je me trouvais encore adossée contre mon arbre pétrifié et que je réalise qu'un parfait inconnu vêtu et "coiffé" comme un sauvageon se tenait en face de moi; ledit sauvage avait eu le temps de prononcer quelques phrases au sens mystérieux.


Je relevais la tête avec lenteur, clignant les yeux pour m'habituer à la pénombre du soir venu. Le soir? Au dernières nouvelles, j'étais en plein milieu de l'après-midi, et le soleil me tapait douloureusement sur la tête. Il semblait que ce ne soit plus le cas. Mon brillant sens de la déduction me fit comprendre que j'avais du bêtement m'endormir en attendant Arès. Qui n'était pas là, d'ailleurs.
Non, parce que l'inconnu (à croire que je les attirais dernièrement) n'avait rien à voir avec le dieu de la guerre. Il avait l'air encore plus barbare que ne l'avait jamais été Arès, exploit que je ne croyais pas possible. Comme quoi Néméil réservait quelques surprises, tout de même.
Minute... Un inconnu aux airs brusques et peu amène venait de me réveiller d'un coup de pied en me parlant avec un manque de délicatesse déroutant?!

Je pâlit à vue d'œil en réalisant que j'étais bien perdue dans la forêt de Lesbos (je savais trouver mon chemin en plein jour, mais alors qu'il devenait difficile à voir à quelques pas, rien n'était plus sur) avec un probable dieu (il se dégageait de lui l'aura particulière commune aux être divins). Magnifique. Idun, tu es décidemment la plus chanceuse des déesses.
Je me confectionnais tant bien que mal un masque impénétrable : mon expérience m'avait au moins apprise qu'il était préférable de dissimuler son inquiétude et ses émotions pour espérer un minimum de protection.

« Crevée...? » Je commençais par me demander ce qu'il voulait dire par "crevée". Mot qui ne me semblait pas avoir sa place en ces circonstances, que voulait-il dire par là? Je ne pouvais pas lui répondre sans connaître le sens de sa question, même si je risquais de passer pour une ignorante. Mais de mémoire, je n'avais jamais entendu une divinité scandinave parler ainsi. D'ailleurs, il devait appartenir aux grecs ou alors au latins au vu de son teint de peau. Mais sachant que nous nous situons aux alentours du quartier grec, il était probable qu'il fasse plutôt partit de cette catégorie.
Instinctivement, j'obéis à son ordre, me relevant et époussetant mon ample chemise bleue et mon pantalon assortit; préférant faire ce que m'ordonnait cette voix impérieuse, maintenant habituée à obéir pour éviter les ennuis. Il était grand, bien plus grand que moi; et je frissonnais d'appréhension. Arès ne m'avait pas donné assez d'entraînements pour que je puisse me défendre... En pensant à Arès, je plissais les yeux, agacée et coléreuse. A coup sur, il avait oublié qu'il devait venir me rejoindre, et il m'avait laissée toute seule sans défense toute l'après-midi. Maudit guerrier sans cervelle! A cause de lui je faisais face à une situation terriblement inquiétante.

« Non... J'attendais quelqu'un... mais je me suis endormie. » dis-je d'une vois pas aussi assurée que je l'aurais espérer. Il faisait nuit et je n'étais pas réfugiée sous mes couvertures, c'était mauvais signe. « Il n'est pas venu. » murmurais-je d'une voix dépitée. Je n'étais pas vraiment en colère, mais surtout déçue sans doute, inquiète et je ressentais cela comme une trahison.

Je jetais un regard incertain à l'inconnu, ne sachant comment agir avec lui. Il n'était pas très rassurant -euphémisme!- mais il m'avait sauvée d'une nuit passée endormie dans cet endroit de tous dangers. Alors...

« Et vous? »

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Dernière édition par Idun le Mar 14 Mai - 11:02, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Mer 24 Avr - 12:52

    Elle attendait quelqu'un ? Héphaïstos ne put retenir un regard sceptique aux alentours... Elle attendait quelqu'un ici ? Drôle d'endroit pour un rendez-vous quand même ! C'était déjà un grand hasard qu'elle soit tombée sur lui - ou plutôt l'inverse.
    Toujours fut-il que cette déclaration conforta le Dieu forgeron dans son idée première : il avait à faire à une folle. D'ailleurs, à bien l'observer, avec sa peau très pâle et ses cheveux blonds clairs, il ne doutait plus non plus qu'il puisse rajouter une origine nordique à cette personnalité.

