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 Holdin' my breath | Thor

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Sif
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MessageSujet: Holdin' my breath | Thor    Dim 23 Mar - 18:30


Sif & Thor
« La vérité provoque la confusion. »
- Maurice Dantec






Une nuit plus froide, des étoiles plus ternes, une lune plus sarcastique. Ce ne fut pas la même nuit qui accueillit Sif à sa sortie de la salle des fêtes. Ça n’était pas autant la météo nocturne qui, métamorphosée du tout au tout, la prenait en traître : seul son cœur se trouvait en cause, empli de doutes et de questionnement aussi aiguisés que la bise du Nord. Autant la tempête de questions l’ayant cruellement étreinte avait failli par moment lui couper le souffle, autant le silence qui s’était à présent installé en son âme révélait à quel point la plus immense des peurs naissait non pas d’une armée de monstres avides de sang ou d’un cataclysme retentissant, entre explosions et tremblements de terre, mais bien du vide.

Finalement, elle avait eu sa réponse, du moins une partie, un ténu fil rouge auquel se rapprocher, et c’était peut-être pire que de ne pas savoir. Car à présent, il y avait de l’espoir, une chance de s’en tirer, ou à contrario l’imminente promesse d’un avenir irrémédiablement scellé. Plus de retour en arrière, plus aucune torture à infliger à son cerveau par le biais de mille et une hypothèses, puisque le sort avait déjà décidé, bouclant l’affaire et attendant simplement que ses pantins tombent sur ses messagers, les mortels envoyés ici et portant sa parole. En fin de compte, c’était la même histoire que ce complexe principe de physique quantique, basé sur un chat placé dans une boîte, en présence d’acide cyanhydrique. Tant que l’on n’ouvrait pas la boîte, impossible de savoir si l’animal était encore en vie ou non ; au final, la date de son décès correspondait à l’ouverture de sa précision, et au constat fait de son trépas, et pas avant. Force était de constater que leur actuelle situation ne constituait pas autre chose qu’une réplique grandeur nature –et à une échelle défiant toute imagination, puisqu’incluant des créatures magiques, pas moins- de l’expérience de Schrödinger.

Il ne restait plus rien à faire, aucune solution à trouver de soi-même, du moins pas avant d’avoir rencontré et parlé à ces gens, en partant du principe qu’ils étaient encore en vie. Inspirant doucement l’air nocturne, Sif tâcha de se détendre, de relativiser : la partie touchait à sa fin, ou plutôt étaient-ils tous en train d’en démarrer une nouvelle : œuvrer pour rentrer chez eux, ou se faire une raison en achevant de s’installer une nouvelle vie sur l’île. Fini de regarder en arrière, le futur se déverrouillait enfin, pour le pire ou le meilleur, mais au moins cesseraient-ils tous de se ronger les sangs en ressassant leurs souvenirs douloureux à la recherche d’une raison plausible à l’Exil. Retourner en Asgard, ou tout faire pour l’oublier, ne pas laisser le mal du pays la ronger jusqu’à la folie. Radical, mais salutaire.
Alors que ses poumons s’emplissaient puis se détendaient à un rythme volontairement lent, la brunette remarqua que le poids sur ses épaules s’était relâché, que l’attente touchait à sa fin. Perturbant, puisqu’il ne laissait en héritage qu’une légère contrition, signe qu’en fin de compte, et malgré tous les signes laissant supposer parfois le contraire, la déesse était bien une femme, jamais contente, et rarement logique, même avec elle-même.

Un pilier cependant l’aidait grandement à garder le cap, un pilier non pas de marbre comme les appréciaient les Grecs, ou encore taillé dans le calcaire propre aux temples de la lointaine Egypte, mais de chair, une rassurante montagne qui l’avait entraînée hors de la salle, de l’agitation montante et des esprits encore prompts à s’échauffer, malgré la mort dans l’œuf d’une guerre intestine ourdie par Dionysos. Ce gardien n’était autre que Thor, qui s’était montré à la hauteur de son sang royal : parfait cavalier du début à la fin, il avait non seulement fait honneur fait honneur à sa dame, mais également été d’une compagnie très agréable, ainsi que d’un tempérament à la fois altier et bien trempé particulièrement rassurant, aux plus sombres moments de la réception. Encore une fois, la jeune femme ne pouvait que reconnaître en son for intérieur que bien peu d’hommes auraient pu le remplacer ce soir-là, la comprendre et l’épauler sans qu’elle ait jamais l’impression d’avoir une dette envers lui. Lui aurait-on proposé d’être à présent auprès d’un autre que Sif aurait refusé ; il n’existait sans doute pas d’être capable de lire entre ses lignes, sans mot dire, alors que depuis leur départ, aucun son ne s’était échappé de leurs lèvres. Seule l’épée de Thrùd dans ses jambes, les percutant doucement de temps à autres, semblait tenter de lutter contre le silence, et ce fut après de bien longues minutes que la guerrière réalisa enfin son mutisme, et le temps écoulé à tergiverser dans son coin, encore une fois, alors qu’elle n’avait même pas fait attention au chemin effectué depuis la salle des fêtes. Quelle impolitesse, alors que comme au bord du Nil, son fidèle ami faisait montre d’une empathie et d’un respect de son silence des plus estimables… !

