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 Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]

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MessageSujet: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Mar 2 Juil - 19:52




L’endroit était désert, froid, et sombre. Lugubre, voilà, c’était ça le mot adéquat. Mais au moins, il était sur que personne n’allait l’emm … l’embêter ici.

Seul dans le coin, le dieu grec était d’humeur morose, et pensive. Il avait mis un moment de côté sa vie de bruit, de fête et de fantaisie, pour s’exiler le temps d’une journée ici, loin de la civilisation, loin du monde. Loin des dieux.  Contrairement à ses congénères, Dionysos n’avait nullement été affolé par son débarquage sur Néméil. Bien sur, la perte de certains de ces pouvoirs lui était contraignante, mais contrairement aux autres dieux, il n’avait jamais vécu dans une cage dorée, qu’elle se nomme panthéon, olympe ou on ne sait quoi. Lui avait toujours vécu avec les différentes époques, au beau milieu des humains. Il ne les avait jamais quittés, il avait appris à les aimer, à s’en méfier, et à leur pardonner. Depuis bien longtemps, il se sentait plus proche des mortels que de ses semblables, qui s’ennuyaient sur leurs nuages et observaient les humains vus d’en haut, comme un enfant au dessus d’une fourmilière.  

Or, en dehors de la vie et de la mort, les fourmis ne doivent rien aux petits garçons. Si on les laissait faire, les fourmis batissaient leur empire toutes seules comme des grandes. Travaillaient, créaient, prospéraient sans l’aide des enfants. Pour Dionysos, les humains étaient comme les fourmis. Les antennes en moins. Alors les dieux et leur côté « les humains nous doivent tous » l’agaçaient profondément. Ça faisait 2000 ans que les hommes se débrouillaient tout seul ; certes le résultat était discutable, mais sans personne pour les guider, ils n’en étaient pas moins devenus exceptionnellement débrouillards et forts . Assez forts finalement pour s’en prendre à eux et les ranger, à leur tour, dans une boite. Qui sait, peut être les humains les épiaient ils à présent dans cette Néméil-bocal. C’était peut être eux, maintenant, les fourmis.
A cette pensée, il souriait tranquillement. Etre observé ne lui faisait pas peur. Etre jugé non plus. Il avait passé sa vie soumis au regard tantôt compatissant tantôt réprobateur de ceux qui se pensaient supérieurs à lui. Bande de crétins prétentieux. Ils devaient moins faire les malins sans leurs ailes, leur télépathie, leurs rayon laser ou que sais-je. Ils devaient apprendre à saigner, à avoir des bleus, des courbatures, la gueule de bois. A mourir peut être ? Ah, tuer un Dieu … quelle expérience enrichissante cela serait, il était sur d’adorer ça ! d’ailleurs, y avait il un monde des enfers sous Néméil ? un ciel , un paradis ? Personne ne le savait après tout, cela promettait encore bien des découvertes…

-Mais Pour cela, il faudrait faire un peu de ménage …

Il marmonnait dans sa barbe de 3 jours, les yeux rivés sur ses pieds pendant qu’il marchait. Il avait tendance à se parler à haute voix quand il était seul, s’entendre dire les choses lui permettait de mieux les organiser dans sa tête, de s’organiser. Bien sur, il se doutait qu’il ne pourrait mettre ses desseins à exécution seul. Mais il n’avait pas encore décidé de qui serait des alliés sûrs, de simples pions ou de la chair à canon. Et surtout, il ne voulait pas que la rumeur se répande trop vite concernant ses « projets ». Il avait beau être résistant, si tous les dieux lui tapaient dessus en même temps, il n’y résisterait pas.

-Tu vas pas t’ennuyer mon petit Dio, pour sûr, ce pays réserve son lot d’intrigues et tu …

Il s’interrompit lorsque son oreille, entrainée, détecta un bruit extérieur à ceux de la nature ambiante. Il n’était pas Artémis pour deviner ce que c’était, mais il ne pouvait qu’en conclure qu’il n’était pas seul. Il releva la tête, sortit ses mains de ses poches, et héla dans le vide, parcourant le paysage du regard :

- Qui que vous soyez rien ne sert de vous cacher, je ne vous mangerais pas ! et si c’est vous qui comptez me manger, ne vous fatiguez pas à me traquer dans l’obscurité, je n’aurais pas la patience que vous trouviez le bon moment !
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Mer 3 Juil - 20:59


C'était absolument interminable... Les journées sur Némeil n'était qu'une triste succession d'ennui et de soupirs dans la petite chambre d'adolescente qu'occupait l'ancienne Harpie. Ah ! ça la rendait malade, rien que d'imaginer qu'elle pouvait se qualifier d' « ancienne ». Elle se demandait presque, se tournant et se retournant dans son lit, depuis combien de jours ils étaient tous ici.  
Ce fameux exil... Tout d'abord, l’événement avait été tellement violent qu'elle n'avait pas vraiment réagit. Puis, elle se "réveilla" et ce fut crise de nerf sur crise de nerf : elle était impossible à calmer. Son père et sa mère ne pouvait rien faire, si ce n'est la regarder disjoncter avec abattement. Ils en arrivaient même à se demander ce qui leurs étaient passés par la tête lorsqu'ils avait décidé d'enfanter les Harpies.

Soudain, la tempête passa : Azelle semblait enfin s'être auto-épuisée. Elle s'effondra alors littéralement, rentrant dans un état d'hébétude qui ne lui était pas commun. Ses parents finirent par s'inquiéter et en vinrent presque à regretter les accès de colères de leur progéniture. Au moins, lorsqu'elle hurlait et déchiquetait le papier peint, ils étaient sur qu'elle était en forme. La, c'était autre chose. Le regard vide, elle passait son temps à se regarder de la tête au pied avec un air ahurie. Non mais comme si elle pouvait vraiment ressembler à ça... Avec son petit nez, ses petits pieds, ses petites mains. Tu parles d'une créature des enfer, on avait presque envie de lui pincer les joues. La seule chose qu'elle aimait dans sa nouvelle apparence, c'était ses cheveux rouquins. Elle avait entendue dire qu'il fut un temps, les humains accusait les êtres aux cheveux roux de posséder un lien avec le diable, les enfers. Il lui restait encore cette honneur, que Pluton soit loué.

Une fois qu'elle s'était lentement scruter dans son miroir, elle se laissait lentement tomber sur le lit et fixer le plafond en geignant. Elle ne se levait que pour se passer sous l'eau brûlante ou boire du lait chaud. Un matin, ce fut trop. Son père et sa mère décidèrent qu'elle ne pouvait pas continuer de se laisser pourrir de cette façon. Ils s’introduirent donc dans la chambre d'Azelle avec une certaine appréhension et tentèrent de la raisonner avec douceur. Est-ce qu'elle comptait se laisser mourir de faim ? Perdre son dernier pouvoir restant, vestige de ce qu'elle était ? Ou encore, devenir plus faible qu'un humain lui même? (Ha ça, c'était l'argument choc, étant donné la colère que la harpie nourrissait pour cette espèce.)

Le long discours de ses divins parents finit par porter ses fruits. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle se redressa, à nouveau face à son miroir, et dit d'une voix claire :

-C'est bon, vous pouvez arrêtez votre monologue. Je vais sortir.

Ils furent si étonnés qu'ils n'osèrent rien répliquer ; il ne fallait surtout pas la couper dans son élan. Elle fila droit dans la salle de bain ou elle enfila une sorte de combi-short bleu clair. De toute façon, elle n'avait jamais froid. Refaisant correctement ses nattes, elle entreprit enfin de sortir, une bouteille d'eau aromatisée à la main. Franchement, avec les voix insupportables de ses parents dans sa chambre, elle trouverait plus de calme à l'extérieur. Elle s'arrêta une fois que la porte fut refermée et inspira.

Ses premiers pas dehors. Elle avait tout à découvrir. Elle n'avait pas peur ; elle était juste amer et pleine de mauvaise volonté. Elle avança alors, zieutant les alentours avec curiosité. Ses pas se firent de moins en moins hésitants et plus rapides. Elle ne parlait à personne autour d'elle, se contentant de parcourir les lieux. Les endroits nouveaux s’enchaînaient, souvent très jolies, mais ne ravissant pourtant pas la vue d'Azelle. Elle aurait aimé trouver un endroit ou elle se serait sentit comme lorsqu'elle traînait aux portes des enfers. La, au moins, elle aurait vraiment pu se ressourcer. Mais elle ne voyait que bâtiments clinquants, sculptures rappelant les différentes mythologies, palais éclatant...

Lasse de ne rien trouver qui correspondait à ses recherches, elle finit par se résigner à demander de l'aide... Une grande femme au visage doux, qui devait certainement être une de ses affreuses anciennes nymphes, lui indiqua un endroit qu'elle qualifia de « lugubre et peu fréquenté ». Cela lui semblait parfait et elle s'y dirigea alors avec un nouvel entrain. Il lui semblait qu'elle reconnaissait des constructions ressemblant à ce qu'elle connaissait de la mythologie grecque. Plus elle avançait, plus elle était curieuse de savoir ou elle allait atterrir.

Soudain, elle aperçut au loin une immense muraille en fer, au dessus de laquelle un ciel sombre régnait. Elle accéléra son pas, alléchée par l'ambiance que le lieu semblait lui promettre... Au bout de quelques minutes, elle arriva enfin, un léger sourire aux lèvres. Il est vrai que c'était bluffant de désolation et même légèrement morbide. Elle qui cherchait un endroit ressemblant aux enfers, elle était servie. L'idée lui procura un sentiment d'adrénaline ; elle se sentait pratiquement chez elle... Elle partit alors à la découverte du lieu, se répétant qu'elle ne manquerait pas d'y revenir.

Tout à coup, elle entendit une voix. Il y avait donc des êtres vivants ici...  Mais qui ? Quelqu'un de perdu ? Un ancien Dieu des enfers ? D'autres Harpies nostalgiques ? Dans le doute et par curiosité, elle s'approcha lentement, se mettant sur la pointe des pieds... Elle ne voulait pas être entendue. Elle voulait voir, oui, mais sans être vue. Elle se sentait bien ; dans un endroit obscur, tenter de « traquer » un être vivant non loin d'elle, ça lui donnait presque l'impression d'être au bon vieux temps... Si c'était un petit animal, elle pouvait toujours essayer de le tuer, pour voir... Mais non, c'était stupide et elle le savait. Elle avait une forme humaine maintenant, elle ne risquait pas de tuer quelqu'un en le griffant ou en le mordant. Et puis pour en faire quoi, elle avait de quoi manger chez elle. Rhaa, elle se sentait idiote, avec son incorrigible mélancolie.

Elle continua alors de s'approcher, et se glissa derrière un arbre au tronc imposant. En glissant sa tête sur le côté, elle vit enfin... Il y avait un homme. Il était seul et méditatif et pensait à voix haute... Mais que disait il ? Elle entendait à peine. Elle aurait tant voulu savoir...  Était ce un Dieu ou un humain ? Si c'était un humain, elle lui ferait sa fête, tiens. Elle se risqua à mettre un pied devant l'autre à nouveau, histoire de mieux entendre...

Mais soudain, une branche craqua et émit un bruit assez fort pour qu'il puisse entendre. Elle eut beau se replacer rapidement derrière son arbre en mordant sa lèvre inférieur, l'homme venait de remarquer sa présence. Elle s'insulta intérieurement alors qu'il lui demandait de sortir de sa cachette. Que pouvait elle faire à part s’exécuter ? Elle glissa à nouveau sa tête sur le côté, puis son buste et enfin ses jambes, pour finalement apparaître en entière, juchée sur ses 1m70.

L'homme était encore de dos, à héler dans le vide. Elle s'approcha, ne laissant que quelques mètres entre eux, puis, elle dit d'une voix assurée :

-Je suis la.

Elle attendit que l'homme réagisse pour faire un pas de plus vers lui avec les sourcils froncés par la curiosité, tête penchée :

-Vous êtes quoi...au juste ?