      - T'es sûre qu'tu t'es pas trompée d'lieu ? Questionna-t-il, presque agressif. Enfin, ne voyait-elle pas qu'elle était dans un désert ? Où que t'as rêvé c'te rencontre ? Ajouta-t-il, se radoucissant très légèrement : après tout, s'il avait à faire à une de ces dingues de valkyries, qui hurlaient à la mort pendant les batailles, autant ne pas déclencher la guerre.


    Pour l'instant, elle avait l'air encore étourdie par son sommeil, ce qui la rendait presque fragile, d'apparence : mais le grec savait qu'il ne fallait jamais s'y fier. Une belle fleur pouvait avoir des épines dangereuses, et il avait été plusieurs fois celui qui s'y piquait sans y prendre garde... Il avait fini par retenir la leçon.
    Au départ, il était juste parti pour une promenade tranquille, alors il ne comptait pas rentrer avec de nouveaux problèmes - quelques lourds cailloux suffiraient à transporter, un boulet serait malvenu.

      - Moi ? Répéta-t-il, surpris par cette question qui était pourtant naturelle, et le vouvoiement respectueux qu'elle employait. Il secoua un morceau d'arbre pétrifié devant le nez de la demoiselle, geste qui aurait pu être pris pour une attaque mais qui n'était qu'un moyen de lui mettre l'évidence sous les yeux. Bah j'ramasse du bois, ça s'voit pas ?


    Il fit une grimace, en s'éloignant un peu. Il regretta de lui avoir répondu... Maintenant, avec la chance qu'il avait de tomber sur des femmes trop curieuses, elle allait surement vouloir savoir pourquoi... Et il n'avait aucune envie de le lui dire.
    Sa forge, son travail, tout cela tenait de son univers secret et intime, qu'il ne voulait pas dévoiler à la première inconnue.

    Du coup, il se remit à sa tâche en grognant, tournant le dos à son interlocutrice, pour lui signifier qu'il avait décidé de l'ignorer. Qu'elle se débrouille seule maintenant, pour retrouver celui ou celle qu'elle attendait.

      - Tu parles qu'il viendra pas... Naïve, ça s'voit qu'elle y'a cru... Bougonna-t-il pour lui-même, imaginant les divers scénarios qui avaient pu conduire une Déesse à se trouver dans cette position. Ou p't'être qu'elle a pris une insolation et perdu la boule... Pour une nordique, la chaleur ç'doit être dur.


    Oui, Héphaïstos parlait souvent tout seul, d'autant plus qu'il était souvent dans cette condition : seul. Seul à la forge, seul chez lui, seul à table, seul aux pieds de l'Olympe, seul dans son lit... Seul, depuis des centaines d'années. Alors forcément, il avait bien du se contenter du son de sa propre voix.




   



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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Mer 15 Mai - 13:24



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Je sursautais lorsque le cris de quelque créature nocturne vint briser le silence de mort oh combien lourd et inquiétant qui régnait dans cette forêt pétrifiée. Au cœur de la nuit, elle n'en paraissait que plus dangereuse, montrée sous son jour le plus sombre et juste assez éclairée par l'astre d'argent pour que l'on puisse distinguer son paysages de cauchemar; chaque parcelle de mon être me criait de m'en aller au plus vite. Je jetais un long regard inquiet sur ces silhouettes fantomatiques qui semblaient comme guetter le bon moment pour nous enserrer de leurs longs bras squelettiques afin de nous emprisonner à jamais dans leur immobilité éternelle. Nouvelle prison, moins froide que la dernière, mais au tout aussi effrayante.
Je réalisais tout juste à quel point ma situation était critique.