Que dire, cependant. Les mots ne parvenaient pas à se formuler, demeurant à l’état d’imbroglio aussi apaisé et terne qu’une lande endormie, incapables de s’allier en phrases qui en vaillent la peine. « Des humains à Néméïl... ! » « Après tout ce temps, la clé du mystère est enfin à portée de main ! » « Nous avons une chance d’être sauvés ! » Autant d’assertions sans valeur aux yeux de la belle, peut-être parce que la situation s’avérait trop capitale, ou simplement parce que nouvel instant, juste entre deux personnes si complémentaires, ne pouvait décemment être gâché par de tels babillages prévisibles.

Sif finit par relever les yeux vers lui, calme et en même temps avec un petit quelque chose d’enfantin –fait rare chez elle-, une expression de petite fille n’arrivant pas à croire que le chemin de croix soit sur le point de prendre fin :

-Ils sont parmi nous, Thor…

Dionysos pouvait avoir menti. Ou ces humains ignorer tout du sortilège les ayant réunis sur l’île, ce qui les ramènerait au point de départ. Quoi qu’il advienne, l’Asgardienne se sentait prête à affronter la vérité, timidement pour l’instant, cependant consciente que la présence de son compatriote lui confèrerait de nouveau l’énergie nécessaire pour réanimer sa conviction naturelle, et épauler plus que jamais les autres Nordiques dans ce tournant décisif, ainsi que leurs amis et tous ceux désirant conclure cette aventure ans effusion de sang ni violence dispensable.










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Dame Sif« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront.»  -  René Char

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Thor
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Ô Grand moi
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MessageSujet: Re: Holdin' my breath | Thor    Lun 31 Mar - 16:05


   

   

   
Thor & Sif ❥

   

Après tous ces évènements, Thor avait proposé à sa cavalière de sortir prendre l’air. Ils pouvaient aussi prendre le chemin du retour si elle souhaitait rentrer car après tout, il ne fallait pas se faire d’illusion, la soirée était terminée. Entre l’altercation et la révélation de la présence des humains sur Néméil, nombreux étaient ceux qui étaient déjà partis ou qui n’allaient pas tarder à le faire. Il fallait juste espérer que les plus vindicatifs n’allaient pas organiser une chasse à l’humain dès maintenant. Ce pourrait être à demi-surprenant cela dit, car à bien y réfléchir, les allégations de Dionysos pouvaient-elles vraiment trouver des auditeurs qui prêteraient foi à ses propos ? Il ne fallait pas oublier était le dieu de la fête et de l’ivresse et qu’avant de lâcher cette bombe à retardement, il avait agi de manière on ne peut plus étrange. Pour Thor les choses étaient bien différentes. Il savait que le dieu grec avait raison et pour cause, il avait lui-même déjà croisé des humains et avait même conversé avec. Cependant, il avait aussi préféré garder cette information pour lui, cherchant à y déceler un avantage et ne voulant pas causer un génocide. Au contraire, malgré son envie première de se venger, Thor en était finalement arrivé à la conclusion que les humains étaient la clef qui leur permettrait de déjouer l’exil et de fait, il tentait de se lier avec un des humains et de comprendre par quel étrange moyen ils avaient atterri ici. Qu’ils soient des espions venus les juger ou non, tout résidait là. Alors entendre Dionysos en parler, ça l’avait effectivement beaucoup ennuyé. Déjà il craignait que les plus haineux ne les tuent et qu’avec leurs morts s’envolent aussi leur espoir de quitter Néméil. Ensuite, Thor devrait avouer à Sif qu’il était déjà au courant ce qui pourrait entacher quelque peu leur amitié. Depuis qu’ils étaient ici, ils avaient tendance à se voir moins souvent, chacun étant occupé dans des tâches différentes mais non moins importantes dont ils devaient s’acquitter. Sans compter qu’à côté de ça naissaient des sentiments dont ni l’un ni l’autre ne savaient comment les gérer. Maladroits au possible, cette nouveauté pourrait tout aussi bien les rapprocher que les séparer.

