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 To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.

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MessageSujet: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Lun 14 Oct - 18:35

Un éclat de rire cristallin se fit entendre, bientôt suivit d'un autre, bruyantes ondes sonores dans le crépuscule, trop. Se redressant Hel balaya du regard les alentours de la rivière pour apercevoir un groupe de femmes qui s'éloignait dans le soleil couchant, gracile spectacle tant elles se déplaçaient avec légèreté et souplesse, tableau sublimé par leur anatomie parfaite et leur drapé dont se jouait le vent.... La Nordique leur aurait volontiers brisé les genoux. Rejetant cette perspective réjouissante, elle attendit que les dindes gloussantes s'éloignent, mâchoire crispée et prête à déchaîner son pouvoir si elles mettaient trop de temps à quitter les lieux mais bientôt le calme revint sur la vallée. Avec un soupir Hel se rassit sur le rocher au bord de la rivière, plongeant son regard dans le bleu céruléen de l'eau et se perdit à nouveau dans le dédale de ses pensées. Sa présence dans le quartier grec, phénomène assez inhabituel pour être souligné, s'expliquait par sa tentative de retrouver Perséphone chez elle ayant plus qu'envie de perpétrer un ou deux méfaits ou tout simplement de discuter un peu avec son amie. Tout avait commencé en fin d'après-midi ou la nocturne avait décidé de sortit de sa grotte où elle ressassait sa catastrophique situation pour prendre l'air, se vider la tête. Rejetant les draps, elle avait déplié ses longues jambes diaphanes avant de constater un hématome pour le moins conséquent sur l'une d'entre elles. N'y accordant pas grande importance, elle avait ignoré la marque et refermé ses doigts squelettiques sur une chemise de lin avant d'enfiler un pantalon de cuir. Un collier d'or évocateur de orfèvrerie scandinave habilla le cou de la déesse des morts faisant écho aux bracelets à ses poignets et elle ramena ses cheveux ondulés dans une tresse avant de jeter un coup d’œil dans un miroir et de quitter les lieux, refermant avec agacement la porte de ce qui lui servait de demeure : Une bâtisse en pierre à moitié en ruine, aux sols poussiéreux et jonchaient de poutres rongées et aux fenêtres opaques et à moitié couvertes de toiles d'araignées.

L'état de son chez soi n'était pas la raison première de son agacement, ni le fait qu'elle se réveillait chaque jour en se rappelant qu'elle avait troqué son trône et son macabre manoir Eliudnir au froid vivifiant pour cette ruine mais bien parce que depuis quelques jours la seule chose qui lui était arrivée de bien sur Néméïl semblait lui jouer des tours : Sa santé. Le cycle des humains est ainsi fait, les fonctions physiologiques sont à leur apogée vers vingt ans et au delà commence le début de ce qui les mènera lentement mais sûrement vers la tombe et par extension à sa personne alors que les Dieux grâce aux pommes d'Or d'Idun accédaient à l'immortalité... Ou presque. Contrairement à ses confrères, la Maudite vit une partie de son corps se soustraire aux effets du temps tandis que la seconde déclinait et elle ne dut qu'à une quelconque magie que ses membres d'os ne se désolidarisent pas du reste de sa personne. A son arrivée sur Néméïl, la malédiction avait levé son emprise sur elle lui rendant un corps sain et intégralement jeune. Du moins c'est ce qu'elle avait d'abord, sans doute naïvement, cru. Trop préoccupée par son père, ses frères, son oncle, sa belle-mère en bref tout le chaos scandinave, elle ne s'était pas aperçue que son corps semblait s'affaiblir, ces cernes s'assombrirent et ses joues se creuser... Elle semblait avoir pris quatre ans en trois mois et c'était de pire en pire. Elle aurait aimé avoir l'avis de Persé pour être sur que ce n'était pas son esprit qui lui jouait des tours et en l'absence de son amie elle s'était arrêté à cette rivière dont le nom lui rappelait son propre fleuve funèbre. Avec un feulement de rage, elle se prit la tête dans les mains faisant face à son reflet dans l'eau et s'arrêta net. Les yeux écarquillés elle scruta ce dernier avant d'attraper une mèche de cheveux...blanches.

    ▬  Ca vous prends souvent de crier comme ça ?»

Lentement, très lentement Hel tourna la tête vers l'origine de la voix dans un craquement sinistre. La rivière était de toute évidence l'endroit le plus fréquenté du quartier grec et la splendide jeune femme qui la scrutait était, malheureusement pour elle, au mauvais endroit au mauvais moment. Sans un mot, Hel lâcha son pouvoir sur la grecque qui porta une main à sa gorge alors qu'elle tombait à genou, suffocante. La rejoignant en quelque pas, Hel suppléa son pouvoir, trop bref, en refermant sa main sur le cou de cygne de la créature avant de la relâcher. La Déité laissa la nymphe reprendre de l'air avant de déchaîner à nouveau son pouvoir, aveuglée par la colère.  Cette saloperie de malédiction la suivrait jusqu'à la fin et sans les pommes d'Idun, la fin risquait de se produire plus vite que prévu. Dans sa rage, elle ne s'aperçut même pas qu'un autre protagoniste faisait son entrée.
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Lun 14 Oct - 20:24

La maison était trop vide... Vide de prières des fidèles qui n'étaient plus, vide de la voix criarde d'Aphrodite. La Déesse n'avait jamais su chanter, contrairement à ce que sa beauté aurait pu présager : elle n'avait aucun accord dans son timbre lorsqu'elle le portait à fredonner, et son ton ne saillait bien qu'aux hurlements contre son mari, ou aux soupirs d'extase. Néanmoins, l'absence de ses essais infructueux à la chansonnette se faisait sentir, jusque dans la forge où Héphaïtos pouvait l'écouter, mine de rien.
Elle avait du découcher, une fois de plus, et rester tranquillement chez son amant, sans se soucier de cette solitude qu'elle lui imposait... Le forgeron soupira, en croquant dans une pomme verdâtre, qui trainait par là. Le goût acide du fruit le revigora un peu, et il décida, pour changer, de sortir prendre l'air. Il avait trop travaillé la veille, de toute façon, et ses doigts redevenus mortels, peu habitués à cet état, souffraient encore des coups qu'il avait tapé sur son enclume.

Il croisa en route dans le quartier grec une troupe de jeunes femmes rieuses, qui ne manquèrent pas de pouffer de plus belle en le voyant lutter sur le chemin avec sa jambe boiteuse, et son expression renfrognée. Il n'était pas beau à voir, dans des habits qui avaient servis à l'ouvrage, et lui donnait l'air d'un pauvre mendiant sale, non d'un Dieu capable de fabriquer la plus mortelle des armes. Ses vêtements difformes cachaient en effet un corps sculpté par son art, tandis que sa tignasse dissimulait son visage, qui aurait pu être agréable, s'il n'était pas recouvert d'une barbe naissante et hirsute.
Dans tous les cas, Héphaïstos n'avait jamais pensé plaire à personne, et il se satisfaisait très bien de cet état. Il avait, autrefois, fait quelques efforts pour Aphrodite, et suscité des envies auxquelles il n'avait pas cru... Avant d'abandonner tout espoir en constatant que sa femme ne le repoussait pas moins, soigné et habillé comme un gentleman de l'époque.
Soudain, alors qu'il passait aux abords du Styx sans l'intention de s'y arrêter, le Dieu grec entendit un feulement presque animal, et aussitôt une interrogation déplacée qui pourtant traduisait ses propres pensées.