- T'es sûre qu'tu t'es pas trompée d'lieu ? Je secouais doucement la tête, intimidée par le ton agressif du Dieu, ne voulant pas le contrarier plus qu'il ne le semblait déjà; mais enfin ce n'était pas la première fois que je rejoignais Arès ici pour qu'il m'apprenne son si dangereux art. Je n'aimais pas cet endroit, j'aurais préféré être à mille lieux de là protéger par les murs froids de ma maison; mais je ne m'étais pas trompée. - Où que t'as rêvé c'te rencontre ? Non plus. Je secouais de nouveau la tête, dépitée. Je savais qu'Arès n'était pas complètement fiable, personne ne l'était excepté Cérès; mais enfin j'avais espéré peut-être qu'une sorte de lien nous reliait, maintenant. Malgré mes progrès presque inexistants, il continuait à m'entraîner, bien que cela semble être une cause perdue. Et moi je venais toujours, pour ne pas être aussi faible, pour ne plus me laisser blesser ou attraper sans un minimum de réaction. Savoir me défendre m'aurait évité bien des peines. Mais je n'étais pas née déesse guerrière, mais comme une des rares exception sans aucune capacité pour le combat. M'y prendre maintenant n'y changerait sans doute rien... Mais ne serais-ce que par principe, ne serais-ce que pour me sentir un peu moins impuissante je voulais y croire; un peu. Mais Arès m'avait trahie. Je ne savais pas s'il m'avait oubliée ou bien s'il s'était décidé à arrêter de m'entraîner; mais quoi qu'il en soit il m'avait laissée sans défense ici. Et je ne pouvais le pardonner.

« Je suis ici en toute connaissance de cause. » Ce qui était encore plus follement irréaliste, stupide et suicidaire. La nuit, les couleurs perdaient de leur intensité. Impossible de dire exactement à quoi ressemblait ce Dieu négligé; les ombres jouaient avec brio de leurs nuances pour le faire presque se fondre dans le paysage. Seuls ses mouvements trahissait qu'il était bien vivant, parlant, actif dans cette forêt de choses mortes. Comme moi. Sauf qu'il semblait bien plus adapté à l'environnement qu'une jeune femme blonde et sous-alimentée; m'aurait dit Arès, moqueur. Je fixais mes pieds, toujours autant intimidée et incapable de fixer trop longtemps ce qui se révélerait peut-être le dernier être vivant que je verrais.

« Il doit se rire de moi, je suppose qu'il avait prévu de me laisser seule ici afin qu'un autre m'achève... vous, peut-être? »

Toujours aussi polie, toujours aussi posée; et pourtant intérieurement j'étais affolée, complètement. L'homme ne semblait certes pas avoir de bonnes intentions à mon égard. Et Arès en qui j'avais momentanément accordé une certaine confiance -très réduite, mais tout de même- m'avait abandonnée, oubliée, peut-être même que tout ceci était prévu d'avance. Il s'était lassé de mon ennuyeuse personne et avait dépêché quelqu'un pour se débarrasser discrètement de moi... Entreprise qui ne me semblait pourtant pas être le genre du guerrier Arès, mais enfin, j'étais bien placée pour savoir que tout était possible... Mes soupçons avaient toute leur raison d'être, mais ce n'était pas en criant à l'aide ou en prenant la fuite que j'arrangerais les choses. D'ailleurs, je ne me sentais pas capable de tenir bien longtemps, j'étais toute courbaturée par des efforts auxquels je n'avais jamais été habituée; et mes années d'enfermement avaient grandement amoindries mes capacités physiques.

- Moi ?

L'attaque du grand dieu brun fut inattendue, aussi sursautais-je immédiatement en bondissant en arrière comme un animal effrayé par plus grand et plus dangereux que lui. Surprise, je me rappelais néanmoins de ce qu'Arès ne cessait de tenter de me faire apprendre; et mon sursaut de peur se transforma en un semblant de position défensive. Je relevais mes bras de façon à protéger mes points vitaux et positionnait mes jambes de sorte de rester debout même s'il me frappait.... Sauf qu'il n'aurait aucun mal à me balayer d'un simple revers de la main, j'étais trop légère, trop hésitante, trop fragile, trop peu entraînée encore... Et le tremblement de mes jambes fatiguées qui me semblaient aussi lourdes que les chaînes de ma peur grandissante -tout cela à cause de la marche forcée que je m'étais imposée pour rien et du soleil agressif qui m'avait vidé de toutes mes forces- n'arrangeait rien. Un oisillon aurait paru plus impressionnant que moi.
Le cœur battant à tout rompre, je me rendis compte avec stupéfaction qu'il me présentait simplement un bout de bois pétrifié qu'il avait du ramassé pendant mon sommeil... J'étais confuse, et me sentais soudainement un peu bête d'avoir réagit aussi brusquement sans aucune raison... Mais j'étais si tendue, si persuadée du danger que je courais que j'avais réagis comme Arès aurait été fière que je le fasse; et Cérès étonnée. Moi qui avait de si mauvais réflexes, je réagissais pour une fois directement, mais pour rien...
Mon étonnement fit place à un effarement certain lorsque sans même relever ma réaction ni plus faire attention à moi, il me tourna le dos.

