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 SΔVE ▼ Dionysos

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MessageSujet: SΔVE ▼ Dionysos   Jeu 18 Juil - 16:01

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Dionysos & Saskia



Regardes les. Regardes les, comme elles dansent. Elles te séduisent, t’attirent, et tu ne peux t’empêcher de résister à leurs chants divins. Tu viens, tu les suis. Elles t’appellent. Te demandent de sortir. Tu les aimes. Tu les aimes ces flammes enchanteresses. Et tu ferais n’importe quoi pour les voir exploser. Tu ferais n’importe quoi pour les voir déchirer le ciel de leurs griffes rougeâtres. Elles effraient, elles sèment la terreur. Et au fond de ton cœur, tu aimes ça. Tu sais que tu aimes ça, n’essaies pas de le cacher. Arrêtes de lutter. Arrêtes de taire tes pulsions. Laisses les t’envahir. Ne fais qu’un avec elles. Tu sais qu’ensemble, vous serez plus fortes. Parce que vous êtes abominables et monstrueuses. Parce que vous aimez entendre les hurlements en souriant. Parce que vous aimez être brûlées vives. Alors tu ne peux t’empêcher de l’étendre encore. De la rendre plus grande, plus forte. Tu souffles sur la braise pour la voir dévorer des forêts entières. Tu te fiches de ta vie. Tu te fiches des conséquences parce que ce n’est plus toi qui parles, c’est l’autre. Celle qui te pousse. Celle qui dévore ton cœur. Elle aveugle ton âme et prends ta main pour que tu allumes l’allumette. Et tu auras beau vouloir lutter, tu es déjà trop loin, dans les abysses de la folie. Cesses de te battre. Cesses d’espérer. Tu ne seras jamais rien de plus qu’une marionnette. Tu ne seras jamais rien de plus qu’une pauvre victime du destin. Tu ne seras tout simplement jamais rien. Parce que je serais toujours là.

Elle tomba agenouillée alors que ses yeux implorants se posaient sur le feu l’entourant. Comment en était-elle arrivée là ? Qu’avait-elle encore fait ? Doucement, elle baissa la tête sur ses mains tenant essence et allumette. Où avait-elle trouvé tout ça ? Perdue, elle regarda autour d’elle, mais il n’y avait rien. Il n’y avait rien d’autre que du feu et de la fumée. Mais qu’avait-elle fait ? C’est l’autre. Elle était revenue. Elle se souvient d’avoir ressentit ce besoin. Elle se souvient d’avoir voulu le feu. Il était si beau. Mais elle avait résisté, elle avait si bien résisté … Mais l’autre ne veut pas résister. L’autre veut continuer. Non. Non ce n’est pas l’autre, c’est bien elle. C’est elle qui veut le feu, mais c’est l’autre qui agit. Mon dieu quelle noirceur dans son cœur. Elle lança le plus loin possible ce qu’elle tenait dans ses mains. Elle en avait marre de cette ombre. Elle en avait marre de la culpabilité, des remords, des souvenirs, de la folie. N’en sortirait-elle jamais ? La jeune fille sentit les larmes roulées le long de ses joues rosies par la chaleur. Incapable. Elle n’était qu’une incapable. Elle ne valait pas mieux que ces hommes. Elle ne valait pas mieux que ces monstres. Saskia se releva avec difficulté et se rendit compte qu’elle était entourée par les flammes. Aucune issue. Paniquée elle tourna sur elle-même, à la recherche de la moindre brèche. Elle commença à tousser et se couvrit la bouche et le nez avec le tissu de sa robe tachée. Méritait-elle seulement de survivre ? Devait-elle mourir maintenant ? Son destin en avait-il décidé ainsi ? Peut-être était-ce préférable. Plus de souffrance, plus de mort, plus rien. Le néant. Peut-être était-ce ainsi que tout devait se terminer. Pourtant elle voulait se battre. Elle voulait essayer. Cet espoir qui jamais ne la quittait, ne s’éteindrait donc jamais. Soudain elle aperçut une mince ouverture et se précipita sans réfléchir vers celle-ci. Un tronc manqua de s’effondrer au-dessus d’elle, mais ses réflexes en décidèrent autrement et esquivèrent la chute, aidés de son agilité. A moitié étouffée et aveuglée par la fumée, elle se mise à courir sans chemin, ses yeux paniqués cherchant le moindre trou de lumière, en vain. Epuisée elle s’arrêta et s’écroula sur le sol, à quelques mètres de la liberté. Elle ne méritait pas d’autre mort. Finalement, le destin était bien fait, bientôt elle rejoindrait ses victimes et la boucle serait bouclée. Enfin une forme floue s’approchant se dessina. Elle se sentit soulevée et tenta de se débattre. Non. C’était fini. Elle ne méritait pas d’être sauvée. Elle ne pouvait être sauvée, car jamais elle ne guérirait. Jamais. C’était injuste. A bout de force, elle se résolue et se laissa faire. Mi-consciente, les perles continuèrent de glisser de ses yeux brouillés : « Je … Je ne voulais pas … »
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Jeu 18 Juil - 18:06


*Qu’allait-il, mais qu’allait-il faire dans cette galère… ? *

A cette question, d’aucun aurait peut être parlé de bravoure, d’amour de son prochain, de la préciosité de la vie et d’autres illusions du même acabit. Seulement, ce n’était jamais ce genre de noblesse qui guidait les gestes des hommes comme des dieux. Le seul sentiment qui guidait vraiment la vie des gens, c’est la Curiosité. Cette curiosité qui vous pousse à vous demander « et après, qu’est ce qu’il va se passer ? ». C’est par curiosité que l’on a inventé l’électricité, les fusils, la pénicilline et les films en 3D. C’était la curiosité qui avait guidé les hommes à extraire les dieux de leur environnement naturel respectif et de les poser sur Néméil. « et après, qu’est ce qu’ils vont faire… »