Sa réponse serait déterminante de sa réaction suivante...
Bien qu'il possédait un visage doux et de beaux yeux clairs, de nos jours, tout le monde à l'air humain et on ne peut plus savoir à qui on à affaire...
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Jeu 4 Juil - 9:50

-Je suis la.

Evidemment oui, elle était là. La voix avait surgi de derrière son dos, elle avait l’air franc, assurée. Pourtant, elle était légèrement aigue. Jeune. Il prit le temps de se retourner. De toute façon si cette personne avait voulu l’agresser physiquement, elle n’aurait pas attendu poliment qu’il se retourne.

Face à lui, à quelques mètres, se trouvait une jeune femme, à peine sortie de l’adolescence. Elle était plutôt grande, mince, et jolie. Elle avait la peau pâle, très pâle, mais peut être cette pâleur était elle exacerbée par l’obscurité du lieu. Elle avait de longues nattes rousses, une couleur de cheveux qui était assez inhabituelle chez les Grecs. Ils étaient plutôt méditerranéens, les yeux foncés, la peau olivâtre, voire mate. Bon, lui-même n’était pas vraiment le stéréotype du grec moyen, mais bon en bâtard digne de ce nom …

-Vous êtes quoi...au juste ?


Il avança d’un pas, les bras croisés, jaugeant la jeune fille de son regard clair. De tout évidence, ce n’était pas une déesse, ni même une demi déesse. Sinon elle aurait deviné sa nature grace à son aura. Elle n’avait pas tout à fait l’air d’une humaine non plus. Déjà, ce n’était pas vraiment un endroit commun pour croiser une mortelle. Ensuite, elle n’avait pas l’air assez effrayée. Alors elle devait être autre chose … Une nymphe ? non, pas assez timide, et pas très souriante non plus. Bon, ce n’était pas encore à lui de poser des questions… Pas tout de suite.

- Je suis « quoi » ? Je suis un dieu. Un dieu grec. Mon nom est Dionysos, Dieu des tragédies, de l’ivresse, des fêtes et du … du désordre je dirais. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose d’intéressant à savoir de plus.

En fait si, il y avait beaucoup de choses à savoir sur Dionysos. Il était bien plus complexe qu’il le laissait bien montrer avec son air fêtard et léger. Il était même tout l’inverse, une fois les lumières éteintes et la musique arrêtée. Un bien sombre personnage, bien loin de l’image des dieux parfaits, irréprochables. Il n’aimait pas tout le monde, il n’était pas fidèle, il ne voulait pas la paix, le bonheur, la fin du sida et du cancer. En fait, il n’en avait fichtrement rien à fou… faire. Son truc à lui, c’était les excès. Le mouvement. Le spectaculaire. L’exceptionnel. Pas faire des bisous sur la tête des bébés.
Il s’avança encore un peu, pour se retrouver à présent à moins d’un mètre de la jeune femme. A cette distance, elle aurait pu l’attaquer sans aucune difficulté. Bon, à cette distance là, il encaisserait aussi facilement les coups, et il pourrait lui fracasser le crâne d’un bon coup du plat de la main. Mais bon, pourquoi en arriver à de telle extrémité tout de suite…

- Sans offense, j’ai du mal avec le vouvoiement. Maintenant que je me suis présentée, toi tu es ? Probablement pas grecque, sinon je t’aurais reconnu …

Le ton était calme, presque badin. Il n’avait pas l’air dangereux. Dionysos n’avait jamais l’air dangereux. C’était bien là sa plus grande qualité. D’avoir l’air inoffensif. Bien qu’il eut la force de plusieurs hommes, la force d’arracher une colonne vertébrale à mains nues. Enfin c’est une image. Quoique …

[un peu plus court, désolé ><]
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Jeu 4 Juil - 12:19


L'homme en face d'elle c'était retourné sans hâte, ne semblant pas paniquer par la situation. Il devait sûrement être un Dieu et posséder assez de force pour se défendre, sinon peut-être aurait il réagit d'avantage. Il sembla la détailler quelques instants, peut-être lui aussi cherchait-il de quelles sortes d' « espèces » elle pouvait bien être.

Après qu'elle lui est demandé ce qu'il était, il s’avança d'un pas, bras croisés. Cette fois, c'était clair, il était en train d'analyser ce qu'il pouvait bien y avoir en face de lui. Ses yeux clairs rencontrèrent ceux d'Azelle, qui soutint son regard avec une pointe de méfiance, car il était vraiment près. Sa nature de harpie aimait garder de la distance entre elle et les autres et la proximité la mettait mal à l'aise.
Enfin, il répondit.

-Je suis « quoi » ? Je suis un dieu. Un dieu grec. Mon nom est Dionysos, Dieu des tragédies, de l’ivresse, des fêtes et du … du désordre je dirais. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose d’intéressant à savoir de plus.

Du désordre, avait il dit. Évidemment, elle avait bien entendue le reste. Mais ce dernier mot retint son attention et la fit tiquer. Les harpies étaient faites pour créer de la désolation, et bien que « désordre » n'avait pas exactement le même sens, cela s'en rapprochait. Bon, pour les fêtes, c'était autre chose. Les fêtes qu'Azelle connaissait était plutôt morbides mais tout à fait appréciables. Elle se doutait bien que les fêtes dont parlaient Dionysos était plutôt du genre grande tablé avec beaucoup de vin et de nourriture. Quand elle y repensait, Dionysos, ça lui disait quelque chose... Elle avait sûrement dut en entendre parler, après tout, les Dieux de toutes mythologies étaient un sujet de conversation très fréquents chez les Créatures.

Alors qu'elle se perdait dans ses pensées en fixant le visage calme de l'homme en face d'elle, elle réalisa qu'elle était tout de même face à un Dieu. Un Dieu qui se rapprochait dangereusement d'ailleurs. Elle songea rapidement que de toute façon, il ne tirerait aucun bénéfice à lui faire du mal. Elle ne put s'empêcher de mettre un pied en arrière, sans vraiment reculer. Elle ne souhaitait pas montrer son léger sentiment d'intimidation.

Après tout, Dionysos n'était pas une divinité effrayante ; il était loin de ressembler à un Hadès ou à un Pluton lugubre. Au contraire, il semblait même presque … Amical. Enfin, elle ne pouvait pas encore juger, et c'était hors de question de se laisser avoir par les apparences. Restant sur ses gardes, elle l'écouta à nouveau.

-Sans offense, j’ai du mal avec le vouvoiement. Maintenant que je me suis présentée, toi tu es ? Probablement pas grecque, sinon je t’aurais reconnu …

Il voulait qu'ils se tutoient...  C'était vraiment très étrange à ses yeux. C'était, pour elle, quelque chose de réserver aux amis intimes, voir à la famille. Elle vouvoyait pour mettre une barrière entre elle et ses interlocuteurs. Mais ce Dieu ne voulait pas de ça. D'ailleurs, il aurait pu croire qu'Azelle le vouvoyait par respect, mais ça non plus ne semblait pas l'intéresser, ce qui était plutôt étonnant pour une divinité. Eux qui étaient d'habitudes si pédants. Elle haussa les épaules, se disant intérieurement : « pourquoi pas après tout... ». Puis, elle prit la parole à son tour.

- Hé bien enchanté, Dionysos. Il me semble avoir déjà entendu parler de vo...Toi. Mais je ne savais pas qu'il existait un Dieu de l'ivresse, je suis surprise. Pour ce qui est du désordre, cela nous fait un intérêt commun.

Elle se détendit et cessa de parler pour mieux analysa de la tête aux pieds le Dieu en face d'elle. Il possédait un visage rieur, plein de malice, avec une pointe de vice et une allure générale charismatique. Il semblait du genre à faire les 400 coups et posséder une intelligence fine. Elle reprit la parole.

-Pour ma part, je ne suis ni une nymphe, ni une humaine. D'ailleurs j'ose espérer que tu ne m'as pas confondue avec une de ses deux... Choses. Je suis la cadette des Harpies existantes à ce jour. Créature de la désolation, des épidémies, de la famine et de la vengeance divine.  Avant d’atterrir ici nous enlevions les enfants et torturions les mortels. Parfois les Dieux se servaient de nous pour poursuivre des êtres se mettant sur leurs passages. Depuis que je suis ici, je... M'amuse moins, disons cela.

Elle lui adressa alors un petit sourire  faussement innocent, en disant long sur ce qu'elle pensait de l'exil. Elle croisa alors les bras également et demanda.

-Et toi. Tu es heureux d'être la ? Tu regrettes ta vie d'avant ?



[Aucun soucis, je fais selon l'inspi, parfois c'est court, parfois c'est long, ne t'en fais pas ! ]
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Jeu 4 Juil - 20:18

- Hé bien enchanté, Dionysos. Il me semble avoir déjà entendu parler de vo...Toi. Mais je ne savais pas qu'il existait un Dieu de l'ivresse, je suis surprise. Pour ce qui est du désordre, cela nous fait un intérêt commun.

Et bien, apparemment sa rapide présentation avait fait son petit effet, car l’attitude de la créature en face d’elle avait changé ostensiblement. Ses pupilles s’étaient un peu dilatées, et malgré le pas discret qu’elle avait fait en arrière, elle n’avait pas l’air trop effrayé. Pas l’air en tout cas, et c’était déjà une bonne chose. Il lui laissa le temps de le temps de le dévisager, de l’observer sous toutes les coutures. Il se savait assez … attractif, et il dégageait naturellement une aura qui donnait aux gens de l’approcher, de lui parler, d’attirer son attention. Il ne savait pas si cela était pareil pour tous les dieux ou … en fait, si, il s’avait qu’on pouvait être une divinité et ne pas avoir plus de charisme qu’une cafetière.

Un intérêt commun pour le désordre… C’était intéressant, très intéressant. Rares étaient les personnes ici qui assumaient clairement ce genre de tendance, chacun pleurnichant plus sur son statut déchu plutôt que d’envisager les incroyables opportunités qu’apparaissaient sur l’île. Il sortit de ses pensées quand elle reprit la parole, d’une voix assurée, un petit sourire aux lèvres :

-Pour ma part, je ne suis ni une nymphe, ni une humaine. D'ailleurs j'ose espérer que tu ne m'as pas confondue avec une de ses deux... Choses. Je suis la cadette des Harpies existantes à ce jour. Créature de la désolation, des épidémies, de la famine et de la vengeance divine. Avant d’atterrir ici nous enlevions les enfants et torturions les mortels. Parfois les Dieux se servaient de nous pour poursuivre des êtres se mettant sur leurs passages. Depuis que je suis ici, je... M'amuse moins, disons cela.

Dionysos hocha doucement la tête. Il comprenait tout à fait ce que la … Harpie pouvait ressentir. C’était une espèce intéressante ça, les harpies. Et c’était d’autant plus intéressant de voir à quoi Néméil les avait réduit : des corps totalement humains, plus de plumes, ni de serres, ne de bec. Elle … tient, elle ne lui avait pas donné son nom. Bref, elle n’était plus physiquement dangereuse. Après, il n’avait pas la moindre idée du genre de capacité qu’elle avait pu conserver de son ancienne vie. Cependant, elle avait gagné quelque chose en débarquant sur Néméil : la liberté. Elle n’était, techniquement, plus soumise aux volontés des dieux pour faire ce qui bon lui semblait. Peut être n’en avait elle pas encore conscience. Peut être pouvait il lui souffler cette idée au creux de l’oreille aussi…

-Et toi. Tu es heureux d'être la ? Tu regrettes ta vie d'avant ?


Il eut un petit sourire mystérieux. Il se mit à marcher, levant les yeux vers la porte gigantesque dont les pierres dépareillées semblaient à deux doigts de se détacher par endroit. L’enfer grec était bien plus propre et ordonné, Hadès était un vrai pro de la déco d’intérieur, dans le style froid, propre mais glauque. Il n’aurait pas cautionné un tel état de délabrement. Il ne doutait pas que spontanément la harpie le suivrait. Après tout, ils n’allaient pas rester plantés là comme deux chiens de faïence.