Héphaïstos se retourna, curieux malgré lui, pour observer la scène qui se produisait non loin de lui. Une femme, visiblement furieuse, venait de prendre une autre à la gorge, dans le but évident de l'étrangler.
Le forgeron resta un instant immobile, saisit de stupeur. Quelque chose, dans l'agressivité de cette inconnue, répondait à son propre désir de violence, qui grondait en lui depuis son arrivée sur Néméil. Mais sa conscience, elle - car il en avait une - condamnait l'utilisation de la force de façon si déséquilibrée. Devait-il donc s'en mêler pour rétablir l'équilibre ? Le grec haussa les épaules. Après tout, les nymphes ne valaient pas mieux que leurs patrons. Et la rage de la brune lui rappelait sa blonde, d'une manière tout à fait intéressante.
Héphaïstos avait horreur de se mêler des affaires des autres, mais d'un autre côté, il était incapable de regarder une créature se faire tuer sous ses yeux sans avoir essayé d'intervenir. Il secoua la tête, de dépit devant cette décision induite, résigné à endosser le rôle du héro pour quelqu'un qui ne le remercierait sans doute jamais : c'était un peu son sort, depuis des millénaires.

    - Y'a un soucis, les harpies ? Demanda-t-il, bien conscient de provoquer ainsi les deux demoiselles d'un même coup : un toucher de maître en matière de relations humaines négatives. J'crois qu'on a assez de problèmes comme ça pour en plus s'étriper entre nous. Enfin moi j'dis ça...


Il haussa les épaules, pestant la fin de son discours ridicule pour la paix de façon incompréhensible pour un autre être qu'un ours des cavernes.

    - Et qu'est-ce tu fous là, toi, la nordique ? Ajouta-t-il, fronçant les sourcils, en avisant la peau blanche de Hel et ses atours. A force de rester tapis dans l'ombre à observer, Héphaïstos était devenu très attentif aux détails. Une cure de jeunesse dans une contrée ensoleillée ? C't'un peu cliché...


Il n'avait pu s'empêcher de remarquer aussi la mèche claire dans les cheveux sombres de la femme qu'il venait d'interpeler. Un sourire sarcastique vint étirer ses lèvres, presque invisible sous les poils qui couvraient sa mâchoire.
Loin de lui l'intention de blesser ou de vexer : ce genre de remarques aurait pourtant rendues Aphrodite hystérique, et il aurait du comprendre que pour une fois, ce comportement s'étendait à tous le genre féminin... Ou peut-être l'avait-il fait par instinct, parce qu'il était légèrement masochiste, au fond.




   



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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Ven 18 Oct - 19:20

A sa plus grande joie, la nymphe semblait plus coriace que son espèce ne le laissait penser. Pas de supplications, pas de regards larmoyants dans les grands yeux azurs de la jeune femme juste une envie d’en découdre qui amusa encore plus Hel tant elle était illusoire. Peut-être aurait-elle du faire les présentations pour que cette insignifiante chose se rende compte qu’elle n’avait aucune chance contre la Déesse mais elle n’avait pas réellement envie de clamer sur tous les toits qu’elle était la suzeraine de Helheim surtout en vue de la contrepartie que cela impliquait aujourd’hui.  

    - Y'a un soucis, les harpies ? J'crois qu'on a assez de problèmes comme ça pour en plus s'étriper entre nous. Enfin moi j'dis ça...

Harpies ? Hel plaqua sa botte sur la gorge de la nymphe allongée sur le sol en exerçant une légère pression pour lui faire comprendre que si elle tentait quoique ce soit elle lui écraserait la trachée avec grand plaisir avant de tourner ses yeux mordorés vers l’empêcheur de tourner en rond. Un peu plus loin sur la route de la vallée se dressait un homme hirsute à la barbe fournie et vêtu avec autant de gouts que les ivrognes de la taverne du quartier neutre. Un Dieu sans doute pour s’amuser avec autant d’assurance à la provoquer et sans doute grec étant donner le quartier où ils se trouvaient mais il était à des lieux de la sophistication que revendiquait la Grèce bien plus proche de son peuple de barbare. En ce sens il lui plut, ainsi décida-t-elle de lui laisser une chance.

    ▬  Ne vous a-t-on jamais appris à ne pas vous dresser entre un prédateur et sa proie Grec ? N’abuse pas de ma patience et passe ton chemin.»

Lui-même semblait trouver sa tirade sur la paix et l’union ridicule ainsi Hel l’ignora trouvant trop aisé de lui montrer en image son idée de la paix des peuples en arrachant la gorge de la nymphe. Cette dernière visiblement revigorée par la présence de son compatriote tenta de planter ses ongles dans la jambe de la Déité, croyant sans doute que cela inciterait la Reine des Morts à la relâcher. Avec un soupir, Hel releva sa jambe et d’un coup de botte bien mal dosé permis à la nymphe de rejoindre les bras de Morphée, entité bien plus accueillante que sa personne en cet instant ce qui la fit jurer en norrois. Avez-vous déjà essayé de torturer quelqu’un d’inconscient ? Hel oui et cela n’a strictement aucun effet, pas même celui de les faire revenir à eux. Fulminante, elle se tourna vers le Grec qui s’interrogea sur sa présence parmi eux, l’identifiant rapidement en tant que Nordique ce qui n’était guère difficile étant donné la fierté avec laquelle elle portait l’identité de son peuple avant de faire une remarque fort déplacée sur la coloration de sa crinière. Touché.

Une corde se resserra autour de son cœur, constrictive et provoqua cette sensation étouffante qui vous serre le thorax en étau lorsque votre adversaire touche la corde sensible. Oh, non pas qu’elle n’était pas entraînée aux joutes verbales et qu’on s’en prenne à elle –les morts pouvaient être de très mauvaises fois et tous n’étaient pas charmés de passer leur éternité au Niflheim-  ou aux siens mais elle était rodée à ses assauts tandis que sa situation actuelle était trop récente pour qu’un étranger puisse sans prendre à elle sur un terrain aussi sensible et qu’elle s’en sorte indemne… et qu’il s’en sorte indemne. Sa main frôla le poignard attaché à sa cuisse mais elle réussit à garder suffisamment de sang froid pour ne pas dégainer la lame. Pure intelligence situationnelle, si certains Dieux étaient aussi inoffensifs que des rouges-gorges  d’autres comme elle, Hadès ou Thor bien sur avaient des pouvoirs qui pouvaient venir facilement à bout de leur ennemi. Son visage se fit impassible et son ton glacial, recouvrant son calme. Il voulait jouer au héros ? Soit.

    ▬  Pourquoi son sort te préoccupe ? Tu es peut-être le Dieu des dépravés et des ivrognes en vue de ton accoutrement mais si tu t'interposes, je lui brise le cou.»

La close implicite du contrat était qu’elle ne ferait que la torturer en l’absence du Grec, un marché tout à fait équitable à ses yeux en vue de la frustration qu’engendrait le dieu chez la Nordique.
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Lun 21 Oct - 16:31


Un détail d'importance manquait à Héphaïstos : le pourquoi. Il ne comprenait pas trop ce qui avait provoqué cette colère chez l'Asgardienne. Ok, les nymphes étaient plutôt agaçantes, par leur simple nature, et le Dieu de la forge ne les portait pas non plus dans son cœur... Mais bon, de là à aller les torturer, il y avait quand même un énorme pas à franchir. Et puis, ces créatures étaient relativement innocentes, et discrètes au possible, trouvant leur bonheur en s'isolant dans la nature : qu'avait bien pu faire celle-ci pour qu'elle soit impardonnable ?


    - Sa proie ? N'êtes-vous pas assez nourrie dans vos hauteurs neigeuses ? S'amusa le grec de la métaphore pour le moins sauvage. Si vous voulez y'a des restos sympas par ici, j'peux vous y emmener, histoire de protéger l'équilibre d'jà précaire de la faune locale...


Les mains dans les poches, pour paraitre moins agressif, Héphaïstos esquissa un sourire à l'inconnue, qui semblait plus à une grimace, perdue dans les poils hirsutes de son visage. Après tout, il avait bien accompagné une petite romaine, quelques jours plus tôt, il pouvait bien faire de même pour une nordique.
Héphaïstos était-il en train de devenir un être social ? Après tout, il ne souhaitait que vivre tranquillement dans son antre, loin des problèmes de Néméil... Mais il fallait croire que quoi qu'il fasse, il se retrouvait toujours mêlé à une intervention sordide.
La comparaison que fit la Déesse - car elle en était forcément une d'après son sale caractère - blessa légèrement le forgeron, qui encaissa le coup en se voûtant imperceptiblement, apaisant ainsi par la même la douleur qui commençait à le lancer dans sa jambe blessée. Bref, il n'aimait guère qu'on le confonde avec son traitre de demi-frère Dionysos, avec qui il n'avait rien en commun : il avait même cessé de boire pendant des centaines d'années pour s'éloigner définitivement de toute méprise - et aussi par peur d'être une nouvelle fois empoisonné.