Scepticisme et incompréhension bataillaient dans mon esprit. Pourquoi une telle réaction, soudainement? Etait-il en colère? Pourquoi ainsi se détourner de moi comme si j'étais devenue transparente? J'étais presque vexée par un tel manque de politesse, quelle que soit son éducation il devait savoir qu'on ne tournait pas le dos à son interlocuteur. Soit il s'en moquait, soit il manquait cruellement de présence féminine à ses côtés pour lui apprendre les bonnes manières.
D'un côté, j'étais rassurée qu'il n'ai pas l'intention de m'attaquer, ou je n'aurais pas su comment réagir. Absorber son énergie pour l'affaiblir et être capable de m'enfuir loin aurait pris trop de temps, il aurait eu le temps de ma tuer cinq fois avant que j'ai réussit. Mais maintenant, je faisais face à un dilemme. Car j'étais incapable de retrouver mon chemin dans l'obscurité, et traverser seule ce territoire hostile me paraissait insurmontable. Mais rester ici était sans doute aussi dangereux. Que faire? J'esquissais quelques pas en direction du Dieu impoli afin de lui demander mon chemin -faute d'avoir une autre solution- lorsqu'un bruit sourd me fit me retourner.

« Bam!! »

Un cri de terreur et d'étonnement m'échappa lorsque la larme qui un instant plus tôt m'aurait coupé la tête s'était cognée contre l'arbre qui m'avait abrité pendant mon sommeil... Un homme massif venait de sortir de l'ombre, et avait manqué de peu de me tuer d'un coup d'épée... La tête me tourna, et ma vision un instant devint noire... Cette créature... La lame passée si près... Thiassi... Je m'immobilisais totalement trop effrayer pour pouvoir bouger ou m'enfuir. J'allais mourir.
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Mar 18 Juin - 14:59

Tous des fous, sur cette île ! D'ailleurs, Héphaïstos n'avait jamais douté que le pouvoir des Dieux leur ferait tourner la tête... Lui-même parfois, ne pensait pas l'avoir complètement, surtout quand il pourchassait inlassablement sa femme, qui se refusait obstinément à lui. Franchement, il y avait de quoi devenir dingue, et il en était parfaitement conscient. Aussi, finalement, l'attitude de la blonde ne le choqua pas plus que cela, bien que ses gestes soient très clairs, et sa peur impossible à rater. Il l'effrayait ? Pff, grand bien lui en fasse, il n'était pas là pour plaire, de toute façon, et ce ne serait pas la dernière qu'il ferait fuir. Il continua donc à grogner dans sa tignasse hirsute, sans plus se préoccuper de rendez-vous manqués ou de sursauts névrotiques.
    - Elle croit que j'vais la bouffer ou quoi ? Pesta-t-il à ses bouts de branches, qui commençaient à se faire lourds. Y'a encore assez d'nourritures dans cette prison pour qu'on évite de tous se changer en sirènes cannibales...

D'ailleurs, il se demandait ce qu'il pourrait manger en rentrant chez lui... Car bien sur, il ne fallait pas s'attendre à ce que sa sublime femme ait préparé quelque chose de ses deux jolies mains, qui ne servaient qu'aux caresses. Elle serait surement sortie, probablement, de toute façon, dans une quelconque taverne, pour y trouver un autre homme à cuisiner à son goût. Pour cela, elle avait toujours de l'appétit, et même plus que cela. La Déesse était insatiable.
Quand il s'agissait de critiquer son mari, de la même manière, elle aurait pu y passer la nuit. Il aurait beau lui préparer les meilleurs spécialités grecques, dans des plats en or, qu'elle trouverait encore à redire de ses efforts, de ses ridicules attentions pour la conquérir.
    - Bon plus qu'une ou deux et j'me casse ! Prévint-il tout fort, comme pour s'assurer que la demoiselle l'ait bien entendu et se décide à le suivre, maintenant ou jamais. Et aussi parce qu'il trouvait toujours aussi rassurant l'écho de sa voix dans ce désert silencieux - mais ce geste était moins noble.