-Je suis absolument ravi d’être là. C’est surement une des meilleures choses qui me soit arrivé depuis un bon moment.

Il n’était pas difficile d’imaginer que ce genre de réponse surprendrait la jeune fille. Mais c’était typiquement les semis réponses qui appelaient à d’autres questions, à d’autres interrogations. A une discussion. Mais pour cela il fallait qu’elle joue le jeu.

- Après je peux comprendre que cette nouvelle vie soit … contraignante pour certains. Mais elle est aussi une nouvelle donne. On a rebattu les cartes. On a changé les règles d’un jeu si ancien qu’il n’était plus très distrayant. A présent … Tout le monde peut participer, à un niveau bien plus exaltant que ce qu’il était auparavant !

Il jeta un regard en coin à la jeune fille. Elle faisait vraiment jeune. Mais il y avait une lueur farouche, presque cruelle, dans le regard qui effaçait toute éventuelle trace de candeur ou d’innocence chez elle. Dionysos prenait ça pour une qualité. Certaines créatures mythologiques étaient incorrigiblement gnangnans. Coincées dans une autre époque. Ou une autre dimension.

- Et pour répondre à ta question, tu es bien trop audacieuse pour être une humaine. Ou alors tu aurais été une simple d’esprit pour tenter de « traquer » un dieu. Et une nymphe… déjà tu n’as pas vraiment ni le gabarit, n’y vois rien de désobligeant, ni l’air effarouchée. Au plus proche, tu aurais pu être une sirène … le coté carnassier et cannibale surement. Et toi, que fais tu en ce lieu reculé, Mademoiselle qui ne dis pas son nom ? j’imagine que tu n’es pas là pour chasser les papillons …
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Ven 5 Juil - 9:55


Lorsque Azelle lui demanda s'il regrettait son ancienne vie, la réaction de la divinité fut pour le moins surprenante. Au lieu de s'épancher en geignant, comme elle l'aurait fait elle-même tant son amertume était colossal, Dionysos esquissa un léger sourire avant de se mettre à avancer. Elle se demanda tout d'abord quoi faire ; devait-elle le suivre, ou, par cet acte, fuyait-il la discussion ?

Dans le doute, elle cessa de réfléchir et  courra les quelques mètres qu'elle avait laissé se creuser entre eux durant sa réflexion, pour le rejoindre. Une fois arrivé à sa hauteur, elle leva des yeux interrogateurs vers lui, histoire d'insister un peu pour qu'il réponde enfin. Il avait décidément quelque chose de particulier, ce Dieu de la fête. Il semblait s'amuser à entretenir le mystère. Azelle ne doutait plus qu'il devait être du genre à s'amuser de beaucoup de choses, de beaucoup de gens. Il devait être un brin narquois, peut-être parfois cynique... Elle s'interrogeait, tentait de deviner, mais elle n'était sûr de rien. La seule chose qu'elle savait pour le moment, c'est que ce Dieu de loin son aîné avait réussi à capter son attention, d'habitude si difficile à fixer.  Enfin, il répondit ;

-Je suis absolument ravi d’être là. C’est sûrement une des meilleures choses qui me soit arrivé depuis un bon moment. 

La harpie haussa un sourcil dubitatif et eut un petit mouvement de tête sur le côté, ce qui signifiait sa surprise. Cependant, bien que toutes sortes de questions lui brûlaient maintenant les lèvres, elle ne souhaitait pas le couper pour le moment et voulait entendre des précisions.

-Après je peux comprendre que cette nouvelle vie soit … contraignante pour certains. Mais elle est aussi une nouvelle donne. On a rebattu les cartes. On a changé les règles d’un jeu si ancien qu’il n’était plus très distrayant. A présent … Tout le monde peut participer, à un niveau bien plus exaltant que ce qu’il était auparavant ! 

C'était vraiment très étonnant... Jamais, ô grand jamais la harpie n'avait songé à tout cela sous cette angle avantageux. Elle avait beau être jeune, elle faisait déjà partie des créatures aimantes des traditions, profondément habituées à la hiérarchie en place et ravies de leurs pouvoirs destructeurs. C'était la raison pour laquelle l'exil avait été si dure à supporter. Azelle fit une petite moue, l'air de dire qu'il était bien le premier à lui tenir de pareils propos. Mais elle devait avouer, tout cela ne manquait pas d’intérêt. Bien au contraire. La dernière phrase était même venu se loger tout droit dans son ambition dévorante. Elle la retourna dans sa tête à plusieurs reprises, plissant le nez sous la réflexion ; vraiment, il y avait de quoi y réfléchir un peu plus profondément.

Bien que farouche, Azelle était encore jeune et surtout, incroyablement arriviste pour un tel âge. Cela pouvait être une source de potentiel écrasant s'il s'agissait de venir à bout de quelqu'un ou de quelque chose. Et son cerveau n'ayant pas 100 ans d'âge, elle était capable de se débarrasser de certaines vieilles convictions, si une intelligence fine l'y poussait.

Alors que Dionysos était en train de la regarder en coin, elle leva rapidement les yeux, croisant brièvement son regard . Elle lui adressa un regard plein de malice et redirigea son regard vers le paysage, tout en marchant. Que pouvait-il être en train de penser d'elle ? Qu'elle était si jeune, si fragile, peut-être un peu bête et influençable ? Alors qu'elle était en train de se faire des films, elle l'entendit dire :

-Et pour répondre à ta question, tu es bien trop audacieuse pour être une humaine. Ou alors tu aurais été une simple d’esprit pour tenter de « traquer » un dieu. Et une nymphe… déjà tu n’as pas vraiment ni le gabarit, n’y vois rien de désobligeant, ni l’air effarouchée. Au plus proche, tu aurais pu être une sirène … le coté carnassier et cannibale sûrement. Et toi, que fais tu en ce lieu reculé, Mademoiselle qui ne dis pas son nom ? j’imagine que tu n’es pas là pour chasser les papillons …

Azelle laissa échapper un petit rire, agréablement surprise par tout ce que venait de dire le Dieu. Alors comme ça, elle n'avait ni l'air d'une humaine, ni d'une nymphe ? Il n'aurait pas pu lui faire meilleur compliment, peut-être l'avait-il sentit. Elle restait méfiante, tout en appréciant les propos de la divinité. Une sirène... Pourquoi pas, tiens. Elles étaient de sympathiques congénères, des dévoreuses dans l'âme.Puis, Dionysos lui fit soudain remarquer qu'elle n'avait pas encore dit son prénom. Ha, oui, c'était vrai. Peut-être que ses deux mois de réclusions hargneuse lui avait fait perdre le sens du social et des présentations. Elle expliqua alors :

-Excuse moi, j'ai complètement oublié... Je m’appelle Azelle.

Elle soupira alors, donnant un coup de pied dans une caillasse qui traînait par la. Elle se sentait bien, dans un décors pareil... Elle reprit :

-Ha ça non, je ne chasse que de gros morceaux moi. Elle ria. Je viens pour la première fois de sortir de chez moi. Avant cela, je ne voulais pas voir Némeil. Je ne suis pas aussi enthousiaste que toi, je hais l'exil. <...> Et je hais les humains. Ajouta t-elle, un brin plus bas. Mais bon, je suis contente d'avoir trouvé cet endroit, ça me fera un lieu de ballade plus agréable que ma chambre. Et au moins ici, je ne risque pas de croiser des Dieux ou des créatures niaiseuses. Siffla t-elle avec une pointe de mépris.


Elle leva à nouveau les yeux vers Dionysos et demanda, sans camoufler la curiosité dans sa voix :

-Pour une harpie, traîner dans le tartare, ça parait logique... Mais que fais un Dieu de la fête dans un endroit aussi glauque, à marmonner, tout seul ? Elle l'interrogea du regard.

-Tu faisais de sombres plans ? Dionysos serait-il une divinité plus sombre qu'il n'y parait ? En quoi un Dieu comme toi trouve du plaisir ici, tu devrais être avec les autres Divinité, à tenter de régner complètement sur Némeil... J'me trompe ?

Elle sourit en observant sa réaction du coin de l'oeil. Elle faisait exprès de tenir ce genre de propos. C'était une légère provocation, ça l'amusait.
Les phrases précédentes de Dionysos lui avait mit la puce à l'oreille quand à sa façon de voir les choses, et lui tenir un discours qui semblait a l'opposé de ses convictions semblait un bon moyen de le voir réagir.
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Lun 8 Juil - 12:50

 

La petite l’avait suivi, tant mieux. Il connaissait certains dieux qui n’auraient même pas osé. Elle avait l’air curieuse, comme un petit oiseau tombé du nid. De toute façon c’était surement dans sa nature. Il continuait à avancer du coté de la porte d’Achéron. Il avait envie de voir à quoi cela ressemblait vu d’en haut. Il tourna la tête légèrement vers Azelle à nouveau. Elle marchait à grand pas pour effacer la distance entre eux, et bientôt se retrouver à sa hauteur. Apparemment, les paroles du dieu grec avait trouver écho dans l’esprit de l’ancienne créature ailée, dont les yeux luisaient d’un éclat d’intelligence et de cruauté. A coup sûr, la petite était maline. Maline mais jeune, et surement n’avait elle pas encore la maturité et l’ouverture d’esprit nécessaire pour envisager toutes les opportunités qui s’offraient peut être à elle. Qui sait, peut être serait ce lui qui lui ouvrirait les yeux ?

La jeune harpie finit par se présenter. Azelle… c’était joli comme nom, assez exotique pour lui il fallait dire. Mais ça lui allait bien. Pourquoi ? Aucune idée, c’était juste son avis. Il ne fallait parfois pas trop chercher dans son esprit torturé. Il sortit de ses réflexions nominatives alors qu’Azelle prenait la parole. C’était la première fois qu’elle affichait clairement son avis et ses penchants anti-humains et anti … tout, en fait. Elle était pleine de haine, de rancœur. De mépris. Il était au courant que les créatures étaient assez sectaires en général. Elles n’appréciaient vraiment que les personnes de leur espèce, et ne faisaient que très très rarement confiance à qui que ce soit d’autre. Cependant, le fait qu’elle lui en parle assez ouvertement n’était pas anodin. Elle lui tendait des perches clairement.
D’ailleurs, il ne lui fallut pas longtemps pour commencer à lui poser des questions. Elle était curieuse, et il ne doutait pas qu’elle le noierait sous les questions si il la laissait faire. Pourquoi pas après tout.

-          Je suppose que je fais comme toi, je me promène. Il m’arrive aussi de vouloir un peu de solitude, entre deux festivités. Et le tartare est l’endroit parfait pour se retrouver en tête à tête avec soit même. Enfin, je le pensais, mais force est de constater que ce n’est pas le cas, puisque tu es là Wink


Il sourit, et d’un pas agile, commença à grimpa sur les débris à la base de la porte. Il était à peu près sur qu’il était possible de monter jusqu’en haut.

-          Et marmonner dans mon coin permet de réfléchir et d’organiser mes idées. Quand à mes « sombres desseins »…

Il attrapa la main et le poignet d’Azelle et, de sa force divine, il la souleva si haut qu’elle atterrit sur une pierre située au dessus de la tête du dieu. Ce genre de tour de passe passe plaisait beaucoup la plupart du temps.