    - Milles excuses, ô Déesse de la crise hormonale, je comprends votre confusion, je ne me suis pas présenté : je suis Héphaïstos, le seul et unique Dieu des forges sur cette terre d'exil ! Pompeux, certes, comme présentation, mais Héphaïstos jouait exprès la carte de l'exagération, pour lui faire comprendre que la mise en parallèle avec sa propre réaction de fureur contre l'être grecque était totalement ridicule. Croyez-moi bien que je me fiche du sort de cette donzelle aguicheuse... Poursuivit Héphaïstos avec la voix très experte de l'indifférence totale, qu'il feignait à merveille depuis si longtemps. Mais je ne vois guère en quoi cela réparera le tords qui vous a été causé, ou arrangera quoi que ce soit... Vous avez l'air de quelqu'un qui a déjà expérimenté cette méthode : a-t-elle un jour marché ?


Maintenant, il prenait un air presque scientifique, pour embrouiller son interlocutrice de paroles, et lui faire oublier ses griefs : pour cela, rien de mieux qu'un soupçon de philosophie. Cette technique, il devait sans doute l'avoir apprise auprès de son ancien ami évoqué précédemment, Dionysos, le Dieu de la manipulation perverse et mal intentionnée. Héphaïstos lui avait trouvé une autre utilité bien plus noble, et même s'il ne l'envisageait pas concrètement, il ne se servait de la discussion que pour ses bonnes vertus, favorisant le mutisme quand le combat n'en valait pas la peine.
Percevant clairement que le contexte était extrêmement tendu, il avait perdu son expression provocatrice et amusée, pour prendre une allure plus sérieuse, plus douce, sans être moralisante ou paternaliste. Il lui parlait en tant d'égale, pour saisir le sens de toute cette scène dont les conséquences pourraient devenir dramatique - pour la seule qui n'avait pas un mot à dire pour sa défense, en tout cas.




   



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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Mer 23 Oct - 18:50

La menace ou plutôt les menaces diverses et variées, sous entendues comme clairement énoncées ne semblèrent pas émouvoir le Dieu, bien au contraire. Hel regrettait déjà amèrement d’avoir quitté Ragnarök, douce contrée en ruine où personne ne demandait de compte à personne et où toutes les âmes damnées pouvaient errer comme bon leur semble. Et se battre. Les êtres solitaires étaient nombreux dans son peuple et leurs mœurs barbares ne choquaient personne, même leur propre nymphe, les Lorelei n’étaient pas douces et innocentes mais bien les puissantes et dangereuses gardiennes de l’Or. En cet instant, ses contrées Nordiques lui manquèrent cruellement et elle chassa ses pensées pour se concentrer sur le Dieu  tout en gardant un œil sur la femme endormie. Le Grec trouva visiblement amusante sa métaphore, qui n’en était pourtant pas réellement une puis que depuis qu’Hel était sur Néméïl elle survivait dans l’affrontement perpétuelle, cela lui permettait d’oublier l’espace d’un instant son désespoir et de ne pas sombrer dans la folie qui lui tendait les bras. Continuant dans sa lancée, Le Dieu lui proposa un restaurant avec une sincérité aussi déconcertante que naïve (difficile d’imaginer qu’elle allait passer aussi facilement de sa phase de Harpie –sur ce point il n’avait pas tort- à celui de sortie culinaire).

    ▬  Malheureusement pour elle, Grec je ne souffre pas de ce type de faim. Quand bien même, je n’apprécie que peu ce genre d’établissement.»

Autant dire qu’elle n’avait que faire de l’équilibre de la faune, elle laissait cela aux Dieux que cela concernaient et s’ils n’étaient pas capables de protéger leur propres créatures ce n’était pas de son ressort. Les nymphes devaient bien avoir un gardien, c’était impossible que des êtres si faibles puissent être laissés sans protection. Peut-être était-ce là le rôle du Dieu après tout, ce qui expliquerait qu’il ne lâche pas si facilement l’affaire.
Les menaces de la Déité avaient différents impacts sur les gens de manière générale et chez les siens cela se soldaient soit par la fuite pure et simple du vis-à-vis soit par l’affrontement… Peu de gens essayaient de la raisonner.  La conduite du Grec la déconcerta en ce sens, assez pour enrayer sa rage et lui permettre de penser de façon cohérente. Il était trop posé, trop calme alors qu’elle avait besoin d’opposition pour ressentir la douce ivresse des batailles. Bref, il l’irritait.

L’appellation lapidaire de Dieu des Ivrognes atteignit sa cible, Hel était assez habituée à observer les gens lorsqu’elle les provoquait pour s’en apercevoir mais il le dissimula et continua sur sa lancée, se présentant à la Déesse. Le titre qu’il lui affubla fit serrer les dents à Hel, appréciant moyennement qu’il la nargue en lui rendant la monnaie de sa pièce mais elle choisit de garder le contrôle et de se concentrer sur le Dieu. Héphaïstos. Voilà qui ne lui disait strictement rien. Il fallait croire qu’aujourd’hui elle payait ses journées d’isolements, si les autres Dieux concluaient des alliances, complotaient elle se contentait de s’enliser dans son désespoir et ses relations sociales en avaient pâti ainsi que ses connaissances sur les autres mythologies. Peu importait après tout, on n’avait pas besoin du nom d’un homme pour le tuer et cette constatation était tout aussi valable pour la nymphe. Loin de les laisser de peur qu’Hel exécute la nymphe en sa présence, Héphaïstos continua à se dresser vaillamment contre elle et sa déraison, tentant de trouver un sens à des actions qui n’en avaient aucun. Maudits soit les Grecs et leur réflexion.

    ▬   Hel, Souveraine des Royaumes des Défunts Helheim et Nifflheim.»

Le feu et la glace, à croire que quelqu’un là-haut se moquait bien d’elle. Hel fit une pause affrontant le regard du Dieu avant de continuer.

    ▬   N’avez-vous jamais été tourmenté ? N’avez –vous jamais éprouvé une colère telle que vous souhaiteriez tout réduire en cendres, abattre un mur à mains nues ? Est-ce que cela apaisera votre tourment non, mais l’espace d’un instant, de quelques heures cela vous aura empêché de perdre définitivement la raison..»

Pourquoi éprouvait-elle le besoin de se justifier devant cet inconnu ? Elle n’en savait rien, elle savait juste que la malédiction n’était pas le pire qui lui soit arrivé ici, que cette voix apaisante et sage était par avant celle de Dyggve. Elle avait besoin de lui, elle avait besoin qu’il la guide, de sentir  ses bras se refermaient sur elle ou juste la présence de son fier guerrier d’époux tout en sachant que c’était désormais impossible, qu’ils étaient séparés à jamais. Elle n’aurait même pas le temps de trouver un moyen de se venger des humains, son mal allait l’emporter avant.
Elle  fit trois pas en arrière, refoulant les larmes qui ne tarderaient pas à sillonner ses joues. Elle était une femme Nordique, elle ne pleurerait pas devant cet étranger.

    ▬  Je ne lui ferai rien, allez-vous en.»

Un homme avait dit que la faiblesse c’était de refuser d’admettre que l’on avait besoin d’aide. Elle était dans une impasse désormais, mais elle préférait mourir plutôt que de l’avouer à cet homme sans savoir qu’il serait peut-être l’un des seuls à comprendre à quel point l’amour savait détruire avec minutie chaque parcelle de votre âme.
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Jeu 24 Oct - 18:10


Héphaïstos soupira imperceptiblement... Il s'y était un peu attendu : tous les problèmes de femmes ne se résolvent pas forcément avec un repas. Mais après tout, cela valait le coup d'être essayé, puisqu'il avait découvert tout récemment que cette technique marchait sur les romaines. Ou peut-être n'était-ce qu'avec les demi-déesses... Bref, tant pis.