C’était donc la curiosité qui avait amené Dionysos à s’approcher du brasier, alors que les volutes noires étaient visibles de la fenêtre de son hôtel. Il avait voulu voir ce qui se trâmait, non par pure bonté d’âme ou autre connerie. Il avait juste envie de voir ce qu’il se passait, où, quand, comment. La curiosité chez lui était exacerbée à un niveau jamais atteint par un être humain, car la curiosité humaine avait une limite : l’instinct de survie. Or, un dieu ne pouvant pas mourir (enfin, jusqu’à très dernièrement), il n’avait aucune restriction à ses excessifs penchants. Il voulait tout voir, tout savoir, tout comprendre. Pour mieux tout déranger par la suite, comme un enfant qui s’ennuie.
Il s’était vite rendu compte de l’étendue des dégâts : le feu n’était clairement pas un phénomène naturel ; l’air était relativement doux, tout comme la température ; pas un éclair à l’horizon, le ciel était dégagé. Il aurait parié une de ses meilleures bouteilles que le brasier s’éteindrait de lui-même d’ici quelques heures, après avoir rongé la végétation alentours dans une chaleur paresseuse. Seulement voilà, il n’avait pas plu depuis un moment sur cette portion du territoire ; le bois et les herbes étaient secs, et constituaient un terreau parfait pour de belles flambées. Courtes, mais destructrices. Qui avait bien pu s’amuser avec des allumettes ici ? Pourquoi ? D’un pas rapide, Dionysos avançait en lisière de brasier. Juste assez loin pour ne pas inhaler les vapeurs toxiques, assez près pour avoir une vue d’ensemble. Le feu était un élément hypnotique, pour les dieux comme pour les humains. Après tout, les divinités de toutes les origines réclamaient de grands buchers pour leur offrande annuelle. Le feu était l’équilibre parfait entre la fragilité et le pouvoir destructeur. Après tout, même la plus ridicule flammèche pouvait bruler. Même le plus grand incendie ne pouvait rien contre le sable et l’eau. Il était l’élément le plus représentatif de la vie humaine. Celui auquel à présent, les dieux aussi ressemblaient le plus.

En scrutant l’air troublé au dessus des flammes, le dieu grec crut distinguer une forme flou sur le sol. Il plissa les yeux, sans réussir toute fois à distinguer la nature de cette ombre. Un animal prisonnier des flammes ? un promeneur malchanceux ? le pyromane pris à son propre piège ? Aussi bien ce n’était qu’un bout de roche dont la forme originale, conjuguée à l’atmosphère distordue de l’incendie, donnait l’illusion d’un corps allongé. Comment savoir ? En y allant, bien sur !
Dès qu’il s’approcha à quelques mètres des flammes, la chaleur et la fumée s’immiscèrent dans ses poumons, et une désagréable démangeaison tapissa sa gorge et son œsophage. Dans peu de temps il n’y verrait plus rien, et surtout, ses poumons s’enflammeraient. C’était de la folie d’aller voir plus loin.

Alors il l’a fait.

Sautant dans une faille entre les flammes, couvrant son nez avec sa manche, il plissa les yeux pour tenter de distinguer la forme immobile. Il tapa le pied contre une racine enflammée, manquant de trébucher et de tomber sur le corps inerte. Une jeune femme. Il resta un instant immobile, légèrement interdit. Qu’allait il faire ? Que devait il faire ? la laisser ici ? Après tout il ne la connaissait pas, personne ne saurait qu’il l’avait vu. Mais s’il la sauvait… Qu’est ce qui se passerait après ?

Curiosité.

Toussant à s’en arracher les poumons, il se pencha sur la jeune fille et, après avoir rapidement vérifié son pouls, après tout il n’allait pas risquer sa vie pour un cadavre, il la souleva prestement et balaya la scène du regard, cherchant une issue dans l’enfer brulant. Il fallait trouver un endroit où les flammes étaient moins basses, ou le brasier était moins brulant. Il devait faire vite, l’air lui manquait, et déjà son regard se troublait. Il n’était plus invincible. Il pouvait s’asphyxier, s’écrouler, et mourir. Bêtement.
La jeune femme pleurait a présent dans ses bras, bêlant quelque chose qu’il ne comprit qu’à moitié. Ou alors qu’il comprendrait qu’une fois que son cerveau enfumé ne serait plus occupé à trouver une issue. Qui de toute évidence, n’existait pas. Il devait juste foncer. Bêtement. Animalement. Pour la première fois de sa vie, il formula ce qui ressemblait à une prière dans sa tête, espérant que sa constitution titanesque suffirait à affronter les flammes de plein but. Il prit un peu d’élan et, après une ultime quinte de toux, il fonça dans le mur de feu, cachant juste le visage mouillé de larmes de la jeune inconnue dans son cou. Il sentit la morsure brulante sur sa peau, et jura en grec. Décidément, il n’était vraiment pas fan de la douleur. Il continua à courir comme un dératé, assez loin pour que l’air devienne respirable. Ahanant de manière peu gracieuse, il s’affala sur le sol, le corps de la jeune fille toujours sur les genoux, avant de lui chuchoter dans un souffle court :

-Ben ma grande, je savais pas que l’on pouvait avoir autant de poisse et de chance dans une même journée… Tu peux ouvrir les yeux maintenant, on est sorti d’affaire.

*Qu’allait il, mais qu’allait il faire dans cette galère*
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Mer 24 Juil - 14:26

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Dionysos & Saskia



« Ben ma grande, je savais pas que l’on pouvait avoir autant de poisse et de chance dans une même journée… Tu peux ouvrir les yeux maintenant, on est sorti d’affaire. » Ses paupières s’ouvrirent lentement sur une vue floue, désagréablement troublée. Elle toussa, cherchant sa respiration. Elle inspira enfin de l’air pur comme si elle n’en avait pas eu depuis trop longtemps. Ce qui était le cas. Revenant peu à peu à elle, la jeune fille remarqua un visage inconnu au-dessus du sien. Elle mit quelques secondes à comprendre qu’elle était dans les bras d’un étranger. D’un homme. Un homme. Son poul s’accéléra à nouveau. Aussi dangereux. Aussi terrifiant. Qu’avait-il dit exactement ? Ses paroles bourdonnaient encore dans sa tête et se frayaient un chemin pénible jusqu’à son esprit. Sorti d’affaire ? Non, elle n’était pas sortie d’affaire ? Elle était en danger, comment allait-elle sortir de là ? Incapable de bouger, elle laissa sa tête tomber vers la forêt, elle aperçut les flammes, la fumée, la désolation : « Mais qu’ais-je fait ? … ». Elle devait partir. Elle devait fuir. Avait-elle fait des victimes ? Avait-elle encore tué des gens ? C’était possible, alors qu’elle, était toujours vivante. Elle était là, continuant à vivre, continuant à respirer, alors que certains agonisaient en attendant la mort. Elle devait partir. Elle ne méritait pas cette vie. Pourtant … Pourtant c’était la première fois. La première fois qu’on lui venait en aide. C’était un homme, mais il l’avait aidé. Il lui avait sauvé la vie. Etait-ce une seconde chance ? Une manière de se rattraper pour le futur ? Une chance de tout recommencer à zéro ? Mais elle ne le pouvait pas. Jamais, elle ne changerait. Doucement sa vision s’arrangea et elle posa ses prunelles sur le ciel. Peut-être pouvait-elle faire confiance à un homme. Un seul. A celui qui lui avait sauvé la vie. A personne d’autre. Difficilement elle se redressa mais ne se leva pas, elle se dégagea du corps de l’inconnu et s’en écarta pour se retrouver à une distance raisonnable de lui. Elle l’observa un moment, perdue dans ses idées et dans ses jugements. Elle n’était pas apte à se triturer l’esprit, elle n’en avait pas le courage : « Vous m’avez sauvé la vie … Pourquoi ? » Comment avoir confiance ? C’était trop dur. Et toutes ces années de souffrance ? Comment les oublier ? Néanmoins elle avait une dette maintenant, marquée au fer rouge dans sa mémoire. Impossible à effacer « Je ne le méritais pas » ajouta-t-elle, la gorge nouée de regrets et de larmes. Effectuant à léger mouvement de tête vers l’incendie. Elle sentait encore la cendre de son crime. Fais-lui confiance, laisses-toi faire. Ne luttes pas. Tu ne cesseras de répandre le mal. Tu ne cesseras … Saskia massa ses tempes. Sa tête … : « Mais … Merci. » La jeune fille hocha la tête en remerciement. Et étrangement, un très mince sourire, bien que méfiant, se dessina sur ses lèvres.
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Mer 24 Juil - 20:47