-          Il s’agit plutôt d’un plan de « réorganisation ». Il reste encore beaucoup d’interrogations et de mystères irrésolus sur cette île, mais une chose est sure : il est hors de question que les hiérarchies anciennes demeurent. Elles n’ont plus aucune légitimité sur Néméil. Ici, Jupiter, Thor, Osiris et les autres pingouins n’ont pas plus de pouvoir que toi et moi. Et après des millénaires à se reposer sur leurs lauriers, ils ne sont guère débrouillards. Tu veux un exemple ? De grandes divinités comme Athéna restent enfermées, cloitrées chez elles, par crainte de se trouver dans une situation où elles ne sauraient comment réagir. Alors parler de régner… Ils ne l’envisagent même pas, puisqu’ils s’attendent à retrouver leurs pouvoirs d’une seconde à l’autre et à remonter sur leurs nuages. Ce qui n’arrivera pas. Les humains ne vont pas tout arrêter, nous pincer l’oreille et en conclure qu’on a retenu la leçon de ces quelques semaines d’exil. * Silence*. Nous ne sommes pas prêts de partir. Alors si nous sommes condamnés à vivre ici une nouvelle ère, Je refuse d’être soumise à un quelconque gugusse sous prétexte qu’il a été puissant un jour. Plutôt mourir. Ou plutôt… Tuer. Ça ne me fait pas peur. Et puis, au moins ça nous évitera de mourir d’ennui, non ?

Le sourire de Dionysos était serein, mais menaçant. Dangereux. Une détermination calme et implacable se traduisait de ses paroles. Il aurait pu mentir, rester dans le flou, sans trop de précision. Paraitre inoffensif. Mais à quoi bon ? La créature avec lui ne l’était pas, inoffensive. Alors paraitre faible était surement la chose la moins intelligente à faire. Au mieux, cela lui aurait attiré le mépris de la Harpie. Au pire, elle lui aurait enfoncé les ongles dans la poitrine et lui aurait arraché le cœur pour le punir d’être aussi faible. Enfin, surement en aurait-elle envie, au moins.
Il continua son ascension, passant de pierre en roche, en brique friable. L’équilibre était instable, aussi espérait il que la vue en vaudrait la peine …
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Dim 14 Juil - 18:16

On aurait pu tenter d'expliquer longuement la signification du mot « respect » à la jeune harpie, elle aurait eu un mal fou à le comprendre et encore plus à l'appliquer. Mais lorsque l'inhabituel divinité parla du Tartare comme d'un endroit ou l'on pouvait se sentir bien et se retrouver en tête à tête, elle ne put s’empêcher de planter son regard dans le sien avec une expression de surprise mêlée à de la suspicion. Pour elle, il n'y avait que les créatures des enfers qui étaient capables de comprendre ce sentiment.
Si jamais Dionysos se trouvait être sincère dans ses propos, elle sentait qu'elle pourrait être capable de tenter de l'estimer sincèrement. Ce qui n'était pas rien. Certes, l'impétueuse avait coutume de simuler la déférence avec un sourire en coin, histoire de sauver sa peau dans les pires situations ; mais la véritable considération, elle ne l'avait pour ainsi dire jamais ressentie.

Enfin, il ne lui fallait pas s'emballer et elle le savait. Il avait encore pas mal de choses à lui prouver, songea t-elle en se mordillant le pouce. Il lui fallait plus, bien plus que ça pour l'interloquer, puis la rendre admirative - l'un n'allant pas sans l'autre, dans son cas - .
Son bel interlocuteur la sortit de ses pensées en sautant d'un pas agile sur les restes de la porte mythique. Amusée, elle resta tout d'abord en bas, bras croisés sur sa petite poitrine. Elle voulait le regarder faire, un petit sourire lui chatouillant la commissure, l'air de dire « Montres moi de quoi tu es capable. ».
Quoi qu'il en soit, elle le trouvait réellement insolite pour un Dieu et c'était une agréable surprise qu'il lui faisait.

Soudain, elle se sentit saisit au poignet et son expression se transforma en surprise quelque peu affolée. La méfiance la rendait craintive, surtout lorsqu'il s'agissait de se laisser toucher par un autre. Mais elle n'eut pas le temps de vraiment réfléchir, qu'elle se retrouvait déjà sur un décombres situé au dessus de Dionysos.
L'inattendue de la situation lui avait dilaté les pupilles ; ses yeux s'étaient arrondis imperceptiblement et ses lèvres, entrouvertes de saisissement. Elle sentit une vague de consternation l'envahir ; elle détestait ne pas contrôler ce que faisait son corps, ne serait ce qu'une seule seconde. C'était peut-être un ancien réflexe de harpies ; la sensation vivace que l'on pouvait perdre la vie en un claquement de doigts si l'on manquait de vigilance. Dionysos l'avait saisit avec une facilité telle qu'elle ne put s'empêcher de lui jeter un regard noir. Puis, elle regarda sa main, celle que la divinité venait d'empoigner ; était-elle donc si faible dans ce nouveau petit corps ? Et lui, était-il vraiment plus fort qu'elle ? Il était évident que la réponse était oui, mais Azelle perdait régulièrement le sens des réalités, noyé par un ego surdimensionné et une vision très personnelle de l'existence. En vérité, elle n'était pas vexé ; mais il l'avait bousculé dans ses petites exigences et impressionné dans le même temps. Cela valait bien qu'elle fulmine quelques secondes, ne serait-ce que par principe, histoire de dire sans être obligé de le formuler : Décidément, tu me surprends...

Alors qu'elle tentait de retrouver un air apaisée pour qu'il ne la prenne pas pour une dégénérée trop susceptible, il prit la parole. Elle mit les deux bras derrière la tête pour l'écouter, le trouvant intéressant. Il savait parler, ça, c'était un fait. Mais ce qui était vraiment fascinant, c'était le contenu de ce qu'il était en train de lui exposer. Oui, elle avait remarqué qu'il sortait du lot et que ses idées semblaient trancher avec la majorité des Dieux, mais sûrement pas à ce point. Elle l'entendait, précisément mais comme de loin, ses propres pensées s'activant dans son esprit. Il avait dis le mot plan, hiérarchie ; il avait parlé de grandes divinités enfermées comme elle l'avait elle-même fait et puis surtout... Il avait fini cet envoûtant discours en prononçant le verbe « tuer ». Comment aurait-il pu mieux capter son attention ? C'était impossible.
Azelle envisagea même, un brin paranoïaque : il doit connaître quelqu'un qui me connaît...
Et le plus captivant, dans tout ça, c'était son sourire. Il avait l'air satisfait de son propos et sûr de lui. Il savait ce qu'il disait, ça se voyait. Cela devait faire longtemps qu'il réfléchissait à ce « plan ».

Puis, une fois qu'il eut fini, il continua son ascension, montant sur les restes de la porte, l'air concentré pour rester équilibré et tentant d'atteindre le sommet. La jeune harpie resta un moment immobile ; elle était pensive, comme digérant lentement mais sûrement tout ce qu'elle venait d'entendre. Cela faisait beaucoup d'informations, beaucoup de nouvelles choses, qu'elle pouvait choisir de prendre en considération ou non. Mais c'était tout vu. Elle voulait en savoir d'avantage. Elle sortit de sa torpeur et entreprit de grimper elle aussi, mais plus lentement, ses mains fermement agrippés aux roches. Puis, lorsqu'elle fut à sa hauteur, essoufflée, elle se posta devant lui, les yeux brillants d'une curiosité morbide. Elle s'occuperait du paysage grandiose plus tard.

Elle n'allait pas tourner autour du pot cents ans: elle avait mordu à l’hameçon et elle acceptait de lui faire savoir.

-Est-ce que tu sais seulement tout ce que je peux faire ? Demanda t-elle d'une voix enfantine, feignant l'innocence en penchant le visage légèrement sur le côté, yeux rivés dans ceux de la divinité.

Elle mit ses mains derrière son dos et avança de quelques pas, contournant Dionysos tout en gardant le même sourire. Préservant le silence quelques secondes pour le faire patienter, elle asséna enfin :

-Je suis capable de persuader quelqu'un d'agir...

Puis, terminant sa phrase en détachant les mots, se stoppant dans le dos de son magnétique interlocuteur :

-En-tière-ment contre son gré.

Elle haussa les épaules, abandonnant son petit air cruelle et vicié pour préciser en faisant la moue :

-Ça ne dure pas éternellement, certes. Mais ça peut faire de sacrées ravages. C'est suffisant.

Et ça peut tuer... songea t-elle en guettant les réactions de Dionysos.



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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Lun 15 Juil - 11:52

Tout au long de l’ascension, le dieu grec ne s’était pas départi de son petit sourire, celui qu’il réservait aux interlocuteurs intéressants et aux petites victoires personnelles. Il ne s’attendait vraiment pas à rencontrer une personne comme Azelle lors de sa ballade. A tout le mieux, il aurait pu croiser un dieu macabre, errant à la recherche de son tendre territoire perdu. Mais une harpie à l’apparence humaine…
C’était une rencontre tout à fait inédite. Et fascinante ! Sur Terre, il n’avait pas eu l’occasion d’en rencontrer sous leur forme originelle. Les mythologies ne se mélangeaient pour ainsi dire jamais, s’ignorant soigneusement pour s’occuper chacune de leur territoire. Il s’était d’ailleurs demandé comment, malgré cette somme d’égos surdimensionnés dans chaque clan, ils ne leur étaient jamais venus à l’idée de se battre un peu, histoire d’évaluer leur toute puissance respective. Ah oui, pour préserver le « bien commun », ou « l’équilibre universelle » si précieux à ses dindes d’Athéna ou de Mâat, et autres soporifiques divinités de l’ordre et de l’équilibre… Mais tout cela changerait, et le plus tôt serait le mieux !

De plus, il sentait bien que ses pensées trouvaient un écho tout particulier dans celles de la harpie, qui ne cessait de le fixer de ses yeux perçants. Dionysos n’était pas du genre gêné de ce genre de comportement. Il avait beau être un manipulateur, et traitre à ses heures, étant parfaitement fidèle à ses convictions et à s façon d’être, il n’avait aucun mal à assumer le regard ds autres sur lui. Il n’était pas une « bonne personne » telle qu’envisagée dans les livres, et ça lui allait très bien, il dormait sur ses deux oreilles la nuit, qu’il ait les mains rouges de vin ou de sang. Il était non seulement né ainsi, mais il s’était façonné cette personnalité au fil des siècles, de ses expériences et de ses frustrations. Et il ne nierait jamais ce qui était, hier comme aujourd’hui. Il en était bien trop fier.

Un petit rire lui échappa devant l’air abasourdi de la jeune fille alors qu’il l’avait propulsé dans les airs. C’était, quoi, un geste de galanterie ? Avec ce petit lancer, il lui avait évité un petit passage particulièrement escarpé et délicat à passer. Et cela lui avait permis d’envisager la réaction d’Azelle à l’imprévu. Elle se débrouillait pas mal, malgré l’étonnement qui l’avait saisi l’espace de quelques secondes. Et puis, elle n’avait pas pris ça comme une agression, du moins ne le laissait elle pas transparaitre. Ses yeux trahissaient plus de surprise et de questionnement que de colère. Peut-être s’interrogeait-elle sur les intentions du dieu, ou seulement sur l’origine de sa force surhumaine ? Après tout, elle avait « volé » de plusieurs mètres, un exploit qu’aucun homme n’aurait pu accomplir d’un geste si désinvolte.

Il était plutôt flatté de l’attention que lui portait Azelle tout le long de leur escalade, et le silence religieux qu’elle s’appliquait tout le long de son petit discours ; pas une fois elle ne l’avait interrompu, et elle n’avait même pas l’air de vouloir le faire. Elle grimpait à un pas presque égal au sien, bien qu’elle emprunta un chemin légèrement différent, ce qui n’était pas si mal. Aucun d’entre eux ne se plaçait au dessus ou en dessous de l’autre, pas de risque de mauvais tour… Pour l’instant. Ils arrivèrent non sans mal au sommet de la porte, entourés de pierres à l’équilibre précaires, quelques blocs de roches froids formant l’arc de sommet de la porte sur plusieurs metres de longueur et d’épaisseur. De quoi se tenir debout ou assis à deux sans aucun problème.