    - Comment peut-on dire c'la sans même essayer ? Pesta-t-il dans sa barbe naissante, renfrogné. Il n'appréciait guère, lui, l'habitude de tant de gens, humains ou divins, de rejeter en bloc des choses dont ils n'avaient eu qu'un aperçu... Et il aurait raisonné de la même manière s'il n'avait pas été lui-même une de ses choses, car il possédait tout simplement un trait de caractère rare de ces jours : la tolérance.


Qu'importe, de toute façon, car le forgeron n'avait jamais forcé personne, surtout pas pour un acte de sociabilité qui l'engageait par l'occasion. Néanmoins, le but premier de cette proposition, qui était de la distraire, semblait être atteint : la surprise peut-être, de ce revirement de situation, avait fait légèrement baisser sa garde à la jeune femme.
Comme quoi, Héphaïstos n'était pas totalement ignorant du fonctionnement de l'esprit féminin... Il fallait dire qu'avec le spécimen qu'il avait chez lui, et avait encaissé pendant plusieurs millénaires, il y avait de quoi apprendre à ruser et à satisfaire.


    - Drôles de noms, commenta le Dieu, lorsqu'elle se présenta. Une autre particularité d'Héphaïstos était sa franchise désarmante, parfois déplacé, mais jamais servie de mauvaises intentions. Il ne faisait que constater, somme toute, l'originalité qu'apportaient leurs origines, en cette terre où ils étaient réunis. Chez nous, on a les Enfers, le royaume d'Hadès... Vous devez connaître, c'est assez populaire... Tous le monde y va une fois ! Ni plus ni moins, en général.


Tout fier de sa blague, qui jurait ridiculement avec l'atmosphère sordide que la Nordique s'obstinait à installer entre eux, le boiteux lui offrit un nouveau sourire grimaçant - beaucoup plus assorti à la scène, du coup.
D'ailleurs, les raisons évoquées de la colère de Hel le laissèrent un instant perplexes, creusant ses traits d'une sombre nostalgie. Un instant, il revécut son humiliation devant son père, le mépris persistant de sa mère devant les exploits qu'il n'avait accomplit vainement que pour sentir sa fierté... Il sentit, profondes, les blessures douloureuses causées par l'Amour d'Aphrodite. S'il avait éprouvé une colère telle que la décrivait la déesse, il l'avait toute utilisé, lui, dans un but créateur : il avait cicatrisé ses plaies au fer brulant de sa forge, pour faire naitre de son agonie les armes les plus merveilleuses, les plus magiques atours divins.


    - Non, l'Espoir m'a protégé de telles extrémités... Ricana-t-il avec douceur, sans savoir vraiment si cette déclaration trouverait un écho chez la déesse. Il est difficile pour un immortel d'envisager cette perspective, je le conçois, mais songez que quelque soit votre tourment, il trouvera forcément sa fin : c'est ce terme qu'il faut viser par chacun de nos actes, et non un apaisement éphémère, qui ne nous en éloignera que plus encore.


La nymphe remua, et son bourreau le congédia. Héphaïstos ne fut guère étonné de cette réaction plutôt naturelle à son égard - quelle créature n'aurait pas souhaité le fuir ou le voir disparaitre, tâche ingrate, intrus contaminé par la compassion dans le paysage si pur et supérieur des Dieux ?
Il haussa les épaules.


    - Enfin bien sûr, j'imagine que ma philosophie ferait bien rire le pauvre Prométhée... Ajouta-t-il pour lui seul, car il se doutait bien que la référence ne toucherait pas l'asgardienne, dont la religion prônait pourtant, semblait-il, la même répugnance au pardon que celle de son père Zeus. Bref, je vous souhaite donc bon courage, pour atteindre ainsi le soulagement escompté... Et si jamais votre orgueil finit par vous affamer d'une façon plus saine, vous saurez que je m'en vais prendre une assiette de Kolokythoanthoi à la taverne du bout de la rue, celle avec les volets bleu ciel !


Après tout, il avait fait le premier pas pour lui tendre la main, et elle s'en était saisis sans s'en rendre compte, puisqu'elle avait abandonné son grief - cause de son intervention. Le Dieu, peu bavard à son habitude, se sentait déjà ivre d'avoir trop consommé de mots, et il avait besoin de quelques plats de son pays, pour faire passer cet incroyable sursaut d'amabilités.
Il fronça les sourcils en se retournant, surpris de sa propre volubilité : il n'avait jamais exprimé ce genre de pensées à quiconque auparavant, pas de cette façon en tout cas... Il aurait eu honte, presque, de montrer aux siens qu'il pouvait être un autre que celui qu'ils s'imaginaient, rustre et facilement manipulable. Il valait d'ailleurs mieux qu'ils ne se doutent pas qu'il subissait la plupart du temps sciemment leurs méchancetés, pour avoir la paix.




   



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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Sam 26 Oct - 16:18

Comment peut-on savoir que l'on n'appréciera pas un lieu où seront regroupés une majorité de grecs, peuple transpirant le raffinement et l'esthétique par tous les pores et à l'ego surdimensionné ? La question était récurrente, Hel ne se donna pas la peine d'y répondre. Une voix intérieure répliqua de façon sarcastique qu'elle-même était de toute évidence la modestie incarnée, qu'elle n'était absolument pas arrogante et que les guerres intestines des nordique lui étaient tellement bénéfiques que de tenter de s'ouvrir à d'autres peuples était bien inutile. Comme à son habitude, elle chassa ses pensées avisées, Hel se complaisait depuis trop longtemps dans son malheur pour qu'elle écoute la voix de la raison aussi facilement. L'évocation de ses macabres royaumes n'émut pas le moins du monde son interlocuteur qui s'amusa uniquement de la consonance du vieux norrois,  encore plus éloigné de sa langue hellénique que pouvait l'être celle des latins. Hel avait toujours eu l'habitude d'être crainte, d'attiser la suspicion et sur cette terre d'exil elle croisait ce Dieu à qui elle aurait pu dire qu'elle était la déesse de l'Arc-en-Ciel que cela l'aurait autant ébranlé. Quant à Hadès...

    ▬  J'ai déjà eu l'occasion de rencontrer mon équivalent grec, nous partageons certains traits de caractères.»

Et sans doute pas les meilleurs mais cela Héphaïstos devait déjà s'en être rendu compte. La constatation d'Héphaïstos la laisse de marbre : Après tout ce n'était pas totalement vrai, Hildr ne ressuscitait elle pas ces pauvres vikings depuis des siècles dans sa bataille éternelle ? Ne comprenant qu'à son sourire qu'il faisait de l'humour, Hel ne réagit pas -chose qui n'était malheureusement pas automatique après des siècles d'inertie- et de toute façon il était déjà trop tard puisque le grec perdait son humeur joyeuse pour une qui l'était nettement moins à l'entente de son Ode à la désolation.

L'espoir. Non, sa déclaration ne trouva pas écho chez elle. Hel avait perdu tout espoir depuis bien longtemps, de quoi pouvait-elle désormais espérer ? Du retour de son défunt époux ? De recouvrir la santé ? D'avoir une famille qui cesse de s'entre-déchirer ? Les éventualités étaient toutes tellement improbables qu'elle avait cessé d'espérer depuis bien longtemps. « Mais pour toi, il n'est pas trop tard. Tu peux encore le quitter. Tu peux encore te séparer de ton père, vivre ta vie. ». Les mots de Sigyn la frappèrent de plein fouet. Était-ce cela la solution, amputer l'un de ses membres pour que le reste infirme survive ? Les paroles d'Héphaïstos lui arrachèrent un sourire triste tant il faisait écho à ceux de son adorable belle-mère, femme qui ne méritait pas le fardeau et le deuil qu'elle portait. Parlait-il d'expérience pour parler si juste ? Hel plissa les yeux, dévisageant son interlocuteur.  La référence à Prométhée tomba évidement à l'eau mais elle se doutait que l'homme n'avait pas du bien finir en vue de son discours précédent. Lassé de parler à un mur, Héphaïstos accepta le congé qu'elle lui avait intimé, non sans lui proposer de le rejoindre dans ce fameux restaurant qu'il lui avait proposé plus tôt. Vraiment ? L'invitation de tout à l'heure n'était donc pas une ruse pour distraire son attention. La Déesse n'ajouta rien et laissa s'éloigner le forgeron, pour la simple et unique raison que si elle avait quitté sa posture rigide elle aurait fondu en larmes et c'était bien entendu trop s'exposer pour la skaldjmö. Une fois Héphaïstos hors de son champ de vision, elle alla au bord de la rivière, posant un genou à terre, sondant l'onde de son regard azur. Et s'il avait raison ? Et s'il fallait arrêter de fuir désormais ?