La pauvre gosse avait l’air totalement déboussolé, alors que le dieu aussi reprenait son souffle. Ses poumons lui brulaient, chaque respiration se faisait sentir comme un souffle sur des braises. Mentalement, il remercia sa divine résistance. Si son corps n’était pas fait d’un autre bois que celui des humain, il aurait surement perdu connaissance dans les nuées toxiques. Il ne savait même pas comment l’humaine avait pu survivre, le nez dans l’herbe incandescente. Il lui laissa le temps de reprendre ses esprits, voyant sa petite tête brune dodeliner, puis ses yeux s’ouvrir. Elle n’avait pas encore l’air tout à fait consciente ni de ce qu’elle avait fait, ni du sort auquel elle avait échappé. Elle le fixa un moment d’un regard aveugle, avant de basculer la tête en arrière, en direction des flammes, qui semblèrent la réveiller un peu. Il du attendre un peu pour que la demoiselle se redresse, et trouve un peu de force pour s’échapper de ses bras et retrouver un espace vital. Il n’en prit pas ombrage ; il attendait patiemment qu’elle recouvre la parole. Et ses premiers mots ne manquèrent pas de l’étonner :

-Pourquoi ? Parce que je passais par là, que je t’ai vu, et qu’il ne me paraissait pas logique de t’abandonner à ce genre de sort ! la mort par le feu à beau être noble, elle n’en est pas moins terriblement douloureuse. C’est le fils d’une immolée qui te le dit.

Il rit à sa propre blague, son regard glissant de la jeune fille aux flammes derrière elle. L’incendie n’avançait déjà plus, broutant comme un animal paresseux les herbes et bois secs tout autour de la clairière où il avait trouvé la jeune fille. A y regarder de plus près, cet incendie ressemblait de plus en plus à une tentative de suicide, plutôt qu’à u incendie criminelle. Cette théorie ne se confirma qu’un peu plus avec les plaintes de la jeune femme. Avec un geste familier totalement inapproprié face à une parfaite inconnue, Dionysos lui administra une petite tape sur le bout du nez, comme on réprimande un enfant qui dit une sottise.

- La chance ne se mérite pas ma belle, ce n’est pas une chose de logique ou de juste. Elle apparait et disparait comme elle le désire. Je ne suis que son incarnation pour toi aujourd’hui, rien d’autre.

Il avait dit ça avec un sourire tranquille, parfaitement persuadé de ce qu’il disait. Il avait vécu bien trop longtemps pour croire que la vie était juste etcetera etcetera. Pour lui, seul le hasard et la détermination comptait. Le reste, c’était de la religion et des contes pour enfants, les deux se mêlant souvent à la perfection. Il répondit au remerciement timide la jeune femme avec un sourire bienfaisant, protecteur. Elle avait vraiment l’air d’une gamine, d’un oiseau tombé du nid. Que faisait elle là, toute seule, à trembler dans les bois en jouant avec des allumettes ? Il ne lui trouvait aucune ressemblance avec des divinités connues, et elle n’avait pas l’aura si singulière des créatures. Elle était humaine, une simple humaine, si fragile, si mortelle. De la race de ce qui les avaient envoyé ici. C’était une des toutes premières qu’il voyait sur l’île, et cela excitait d’autant plus sa curiosité. Mais vu son état, il fallait qu’il y aille doucement, pour ne pas l’angoisser un peu plus. Il se redressa sur ses jambes, légèrement chancelant, puis tendit ses mains vers la jeune femme pour l’aider à se relever, avant de lui demander d’une voix douce, posée :

-Et toi alors, qu’est ce que tu faisais là dans un enfer pareil ? tu te souviens de comment tu es arrivé ici ??
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Ven 26 Juil - 15:50

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Dionysos & Saskia



« Pourquoi ? Parce que je passais par là, que je t’ai vu, et qu’il ne me paraissait pas logique de t’abandonner à ce genre de sort ! La mort par le feu à beau être noble, elle n’en est pas moins terriblement douloureuse. C’est le fils d’une immolée qui te le dit » Saskia hocha la tête, presque … Amusée ? Amusée oui. Mais d’où sortait-il celui-là ? Il n’était pas commode et n’y allait pas par quatre chemins. Néanmoins, elle avait toujours du mal à comprendre la nature de son geste ; alors, il l’avait sauvé comme ça ? En même temps, s’il l’avait vu au loin, n’était-ce pas normal ? N’en aurait-elle pas fait autant ? Bien sûr que si. Pourtant elle ne cessait de penser qu’elle aurait peut-être mieux fait de mourir là, parmi les flammes : « Je ne le méritais pas » Elle reçut une pichenette sur le nez à la suite de ces mots, surprise, elle resta un moment à regarder le dieu avec de grands yeux éberlués : « La chance ne se mérite pas ma belle, ce n’est pas une chose de logique ou de juste. Elle apparait et disparait comme elle le désire. Je ne suis que son incarnation pour toi aujourd’hui, rien d’autre. » Saskia afficha un sourire en coin et commença à se détendre, ses épaules s’affaissant, elle expira longuement et silencieusement. Décidément, ce jeune homme était bien intriguant. Curieuse elle le dévisagea sans se rendre compte de ce qu’elle faisait, plissant presque les yeux en l’observant, à demi-soucieuse. Il parlait avec sagesse. Alors pour lui ce n’était pas une question de chance mais de hasard ? Le hasard l’avait sauvé ? Dans un sens il avait raison. Elle le remercia alors et il répondit par un sourire bienveillant qui la rassura d’autant plus. Cela faisait si longtemps qu’on ne lui avait pas tendu la main. Cela faisait si longtemps qu’elle ne connaissait pas la sensation de sécurité. Pouvait-elle la ressentir à présent ? Pas totalement. Après, tout elle ne le connaissait pas. Pas du tout. Il se releva et elle ne le quitta pas de yeux, suivant le moindre de ses faits et gestes ; il lui tendit alors ses deux mains et n’hésita pas bien longtemps avant de les saisir pour se relever à son tour. Elle devait s’habituer à l’aide des autres. « Et toi alors, qu’est-ce que tu faisais là dans un enfer pareil ? » Saskia tourna alors ses yeux vers le feu diminuant : « Tu te souviens de comment tu es arrivé ici ?? » Elle baissa le regard pour fixer le sol, honteuse. Pouvait-elle vraiment parler de ça ? De toute façon bientôt ce ne sera plus un secret, elle ne s’arrêtera pas, il y aura d’autres incendies, il y aura encore de la fumée, il y aura encore des remords. « Non je ne m’en souviens pas, c’est … » Elle marqua une pause, cherchant ses mots : « Ce n’est pas moi qui ait fait ça … C’est l’autre … C’est un désir, c’est … » Elle reposa ses pupilles sur le jeune homme, cherchant à voir s’il comprenait quelque chose, mais comment réussirait-il ? « J’aime, le feu … Je ne sais pas comment expliquer ça … Il m’attire. » Elle secoua la tête et s’écarta de l’inconnu : « Je suis désolée, je ne devrais pas dire ces choses là, ce n’est pas bien … » Elle soupira : « Je ne suis pas normale … » Chuchota-t-elle plus pour elle-même que pour son sauveur. Saskia ferma les yeux, tentant de se recentrer sur la conversation : « Mais … » Ses paupières se rouvrirent pour poser des yeux curieux et interrogateurs sur l’homme : « Qui êtes-vous ? »
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Dim 28 Juil - 20:40