Le grec n’eut même pas le temps de profiter de la vue que la harpie avait pris la parole. Son ton était enfantin, candide, comme si finalement elle était plus gamine que jeune femme, avec des intonations qui se voulaient douces, innocentes. Terribles. Il ne quitta d’abord pas la harpie de yeux, la fixant sans broncher, ce même petit sourire horripilant toujours plaqué aux lèvres qu’il avait de si parfaitement dessinés.

-Non je ne sais pas… Mais quelque chose me dit que tu ne vas pas tarder à me le dire

Elle commença à tourner autour de lui, les mains dans le dos, avec l’air, songea t’il, d’un rapace dessinant un cercle au dessus d’un lapin dans une prairie. Il tournait la tête de droite à gauche pour la suivre du regard, mais eut la politesse de ne pas tourner sur lui-même, lui laissant son dos à découvert le temps où elle s’y trouvait. Oui, il avait une conception étrange de la politesse, aussi.

Il sentait la petite présence dans son dos, et songea qu’il n’aurait pas fallu beaucoup de force à la jeune fille pour le pousser dans le vide. Ça aurait été très facile, même. Mais cette hypothèse prit une toute autre dimension quand la harpie dévoila enfin l’étendue de ses capacités. De l’hypnose ? de la persuasion ? Comment cela marchait il, elle s’immisçait dans la tête des gens ? créait elle des illusions ? leur faisait elle entendre des voix ? c’était… C’était….

Dans son dos, Azelle puis voir les oreilles du dieu remonter légèrement de part et d’autre son crâne. Il souriait, il souriait jusqu’aux oreilles. D’un pas qui ressemblait plus à un entre chat qu’à un demi tour normal, il se retourna pour se trouver face à la jeune fille. Tiens, il ne s’était pas rendu compte qu’elle se tenait si près derrière lui, ils étaient à présent pour ainsi dire nez à nez ! il se penchant légèrement sur le visage d’Azelle, son nez touchant presque le sien.

- Génial… Montre moi !


Et il était sérieux. Il voulait voir ce que cela faisait. La persuasion, cela devait être une expérience frappante ! dans sa vie d’avant, en tant que dieu, il ne pouvait être soumis à la volonté d’aucune créature. Mais ici, tout était possible ! C’était excitant, c’était unique ! il fallait absolument qu’il voit ce que cela faisait ! Sa voix vibrait d’une curiosité si intense qu’elle se confondait à de l’euphorie.

- Allez vas y, montre moi !

Il avait jeté un coup d’œil rapide à son environnement. Au sommet de cette porte, bizarrement, il ne craignait pas grand-chose. Pas d’objets pointus, pas d’armes, naturelles ou humaines. Rien d’autre que lui, elle, et le vide. Et dans ce corps, il avait déjà subi des chutes bien plus significatives que cela lors de ses précédentes expériences. Au pire, elle lui briserait quelques os. Mais ça, autnat vous dire, il ne lui en tiendrait pas grief, loin de là.

Il attendait impatiemment sa réponse, la fixant comme un gamin attendant l’autorisation de ses parents pour essayer son nouveau cadeau de noël…. Quand on vous dit qu’il est pas net celui la …
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Dim 21 Juil - 20:58

Elle aima intensément la façon dont il resta le dos tourné, confiant, lorsqu'elle l'encerclait de ses pas lents en laissant le suspense durer. Elle songea qu'en combat, il devait sûrement être un adversaire fier et loyal. Elle qui était lâche et monstrueusement perfide sourit en imaginant quel étrange duo ils feraient s'ils étaient amenés à se battre, un jour. Mais pour l'instant ils étaient tous les deux la, pas vraiment amis, encore moins ennemis, se découvrant à tâtons en échangeant d'obscures pensées dans ce divin mais sinistre paysage ; la seule chose dont elle était sûre, c'est qu'ils avaient des points communs, et pas des moindres.

Soudain, il se retourna vivement. Elle l'avait à peine vue effectuer son mouvement et cligna des yeux en un tic nerveux lorsqu'elle constata qu'il lui touchait presque le bout du nez. Aucun doute : il était terriblement rapide. L'excitation était clairement lisible sur son visage ; les déclarations de la doucette n'avait eu aucun autre fait que de lui donner violemment envie de constater par lui-même. Il lui demanda à plusieurs reprises de lui montrer, avec insistance, une lueur de curiosité étincelant dans ses yeux. Il semblait sincèrement grisé et pas effrayé pour un sous.

La petite harpie resta d'abord stoïque et hébétée d'ahurissement. Elle avait même sûrement pâlit, la faute à sa stupeur. Personne ne lui avait jamais demandé de faire une chose pareil ; c'était même plutôt l'inverse. Ses parents lui interdisaient formellement d'exercer son pouvoir sur eux et cela faisait de longs mois qu'elle n'avait pas pu se faire plaisir en pliant quelqu'un à sa volonté. Il ne pouvait pas réellement être sérieux, ruminait-elle en caressant ses poignets noueux. Réalisait-il l'ampleur de ce qu'elle pouvait effectuer ? Elle pouvait lui demander de se jeter dans le vide, de saisir une pierre puis de se fracasser le crâne avec, de rompre avec sa dulcinée (s'il en avait une) ou encore d'aller de ce pas dire d'infâmes horreurs à toutes les divinités qu'ils croiseraient : il reviendrait alors ici, conscient de ce que sa bouche venait de faire, un nombre d'ennemi incalculables à ses trousses. De plus, ce n'était pas n'importe qui, pas une pauvre proie à achever ou un ami à convaincre de lui masser les pieds : c'était un Dieu.

Plus elle y pensait, plus un sentiment d'agitation fébrile commençait à l'envahir. Finalement, il y avait peut-être moyen de s'amuser un peu. Certes, cette demande était étrange et témoignait peut-être d'un certain masochisme chez la charmante divinité, mais pour la créature, ça pouvait être une distraction agréable. Il fallait juste qu'elle trouve une idée. Sa cruauté naturelle songea longuement à le faire se jeter dans le vide, mais peut-être s'y attendait il trop. Elle voulait le surprendre. Tous deux semblait être des créatifs dans le mal et elle ne voulait pas qu'il ait déjà anticipé tout ce qu'elle pouvait effectuer. Elle se dit qu'il n'était pas utile de lui préciser que son don pouvait durer une heure au maximum. De toute façon, elle n'aurait pas besoin d'autant de temps avec lui. Elle voulait le stupéfier, le laisser dans un court état d'asservissement et le faire se réveiller aussitôt, au moment ou il se demanderait le plus fortement quand allait il pouvoir reprendre le contrôle de ses membres.

Azelle reprit contenance et expira, son regard naturellement alangui jaugeant de haut en bas sa consentante victime. Après tout, c'était sa volonté. Elle chassa tout sentiment de culpabilité de son cœur et prit quelques instants pour se charger de son impassible férocité habituelle.
Elle ne savait pas encore exactement ce qu'elle allait lui faire, mais elle préférait se préparer moralement à effectuer des actes répréhensibles. Finalement, se dit-elle, Dionysos était corps et âme à elle pour les minutes à venir, et il aurait été trop stupide pour une harpie avide de ne pas largement en profiter. Elle s'approcha alors et lui intima implacablement de ne pas bouger. Elle prit place derrière son dos et se plaça sur la pointe des pieds. Elle s'appuya alors contre lui et posa son menton sur son épaule, sa tempe rousse appuyé contre la tête de la divinité. Ses lèvres frôlèrent son lobe lorsqu'elle ouvrit la bouche.

-Lorsque je t'aurai mis sous contrôle mental, tu agiras entièrement contre ta volonté, mais tu seras encore capable de penser de ton plein grès. En d'autres mots, tu seras conscient.

Elle leva ses bras nues vers le visage du châtain et posa ses doigts fins devant ses yeux.

-Cependant, ta bouche ne pourra prononcer que des mots allant dans le sens de ce que je t'ordonnerai de faire. Pour simplifier, tu seras dans l'incapacité totale de dire à qui que ce soit que tu es sous contrôle. Et ce, jusqu'à ce que la durée soit écoulée. Tu pourras également entendre mes pensées.

Tout son pouvoir était dans ses mains. Alors qu'elle susurrait la dernière phrase en exerçant une pression de sa tempe contre celle de Dionysos, elle libéra toute l'énergie nécessaire à l'application de son maléfice.
Une légère lumière noire, imperceptible, se dégagea du creux de ses paumes. En théorie, le Dieu se retrouvait actuellement baigné dans une lueur aveuglante mais sombre. Elle savait que c'était plutôt désagréable et que les victimes avaient souvent envie de fermer les yeux, ce qui ne changeait rien à ce stade de l'opération. Bientôt, il aurait l'impression que son cerveau allait être envahit par une présence étrangère et il entendrait la voix d'Azelle avec une résonance grave, comme si elle lui parlait de loin. Ses pensées seraient temporairement brouillés et ses membres allait être pris d'une paralysie totale mais de quelques secondes à peine, avant de pouvoir recommencer à bouger.
Alors, ses yeux retrouveraient une clarté normale et aucun indice ne pourrait témoigner du lourd contrôle sous lequel il allait agir. Durant toute la durée du contrôle, ses tentatives pour bouger ou parler de lui même allait se solder par un échec : il allait être entièrement impuissant et se sentirait moralement comme en camisole de force et sous une forte drogue.

La jolie rousse termina de posséder Dionysos en frémissant d'excitation et retira ses doigts graciles, un sourire sournois étirant ses lèvres. Elle avait oublié le plaisir infini que cela lui procurait. Elle retourna alors face à lui et le dévisagea alors que le processus était en train de prendre possession de son cerveau.

-Lorsque ce sera finit, tu mettras une petite dizaine de minutes à reprendre tout tes sens. Pour ta petite vengeance personnelle, saches que lorsque tu reprendras une conscience complète, l'énergie que je t'ai insufflé reviendra vers moi et me terrassera suffisamment pour que je sois atrocement épuisée.

Elle avait fini de lui expliquer, ce qui était un honneur. Au moins, il n'était pas dans le flou total et savait ce qui était en train de lui arriver, chose qu'elle n'accordait pas à tout le monde.
La petite démone laissa sa tête penché sur le côté et fit la moue. Qu'est ce qu'on va bien pouvoir faire toi et moi... Elle avait devant elle ce Dieu à forme humaine plutôt agréable, et sa jeunesse inepte lui donnait des idées gorgées de nombreuses pulsions.

Tout d'abord, elle avait envie de rire un peu. Elle s'approcha donc d'un petit pas de renard et vint enlacer la nuque de Dionysos avec un air rieur sur le visage. J'imagine que ça tu t'y attendais...
Elle était ambitieuse et n'avait sûrement pas peur de ce qu'elle allait faire. Au contraire, cela l'emplissait d'une joie vicieuse de petite bécasse s'apprêtant à faire une bêtise sous les yeux de l'autorité.

Je me fous de ce que tu penses, je veux que tu répondes à mon baiser. songea t-elle à l'adresse de Dionysos.

Elle posa alors ses lèvres sur les siennes et l'embrassa sans mièvrerie, énergiquement et éperdument, enfonçant ses petites griffes dans son dos. Puis, lorsqu'elle eut finit de profiter des lèvres de sa proie, elle se recula en lui adressant un regard de biche faussement candide et laissa échapper un petit rire de ses lèvres.
J'aurai aimé voir ta tête si tu n'étais pas sous contrôle. Mais ne t'en fais pas, je ne vais pas blasphémer plus que ça.

Son air enfantin disparut alors.