Hel resta un temps là avant de prendre une grande inspiration et de se relever, prenant la toute qu'Héphaïstos lui avait indiqué. Pourquoi le suivre ? Parce qu'il était intelligent ou du moins doté d'un bon sens qui se faisait rare parmi le peuple divin, parce qu'il n'avait pas peur d'elle et a fortiori pas peur de lui montrer ses torts et parce que pour une raison qui lui échappait totalement Hel pensait que dans un futur proche ils pourraient s'entre-aider, à leur manière. La route pavée ne laissa aucun doute quant à la direction à prendre et la fameuse taverne aux volets bleu ciel apparut bientôt au coin de la rue. Faisant halte devant la porte, Hel prit une grande inspiration avant de la pousser, se préparant à affronter le peuple grec présent dans la salle. L'animation fut au rendez-vous. Il fut un temps, celui du vivant de Dyggve, où elle appréciait les tavernes. La Déesse et le mortel se glissait dans un de ses lieux, et le roi sous anonymat leur commandait des bières avant de chanter avec les hommes et les femmes les champs scandinaves qui contaient les exploits des vikings, leur mésaventure ou la gloire des dieux. Oui, il fut un temps où elle avait été heureuse. S'extirpant de sa nostalgie elle repéra enfin son hirsute forgeron en train de se nourrir de son met au titre imprononçable. Hel le rejoignit, tirant la chaise et s'asseyant à sa table, fuyant son regard. La vérité était qu'elle ne savait pas trop quelle attitude adopter désormais.

    ▬  Je me demandais qui était ce Prométhée.»

Très crédible. Croisant les bras, elle se redressa sur sa chaise lança un regard tueur à un homme qui tourna les yeux dans leur direction.

    ▬  Et quant est-il quand le tourment a pris racine depuis votre naissance pour ne faire que croître Grec ?, Elle fit une pause se mordillant la lèvre, N'avez-vous jamais été déçu par l'espoir ? N'est-ce pas une utopie qui ne rend que plus douloureuse la chute ? Et sinon vous comptez vous raser ? Non pas que la barbe vous aille mal mais vous jurez un peu avec vos confrères propre sur eux. »

Une esquisse de sourire naquit sur ses lèvres alors qu'elle dévisageait Héphaïstos.

    ▬  Plus sérieusement, qu'est-ce qui a pu vous arriver pour que vous en connaissiez autant sur les tragédies ?»

Peut-être en aurait marre d'elle et l'enverrait balader, mais Hel s'en moquait, curieuse pour la première fois sur cette île d'une autre chose que sa personne ou sa famille déchirée. Le reste attendra quand bien même son espérance de vie serait raccourcie.
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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Dim 27 Oct - 9:57


Sur le chemin qui menait à la taverne, Héphaïstos se sentait un peu étrange... N'en avait-il pas trop dit, en voulant donner des conseils généraux ? Qui était-il, d'ailleurs, pour faire la leçon ? Cette île avait décidément de drôles d'effets sur lui... Probablement parce qu'elle remettait justement tous les Dieux au même niveau, et qu'il n'était plus le seul à se faire rejeter par le Destin. Ainsi, sa confiance en lui avait été légèrement réaffirmée par cet état - puisque le forgeron était déjà habitué à son sort, à la différence de ses pairs qui paniquaient d'être ainsi mis à l'écart. Il supportait sans peine de subir encore une injustice provoquée par la prétention de l'Olympe, plutôt satisfait même qu'il ne soit pas la seule victime cette fois à endurer l'isolation.


    - Couverts pour une seule personne ? Demanda le serveur en ricanant méchamment, pour accueillir le boiteux. L'ancien satyre avait bien compris qu'Héphaïstos avait peu de chances d'être accompagné, encore moins de son épouse, et il s'amusait à retourner le couteau dans la plaie à chacune des visites du Dieu, qui ne relevait plus ses remarques. Par ici, Dieu.


Approuvant d'un signe de tête blasé, Héphaïstos le suivit à une table non loin de l'entrée, commandant son plat préféré, les fleurs de courgettes confites. Après tout, c'était un de ses petits plaisirs et il ne comptait pas y déroger pour une question de personnel malpoli.
Il avait passé tant d'années, de siècles, à se battre, au sens propre du terme, pour essayer de sauver le reste fragile d'orgueil qu'il lui restait... Il avait fini par comprendre que la meilleure manière de procéder était d'assumer et de se tenir droit devant les insultes.
Il ne s'était jamais attendu vraiment à ce que quelqu'un le traite autrement... L'arrivée de la nordique le prit donc de court : malgré ses grands discours sur l'espoir, il y avait certaines attentions sur lesquelles il ne comptait plus.
Visiblement, le serveur était aussi étonné que lui, car il resta un instant interdit, la bouche ouverte, en voyant la brune prendre place en face du Dieu - jusqu'à ce qu'elle lui lance un regard à faire fuir un titan. Mais il en fallait plus pour tenir à distance la curiosité maladive d'une de ces créatures perverses, et il resta à portée d'oreilles, prenant pour prétexte d'aller chercher un verre supplémentaire pour la nouvelle invitée.

Héphaïstos encaissa les questions désorganisées de son interlocutrice, avec un sourire embarrassé, passant ses doigts rugueux, par réflexe, dans la barbe qu'elle lui reprochait. Il porta son regard sur son assiette, comme un enfant pris en faute, réfléchissant à une façon de lui répondre sans vraiment le faire : il était visiblement meilleur à énoncer de grands principes qu'à parler de ses expériences personnelles.
En vérité, personne ne l'avait jamais interrogé sur lui. La plupart des gens qu'il croisait connaissaient son histoire, et se moquaient bien d'avoir sa version des évènements, ou encore moins de savoir ce qu'il pouvait ressentir à être à cette place. Ainsi, il n'avait jamais songé à une manière de le présenter. Pour une fois, ne pouvait-il pas s'inventer une histoire qui le mettrait en valeur ? Il avait peut-être l'opportunité de se défendre...


    - Une goutte d'Assyrtiko, madame ? Glissa le serveur avec un sourire vicieux. Un cépage très apprécié dans notre civilisation... Ajouta-t-il, avec une suspension qui glaça d'effroi Héphaïstos, pressentant la suite. Vous n'êtes pas d'ici, je me trompe ? Aucun grec ne pourrait ignorer que le forgeron n'est guère un être apprécié des femmes... Héphaïstos se crispa sur sa chaise, serrant les poings en levant un regard noir vers le satyre, trop heureux de répandre la bonne parole. Sa laideur ayant dégoûté sa propre mère, il n'a pas hésité pourtant à réclamer pour lui la plus belle Déesse de l'Olympe, qui, vous vous en doutez, a du mal à tenir son rôle d'épouse... Insista-t-il, cherchant sur le visage de la déesse une approbation malsaine.
    - SUFFIT ! Clama le Dieu des forges, arrachant la bouteille des mains de la cruelle créature, pour se servir lui-même à son tour.