Bon, ok, elle était légèrement dérangée apparemment, mais qui ne l’était pas sur cette île ? ce qu’elle disait n’avait pas vraiment de sens pour quiconque d’autre qu’elle, et elle semblait parfois plus se parler à elle-même qu’à lui ? Dionysos n’avait jamais eu la patience d’investir quelques années d’immortalité dans une fac de médecine, mais ce qu’il voyait là ressemblait à une réaction post traumatique. Mais à quel traumatisme ? à l’incendie ou à quelques choses d’antérieure ? La jeune femme semblait réfléchir le moindre de ses gestes. Elle ne le regardait jamais vraiment dans les yeux, papillonnant à gauche, à droite, comme désespérant de trouver une logique dans toute cette histoire. Surement aurait il à déployer des trésors de patience pour la sortir de sa coquille de crainte et de méfiance. Il soupira, un peu pour lui-même, mais fut soulagé de voir qu’au moins, elle acceptait son aide et ses mains pour se redresser. Ne pas être une menace directe était un premier pas, certes timide, mais c’était mieux que rien.

La petite commença à marmonner concernant son lien avec l’incendie, sans rien sortir de vraiment compréhensible. Tout ce qu’il réussit à comprendre, c’est qu’elle était désolée, et qu’elle n’y était pas totalement pour rien… pour le reste, elle chuchotait, tournait la nuit, soupirait, l’empêchant de suivre efficacement le cour de la conversation. Au final, la seule chose à laquelle il put répondre fut la dernière question de la jeune femme

-Et bien …

Il se frotta pensivement le coude, presque embêté. Devait il lui donner son titre complet, dieu grec de patati patata, alors que la pauvre petite était déjà à moitié terrorisée ? elle n’avait même pas l’air conscience d’où elle était, et du genre de personne qu’elle pouvait rencontrer. Alors ce genre de présentation risquait de finir de la troubler, et il n’en avait pas vraiment envie. Après tout, était il vraiment nécessaire de lui signaler sa nature divine ? il n’était pas Que ça. Et encore moins sur Néméil. Il raccrocha un sourire tranquille sur ses lèvres, avant de lui dire le plus naturellement du monde.

-La plupart des gens m’appelle Dio. Je suis organisateur de fêtes et de soirées dans la ville, qui est à quelques kilomètres d’ici. Et c’est déjà pas mal.

Elle n’avait, pour l’instant, pas besoin d’en savoir plus. Si elle lui posait des questions dans ce sens, il lui répondrait honnêtement, mais si elle n’était pas consciente de l’existence de divinités sur le territoire, il voulait lui laisser le loisir de le découvrir dans des circonstances moins mouvementées. D’un geste de la main qu’il accompagna d’un début de marche lente, il l’invita à marcher auprès de lui, tout en s’éloignant de la forêt qui finissait de griller. Ils seraient toujours mieux en étant le plus loin possible et, si il était nécessaire, il l’amènerait à l’hôpital le plus proche

-Et toi jeune demoiselle, qui es tu ? je connais beaucoup de monde ici, et je suis à peu près sur de ne jamais t’avoir croisé … ce qui est vraiment dommage d’ailleurs.

Il lui fit un clin d’œil, puis continua à marcher d’un pas tranquille, espérant sincèrement que sa conversation banale et anodine finirait d’apaiser la jeune femme, dont au final il ne savait rien … Si ça se trouve, c’était une déesse d’une mythologie quelconque qu’il n’avait pas reconnu ! Mais il avait le pressentiment qu’elle était peut être quelque chose de bien plus intéressant que cela …

-Sans vouloir t’assaillir de question … Même si il est vrai que c'est ce que je fais ! sais tu seulement ou nous sommes ? Question de routine pour une personne inconsciente, ne t’inquiète pas, je vérifie juste que ton cerveau fonctionne dans cette jolie petite tête !
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Jeu 1 Aoû - 23:12