Il venait à peine de se mettre à la tâche annoncée qu'un bruit détonnant vint rompre cette dernière constatation. Finalement, avec le cri d'Idun pour couvrir avec encore plus de force la scène, la forêt semblait tout à coup bien animée... Un peu trop !
    - Bordel de Zeus! Cracha le Dieu forgeron, en voyant la cause de tout ce tumulte surgir de derrière un tronc calciné. En Grèce, ils ne connaissaient pas ce genre de monstre... C'était donc bien la scandinave qui avait du l'attirer là, à se demander pour qui était le piège dont elle l'avait accusé. Dégage de là ! Hurla-t-il sans attendre à l'adresse de la pauvre créature tétanisée, en bondissant sur l'arme plantée dans le bois.

Bizarrement, Héphaïstos n'avait jamais vraiment eu l'occasion de mettre à l'épreuve son courage, sa détermination brute à affronter le danger... Bien sur, il y avait les disputes domestiques, qu'un autre n'aurait peut-être pas subit avec tant de bravoure, mais le Dieu ne pouvait en tirer l'honneur d'une vraie bataille, il n'osait guère s'en vanter. Lorsqu'il entendait les prouesses d'Hercule, ou d'autres aventuriers mythologiques, il se sentait bien inutile : pour une fois, il comprenait le frisson de fierté qui les envahissait, en décidant d'être le héro de cette menace là. Il connaissait les armes comme des amis, des amantes dont il éprouvait tous les jours les courbes tranchantes, et l'acier scintillant, et ce savoir était ici un avantage considérable sur son adversaire.
Héphaïstos attrapa le métal coupant en même temps que la créature l'arrachait de l'écorce, et le forgeron sentit son sang se répandre sur la lame... Chaud, chaud. Sa peau devenait brulante, sous la douleur de la blessure, et son don qu'il avait conservé. L'être poussa un cri, quand la fusion remonta le long de l'épée jusqu'à sa poigne velue. La surprise de ces paumes bouillantes le fit reculer, et lâcher l'objet du crime avec un hurlement sourd.
Tout les deux fixèrent leur mains avec incompréhension, pendant que l'arme gisait au sol... Pourquoi ses plaies ne se refermaient-elles pas ? Héphaïstos observa ses paumes déchirées. N'était-il plus de nature divine ? Depuis quand était-il blessé comme n'importe quel mortel ? Qu'en était-il de son immortalité ? Cette question eut pour effet de remettre son esprit en éveil, à la manière d'une grande claque : s'il ne se dépêchait pas d'agir, il risquait probablement d'y rester, sans avoir su deviner le pourquoi du comment.




   



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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Ven 4 Oct - 16:23



FEAT Héphaïstos & Idun
La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Héphaïstos ne chôme pas

« Mais dis moi, A quoi ça sert, D'avoir survécu, Après tant de combats,
Et d'avoir tout perdu, Et tout laissé là bas »
A Knife In The Dark by Howard Shore on Grooveshark


Cette attaque avait été si précipitée et surprenante, qu'elle m'avait replongée dans le passé. Un nouveau "black out" comme il m'en arrivait si souvent, ou les souvenirs les plus effrayants et douloureux de mon enlèvement et de mon enfermement repassaient inlassablement devant mes yeux. Le monde réel s'effaçait au profit de celui de mes terreurs -plus si nocturnes que cela.

Le cri du vagabond? Le rugissement de gigantesque nouveau venu? Je ne les entendais pas. J'étais tétanisée, immobile, incapable d'esquisser le moindre geste du fait de la terreur qui m'enserrait le cœur dans un étaux glacé. Peur. Peur. Peur. Seule sensation subsistant. J'allais mourir. Thiassi était venu m'achever. Il m'avait pourtant dit de ne pas chercher à m'enfuir, ou Il me tuerait. Maudits humains. Ils avaient attisés Sa colère, et j'étais celle qui en subirait les conséquences. J'aurais du attendre Son retour. J'aurais du....
Mais....
Attendez.

Ce n'était pas Thiassi!
L'épée de l'attaquant était devenue rougeoyante sous je ne savais quel pouvoir divin, et pendant un instant j'avais pu voir le visage de la créature. Or, il ne s'agissait pas de celui de mon ancien tortionnaire, que j'aurais reconnu parmi mille.
Le cris de douleur de la créature me ramena enfin complètement dans la réalité, mais je mis encore quelques secondes pour comprendre ce que j'avais manqué. Le dieu inconnu, que j'hésitais auparavant à considérer comme un possible danger, venait très certainement de me sauver la vie en se précipitant sur l'agresseur avec un courage digne de Thor lui-même!! Mais maintenant, il était blessé....