Satisfait que son intervention ait touché sa cible, le satyre s'en alla sans plus de dérangement, laissant le silence pourrir entre le duo atypique qui occupait son établissement. Héphaïstos tremblait légèrement de rage en portant le verre à sa bouche, évitant soigneusement de lever les yeux vers Hel. Il ne tenait pas à lui montrer la difficulté avec laquelle il gérait sa colère, après lui avoir fait remarqué avec vigueur la sienne.
Enfin, s'apaisant doucement, il croisa ses prunelles.


    - Prométhée était un titan qui défia les Dieux de l'Olympe, et passa une grande partie de son immortalité à se faire dévorer le foie par des corbeaux dans les montagnes du Caucase, en guise de punition pour sa traitrise... Déclara Héphaïstos, avec une voix grave, une expression plus calme et presque amusée par ce récit. C'est ce que les légendes racontent, et les humains n'ont jamais cherché à le délivrer, contre l'avis de Zeus, avant Héraclès... Le Dieu soupira, et avala une fleur de courgette, la mâchant tristement. C'est moi qui ait enchainé Prométhée... La vérité, il me l'a dite, quand je l'ai attaché là : il savait quel sort l'attendait en volant le feu sacré, pour l'offrir à des humains ingrats. Mais il ne regrettait pas, parce qu'ils étaient comme ses enfants, et qu'il savait son sacrifice utile.


Héphaïstos hocha la tête, l'aveu de son obéissance aveugle à son père ne le tourmentant plus. Il croyait alors, à cette époque, qu'accomplir les volontés de Zeus le rendrait plus aimable à son égard... Il s'était trompé encore une fois. Il aurait du laisser partir Prométhée, puisqu'alors, il comprenait déjà son geste, guidé par un amour inconditionnel, plus fort que son propre instinct de survie.


    - On ne peut être déçu par l'espoir qui si on l'abandonne, n'est-ce pas ? Conclut-il, d'une façon qui paraissait hors de propos, comme un cheveux sur la soupe. Prenez donc quelque chose à manger, tout n'est pas servis avec autant d'amertume. D'une petite pique, Héphaïstos revenait sur l'intervention du malotru, sur laquelle il n'avait pas voulu renchérir.




   



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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Dim 27 Oct - 21:19

Si son désir avait été de déconcerter le dieu des Forges, l’effet aurait été on ne peut plus heureux mais ce n’était pas le cas et Hel se contenta d’étudier les réactions de son vis-à-vis. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle le rejoigne et quelque part la déesse avait l’impression qu’il était aussi étonné qu’elle de sa décision. Elle haussa mentalement les épaules et le serveur choisit ce moment-là pour pointer le bout de son nez et lui proposer un verre de vin… Et critiquer ouvertement le forgeron. Un regard vers Héphaïstos lui apprit qu’il appréciait moyennement l’affront du serveur, ce qui ne dérangea nullement l’homme qui continua sur sa lancée jusqu’à ce que la voix d’Héphaïstos s’élève, tempête dans le calme de l’auberge. L'homme s’éclipsa et Hel put voir en regardant autour d’elle que ce dernier avait réussi à attirer l’attention de toute la taverne sur l’infortuné forgeron. La déité retourna son attention vers son compagnon de table qui évita alors avec précaution de croiser son regard mais Hel était une amie assez fidèle de la colère pour savoir que le dieu la fréquentait plus souvent qu’il ne voulait bien l’admettre. Hel lui laissa le temps dont il avait besoin pour s’apaiser, portant le rouge à ses lèvres après avoir apprécié son parfum. Soit, la sophistication pouvait parfois avoir du bon.

Il n’épilogua pas sur l’intervention de l’homme ce qui n’étonna qu’à moitié Hel. La Déesse n’aurait jamais accepté qu’on lui parle sur ce ton et qu’on lui manque ainsi de respect, elle aurait sans doute envoyé l’assiette au visage du satyre, si cela n’avait pas été carrément la chaise et une ou deux phalanges cassées lui auraient appris qu’il y a avait des personnes avec qui il ne valait mieux pas plaisanter. Hel évidemment n’en fit rien, elle n’était pas là pour défendre un homme qui pouvait très bien s’en sortir seul et elle craignait que cette débauche de violence face définitivement fuir son précieux philosophe une fois pour toute. Cette fois, ce fut elle qui détourna les yeux, jusqu’à ce qu’Héphaïstos reprenne la parole. Ah, oui. Prométhée. Hel ne put retenir son dégout à l’annonce du mythe mais elle resta silencieuse, étonnée malgré elle que cet homme puisse être le bourreau d’un autre… Cela ne lui seyait tout  simplement pas mais elle ne le connaissait qu’à peine après tout. Haussant les épaules, elle écouta la suite et ses yeux se plissèrent à l’évocation des humains. Ces faibles n’avaient décidément rien pour eux, en voilà qu’elle aurait détruit sans remord ni un regard en arrière. Puis, sans accroche, il revint aux questions qu’elle avait posé à son arrivée. Contrairement à elle, il avait eu la force ou la déraison de se raccrocher encore et toujours à l’espoir. Il ne détenait pas plus de réponses qu’elle, et aucun des deux n'étaient capables de voir si l'autre avait tort ou raison mais il s’était résigné  d’une façon qui peut-être était moins douloureuse… Revenant à ce Prométhée, Hel acquiesça.

    ▬  Les Dieux semblent friands de ce genre de supplice. Mon père était un Géant qui passa sa vie à défier les Dieux d’Asgard jusqu’à tuer un des leurs. Odin le condamna à subir le contact du venin d’un serpent durant le reste de son éternité… Les motivations de Prométhée avaient le mérite d’être nobles.»

A nouveau elle porta le breuvage à ses lèvres, amer. L’engeance maudite de Loki et Angrboda, les futurs investigateurs de Ragnarök, condamnés et jugés selon une destinée qu’ils n’avaient jamais choisi. Maudits soient les Dieux, qu’elle soit soumise dés lors à l’Ordalie s’il le fallait mais ils n’avaient pas le droit de la juger pour son ascendance et des crimes qu’elle n’avait pas commis. Hel prit une grande inspiration en repoussant son verre, fatiguée par l’existence et sa complexité. Quant au plat…

    ▬  Il me serait difficile de commander, je n’ai pas votre patience envers les gens de son espèce, vous vous en êtes rendu compte.»

Patience pour ne pas dire masochisme, elle s’étonna d’ailleurs à voix haute de ce constat mais son ton était dénué de condescendance, elle voulait juste comprendre le pourquoi de son comportement.

    ▬  Pourquoi accepter ses railleries ? Je n’ai pas bonne réputation en mes terres, mais les Scandinaves sont assez sains d’esprit pour me laisser en paix., Elle marqua une pause baissant la voix pour que personne ne s’immisce une fois de plus dans leur conversation Vous parliez de ne pas abandonner espoir, est-ce par rapport à la femme dont-il parlait tout à l’heure ? »

Tout cela semblait si dérisoire. Le seul reproche qu’avait fait le satyre à Héphaïstos était d’être laid, affirmation tout à fait subjective et à laquelle Hel n’adhérait pas. Il n’était pas comme Hercule ou Thor qu'elle avait croisé l'autre nuit à la taverne, avec ce visage désespérément dénué de défauts, d’ailleurs Dyggve était loin d’être beau mais il avait plus de charisme que la plupart des éphèbes qu’elle avait rencontré.

    ▬  Pour ce que cela vaut, j’apprécie votre compagnie.» , ajouta t-elle en haussant une nouvelle fois les épaules.

Entre névrosés...
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Lun 28 Oct - 13:11


Oh, Héphaïstos pouvait parler longtemps des autres, de leurs erreurs, mais aussi de leurs qualités... Il savait voir au delà des apparences, ce que les autres ne faisaient pas forcément pour lui. Peut-être était-ce une des raisons pour lesquelles, ironiquement, il avait voué sa vie à la déesse la plus belle de la mythologie grecque. Il avait jugé, comme Hel le reconnaissait maintenant, que les actes de Prométhée étaient justes, mais il n'avait jamais été assez fort pour renier sa place de bourreau jusque là. Ce rôle inspirait une crainte à ses compatriote, qui, si elle n'était associée à aucune forme de respect, lui assurait néanmoins la tranquillité.