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La longue cicatrice parcourant son dos commença à la brûler, malheureusement mal placée elle ne pouvait rien y faire et simplement subir. Elle inspira, la douleur finirait bien par disparaître. Et puis toute son attention était déjà toute tournée vers l’inconnu dont elle n’allait pas tarder à connaître l’identité tant attendue. Il serait dommage de ne pas savoir au moins le nom de son sauveur n’est-ce pas ? « Et bien … » Saskia posa un regard bien trop curieux sur le jeune homme, tout soupçon disparaissait petit à petit, bien qu’il eut l’air d’être embêté sur ce qu’il pouvait dire de lui. Elle savait ce que c’était, elle hésitait toujours à dire si elle était humaine ou non. « La plupart des gens m’appelle Dio. » La jeune fille hocha la tête, un sourire amusé sur les lèvres : « Dio ? C’est un drôle de nom » Elle pouvait parler, Saskia ce n’était pas mal dans le genre, mais en même temps elle venait de Russie ; là-bas les noms ne sont pas des plus simples à prononcer. « Je suis organisateur de fêtes et de soirées dans la ville, qui est à quelques kilomètres d’ici. Et c’est déjà pas mal. » Elle toussa dans son poing, la fumée qu’elle avait aspirer lui faisait encore l’effet d’un feu dans ses poumons, mais elle finit par acquiescer : « Oui c’est déjà pas mal … Alors tu dois beaucoup faire la fête non ? Ca doit être bien … » Pensive, elle quitta des yeux Dio et commença à marcher à ses côtés après son geste de la main : « Je n’ai jamais fait la fête je crois … Là où j’étais, il n’y avait pas de place dans le programme pour ce genre de choses … » Elle parlait par énigmes, mais ne s’en rendait pas compte. Ils commencèrent à s’éloigner du feu, elle sentait la fraicheur d’un air pur les envelopper à nouveau, un air rassurant. Elle aimait cette atmosphère de sûreté, pourtant elle jeta un dernier regard au nuage sombre au-dessus de la forêt. « Et toi jeune demoiselle, qui es tu ? » Bien sûr, il fallait s’attendre à ce qu’il lui retourne la question. Néanmoins, la jeune fille ne savait pas ce qu’elle devait répondre. Dire la vérité ou mentir comme à Hildr ? Se faire passer pour quelqu’un d’autre ou s’assumer ? Elle n’était pas venue ici pour se cacher : « Je connais beaucoup de monde ici, et je suis à peu près sur de ne jamais t’avoir croisé … ce qui est vraiment dommage d’ailleurs. » Elle remarqua son clin d’œil, en sourit et baissa les yeux sur le chemin, pesant toujours le pour et le contre. Elle était presque sûre qu’il ne lui ferait aucun mal, dans le cas contraire il l’aurait laissé mourir à petit feu non ? Ses intentions paraissaient bonnes et l’existence des humains sur l’île se ferait bientôt savoir aux quatre coins du pays : « Je m’appelle Saskia, je … Je viens de Russie … » Elle posa ses prunelles clairs sur Dio : « Je viens du monde des humains » Elle guettait sa réaction. Etait-il un humain ? Etait-il un dieu ? Etait-il une créature mythologique ? Elle espérait le découvrir dans le mouvement de ses traits. Elle avait dit qu’elle venait du monde des humains, pas qu’elle était humaine ; pour certains il n’y aurait aucune différence, pourtant il y en avait une grande pour Saskia : elle venait de leur monde, mais elle n’était pas des leurs. « Sans vouloir t’assaillir de question … Même si il est vrai que c’est que je fais ! » Elle étouffa un petit rire, il tentait de la détendre et il y arrivait : « Sais-tu seulement où nous sommes ? » Elle laissa alors son regard glisser sur les environs, sur le paysage, sur les horizons. Néméïel. Elle laissa échapper un soupire songeur, un sourire rêveur aux lèvres : « Question de routine pour une personne inconsciente, ne t’inquiète pas, je vérifie juste que ton cerveau fonctionne dans cette jolie petite tête ! » Elle rougit à cette attention. Ca paraît stupide et puérile, mais ça fait si longtemps. Ca fait si longtemps qu’elle attend ce moment ; ce moment où l’on fera attention à elle, ce moment où on la remarquera ne serait-ce qu’un peu, ce moment où l’on s’intéressa à elle et pas aux horreurs qu’elle peut faire : « C’est gentil, je crois que ça va maintenant, grâce à toi » Elle le regarda en coin, toujours guettant ses réactions. Elle espérait qu’il ne lui en voudrait pas trop de tant de méfiance : « Je crois savoir où je suis, si je ne me suis pas trompée … Nous sommes sur Néméïl … La terre d’exil pour tous les dieux et toutes les déesses de n’importe quelle mythologie. Emprisonnés ici par ces … Humains. » Une grimace déforma ses traits alors qu’elle ressentait encore la douleur dans son dos. Saskia tenta alors de passer une main le long de sa colonne vertébrale, comme si cela allait changer quelque chose. Elle ignorait encore si Dio était comme elle ou comme eux, elle comprenait qu’il n’ait pas voulu lui dire sur le coup, après tout, elle était effroyable, instable et minable : « Nous n’étions pas tous d’accord … Certains, dont moi, avons décidé de suivre les dieux, de les rejoindre » Les mots coulaient de sa bouche tandis qu’elle regardait droit devant elle, la rage commençant à l’envahir. Les humains ne méritaient que le mépris. Après tout, ils avaient réussi à exiler d’autres hommes avec les dieux. Ils avaient réussi à les écœurer de leur existence, de leur monde. « Tu es quoi toi Dio ? » Dit-elle, sa colère refoulée, des yeux presque rieurs : « J’ai toujours été passionné par la mythologie, toutes les mythologies d’ailleurs, alors … » Ses mains se rejoignirent dans son dos, elle redressa le menton, presque fière de ce qu’elle allait dire : « Dio, ce ne serait pas le diminutif de Dionysos par hasard ? » Elle sourit, contente : « Tu vois, mon cerveau va beaucoup mieux ». L’autre était partie, elle pouvait être elle.
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Mar 6 Aoû - 16:50

Dionysos écoutait son vis-à-vis avec attention. Elle semblait reprendre du poil de la bête et, à présent, parlait avec bien plus d’aisance et de fluidité. Déjà son ton, ses paroles traduisaient une intelligence et un charisme naturel tout à fait appréciable pour le dieu grec, qui ne demandait rien de moins chez ses interlocuteurs. De plus, elle parsemait dans son discours de tous petits indices sur sa vie présente et passée. L’absence de fête, existence d’un « programme »… il savait que la Russie, dont elle finit par dire qu’elle en était originaire, n’était pas le pays le plus clément et confortable à vivre, mais tout de même… Elle semblait parler d’une vie au goulag. Il hocha doucement de la tête quand elle finit par donner son nom, Saskia… c’était un joli nom, bien plus que Dionysos en tout cas !

Il guettait chaque réaction de la jeune femme, en toute discrétion, se laissant guider plus par les intonations de sa voix que par les traits de son visage. Il ne voulait pas qu’un regard trop insistant perturbe la demoiselle, ni avoir l’air de l’examiner chirurgicalement, comme le faisaient certains dieux. Il n’était pas là pour la juger, il avait juste envie de savoir qui il avait sauvé, au final. Et évidemment, sa curiosité légendaire le poussait à poser toutes les questions, alors qu’ils s’éloignaient définitivement du lieu de l’incendie. La belle russe finit par lever ses yeux céruléens pour les poser dans les siens, déclinant son nom, sa nationalité, et son appartenance au monde des humains. Le dieu eut le plus grand mal à ne pas cacher sa satisfaction et son intérêt. Il l’avait deviné peu après l’avoir sauvé, mais il voulait en être parfaitement sur : une Humaine, une vraie ! Il savait qu’il y en avait quelque part sur l’île, mais n’avait jamais eu l’occasion de parler à l’un d’entre eux de vive voix ! que faisait-elle ici ? Pourquoi était-elle venue ? faisait-elle partie de ceux qui avaient enfermé les dieux ? Une sorte de geôlière, ou plutôt une alliée ? Les yeux d’opaline du grec brillaient d’une curiosité presque enfantine, mais n’osait pour l’instant pas l’interrompre, de peur de louper une information importante, ou de la couper dans son élan. Cependant, la jeune femme semblait plutôt détendue, bien plus qu’au début de leur conversation, et souvent un magnifique sourire s’invitait sur ses lèvres, alors qu’il jouait de son charme et de son magnétisme sur elle.