Je ne connaissais pas du tout les autres mythologies, mais s'ils étaient comme les scandinaves, alors ils avaient l'habitude de guérir presque instantanément et d'être invulnérables. Or, le dieu ou la déesse de l'immortalité de la mythologie de l'inconnu devait comme moi les avoir gardés dans l'ignorance; puisqu'il restait comme statufié devant sa blessure belle et bien réelle.
Me surprenant moi même, réagissant comme j'aurais du le faire bien plus tôt, je me précipitais vers mon semblait-il sauveur et tentait de le tirer par le bras. Tentait, car j'étais aussi fragile et faible qu'un louveteau malade alors qu'il était en pleine santé. Il ne bougea pas d'un pouce.

« Reculez, malheureux! Vous n'êtes plus immortel!!! » criais-je pour le résonner. Ca y était. Je l'avais avoué. Pas à ma famille, mais à un parfait inconnu qui peut-être avait tout manigancé pour que je dise la vérité. La pire crainte des divinités... Trop tard maintenant, je ne pouvais plus reculer, et mon sens de l'honneur m'empêchait de m'enfuir en courant (même si j'en mourais d'envie) en abandonnant cet ancien dieu à la mort. Pas que je doute de ses capacités mais.... l'autre ennemi faisait bien deux têtes de plus que lui. Et une bonne cinquantaine de kilos en plus.

Je n'étais pas courageuse. Je n'étais pas une guerrière. J'étais bien la plus faible des déesses scandinaves. Je détestais la violence.
Mais j'avais le sens de l'honneur. J'avais ma colère. J'avais mon instinct de survie. Et surtout, j'avais mon dernier pouvoir.

« Je vais l'affaiblir du mieux possible. »

Je fermais les yeux, et expirait l'entement, ouvrant mon esprit aux diverses énergies qui m'entouraient.... Comme j'aurais du m'y attendre, peu de vie existait dans cette forêt morte depuis des millénaire. Mon malaise lorsque je fréquentais cet endroit était du au fait que je ne pouvais tirer ma force d'aucune végétation, d'aucun animal, puisque tous fuyaient ce lieu de malheur. Ainsi la vie de l'autre dieu et du géant brillaient comme les étoiles du firmament, vives, transperçant l'obscur non-vie alentour, m'attirant comme les loups étaient attirés par leurs Valkyries... Il ne s'agissait pas d'une "lumière" à proprement parler, mais plutôt d'une sensation intense, puissante que j'étais la seule à "voir", à ressentir... La vie était là, et je n'avais qu'à tendre mon esprit pour me l'approprier.

Je rouvris les yeux. Je le tenais. Mes yeux virèrent à l'or pur alors que je commençais à aspirer l'énergie de l'agresseur; seul indice restant sur mon ancienne nature divine et l'unique pouvoir que j'avais conservé. Un don qui pouvait paraître peu utile, mais qui dans l'instant se révélait d'une aide précieuse....

Je n'avais qu'à pomper le plus d'énergie possible de l'ennemi, jusqu'à ce qu'il titube de fatigue et soit à peine capable de soulever son arme. Même s'il ne s'agissait pas de Thiassi, j'avais l'horrible impression d'avoir à faire avec quelque double maléfique de mon bourreau; et ma peur se transformait presque en colère, en désir d'annihiler cette forme de vie dévastatrice. Mais d'un autre côté, je savais que voler la vie était mal. J'étais la seule scandinave capable de ceci, car en tant que donneuse de vie l'équilibre me permettait de compenser en la prenant; en partie seulement. Je ne pouvais tuer, pas de cette manière, cela aurait rompu l'harmonie entre la vie et la mort. Mais j'aurais presque aimé en être capable... Ainsi bien des difficultés m'auraient été épargnées....

Déjà l'ennemi semblait perdre de son aplomb et pâlir (semblait car l'obscurité presque totale maintenant m'empêchait de clairement le distinguer). Mais malheureusement, il se remettait de la douleur, et s'apprêtait à repartir à l'assaut...

Or le processus d'absorption de son énergie demandait du temps.
Et je n'en avais pas.
Nous n'en avions pas.