Retournes toi et avances. Arrêtes toi au bord du vide.
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Lun 22 Juil - 15:14

Si Azelle s’imaginait qu’il était un adversaire fier et loyal, c’est que décidément elle était encore bien jeune et naïve à certains égards. Si Dionysos agissait avec tant de « superbe », c’est parce qu’il avait au préalable évalué les tenants et aboutissants de la situation, et qu’il considérait pouvoir se permettre ce genre de comportement. Il n’était de tout façon pas un combattant, il se situait plutôt comme un stratège. Lui il menait les troupes, il ne se jetait pas sur le champ de bataille. Il était plus Ulysse qu’Achille, pour reprendre une comparaison grecque. De plus, il n’avait absolument aucun talent guerrier. Lui mettre une arme dans les mains était la façon la plus sure pour qu’il se mutile involontairement. Non qu’il soit particulièrement maladroit, simplement il n’avait aucune conscience de ce qu’il devait faire pour blesser ou tuer quelqu’un. La théorie oui, mais dans les faits, il n’avait jamais été capable de porter un coup à bonne destination, il n’était tout simplement pas doué pour ça. C’est pourquoi il chérissait des méthodes moins frontales d’élimination de ses ennemis, à coup de trahison, d’empoisonnement ou de manipulation. Le mot contre l’épée gagnait plus qu’on ne pouvait s’en douter.

Il l’avait laissé à son petit manège jusqu’à ne plus tenir, et la quasi supplier de tester son pouvoir sur lui. Il ne remarqua qu’à peine la stupeur et l’ahurissement de la jeune fille face à sa requête. Tout ce qu’il voulait, c’était qu’elle accepte. Il se doutait bien que sa requête n’était pas commune, et que la harpie avait plus l’habitude qu’on la supplie de se contenir, plutôt que de laisser libre cours à ses capacités. Mais si Dionysos faisait les choses comme les autres, ça se saurait. Et puis en faisant ça, il marquerait durablement l’esprit de la jeune femme de son empreinte. Peu importe l’issue de leur relation, elle se souviendrait toujours de lui comme d’un personnage assez fou, assez imprévisible pour réclamer le sévice qu’elle pouvait lui infliger. Une personne dangereuse, donc.
Il attendit avec une patience toute relative la décision de la harpie, qui semblait en pleine introspection. Peut être n’osait elle pas s’attaquer à un dieu, même consentant, ou peut être craignait elle que son pouvoir n’ait pas une emprise suffisante sur une divinité. Finalement, elle eut l’air de rassembler ses esprits, le fixant de son regard profond, où un éclat pervers et joueur venait de s’allumer, et lui ordonna de ne plus bouger. Jusque là rien de très compliqué, mais le dieu grec comprit que c’était sa façon à elle de lui dire qu’elle jouerait le jeu. Tant mieux.

Un peu fébrile, il la laissa le contourner, et se positionner dans son dos. Il tressaillit légèrement en sentant le menton pointu de la harpie s’enfoncer sur son épaule, et son souffle frôler la peau fine de son oreille. Il acquiesça sans un mot à la brève introduction de la jeune fille, puis ferma instinctivement les yeux quand elle couvrit ses derniers avec ses mains, reflexe typiquement humain parait il. Il écoutait attentivement la voix langoureuse et velouté de la harpie tout le long de son explication, et se demanda si cette façon de s’exprimer ne faisait pas partie du processus de conditionnement, comme pour les hypnotiseurs humains.

Il n’eut pas le temps de creuser la comparaison, car au moment même où leurs tempes se touchèrent une espèce de vapeur noire lui embruma l’esprit, obscurcissant sa vision comme si un voile épais cachait ses yeux. Pour tout dire, ce n’était pas très agréable. il en prit son parti et, comme un observateur extérieur, s’attacha à noter toutes les sensations inconnues qui apparaissaient au fur et à mesure, temps dans sa tête que dans son corps ; il ressentait un présence étrangère, diffuse, comme si un être omnitient s’était logé dans un recoin de son esprit. Il ne se sentait plus maitre de ses gestes, comme si tout son corps était enfermé dans une chape de coton épais. Puis la sensation se volatilisé, tout comme le voile sombre devant ses yeux, dont les paupières battirent spontanément. Mais voilà, quand il voulu se retourner vers Azelle, il fut absolument incapable de le faire. Il sentait son corps, toutes ses terminaisons nerveuses fonctionnaient, mais c’était comme s’il était ligoté dans sa propre enveloppe. Il conservait ses capacités intellectuelles, du moins pour le moment, songea t-il. Et apparemment, il demeurerait dans cet état jusqu’à la fin de l’expérience. Il se demanda alors si il pouvait souffrir de claustrophobie intérieure. Le fait d’être coincé dans son propre cerveau était, même pour lui qui était volontaire, une expérience profondément traumatisante. Il n’osait imaginait l’effet que cela devait produire sur une victime ne s’y attendant pas, et qui n’aurait pas, comme lui, la présence d’esprit de ne pas se débattre. Enfin, elle lui expliqua comment allait se dérouler la fin de l’envoutement. Elle serait HS pendant un bon moment, et lui, en théorie, s’en remettrait vite. Si elle le laissait dans un état potable. Il aurait bien voulu hocher la tête pour signaler qu’il avait tout compris, mais son corps demeura totalement immobile.
Il regarda alors Azelle sautiller pour se retrouver face à lui, et enlacer son cou avec une petite moue adolescente. Il roula des yeux mentalement ; en effet, il s’en doutait un peu. Heureusement, il ne situait pas l’atteinte à son intégrité physique au niveau d’un pauvre baiser, aussi langoureux soit il. Il l’aurait même peut être fait sans y être forcé, si on l’avait pris par jeu ou par défi. Cependant, il était toujours curieux de voir comment son corps allait réagir.

Il sentit les muscles de ses bras se contracter, et leur mécanique se mettre en branle pour enfermer la jeune harpie contre lui. Il se pencha, et plaqua sa bouche contre celle de la jeune fille, et sa langue ne tarda pas à répondre aux provocations de celle de la petite allumeuse, qui eut même l’audace de la lui mordre. Dans sa tête, Dionysos songea que ce baiser était … très bizarre. Il n’en avait pas eu les sensations, l’adrénaline, comme lorsqu’on embrasse vraiment quelqu’un. C’était comme si, en anesthésiant le cerveau, le pouvoir de la jeune femme annihilait la création des hormones créant l’excitation ou le désir. Ce baiser n’avait été qu’un frottement de peau et un échange de fluide, c’est tout.

Son corps reprit sa position d’attente de base, droit et stoïque, sans être ni totalement raide, ni les bras ballants. Son regard était froid, déterminé, comme un soldat attendant le signal pour un assaut. Il vit le visage d’Azelle changer du tout au tout, perdant sa candeur et son espièglerie. Pas bon signe, à coup sur. A nouveau son corps réagit, et, si il en avait été le maitre, surement aurait il eu un frisson, ou aurait il eu des sueurs froides. Mais non, aucune réaction épidermique. Il ne fit qu’avancer, d’un pas lent, tranquille, jusqu’au rebord de la porte d’Achéron. Il se tenait là, droit, immobile, et il ne pouvait même pas baisser la tête pour envisager la distance qui le séparait du sol. Son regard était fixé vers le lointain, sur la plaine désolée, et sur le ciel gris. Dionysos savait que la chute ne le tuerait pas. Pourtant, la panique lui noua l’estomac, et il sentit son pouls accélérer significativement. La Demoiselle n’avait donc pas accès à ses organes internes. L’idée de sauter était angoissante, surtout si elle le contraignait à ne pas regarder en bas, l’empêchant d’évaluer le temps de sa chute, et l’obligeant à avoir la « surprise » du moment de l’impact. Pas vraiment agréable. Surtout que même si il survivrait, le fait que son corps ne réagisse pas supprimait les divers réflexes de survie en cas de chute ; ses genoux ne se plieraient pas sous l’impact, ses mains ne protègeraient pas son visage. En conclusion, il allait prendre cher.

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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Mer 24 Juil - 17:51


Azelle resta d'abord immobile, observant en se grattant l'arrière de la tête la divinité perdre le contrôle de son corps. C'était incroyable comme voir ce spectacle pouvait la griser. Cependant, une pointe d'appréhension tiraillait son abdomen : et si ça ne marchait pas ? Il fallait qu'elle y arrive. C'était une absolue nécessité. Sinon, elle passerait pour un être faible et ridicule. Elle voulait que quelqu'un ici sache qu'elle pouvait être dangereuse et donc, utile. Mais c'était la première fois qu'elle exerçait son pouvoir sur une divinité aussi puissante, alors forcement, un certain nombre de questions s'imposaient à elle. Par exemple, elle craignait que le contrôle ne dure pas aussi longtemps qu'elle l’espérait.

Mais elle chassa ces idées de sa tête et plaça ses deux bras derrière sa nuque pâle en souriant... Car en attendant, il était bel et bien incapable de bouger, quelques pas devant elle et face au vide. Jeter Dionysos d'une falaise. Il y avait quelque chose de plutôt attirant dans cette perspective, songeait-elle en tapotant son pied droit au sol. Il allait tomber de tout son long et puis... Que ferait elle après ? Le réveillerait-elle aussitôt ou le laisserait-elle au sol, comateux et toujours aussi emprisonné ? Mouais. Ça semblait sympa, mais pas assez folichon. Avec un peu de malchance, il n'aurait même pas de plais.

Elle soupira, rêveuse, et avança vers sa consentante victime. Il y avait peut-être un peu plus drôle que ça. Elle se replaça comme précédemment, son petit menton enfoncé dans l'épaule du Dieu.

Puis, elle attrapa un objet qu'elle avait dans la poche arrière de sa robe. Simple petite précaution qu'elle avait prise. D'une nature terriblement méfiante et privée de ses serres, la doucette c'était saisit d'une dague appartenant à la forme humaine de son divin père, avant de partir en excursion. Elle enlaça la taille de la divinité et mit alors le couteau sous le ventre de celui-ci, la pointe tournée vers son nombril. Puis, d'un message télépathique, elle lui ordonna de prendre l'objet de ses propres mains, le laissant dans cette position menaçante. Puis, elle se recula de quelques pas. La vision était, comment dire... Dionysos tenait l'arme terrible, à quelques centimètres du vide. Si jamais quelqu'un avait l'idée de se promener par ici, il ne pourrait que croire à une vision fabuleusement suicidaire.

En vérité, elle ne voulait pas qu'il se sente menacé. Elle tentait juste de lui faire comprendre, dans son langage à elle ; regarde bien, comme je peux être un danger pour tes ennemis. Oh, la jeune harpie était loin d'être infaillible. Mais l'impétuosité de sa jeunesse et l'arrogance de son espèce la faisait se sentir bien plus puissante qu'elle ne l'était, ou en tout cas, plus résistante à la douleur. Car si elle c'était enorgueillie si efficacement avec les années, c'est que personne ne lui avait encore mit une raclée digne de son nom. Elle se débrouillait toujours pour paralyser son agresseur avant qu'il n'emprisonne ses petites serres contenant le pouvoir qui la sortait toujours de toutes les situations. Elle n'avait jamais envisagé que quelqu'un, un jour, lui attrape les mains pour les lui attacher. Ainsi, elle serait aussi inoffensive qu'un oiseau tombé su nid.
Mais pour l'instant, voguant sur le succès de ses victoires antérieurs, la rouquine ordonna fermement, par la pensée : Plante toi ça dans la cuisse droite et retournes toi vers moi.

Elle avait en effet très envie qu'il se porte atteinte à lui-même. Sans savoir pourquoi, c'était quelque chose qui la rendait vicieusement gaie. Une fois que la chose serait faite, elle le réveillerait.
Pour palier à la fatigue atroce qui allait bientôt l'accabler, juste après avoir enlevé les fils de sa marionnettes, elle alla s'asseoir contre un rocher et posa sa tête contre celui-ci. Elle attendait patiemment qu'il s'auto-mutile pour lui rendre son corps...