Une fois à l’extérieur, Thor laissa le temps à Sif de digérer l’information ainsi que ce qui venait de se produire. Si elle était du genre impulsif, il n’oubliait pas qu’elle était aussi et surtout une personne sensible qui gardait ses sentiments, tout comme lui-même le faisait. Silencieux, ils avançaient donc tranquillement dehors, marchant côte à côte et seul le bruit métallique de l’épée de Thrùd et leurs pas résonnant sur le sol troublaient le calme de cette soirée bien avancée. Pour seuls témoins de leur marche, une magnifique nuit étoilée et une lune semblant leur sourire. On avait presque peine à croire que quelques instants plus tôt, la catastrophe avait été frôlée. Ne pensant à rien de particulier si ce n’est à se préoccuper de Sif, à ce qu’elle pouvait penser et ressentir, Thor appréciait vaguement le paysage tout en réfléchissant s’il devait lancer la conversation ou s’il devait laisser sa cavalière s’en charger. Jugeant finalement qu’il devait la laisser réfléchir, l’asgardien resta silencieux et pensa vaguement aux raisons qui avaient pu pousser sa fille à quitter les lieux de la fête si rapidement. Il allait falloir qu’il lui rende visite. Est-ce qu’elle craignait ce qui pouvait se passer entre lui et Sif ? Il ne lui avait jamais parlé de sa mère et qui sait ce qui pouvait lui passer par la tête. Plongé dans ses réflexions, Thor repensait aussi au reste de la soirée. L’attitude de Dionysos, ceux qui étaient intervenus pour se liguer contre lui, le grec qui savait parler d’autres langues, la réaction de Perséphone lorsqu’il lui avait parlé dans leur langue maternelle… Il y avait beaucoup de choses à dire et à retirer de tout cela et il faudra du temps pour méditer là-dessus et en retirer le maximum d’informations possibles. C’est alors que Sif le fit sortir de ses pensées. « Ils sont parmi nous, Thor… » dit-elle avec des étoiles dans les yeux, ce qui fit naître automatiquement un sourire sur le visage du scandinave. Il adorait quand elle était comme ça, quant elle retrouvait son âme de petite fille. Chaque fois il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il craquait devant sa bouille d’enfant et qu’avec cette expression-là, elle pourrait tout lui demander. Ce qui le fit sourire aussi, c’était de se dire qu’à tous les coups, elle devait penser comme lui. Voir chez les humains qui peuplaient Néméil la clef de leur porte de sortie. Ils se ressemblaient tant… « Oui, je sais. » fit-il en détournant le regard à la fin de sa phrase. Venait maintenant l’heure de vérité. « J’en ai déjà croisé deux. » Il s’était finalement arrêté et se tenait tourné vers elle. « Je ne t’en ai pas parlé avant mais j’ai déjà eu l’occasion de les interroger. Ils disent ignorer comment ils sont arrivé ici et je les crois. » Vu la méthode employée avec la première humaine qu’il avait interrogé, il ne pouvait que la croire. Celle-ci avait dû lutter pour conserver sa vie et il ne lui avait pas fait de cadeau. Et puis le second humain avait tenu le même discours et ce dernier s’était montré d’un naturel et d’un aplomb désarmants. Sa sincérité sur les questions qu’il lui avait posées l’avait convaincu. « J’ai aussi trouvé leur camp. » Clairement, Sif ne devait pas s’attendre à ça et Thor ignorait comment lui expliquer qu’il avait préféré garder tout cela là pour lui alors qu’ils auraient pu ensemble converser de tout cela et unie leurs efforts. Parce qu’en y réfléchissant, c’est vrai que c’était complètement idiot. Ils n’avaient jamais eu de secrets l’un pour l’autre, ou de très rares car chacun avait son jardin secret, mais décider de garder cette information importante était bien différente. « Je voulais t’en parler mais avant de faire quoi que ce soit, j’ai préféré tâter le terrain et voir ce que je pouvais en tirer. C’était peut-être stupide mais ce qu’il y a sûr, c’est que ce n’était pas pour te mettre de côté. » Bien au contraire ! Depuis leur discussion sur le bord du ruisseau, Thor avait compris à quel point elle souffrait d’avoir été arrachée à sa maison, à sa planète, à son univers, à sa vie… Il s’était alors juré de faire tout ce qui était en son pouvoir pour apaiser sa peine et lui rendre ce qui comblerait ce vide en elle. « Je voulais simplement vérifier les choses avant pour ne pas te faire une fausse joie. Tu es… J’aime quand tu souris, quand tu es heureuse. Ça me fait du bien de te voir comme ça et depuis qu’on est là, je sens bien que tu as perdu de ta joie de vivre. Alors je voulais être sûr de mon fait avant de te parler d’eux. » affirma-t-il avec douceur. C’était aussi une des rares fois qu’il se permettait de mettre des mots sur son ressenti par rapport à elle, à ce qu’elle pouvait représenter pour lui. Tout ça était bien compliqué alors que ça n’aurait pas dû. Pourquoi était-ce si difficile de lui dire combien elle comptait pour lui ?
   
Codage fait par .Jenaa


We're brothers, remember ?
We're family Loki. I'm your family. It always be you and me, remember ? We're still brothers and that can never change.
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