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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: La reconversion d'une pacifiste réformée en guerrière... ou, même en temps de paix, Hephaïstos ne chôme pas || Hephaïstos   Sam 5 Oct - 19:05


Quelque chose était pourri sur cette île de malheur, et Héphaïtos touchait clairement des mains le problème. Il fixait toujours ses paumes sanglantes, qui s'obstinaient à rester des plaies béantes et douloureuses. Jamais de son éternité le Dieu forgeron n'avait éprouvé un tel malaise : des blessures, il en avait eu, et il en avait souffert aussi, mais jamais plus de quelques secondes, voire minutes, qui lui semblaient déjà bien longues.
Voilà ce que lui avait coûté sa bravoure. Et s'il ne pouvait plus utiliser ses membres, comment pourrait-il faire tourner sa forge ? C'était tout son univers qui s'écrouler avec la perte de son principal élément de travail...
Oui, Héphaïstos avait des tendances à la dramaturgie : même pour un humain normal, ces coupures se soigneraient surement très bien, avec le temps. Mais l'humeur du Dieu était désormais en chute libre.
Le hurlement fataliste de la scandinave eut, étrangement, au lieu de l'enfoncer plus encore, le don de le secouer. Ses mots, tels autant de gifle, le tirèrent de sa contemplation béate.


    - Bien sur que si je suis immortel, je suis Hépha... Bon, pas le temps d'argumenter et de se vanter de son parcours, que la jeune femme lui imposa la suite des évènements. Et comment comptes-tu... ?


A son annonce qu'elle prenait les choses en charge à partir de là, le grec avait failli rire, s'il n'était pas aussi choqué par ses précédentes déclarations... Il allait décidément de surprises en surprises... Car effectivement, elle avait le pouvoir d'agir. Clairement, chez leur agresseur, quelque chose s'affaiblissait, son énergie retombait doucement, trahie par le mouvement mou de ses épaules s'affaissant sur ses côtés.
Héphaïstos avait bien une idée de la manière dont son inopportune alliée faisait cela, mais il ne l'approfondit pas par des questions qui auraient pu les ralentir.


    - Cassons-nous de là, vite, avant qu'il ne recouvre ses esprits ! Ordonna-t-il d'une façon autoritaire, mais un peu plus douce qu'aux premières paroles de leur rencontre, à sa compagne d'aventures. Quand on aura retrouvé la civilisation, on sera sauvés !


Bien qu'il n'ait nullement l'intention de demander l'aide de ses concitoyens, Héphaïstos avait bien conscience que leur présence leur serait bénéfique : sans doute la créature n'oserait même pas s'approcher d'une troupe trop importante de proies.
Oubliant ses blessures, le Dieu s'empara du poignet de la demoiselle, et l'attira à lui, avec plus de succès que l'inverse plus tôt. Il l'embarqua alors dans une course poursuite désordonnée mais efficace à travers les troncs calcinés. Malgré son handicap, il avait appris à adapter ses pas pour se surpasser. Ainsi, de loin, sa silhouette dégingandée, chancelante, aurait fait sourire, mais pourtant le constat était là : il courrait bien plus vite qu'il ne le laissait croire lorsqu'il marchait en boitant.
Enfin, les habitations les plus proches se distinguèrent derrière les arbres, et Héphaïstos s'élança de plus belle, de son mouvement étrange et saccadé. Il ne se retourna pas une seule fois pour vérifier que leur assaillant les suivait toujours, étant partisan de la prévention plutôt que de la guérison.


    - On y est presque... Souffla-t-il entre deux respirations équilibrées. Y avait-il une trace de gentillesse et de considération dans sa voix ? Enfin...


Il grimaça en le constatant lui-même : encore une fois la situation l'obligeait à se livrer plus qu'il ne l'aurait voulu. De son intervention, elle allait surement retenir son courage, son habileté à surmonter ses faiblesses physiques, et sa compassion... Tout ce qu'il ne voulait pas montrer de lui, justement, de crainte que quelqu'un puisse s'attacher, le forcer à se livrer encore, et enfin, le trahir, le laisser à nouveau seul et meurtri.
Héphaïstos appréciait trop le repos de sa solitude, l'apaisement de son cœur, pour risquer de détruire cet équilibre en brisant son image de grincheux et de mauvais bougre. Il ne voulais pas d'amis, il avait bien assez de la haine d'Aphrodite pour combler toutes ses attentes sociales.




   



I've been bent and broken, but - I hope - into a better shape
“ I loved her against reason, against promise, against peace, against hope, against happiness, against all discouragement that could be ”
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