Attentivement, il découvrit, à son plus grand bonheur, que Saskia savait parfaitement où elle était, ou du moins dans les grandes lignes. Néméil, l’île des dieux déchus, emprisonnés par leur plus belle création. C’est bien triste ? non, c’était une question de point de vue. La grimace de la jeune femme le tira de ses réflexions, et il fronça les sourcils, posant doucement sa main sur l’épaule de celle-ci, s’arrêtant de marcher un instant :

- Ca va … ? Tu as besoin de quelque chose ?


Mais elle continuait sur sa lancée, avec une maladresse et un empressement presque touchant. Cherchait elle à se justifier d’être ici, à lui assurer qu’elle était dans le bon camp. Sa façon de changer de ton et d’humeur en 5 secondes étaient assez surprenantes, et il eut à peine le temps de commenter que déjà elle repartait avec de nouvelles questions. Elle était insatiable ma parole ! elle se planta devant lui, le forçant à s’arrêter, et lui croisa les bras, avec un air de défi. Dio, un diminutif de Dionysos ? non sans humour, il salua sa déduction d’une courbette théâtrale, un grand sourire aux lèvres :

- En effet, Ta tête fonctionne à présent à merveille ! c’est en effet mon petit surnom ici, parce qu’avouons le, Dionysos ce n’est pas facile à porter tous les jours ! * il sourit*. Je suis bel et bien le dieu grec dont tu parles. Mais tu vois, pas de vigne de partout, pas de nez rouge et de musique perpétuelle autour de moi, je suis assez … normal.

Il tourna une fois sur lui-même, comme pour étayer ses dires. Il était vrai que par rapport à d’autres divinités comme Thor ou Hadès, qui en imposaient tant physiquement que dans leurs attitudes, il n’était ni particulièrement grand, ni musclé, ni foncièrement sérieux ou cérémonieux. Mais cela lui convenait parfaitement. Avec un brin de malice, il continua, mais en russe :

- Contrairement aux autres dieux, j’ai passé la majorité de ma vie divine sur Terre, en traversant les ages, et j’ai fréquenté bien plus d’humains que de dieux ces dernières… centaines d’années. Il m’arrive du coup d’agir parfois un peu … bizarrement.

Il lui jeta un regard espiègle, guettant la réaction de la jeune femme, tant à ses dires qu’à son accent slave parfait. Il aimait surprendre, alors autant donner le ton tout de suite à la jeune femme, quitte à essuyer à son tour une réaction inattendue …
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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Mer 14 Aoû - 10:52

SAVE
Dionysos & Saskia



« Ca va … ? Tu as besoin de quelque chose ? » Sincère. Elle le sentait sincère. Mais s’il savait à quel point ça n’allait pas. S’il savait tout ce dont elle aurait besoin pour aller mieux. Cesser cette douleur constante, comme un clou que l’on enfoncerait un peu plus chaque seconde dans sa colonne vertébrale ; supprimer cette autre qui l’emprisonne, qui lui vole sa vie. Oui, elle aurait besoin de quelque chose, elle aurait besoin qu’on la libère, car elle en a toujours été incapable. Pourtant elle ne dit rien. Ce n’était qu’une cicatrice, ce n’était qu'un mal infime, ce n’était rien. Alors elle sourit, cherchant à apaiser les sourcils froncés du dieu. Saskia enchaina, ne cessa les flots de phrases. Oui, elle cherchait à se justifier, elle cherchait à s’excuser car elle savait que certains dieux lui en voudraient pour cet exil dont elle n’était en rien à l’origine. Mais rapidement la terrifiée disparue pour laisser place à la véritable Saskia : joviale, ouverte, souriante, presque enfantine. Elle-même ne se rendait pas toujours compte de ses brusques changements de comportement ; elle devinait seulement les changements extrêmes, comme les changements de personnalités. Heureusement, Dionysos semblait s’accommoder des vagues qu’il prenait de façon à ce que Saskia ne remarque rien. Celle-ci sourit de sa découverte, fière d’avoir démasqué le dieu qui fit une révérence ce qui la fit sourire d’autant plus. « En effet, ta tête fonctionne à présent à merveille ! C’est en effet mon petit surnom ici, parce qu’avouons le, Dionysos ce n’est pas facile à porter tous les jours ! » Elle rit, décroisant ses bras. C’est vrai que Dionysos était un nom particulier, mais en y repensant bien, la plupart des noms divins étaient amusants. Enfin Saskia n’avait rien à dire sur ce point, les russes étant réputés pour avoir des prénoms aux syllabes imprononçables. « Je suis bel et bien le dieu grec dont tu parles. Mais tu vois, pas de vigne de partout, pas de nez rouge et de musique perpétuelle autour de moi, je suis assez … normal. » Il tourna sur lui-même afin de prouver ce qu’il avançait et la jeune humaine acquiesça : « Oui, aussi normal que le plus banal des humains » Elle se rendit compte, une fois sa phrase prononcée, qu’elle pourrait être interprétée de façon assez critique. Elle porta doucement une main devant sa bouche : « Je suis désolée, ce que j’ai dit n’était peut-être pas très gentil » Elle ne savait pas ce qu’il fallait dire ou ne pas dire. Elle ne connaissait pas les règles. Elle ne savait rien de la vie en société. Elle connaissait seulement les limites entre le bien et le mal, aux extrêmes. Elle fit une moue désolée en se remettant à marcher, tentant de passer à autre chose ; mais finalement cette histoire de physique était intéressant et elle hocha la tête en ajoutant : « Mais, tu n’as pas changé de physique en arrivant ici ? » Elle avait toujours envisagé qu’en arrivant sur cette île, certains dieux changeraient d’apparences, que cela serait une autre source de colère et de rancœur envers les humains, un nouveau reproche, une nouvelle source de vengeance. D’ailleurs, même en ayant pris connaissance de sa véritable nature, Dionysos n’avait rien montré de cet aspect haineux qu’elle avait imaginé. Avec une certaine hésitation, elle posa quand même une énième question au dieu grec : « Tu n’en veux pas … Tu n’en veux pas aux humains ? Pour … » Elle regarda autour d’elle en prononçant presque dans un souffle : « Ca ? » La jeune fille reposa ses prunelles curieuses sur lui et finit par rougir ; reposant finalement ses yeux sur l’horizon : « Tu vois, moi aussi je suis curieuse, je te harcèle de questions ». Elle sourit et promis de se taire pendant au moins cinq minutes. Mais c’était sans compter la surprise qu’allait lui faire Dionysos en lui parlant dans sa langue natale. Russe. « Contrairement aux autres dieux, j’ai passé la majorité de ma vie divine sur Terre, en traversant les ages, et j’ai fréquenté bien plus d’humains que de dieux ces dernières… centaines d’années. Il m’arrive du coup d’agir parfois un peu … bizarrement. » Saskia s’arrêta de marcher, fixant le jeune homme, paralysée, figée dans le temps. Son visage ne montrait aucune expression, ses yeux, un grand vide mais dans sa tête, des milliers d’images défilaient. La Russie, pays froid, dure, blanc. Pays d’un passé sombre et de souvenirs sanglants. « Tu parles russe ? » Vide. Néant. Elle parlait en murmurant. Subissant les cris des fantômes, distinguant les âmes perdues, revoyant les massacres de ses confrères, redécouvrant ses instincts brûlants. Elle ferma les paupières et baissa la tête. Ce soudain retour vers le passé, ne pouvait que réveiller la rancœur de celle qui la maintenait enchainée. Quelques secondes seulement, il fallait qu’elle s’exprime.