Un baisé et un coup de couteau, tout ça sur Dionysos, ce n'était décidément pas une journée de perdue.
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Jeu 25 Juil - 16:45

Le temps durant lequel Azelle avait laissé Dionysos planté là, les orteils dans le vide, en équilibre sur le rebord, paru une éternité pour le pauvre dieu enfermé dans son propre corps. L’attente était presque aussi douloureuse que la perspective du grand saut. Il avait tout le temps de cogiter, les cheveux emmélés par le vent du nord qui soufflait sur la porte de pierre. Le temps se couvrait de plus en plus, et il songea qu’ils n’allaient pas tarder à prendre la pluie. Mais que faisait-elle ? il ne pouvait pas tourner la tête de son plein gré, il était incapable de savoir ce qu’elle tramait. Ça aussi c’était frustrant. Il la sentait certes remuer la bas derrière, mais pour le reste, il était dans le noir absolu. Toujours cette vue fixe, stérile, et cette absence d’ordre lui faisait craindre le pire. La sensation du menton pointu de la jeune fille sur son épaule fut presque un soulagement. Au moins, elle avait fini de réfléchir, et il allait à nouveau bouger.

Il soupira intérieurement en sentant Azelle l’enlacer, et surtout le froid implacable de la lame qu’elle tenait dans sa main, et qu’elle ne tarda pas à lui faire tenir. Alors c’était ça la deuxième étape, se charcuter lui-même ? il n’était pas grand fan de scarifications, mais bon, pourquoi pas. Il ferait passer ça comme une blessure de guerre à sa prochaine soirée. Cependant, il était curieux de savoir si il pouvait résister ou heurter un peu la toute-puissance de l’emprise de la harpie. Si il ne pouvait pas bouger une oreille sans son accord, pouvait il « attraper », l’esprit de la harpie et la secouer mentalement ? Il sentait sa conscience fouiner au fin fond de son esprit, tentant de trouver l’origine de la voix d’Azelle, où cette dernière se cachait.

Ce n’était pas facile, surtout que dans le même temps, son corps réagissait aux injonctions d’Azelle, et sa main avait saisi l’arme d’un geste ferme et assuré, prêt à frapper. Il se frappa une première fois, mais la lame ripa sur sa peau, comme si celle-ci était faite de cuir. Forcément, il devait se poignarder, mais elle n’avait pas précisé qu’il devait y mettre toute sa force. Alors un coup standard ne lui fit aucun dégât. Impassible, il réitéra le geste une fois, deux fois, trois fois, avant d’y mettre assez d’entrain pour commencer à voir le sang couler.
Puis, dans un geste d’une violence inouïe, il saisit le poignard à deux mains et l’enfonça dans sa chair jusqu’à la garde. La douleur lui vrilla le cerveau, l’interrompant net dans sa recherche de la conscience d’Azelle dans son esprit. La vache, il n’y était pas allé de main morte ! heureusement le geste n’avait pas entamé l’os, simplement le muscle. Il s’en remettrait vite. Hurlant intérieurement, il voulait néanmoins continuer son périple mental, et trouver où se cachait Azelle. S’y trouvait elle vraiment, au final ? il ne savait pas comment ce pouvoir fonctionnait, aussi bien cherchait il à attraper de la fumée ave ses mains … Il sentait son corps se mouvoir, mais tentait de faire abstraction de la douleur pour poursuivre sa recherche de la harpie dans chaque recoin de sa tête. C’était une quête étrange, un peu comme lorsque l’on cherche un mot que l’on a sur le bout de la langue. Cependant, il savait que sa quête ne s’éterniserait pas, car en se retournant il avait aperçu Azelle qui s’était éloignée, prostrée contre un rocher, un petit air satisfait sur les lèvres. Et doucement, les fils invisibles qui étreignaient ses muscles et son esprit se déliaient, lui laissant une sorte désagréable sensation de fatigue physique, des courbatures affreuses, et une douleur lancinante dans la jambe, où la dague était toujours plantée.

Et finalement, il cligna des yeux …
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Dim 28 Juil - 15:21


C'était la première fois qu'elle sentait un être tenter de reprendre le contrôle durant une programmation mentale. Elle le sentait bel et bien ; et il ne le savait peut-être pas, mais c'était la preuve qu'il réussissait à se frayer un chemin dans l'esprit de la harpie. Lorsqu'elle ressentit la sensation désagréable de sa puissance se désagrégeant quelque peu pour laisser place à la présence de sa victime, elle serra la mâchoire avec un étonnement non dissimulé. Horreur, il pouvait faire ça.

Mais c'était bon à savoir. S'il s’entraînait, il pourrait peut-être même finir par l’empêcher d'agir sur lui. Très très mauvais. L'idée lui noua l'estomac : elle désirait ardemment que rien ni personne ne puisse déjouer son petit tour de passe passe. Enfin, elle n'avait pas le temps de songer aux tenants et aux aboutissants de la situation qui exigeait toute sa concentration. En effet, elle ne devait pas rester trop longtemps surprise ou elle relâcherait involontairement les rennes de son pouvoir. Le sachant, son ébahissement laissa place à une consternation irrité.

Ses yeux se plissant imperceptiblement, elle tenta de renforcer son emprise le plus abruptement possible. Elle voulait le sortir le plus violemment possible de son esprit, aussi vivement qu'il en était entré ; histoire qu'il sente bien qu'il n'avait aucune porte de sortie dans la situation. S'il réalisait qu'il avait touché un point sensible du don de la jeune femme, peut-être voudrait il réessayer jusqu'à reprendre le contrôle et ainsi être le seul à être capable de la neutraliser. Cette pensée embrasa sa volonté de rester intouchable et, comme on ressert implacablement le mors d'un cheval pour s'assurer qu'il obéisse au mieux, elle renforça son étreinte mentale.
Puis, adossé au mur, elle contempla le plaisant spectacle qui suivit. Dionysos, toujours efficacement sous son emprise, se poignardait comme il lui avait été demandé. Il s'y reprit à plusieurs fois avant d'y aller franchement et de faire entrer la lame entièrement. Elle frémit en soupirant de plaisir, l'arrière de sa tête indolemment appuyé contre un épais rocher, se demandant bien ce qui la rendait si heureuse dans une scène aussi sordide.

Mais soudain, elle eut la sensation d'être prise à la gorge. Alors que la divinité venait de s'auto-mutiler, il avait gardé assez de force pour continuer de la rechercher et se trouvait manifestement sur la bonne voie. C'était clairement pire depuis que le couteau avait trouvé son chemin dans sa chair : comme si la douleur avait décuplé son envie de s'en sortir et l'avait tout droit guidé vers la harpie. Elle redressa vivement sa tête en entrouvrant la bouche ; elle se sentait gênée dans sa respiration depuis que la divinité faisait ses petites tentatives, mais elle ne désirait en aucun cas le montrer à sa victime-adversaire. Enfonçant ses ongles dans le sol, elle mourrait d'envie de lui ordonner d'arrêter ça.  Mais elle ne le pouvait pas, ou alors il comprendrait qu'il y avait une faille et qu'elle ne contrôlait pas tout. Comment était ce possible qu'il agisse ainsi, de son plein grès ?

Normalement, il aurait fallu qu'elle lui dise de tenter de la neutraliser, pour qu'une telle chose ait lieu ; mais la, il faisait ça tout seul. Tout seul. Sa camisole de force interne devait s'être légèrement desserrée. Heureusement, c'était le moment que la féroce doucette avait choisit pour cesser le petit jeu. Alors que Dionysos reprenait lentement mais sûrement ses forces,  Azelle sentait les siennes la quitter. C'est ainsi que le processus marchait : comme pour compenser la perfidie de son don, toute son énergie allait maintenant s'en aller pour mieux nourrir Dionysos qui serait revigoré en très peu de temps.

Elle croisa les doigts pour qu'il n'ait pas mal pris la petite expérience de mutilation et laissa sa tête pencher vers la droite, luttant pour garder les yeux ouverts. Elle n'allait pas nécessairement s'endormir : elle serait juste incapable de mouvement durant le prochain quart d'heure et incapable d'utiliser son don. Elle déglutit et passa la main entre ses nattes, souriant légèrement à la divinité. Elle se sentait amer contre lui d'avoir tenter quelque chose, et encore plus d'avoir réussit. Pour la première fois de sa vie, on lui avait imposé une résistance. Mais elle devait garder ça pour elle. Il ne devait pas savoir. Elle priait Pluton pour que Dionysos n'ait pas sentit son relâchement de pouvoir. Elle demanda alors d'une voix épuisée mais au timbre faussement amusée :

-Bon alors... Satisfait ?

Puis, baissant les yeux sur sa jambe;

-Tu devrais songer à retirer ça...
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Lun 29 Juil - 20:20

/!\ Attention Gros mots, on cache les yeux innocents !


Heureusement pour la harpie, Dionysos était bien loin d’imaginer que ses errances mentales avaient eu un quelconque effet sur le mental de cette dernière. Il était bien trop occupé à se réapproprier son corps, petit à petit, membre part membre. La sensation était assez étrange : il était à la fois extrêmement soulagé de retrouver sa liberté de mouvement, mais sentait ses membres terriblement lourds et patauds. Cependant, il ne se sentait pas aussi fatigué qu’il l’eut craint ; il sentait une énergie étrangère bouillonner dans ses veines, comme une injection de caféine, qui lui laissait deviner qu’il ne se sentirait pas nauséeux bien longtemps. En revanche, il y avait quelque chose, auquel il n’avait pas pensé…

-AAAAAH … Pu*** de sa mère la P*** AAAAAAH.

Un flot d’injures toutes plus fleuries les unes que les autres se déversa de la bouche de dionysos, qui resta un instant plié en deux. La douleur de sa jambe était absolument abominable, et l’avait frappé à la seconde où il avait retrouvé son membre. Bien sur, il avait déjà eu mal une première fois quand il était sous contrôle, mais une fois libre, son muscle s’était spontanément décontracté, et la lame avait lacéré un peu plus de chair. Et vous savez quoi ? Vous pouvez être un dieu à la résistance exceptionnelle, une bête de résistance tout ça tout ça, mais quand on a vingt centimètres de métal dans le corps, on ne peut pas rester stoïque. Surtout sobre. Il aurait vendu père et mère pour être bourré là maintenant tout de suite, et ne plus être conscient de sa douleur. Il reprit son souffle après plusieurs minutes de grognements et de blasphèmes.

-… ça fait mal.

Euphémisme. Cependant il n’était pas mort, et venait de vivre une expérience dont peu était ressortie vivant. Il était amoché, mais il ne doutait aucunement de sa survie, une fois la plaie désinfectée. Azelle… Elle serait une alliée redoutable, tant sur un champ de bataille que lors d’un traquenard plus raffiné. Elle pouvait monter les dieux les uns contre les autres, les pousser à se détruire mutuellement, tant d’options s’offraient à eux que cela lui donnait le tournis ! mais il ne se faisait pas d’illusion, elle ne ferait pas ça gratuitement. Et il se doutait bien qu’elle ne ferait pas ça simplement pour tromper l’ennui, comme lui le faisait. Elle demanderait plus, et serait bien bête de ne pas le faire. Il répondit à ses petits piques avec une grimace de douleur :

-Satisfait n’est pas le mot. Je suis plutôt … enthousiaste. Ça ne se voit pas comme ça, mais je suis épaté ! Et, non, je ne ferais pas la bétise de retirer cette dague tout de suite. Vois tu …

Il claudiqua jusqu’à elle, les traits encore tirés par la souffrance et se pencha, lui faisant accrocher ses bras autour de son cou où perlait la sueur. Il se redressa sur sa jambe valide, cherchant son équilibre tout en portant la gamine qui, bien que légère comme une plume, pesait sur sa cuisse estropiée.

-Si j’enlève cette chose de ma jambe, le sang ne sera plus contenu dans mes veines, et je me viderais comme un cochon à l’abattoir avant même que tu puisses faire quoi que ce soir. C’est devenu mon « bouchon », si il saute, je me vide. Alors on va éviter, pas avant d’être à l’hopital ou chez une guérisseuse. Surtout que si je meurs, non seulement tu vas mourir d’ennui encore des semaines avant de trouver quelqu’un d’aussi chouette que moi, mais en plus tu devrais passer la nuit ici. Et la nuit, ça caille.