    - Tout dépend des points de vue, conclut Héphaïstos à la déclaration de son interlocutrice. Il est très difficile de condamner, car alors ne devient-on pas coupable à son tour ? Je pense que certains Dieux s'octroient des pouvoirs qu'ils n'ont pas, leur orgueil n'ayant pas, lui, de limites.


C'était un grand débat, qui tourmentait même les hommes - enfin, ceux qui prenaient le temps d'y réfléchir. Héphaïstos, pour une fois, n'aurait pas osé prendre parti, et exécuter les ordres de son père sagement l'avait protégé de doutes trop dangereux. Comme n'importe quel être qui avait des sentiments, il avait ressenti les affres de la vengeance, son appel presque irrépressible et malsain. Il ne se croyait nullement au-dessus de cette pulsion, qu'il avait mis à exécution... Pour finalement se rétracter. Il avait alors cédé au chantage, goûté au poison de la jalousie, souffert d'envie.
Il était loin, très loin, d'être un exemple de morale, pour la prodiguer ainsi à la nordique.
La fixant avec intensité, il essaya de lire sur son expression un regret ou au contraire, une inclinaison pour les crimes de son père... Il ne put rien distinguer, ni compassion ni dégoût, dans ses traits. Il fut néanmoins mal à l'aise, d'avoir peut-être ravivé de malheureux souvenirs, dans le but d'argumenter une opinion qu'il n'aurait pas du partager.


    - Je suis désolé, mon avis vous parait surement prétentieux, et il vous semblerait d'autant plus disproportionné si vous saviez tous les malheurs dont on me tient responsable... Il lança un regard fugace au serveur qui se tenait maintenant à distance respectable, de peur peut-être d'avoir réveillé une colère trop puissante pour lui. Je ne prétends pas répandre la bonne parole, bien au contraire, je laisse ce concept à cet illusionniste de Jésus Christ... Personne ne savait vraiment, au fond, la teneur des folies qu'il avait pu accomplir pour forcer l'Amour qu'il s'était promis d'obtenir.


Il poussa distraitement son assiette au centre de la table, pour inciter la déesse à essayer ces fleurs confites, absolument délicieuses, comme des bouchées d'apéritif, n'ayant nullement le désir d'appeler lui même le satyre pour lui éviter le désagrément. Tandis qu'il se saisissait lui même d'un morceau de pétales fris, il songea à Pompéi, au massacre qu'il avait accompli pour punir ces habitants d'une insultes à sa femme, en vénérant trop Vénus, son homologue romaine. Il repensait aux visages surpris de ces amants qu'il avait réveillé dans le lit qu'avait occupé son épouse à leur côté, pour brûler leurs chairs jusqu'à ce que leur beauté de soit qu'une pâle ombre de la sienne.
Il releva les yeux vers Hel avec un sourire énigmatique : dire qu'elle le prenait visiblement pour un grand humaniste et philosophe alors qu'il avait tant de sang sur les mains ! Il aurait mérité, plus que son père, d'être mordu par un serpent.


    - Je les accepte parce que je ne peux les démentir... Soupira le forgeron, la déesse revenant avec curiosité sur l'intervention du serveur, et son manque de réponse à ces piques blessantes. Ma mère m'a détesté dès le moment où ses yeux se sont posés sur moi, et je ne peux la blâmer, car elle souhaitait alors offrir à mon père infidèle une raison unique de la chérir en lui donnant un héritier plus merveilleux que son armée de bâtards : je n'étais pas à la hauteur de ses ambitions, tout simplement. Il haussa les épaules, cette constatation ne l'émouvant plus réellement. Pourquoi m'offusquerais-je de la vérité ?


Bien sur, l'intérêt de l'Asgardienne se portait également sur la relation qu'il entretenait avec Aphrodite, et qui avait alimenté tant de ragots chez les grecs et leurs descendants. Bien sûr, dans ce qu'il resterait à l'humanité sur leur histoire, leur couple serait toujours vu comme une aberration, une injure à la beauté, au bon sens, à la juste mesure... L'affreux Héphaïstos, et la si douce Aphrodite : personne ne pouvait reprocher à la jeune Déesse de chercher ailleurs le confort qui lui était du.
Mais lui, il gardait dans son souvenir ces quelques moments volés, secondes sur une éternité de haine, où il avait vu le bleu des prunelles d'Aphrodite devenir plus profond en l'observant à la dérobée. Il retenait ses sourires impossibles à cacher, quand il la couvrait d'attentions choisies avec soin pour faire son bonheur... Et il touchait toujours juste, car il la connaissait mieux que quiconque, mieux qu'elle ne voudrait surement jamais le reconnaitre.
Son espoir s'accrochait effectivement à ces détails qui seraient semblé ridicules à beaucoup. Il ricana donc sans joie en cherchant une réponse appropriée à la question de sa compagne : il ne voulait pas la décevoir, mais partager ce genre d'informations n'était pas vraiment son fort.


    - Ma femme... Ma femme est la créature la plus égoïste, la plus capricieuse, la plus narcissique, la plus cruelle, la plus insupportable qui arpente le mont Olympe, et ce n'est pas peu dire, je vous assure, expliqua le forgeron avec un amusement déplacé. J'espère, oui, j'espère, pouvoir un jour me libérer de la fascination insensée qu'elle exerce sur moi.


Ce n'était surement pas ce à quoi Hel s'attendait... Et ce n'était qu'un demi-mensonge, par omission. Cette solution aurait été la plus simple, et la plus naturelle, surement. Cependant, évidemment, ce n'est pas celle à laquelle son cœur, soumis à ce maléfice, aspirait.
Il éluda habilement l'aveu de la déesse sur leur entente visible en reprenant une gorgée du vin grec : il ne fallait pas non plus trop lui en demander.


    - Êtes-vous mariée, vous même ? Demanda-t-il, intrigué malgré lui. Il était assez rare qu'il se mêle de la vie privée des autres : mais après tout, elle avait commencé. Une confidence pour une confidence.




   



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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Lun 4 Nov - 18:35

Le grec avait à moitié raison mais Hel aurait aimé avoir foi dans une justice à l'image de celle de son peuple, où elle aurait pu être jugé et déclaré innocente. Dans la justice contemporaine humaine, on n'était coupable qu'une fois le verdict rendu et innocent jusqu'à preuve du contraire … Hel et ses frères étaient coupables depuis le jour de leur naissance, coupables de vivre et de fouler le sol des Neuf Mondes, coupables d'être les enfants de leur père, ses agents du Chaos. Les doigts de la déesse se crispèrent sur la table à cette simple pensée, tant elle désirait faire payer à Odin pour ses crimes, ses présomptions qui avait brisé leur vie. Il fut un temps où, comme pour son père, sa rancœur s'était étendue à Thor puisqu'il avait assisté aux châtiments de Loki et de sa descendance sans s'y opposer mais nul ne pouvait se dresser contre le jugement du Père de Toute Chose aussi faillible soit-il. Tel était la Loi. L'époque où son oncle et son frère avaient vécu en paix semblait tellement lointaine qu'Hel doutait parfois de son existence mais elle avait existé et si elle comptait faire payer à Odin ses années perdues et son exil, la Déité croyait en la réconciliation des frères ennemis. Frigg, sa grand-mère avait elle aussi toujours gardé espoir et la Reine des Morts souhaitait s'appuyer sur elle pour ramener Loki à la raison... avant qu'il ne soit trop tard. Héphaïstos la sortit de ses pensées, se replaçant comme un simple dieu parmi les autres et non pas le détenteur de la vérité, ni comme un agneau exempt de crime ce qui fit sourire Hel en vue de ce dont elle s'était rendue coupable depuis son arrivée sur Néméïl. Et voilà qu'il l'incitait à devenir végétarienne en mangeant des pétales !

    ▬  Vous poussez le raffinement jusqu'à manger des fleurs.», observa t-elle amusée.