Tu relevas alors la tête, tu étais différente de Saskia, tu n’étais pas aussi passive, aussi clémente. Mais vous veniez d’arriver, il fallait donc faire des efforts. Tu tentas alors de te calquer un minimum sur son attitude légère, malheureusement tu n’avais pas la même lumière dans tes prunelles mais qu’est-ce que tu t’en fichais. Tu n’avais pas besoin de la lumière, tu avais adopté la noirceur, tu étais née dedans, tu baignais dans l’obscurité, tu la recherchais avec avidité. Tu n’étais pas froide, tu n’étais pas glaciale, bien au contraire, tu brûlais de fureur. Tes yeux trahissaient cette fièvre dévorante, après tout, c’était toi la pyromane. Et c’était Saskia qui en souffrait, mais tu l’as sauvais. Tu l’as protégeais, parce que plus jamais, vous ne serez soumise aux autres. Sans toi, elle ne serait plus rien. Sans toi, elle serait encore enfermée dans un laboratoire à subir les traitements de ses putains de blouses blanches. Tu les haïssais. Tu les détestais. Tu aimerais les brûler une seconde fois. Tu aimais rêver de leurs souffrances. Tu désirais leur douleur. Alors tu ne pouvais que réagir en entendant parler ta langue. Le froid te manquait tellement. Tu brûlais mais tu aimais la glace, tu aimais ces étendues blanchâtres. « Impressionnant, l’accent est parfait. » Tu étais sincère, alors tu l’applaudis. Parlait-il vraiment le russe ou était-ce un pouvoir ? Tu étais jalouse des capacités que ces êtres pouvaient avoir. Tu les enviais. Bien évidemment il remarquerait sûrement la différence. Il était observateur, mais s’il croyait qu’elle n’en avait pas fait de même de son côté. Saskia était si naïve. Elle sourit, mais ce n’était pas le même. Etrange : « Tu préférais les humains aux dieux ? » Ce n’était pas vraiment une question, disons que tu n’attendais pas de réponse. C’est fou comme le ton que tu emploies n’est pas le même non plus. Tu es plus assurée, tu as confiance en ce que tu dis et en ce que tu fais. Tu n’as pas peur. Tu es une battante, mais Saskia aussi, sinon c’est toi qui contrôlerais ce petit corps à longueur de journée. Tu ferais toujours ce que tu as envie, mais elle se débat. Cependant c’est un autre combat : « Tu ne les as pas trouvé écoeurants ? Haïssables ? Ne t’ont-ils pas rejetés ? Ne t’ont-ils pas fait comprendre que tu ne serais pas des leurs ? Ne t’ont-ils pas fait subir les pires horreurs pour ensuite te dire que c’était ta faute ? » Tu grimaces légèrement à chacun de tes propos, tu ne peux que faire allusion à ta propre expérience de rejet. Ils ont été si ignobles avec vous. Aucune compassion. Rien. Heureusement tu n’étais pas comme eux, non, tu n’avais rien avoir avec cette espèce ignoble. Tu étais bien plus forte, tu étais bien différente d’eux. Rien à voir : « Moi je les trouve méprisables. » Tu sers les dents mais tu restes ferme et ne montres rien de ta colère, bien qu’on puisse la deviner. Tu as tout répondu en russe. Tu veux être assurée qu’il ne se foute pas de toi, tu veux voir s’il comprend tout. Toi, tu aimes parler russe ; Saskia, elle, n’aime pas, ça lui rappel trop de mauvais souvenirs, alors elle parle anglais. Mais toi les souvenirs, tu les aimes. Tu retins ses derniers mots également et tu n’en saisis pas bien leur sens : « Agir bizarrement ? ». Saskia aimerait revenir, aimerait reprendre le control. Mais toi aussi tu veux faire connaissance avec Dionysos, le curieux. Tu te demandes d’ailleurs comment il va réagir en la découvrant. Et c’est toi qui cette fois le regarde avec malice. Tu ne comptes pas la laisser revenir tout de suite. Toi aussi tu veux t’amuser, après tout, n’es-tu pas venue sur cette île pour ça ? D’ailleurs, tu décides d’en rajouter une couche : «  Tu l’as trouvé comment mon feu ? Il était beau non ? ». Espiègle.

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MessageSujet: Re: SΔVE ▼ Dionysos   Dim 18 Aoû - 20:02

Il faudrait probablement un moment au dieu grec pour comprendre que plusieurs personnalités résidaient dans le corps de la jeune russe. Après tout, la mythologie grecque débordait de personnages haut en couleur, et qui changeaient parfois d’humeur comme de chemise : il ne fallait pas oublier qu’il était le cousin de Perséphone, la déesse des saisons et de la mort, qui niveau sautes d’humeur, atteignait son niveau ! De même sa chère Séléné était aussi douce et réservé le jour qu’elle était combative et courageuse la nuit… La schizophrénie se confondait avec les excentricités divines, et cela faisait longtemps que Dionysos avait appris à s’adapter. Il pouvait être surpris parfois, mais n’était jamais pris de court. Plus depuis des siècles en tout cas.
Il ne put s’empêcher de sourire après la réflexion de la jeune femme « aussi normal que le plus banal des humains », vraiment ? Mais l’air désolé et catastrophé de la jeune femme avait un coté tellement comique qu’il n’en prit même pas ombrage. Il n’était pas susceptible de toute façon, il n’avait pas le temps pour ça.

-Ne t’inquiète pas, j’ai compris ce que tu voulais dire. Et c’est tant mieux, dans un sens. On se méfierait plus de moi si je faisais deux mètres de haut avec des bras comme des fûts de chêne. Ce n’est pas ce que je recherche.