Il gloussa, ce qui lui tira encore une grimace de douleur. Prenant une grande inspiration, il entreprit la descende de la porte, sa poupée de plumes dans les bras, d’un pas bien moins certain qu’à l’aller. Forcément, avec une jambe sur deux, on fait moins le malin. Mais il n’allait pas rester ici éternellement, et elle n’était pas en état de l’aider. Alors autant lui en mettre encore un peu plus dans la vue, quitte à le regretter physiquement le lendemain. Il sauta de rochers en marches, soit à cloche pied, soit avec grande précaution sur son membre blessé, jusqu’en bas. A ce moment là, il toqua sur le front d’Azelle pour lui faire ouvrir les yeux.

-Ou dois je t’emmener petite dame, avant d’aller mourir dans mon coin ? Tu dois avoir des parents à martyriser quelque part, avant que toi et moi partions conquérir le monde !
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Mar 30 Juil - 10:49

Alors que sa propre énergie allait glisser lentement dans les veines de la divinité, la doucette se laissait aller contre le rocher, la respiration ralentie. En lui résistant de cette façon, il avait été sans le savoir un adversaire redoutable. C’était donc en bonne joueuse qu’elle se laissait affaiblir, les jambes étendues sur le sol, le haut du corps reposant entièrement contre le rocher. Elle gardait les yeux ouverts sur Dionysos, un petit sourire amusé au coin des lèvres. Il la faisait sincèrement, tendrement sourire, alors qu’il se mettait soudainement à insulter tout ce qui bougeait, la douleur du poignard se faisant intensément ressentir. Cette fois c’était sûr, pour jurer ainsi, il devait certainement avoir récupéré cent pour cent de sa conscience.

Elle ne put même empêcher un éclat de rire de lui échapper, rire dénué de son vice habituel, lorsqu’il lâcha un grognement suivi d’un « …ça fait mal » des plus comique. Elle ne doutait pas qu’il devait franchement souffrir, mais elle le trouvait courageux. Il ne perdait d’ailleurs rien de sa prestance, lui expliquant qu’il était positivement, honnêtement surpris des dons de la harpie. Elle ressentit une fierté imperceptible l’envahir et une envie de hausser les épaules avec une fausse modestie lui pris. Mais elle ne le fit pas, trop fatiguée pour bouger le moindre membre.
Puis, il lui dit qu’il ne comptait pas retirer la dague, boitant jusqu’à elle. Lorsqu’il lui tendit les bras pour qu’elle s’y accroche, elle leva sur lui ses yeux épuisés, nébuleux et surpris. Voulait-il sincèrement l’aider ? Il était clair que oui. Il était bien le tout premier à venir lui tendre les bras alors qu’elle faiblissait dans son coin. En général, elle allait se cacher le plus loin possible après avoir jeté un tel sort, pour ne pas être retrouvée le quart d’heure qui suivait la fin de la programmation.
De plus, les personnes ayant subi le contrôle était généralement particulièrement irrité, voir folle de rage, si jamais Azelle les faisait s’en sortir vivant. Jusque-là, il n’y avait que ses consœurs harpies qui avaient remis la main sur elle après une manipulation, ce qui lui avait évité de beaucoup souffrir des vengeances de ses dernières : en effet, elle n’allait quand même pas torturer à mort l’une des leurs, même si elle se rappelait assez bien de la dérouillé sévère qu’elles lui avaient assénés, histoire de lui faire passer l’envie de jouer à ça avec elles.
Enfin, elle reporta son attention sur les bras tendus du Dieu et enlaça de ses bras fins le cou de ce dernier, tentant de se laisser aller sans méfiance ni paranoïa mal placé. Après tout, il avait accepté d’être mis sous son contrôle, alors elle pouvait bien grimper dans ses bras quelques minutes. Il n’allait, de toute façon, pas la manger ; il lui semblait qu’il aurait besoin d’elle un jour ou l’autre et il devait l’avoir sentis aussi. Elle ferma les yeux en posant sa tête sur son épaule et l’écouta attentivement lui expliquer pourquoi il ne devait surtout pas retirer le poignard de sa jambe.
Elle nota qu’elle n’était même pas au courant de la nécessité de ne pas retirer un couteau une fois enfoncé ; peut-être bien parce qu’avant elle se servait de ses serres comme arme. Mais maintenant, il lui serait surement nécessaire de se rappeler de ce genre de choses.

Lorsqu’il lui dit que s’il mourrait, elle aller devoir rester ici au froid et mourir d’ennui avant de trouver quelqu’un d’aussi intéressant que lui, elle lâcha un ricanement dans sa nuque, sans ouvrir les yeux. Il n’avait franchement pas tort et son rire était sa façon d’approuver sans avoir à lui dire. Elle c’était tellement ennuyée jusque-là, elle ne prendrait surtout pas le risque de perdre une distraction tel que Dionysos. Avant de le rencontrer, elle était sur le point de tomber malade d’ennui ; maintenant il lui semblait que de belles et excitantes perspectives lui souriaient. Elle en était sincèrement grisé, même si elle gardait ça pour elle ; il était vraiment difficile pour une harpie dans son genre de montrer des émotions tel que l’excitation, la confiance ou l’euphorie sincère. Elle avait la plupart du temps un air las, sinistrement insaisissable et ironique les jours de fêtes.

Soudain, le Dieu se mit à descendre la porte, sur une jambe. Elle déglutit le plus discrètement possible ; était-il fou ? Ils allaient tomber et s’écraser. Le pessimisme de la harpie répétait cette phrase en boucle dans sa tête tout le long de la descente, ou elle entrouvrait très légèrement un œil apeuré pour observer ou ils en étaient. Dionysos devait sentir, comme unique preuve de son anxiété, qu’elle ne respirait plus du tout, les mains fermement agrippés autour du Dieu. A ça, si tu me fais tomber, tu tombes avec moi ! Songeait-elle, ayant sincèrement du mal à se laisser aller. Puis, ils arrivèrent en bas. Elle soupira d’un profond soulagement et ouvrit difficilement les yeux lorsqu’il toqua sur son front. Elle grogna quelques secondes avant de laisser sa tête complétement tomber en arrière d’un air d’extrême lassitude, yeux à nouveau fermés, l’air de dire qu’elle ne voulait pas rentrer chez elle. Ainsi, elle devait certainement peser plus lourd, se laissant aller de tout son poids sur Dionysos, faisant presque mine d’avoir perdu conscience d’un air amusé. Elle ne voulait pas retourner mourir d’ennui dans son antre et elle lui faisait comprendre à sa façon. Lorsqu’elle réalisa l’immaturité de son attitude, elle fit l’effort de se redresser, restant confortablement installé sur le Dieu et rapprocha son visage du sien.

-Ou est-ce que tu vas aller pour te soigner ? Tu es sûr que tu ne vas pas mourir en chemin si je te laisse tout seul ?

Petit rire, marque d’une certaine sympathie qu’elle commençait à lui accorder.

Puis, posant sa tempe droite sur l’épaule de la divinité, d’une voix peu convaincue ;

-Moui, j’ai des parents, au Quartier Latin.

Son ton devint plus impérieux et pleins d’attentes, ses jambes se balançant dans le vide :

-Et quand est-ce que tu reviendras me chercher ?!
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MessageSujet: Re: Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]    Mar 30 Juil - 20:10

Dionysos se rendit bien compte que la petite harpie n’était pas bien rassurée de le voir entamer sa boiteuse descente. En même temps, cette appréhension était justifiée ; lui-même se savait peu stable. Mais il était têtu comme une mule, et ne voulait pas rester planté là. De plus, la confiance que lui portait la jeune fille lui donnait un peu de courage. Il ne connaissait peut être pas encore Azelle parfaitement, mais il savait que les membres de son espèces étaient connus pour leur méfiance et leur sauvagerie. Or, elle lui tenait fermement le cou, et avait même posé sa tête sur son épaule, les yeux clos. On aurait pu croire qu’elle dormait, ainsi lovée dans ses bras, d’apparence paisible. Cependant, il sentait son petit cœur s’affoler dans sa poitrine frêle. Il resserra son emprise doucement : il ne la lacherait pas, promis.
Il mit facilement le double de temps à descendre que celui qu’il avait mis pour monter, mais finalement, son pied valide se posa enfin sur le sol sec et poussiéreux. Il soupira discrètement de soulagement , alors que la petite commençait à se tortiller dans ses bras, apparemment nerveuse à l’idée de rentrer chez elle.

-Ou est-ce que tu vas aller pour te soigner ? Tu es sûr que tu ne vas pas mourir en chemin si je te laisse tout seul ?

-j’ai une amie nymphe qui guérit les plaies pas apposition des mains. Je suppose qu’elle pourra accélérer la guérison et au moins anesthésier la douleur. Sinon, et bien … j’irais chez le médecin, comme tout le monde ! ici, les dieux sont aussi fragiles que les humains, nous avons un corps malléable, mutilable, sensible… mais réparable ! il faut juste ne pas trainer ! mais ne t’inquiète pas pour moi, j’ai survécu à bien, bien, bien pire qu’une grosse estafilade, tu n’auras donc même pas besoin de faire semblant d’être désolée !

Spontanément, il caressa la chevelure rousse de la jeune fille quand celle-ci posa sa tempe sur son épaule. Elle avait l’air si douce, si fragile, si jeune et sans défense dans cette position, que cela réveillait l’instinct de protection du dieu grec. Il avait beau être brouillon et turbulent, il n’en était pas cruel pour autant. Au contraire, son coté excessif en faisait quelqu’un de très doux et protecteur dès lors qu’il se prenait d’affection et de respect pour quelqu’un. Il n’était pas un mauvais bougre, juste un idéaliste.

Il réfléchit un instant pour envisager le chemin le plus court pour rejoindre le quartier latin, puis se mit en marche de son pas boiteux, mais néanmoins plus rapide qu’on pouvait l’imaginer. Une fois la douleur terrible de la conscience passée, sa jambe n’était plus qu’une douleur sourde, latente, et donc plus supportable. De plus, il était distrait par la harpie, et donc ne faisait plus vraiment attention à son membre sanguinolent.

-Et quand est-ce que tu reviendras me chercher ?!

A son ton, Dionysos devina que le plus tôt serait le mieux. Elle lui avait posé la question à la manière d’une petite fille désireuse de savoir quand elle pourrait à nouveau jouer. Il n’avait pas vraiment réfléchi à la question, et haussa les épaules, faisant sursauter Azelle dans ses grands bras :

-Je ne sais pas ma colombe, je ne sais de quoi demain sera fait … Mais je ne pense pas m’éterniser dans des chimères, et il me tarde de tenter quelques expériences…et tu seras la bienvenue d’ailleurs. De plus, si jamais un jour tu t’ennuies vraiment trop, rien ne t’empêches de venir me voir pour que nous nous distrayons … je trouverais toujours un peu de temps pour toi
.

Et il était sincère. Le dieu ne jugeait pas les gens sur leur age, leur origine ou leur apparence. Et Azelle était typiquement le genre de petite créature cynique et effrontée qu’il aimait avoir dans son entourage. Bien sur, il se doutait qu’il ne devrait s’épancher trop ouvertement auprès d’elle afin de ne pas paraitre top faible. Mais il avait déjà à cœur de la pousser dans ses retranchements, à développer toutes ses capacités, à tenter d’atteindre ses rêves les plus fous. Qui sait, peut être qu’avec le temps, ses ailes repousseraient. Sur Néméil, rien n’était perdu ni gagné d’avance.

-Allez repose toi, je trouverais le chemin tout seul comme un grand, et je te poserais sur le palier de la porte. Pas besoin de me faire la conversation si cela t’épuise, tu m’as déjà beaucoup appris aujourd’hui.


Sa voix était tranquille, mais ferme, comme son pas. Cette journée avait été forte en émotion, et lui aussi ne rechignerait pas à aller s’échouer dans quelque lit moelleux… Plus tard.


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Tu peux avoir des plumes sans être un ange ! [Azelle]

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