Ses doigts fins se refermèrent sur les pétales de courgette et elle goûta le met avec une appréhension qui laissa bientôt place à l'assentiment qu'elle ne laissa filtrer que par un signe de tête approbateur. Hel se jura dés lors de le conduire dans une taverne scandinave un soir où elle lui montrerait une toute autre ambiance et un tout autre style de nourriture, il lui devait bien cela. Revenant sur son histoire, Hel admit qu'il avait lui aussi de sérieuses raisons d'en vouloir au monde entier et c'était d'autant plus frustrant qu'il soit aussi apathique aux attaques que l'on pouvait lui lancer. La fin la laissa interdite. Pourquoi s'offusquer ? C'était une plaisanterie !

    ▬  Vous êtes sérieux ?, grogna t-elle, les fleurs de courgette prenant tout d'un coup un goût de cendre dans sa bouche. Votre propre mère vous abandonne parce que vous n'êtes pas un assez bon instrument pour une vengeance puérile et vous êtes sensé être en tort ? Suivant votre logique j'aurai du embrasser Odin mon cher grand-père pour me jeter dans un monde froid et dépourvu de vie pour m'empêcher de lui nuire selon les dires d'une prophétie qui de toute évidence était fausse puisque nous sommes cloîtrés ici parce que ses parasites d'humains ont décidés de ne plus croire en nous ? »

Le ton était monté, elle s'était redressée sur sa chaise à la fin de la tirade et un coup d’œil à la salle médusée par son attitude lui laissa penser qu'elle s'était peut-être laissée emporter. La furie n'était jamais loin et ce n'était malheureusement pas des fleurs de courgettes qui aiderait Hel à canaliser sa rage. Retombant dans sa chaise et se prenant la tête dans les mains, elle prit une grande inspiration pour se calmer.  

    ▬  Vous faites comme vous voulez après tout.».

Se focalisant sur les déclarations d'Héphaïstos sur sa femme, la Déité ne put s'empêcher de penser que le forgeron devait-être légèrement masochiste pour endurer tout cela sans broncher depuis toutes ses années. Donc non seulement il avait une famille détestable mais en plus sa femme était une garce et il en était éperdument amoureux. Hel le considéra un temps, un long moment avant de lever les yeux au ciel.  Après tout, il était libre de souffrir si cela lui faisait plaisir, chacun son truc. Quant à elle, si elle était mariée ?

    ▬  Mon époux était la meilleure chose qui me soit arrivée, murmura t-elle comme pour elle-même avant de continuer, amer, C'était un mortel, un Roi Suédois...il n'a pas fait le voyage..

Sa vie n'avait pas uniquement été un long fleuve triste mais son exil, l'abandon des humains l'avait transformée en ce qu'elle était désormais, un monstre déshumanisé. Hel ne voyait même plus les vies qu'elle prenait lors de ses accès de rage, leur visage. Loin de Dyggve elle était redevenue cette Déesse froide, cet automate vide qui exécutait la tâche qu'on lui avait attribué. Pour lui elle se devait de lutter, pour rester celle qu'il avait aimé. Revenir à la raison. D'ailleurs à ce propos...

    ▬  Vous savez que vous êtes tout de même l'une des seules personnes réfléchies que j'ai rencontrées en trois mois ?.

La chose était visiblement assez rare pour qu'elle le fasse remarquer. Il ne pourrait sans doute pas lui rendre le compliment, les âmes endeuillées étaient on ne peut plus communes ici bas.
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.   Dim 10 Nov - 17:41


Des fleurs, oui... Héphaïstos fixa l'assiette sans vraiment la voir en entendant l'exclamation étonnée de sa compagne. Sa femme n'étant jamais à la maison, et s'occupant rarement des tâches incombant à une épouse, le Dieu se retrouvait souvent seul à cuisiner. Il aurait été amusant sans doute pour les grecs d'imaginer leur Dieu le plus bourru s'appliquer à un art aussi fin, avec ses grosses mains usées par des travaux plus brutaux. Pourtant, il aimait se perdre dans les chaudrons, multipliant les expériences avec un soin délicat. Il appréciait les viandes aromatisées au miel, les douceurs au parfum sucré... Bref, encore un loisir qui ne s'assortirait guère à sa réputation.
Il leva donc vers Hel un regard presque désolé de déroger encore aux préjugés qu'elle semblait se faire à son propos.

Il haussa de même les épaules, accablé par la colère que son histoire provoquait en elle... Il ne comprenait guère la comparaison, mais il saisit la violence dans son récit : elle se battait encore contre un sort qu'elle ne pourrait jamais éviter. Finalement, elle n'était peut-être pas perdue pour l'Espoir.
Il sourit, tristement, juste parce qu'il se sentait incapable de lui expliquer son sentiment. Il se faisait plus de mal à lutter pour l'amour d'une mère qui le refusait systématiquement, qu'à attendre finalement la seule solution envisageable : qu'elle ouvre enfin les yeux pour le voir tel qu'il était vraiment. Il avait confiance, et ne forçait plus les choses. Il avait vu, à travers les siècles, les pires femmes se repentir, et trouver en elle une force qu'elles ne soupçonnaient pas, de chérir leur enfant. Parfois, cette prise de conscience arrivait trop tard : combien de fois avait-il vu ces femmes indignes pleurer sur les cadavres de leur chaire qu'elles n'avaient pas su protéger ? Des années de déni se déchainaient dans leurs larmes : la vérité du lien qui les unissait à leur progéniture éclatait alors, dans une souffrance que personne d'autre ne pouvait supporter. Faudrait-il qu'Héra et lui en arrivent à de telles extrémité pour qu'elle reconnaisse enfin que le forgeron était de son sang ?


    - Je lui laisse porter ce fardeau, conclut-il avec une voix grave.


Se calmant pour ne pas trop attirer l'attention - et peut-être les mauvaises augures - la scandinave se rassit, évoquant alors son mari comme Héphaïstos lui avait posé la question. Il écouta simplement ces deux phrases, qui voulait en dire tellement long sur la solitude qui devait lui peser sur Néméil. Approuvant d'un signe de tête, pour ne pas avoir à renchérir et à enfoncer le couteau dans la plaie, en lui montrant juste qu'il l'avait entendu, Héphaïstos appela le serveur pour se faire resservir, ainsi qu'à son interlocutrice, une coupe de leur délicieux breuvage.  


    - Les Dieux sont trompeurs... Répondit-il au compliment déguisé de la nordique, sans s'en gausser nullement. Il est rare qu'ils montrent leur vraie nature, de crainte d'exposer leurs faiblesses. Héphaïstos n'avait jamais cru que les siens étaient des imbéciles, bien au contraire. Il les savait superficiels, prétentieux... Mais aussi très sournois, pour manipuler les autres à leurs enjeux - et ceci, en plus de la cruauté indispensable dont il fallait faire preuve, nécessitait de l'intelligence. Moi, je n'ai plus grand chose à cacher.


En effet, aucun fidèle n'ignorait ses multiples humiliations, les tromperies de sa femme, le mépris de sa mère, et de ses semblables. Mais les mortels admirait aussi son œuvre, sa patience, craignaient ses colères, et plaignaient sa laideur divine. Héphaïstos soupira : il commençait à se sentir légèrement mal à l'aise, les limites de sa sociabilité étant largement dépassées depuis longtemps avec la nordique.
Il avait peur, étrangement, de cette appréciation qu'elle lui témoignait. Il fronça les sourcils, se renfrognant imperceptiblement : il se méfiait désormais de ce genre de comportement, qui pouvaient être tellement faux et intéressés parfois. Leur rencontre avait quand même été assez spéciale... Aurait-elle pu organiser une agression juste pour obtenir ses faveurs ?
Sa renommée commençait à s'étendre dans Néméil et il avait eu quelques visites d'étrangers, égyptiens ou autres, lui réclamant des armes merveilleuses, inimitable par les autres mythologies. Hel étant visiblement une guerrière, elle aurait pu très bien envier les lames forgées dans son feu sacré, d'un acier parfaitement équilibré et indestructible, d'une composition dont il gardait le secret, possédant des propriétés presque magiques.




   



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To me death is not a fearful thing. It's living that's cursed | Héphaïstos.

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