Il la suivait d’un pas tranquille, nonchalant, ses poings confortablement rangés au fond de ses poches. Il la laissa hésiter un moment, guettant avec une curiosité un peu enfantine le déroulement de sa réflexion. Le fait qu’elle soit humaine le bouleversait plus qu’il ne le laissait paraître ; les humains étaient son repère, sa base, son environnement naturel. Il avait tout appris d’eux, et les avait observé agir, prospérer et se détruire de génération en génération. Parfois même, il avait participé, incognito bien sur, aux grands évènements historiques ; il avait fait la découverte du nouveau monde, de l’Inde, de l’Australie, avait vu des peuples se faire coloniser, puis racheter chèrement leur liberté… Peu de dieux s’étaient montrés aussi proche de leur progéniture. Lui n’avait pas eu le choix, mais ne le regrettait pas pour autant. C’était d’ailleurs peut être pour ça qu’il ne tenait pas rigueur à ces « amis » les mortels de l’avoir bazardé avec les autres dieux sur Néméil … Il répondit à la question de la jeune femme avec un haussement d’épaule, juste avant sa réponse en russe :

-C’est une capacité que je n’ai plus malheureusement…je suppose que lorsque les humains ont annihilé nos pouvoirs, nous avons tous conservé apparence la plus récente… en tout cas c’est ce qui s’est passé pour moi.

Après qu’il ait répondu, il vit la jeune femme se stopper, net. Il s’arrêta à quelques pas d’elle. Pourquoi quelques pas ? pour être hors de portée d’une arme de poing. Personne n’était au courant de son don de polyglotte. Alors forcément, sur cette île où tout le monde parlait une langue de base, entendre un dialecte humain bien particulier pouvait perturber, et c’était d’ailleurs un peu pour ça qu’il l’avait fait. Il voulait voir comme la jeune femme réagirait si il venait sur son terrain à elle, dans sa zone de confort personnelle. Il n’y avait pas cinquante alternatives : soit elle lui en collait une et partait sans plus de cérémonie, soit répondait positivement, et lui ouvrait la porte à quelque chose de plus intime, plus intéressant. « tu parles le russe ? » Et toutes les langues vivantes et mortes sur terre ma belle, mais ça me racle au fond de la gorge quand j’en abuse songea t’il. Il se contenta d’une réponse assez sobre:

-Da, oui.

Il reçut son compliment sur son accent parfait avec un petit signe de la tête modeste. Là encore il n’en tirait pas vraiment de fierté, ce don lui avait été rendu par la fontaine magique du quartier grec. Bien sur, il n’était pas aussi absolu que ce qu’il avait pu utiliser avant d’arriver sur l’île, et il ne pouvait pas l’utiliser de manière irréfléchie. Dans ses expériences et tentatives, il avait compris qu’une utilisation abusive orale lui provoquait des extinctions de voix douloureuses ; la lecture quant à elle lui infligeait de sévères migraines et autres conjonctivites. Alors il pouvait en jouer quelques heures, mais pas plus, sans quoi le retour de bâton ne se faisait pas attendre.

La jeune femme releva la tête, écartant quelques mèches brunes qui tombaient devant ses yeux, et sa posture se modifia subrepticement ; elle se tint alors plus droit, les épaules moins hautes, le cou délassé, le menton légèrement relevé. Ce n’était pas flagrant, mais l’œil aiguisé du dieu de la comédie et du théâtre ne pouvait manquer ce genre de changement. Il n’en dit rien, se contentant de poursuivre son chemin, alors qu’ils s’enfonçaient de plus en plus dans la campagne, là où le sentier se faisait plus hésitant, l’herbe un peu plus haute. Tiens, même son pas avait changé ; elle marchait avec un pas plus … aquatique. Il ne savait pas vraiment comme définir cela, mais elle semblait ondoyer sur le sol, comme si son pas résonnait sur le sol, sans pour autant être lourd, loin de là. C’était tout à fait fascinant, il aurait pu l’observer marcher sur deux cents mètres si cela n’avait pas été si flagrant. Son temps d’observation s’acheva avec la question de la jeune femme. Si il les préférait ? la question ne se posait même pas pour lui. Cependant l ne répondit pas tout de suite, écoutant la diatribe étrange d la jeune femme, dont la voix trahissait autant que les mots une expérience personnelle dérangeante. Il fronça les sourcils, répondant toujours en russe:

-Ce que tu me décris là correspond bien plus dans ma vie à ce que m’ont fait les dieux que les humains… je suppose que l’on ne choisit ni sa naissance ni son entourage… Les dieux sont écœurants d’égoïsme et fierté mal placé. Une déesse cocufiée va pousser une humaine violée par un dieu à perdre la raison et à se suicider alors qu’elle porte un enfant … Un père divin va rejeter son enfant pour le laisser à des nymphes et des humains sans jamais s’occuper de son éducation, la déesse précitée le pourchassant toute son enfance pour tuer, une par une, chaque personne qu’il aime ou qui ne l’aurait ne serait ce qu’aider…

Il s’interrompit, sa gorge s’enrouant légèrement… Etait il nécessaire de lui parler de sa mise au ban, l’empêchant de vivre sur l’Olympe auprès de ses frères et sœurs ? où encore de l’assassinat de sa femme par Artémis ? Il se refusait d’en parler, même des centaines d’années plus tard.

-alors non, je n’ai pas cette vision des humains. Mais peut être parce qu’ils n’avaient pas d’emprise sur moi comme pouvaient en avoir les dieux. Une histoire d’échelle surement …

Il tourna la tête vers la jeune femme, grimaçant à son tour, tordant sa bouche fine d’une façon à la fois ridicule et compatissante. Enfin, pseudo compatissante. Il n’était pas très très… empathique. C’était la curiosité qui le portait et non une quelconque sensibilité. Il tacha de s’expliquer doctement à sa compagne :

-Bizarrement pour un dieu, enfin parait il. Je n’ai pas de complexe de supériorité ou d’infériorité vis-à-vis des humains ou des créatures. Je n’ai de fidélité qu’envers moi-même. Si tu me dis que tu envisages d’éliminer une divinité, je serais plus curieux de ta façon de t’y prendre qu’horrifié. Et surtout … J’adore être ici. C’est la meilleure chose qui me soit arrivé depuis des siècles !

Il toussa ; décidément, ce don était exigeant ! il avait soif, mais devrait surement attendre un moment avant d’étancher son envie de boisson. Surtout que la jeune femme venait de prendre la parole à nouveau, avec un air espiègle approchant celui qu’elle avait utilisé un peu plus tôt, mais avec des propos autrement différents. SON feu ? Beau ? Il haussa un sourcil à nouveau, continuant de tousser, se raclant la gorge de la manière la plus élégante possible. Que répondre à ça… Il y quelques dizaines de minutes à peine, elle était encore prostrée dans ses bras à s’excuser inlassablement, et maintenant elle fanfaronnait sur ses faits de pyromane ? Que lui valait un tel revirement de comportement ? Il la fixa d’un air différent, légèrement plus sombre, plus profond que celui qui accompagnait ses badinages habituels.

-Je suppose oui, mais je préfère les feux de joie et autres immolations d’avatars de mascarade, de carnaval et autres festivités… le problème avec le feu, c’est qu’on n’en est le maitre que le temps qu’il le concède, et dès qu’il perd patience, c’est déjà trop tard ….
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SΔVE ▼ Dionysos

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