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 Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]

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Thrùd
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MessageSujet: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Dim 2 Juin - 16:04

La plaine était revenue au calme. Quelques heures s'étaient écoulées depuis les événements et Thrùd était restée là, goutant à la solitude et au silence après l'agitation. Sigr n'était pas rentré à la maison, malgré ce qu'elle lui avait ordonné. La grosse bête était restée dans les bois près du lac. Elle avait probablement chassé, car quand la valkyrie avait retrouvé sa monture, il avait le museau barbouillé de sang. Ou alors, il avait mangé Artémis. C'était peu probable, vu qu'il adorait cette pétasse grecque, mais l'idée eu au moins l'avantage de faire rire Thrùd.
Sigr avait effrayé un lapin en courant dans la plaine et sa maitresse l'avait abattu avec son arc, puis l'avait fait rôtir. Elle n'avait pas mangé à midi après tout, puisque l'éclipse était survenu avant qu'elle ne croque dans sa cuisse de dinde. Cette belle volaille devait refroidir sur le banc dans la cour à présent, puisqu'elle était partie de chez elle à toute vitesse.
Thrùd ne s'était pas rendue compte à quel point elle avait faim. Assise près des cendres de son feu, elle lécha ses doigts gras et lança le crane du lapin, avec les yeux et la cervelle à Sigr qui goba la friandise avec délectation.
Le loup et la valkyrie reprirent leur balade. Elle n'avait pas envie de rentrer, pour retrouver son intérieur exigu et la dinde froide, voir congelée qui l'attendait dans la cour. A la nuit, décida-t-elle. Ils rentreraient à la nuit.
Thrùd passa donc ce qui restait de la journée avec Sigr, tantôt sur son dos tantôt courant à ses cotés. Ils effrayèrent les lapins et allèrent jusqu'au lac, où ils jouèrent un peu dans l'eau froide avant de faire demi-tour et de retourner vers les plaines.
Mais, le soleil se coucha et la valkyrie dirigea presque à contre-coeur sa monture vers le quartier nordique. Fatigué, Sigr avait abandonné les grands galops pour avancer à l'amble, assez rapide mais peu fatiguant et confortable pour sa cavalière. Il avait l'encolure dans le prolongement du corps et l'air d'une bête heureuse d'avoir bien couru. Le même genre d'expression se retrouvait sur le visage de Thrùd, qui sentait une douce torpeur l'envahir et avait hâte de rentrer chez elle se blottir devant la cheminée.
Elle était presque au quartier nordique et marchait désormais aux cotés de son loup, quand elle perçu des bruits, un peu plus au nord. Sigr les avait lui aussi perçu d'ailleurs probablement mieux qu'elle et avait levé la tête, les oreilles dressées et la truffe au vent.

"Y'a du grabuge, grosse bête." marmonna Thrùd avant d'enfourcher le loup, qui trotta vaillamment vers le nord, ses forces retrouvées dans la curiosité.

Et en effet il y avait du grabuge. Les nordiques sont responsable de tout ce bordel! entendait-on. Défait tes sorts, catin! ajoutait quelqu'un d'autre. Le sang de Thrùd ne fit qu'un tour. La colère et la frustration accumulée dans la journée remonta à la surface et elle piqua des deux, chargeant les médisants. Avertis par son cri de guerre rageur, une tranchée se creusa dans la petite foule et Sigr la traversa sans blesser personne, puis se rangea près d'une déesse scandinave qui s'y trouvait.
La valkyrie avait remit son casque à la visière prolongée de maille, pour s'éviter d'avoir à le porter et ses armes complètes étaient toujours accrochée à sa ceinture et au harnais de Sigr. Elle résista à l'envie de faire un massacre et se tourna vers la foule.

"DONNEZ MOI UNE BONNE RAISON DE NE PAS VOUS EXTERMINER, VERMINES!" cria-t-elle.
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Sif
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Dim 9 Juin - 17:00


Sif & Thrùd
« Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous.
Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. »
- John Kennedy





Bien, bien avant que ne se mette en branle la terrible et implacable volonté de l'île, Sif avait terminé de remplir sa sacoche avec les ustensiles indispensables à la petite expédition qu'elle avait prévue de mener dans la journée : gourde d'eau, portions de viande séchée, morceau de ficelle et pointes de flèches si jamais la déesse se voyait contrainte de chasser, briquet à silex et un peu d'amadou en cas de besoin, un couteau évidemment essentiel, mais également une mine de charbon et quelques feuilles de papyrus, invention plus qu'utile des Egyptiens qui s'avérait autrement plus légère et transportable que les épais rouleaux de vélins utilisés en Asgard. Son but ? Dès l'aube bien entamée, la combattante avait glissé son sac en bandoulière et prit le chemin des montagnes, désireuse d'y trouver un point d'observation assez haut, et d'ainsi obtenir une vue d'ensemble de Némeïl à coucher sur les fragiles fibres de papier. Tout bon guerrier savait que la connaissance du terrain pouvait conférer bien des avantages, et avec cette idée en tête, la Scandinave s'était avec un plaisir non dissimulé lancée dans une marche devant la conduire aussi loin qu'elle le pourrait, avec tout de même l'impératif d'être revenue une fois que le soleil aurait entamé sa descente sur l'horizon. Quoi que, si le voyage lui plaisait, rien n'empêchait de le prolonger un peu plus, peut-être même sur deux ou trois jours... Ses pairs avaient été mis au courant de son projet et savaient donc qu'elle en risquait rien, elle l'enfant des bois qui depuis toute petite grimpait aux arbres et s'amusait à allumer des feux de camp au fond de grottes obscures. La nature n'avait jamais effrayé l'Asyne, au contraire, et sentir l'air sur son visage, ainsi que le gazouillis des oiseaux mêlé au vent dans le feuillage rendait déjà son humeur plus légère, et son pas allègre. Pourtant, une fois sortie de la ville, la forêt se révéla bien moins éclatante que ce que Sif aurait imaginé : le vert des feuilles n'avait rien de l'émeraude superbe, les ruisseaux semblaient s'être tus, et même les animaux, que la félinité de sa démarche n'aurait pu inquiéter, ne se manifestaient pas. Qu'importait : la déesse avait haussé une épaule indifférente, ne cherchant pas plus que cela à trouver une explication à ces détails troublants ; ils se trouvaient sur Némeïl et non Asgard, tout ne fonctionnait pas forcément comme elle en avait l'habitude. Et puis cette journée s'annonçait si bien, tyranniser ses méninges pour si peu aurait été très bête. Ainsi, elle ne ralentit pas, s'attaquant aux pentes qui en auraient découragé plus d'un, sentant avec plaisir les muscles de ses jambes peu à peu s'échauffer sous l'étirement, et même commencer à tirailler un peu, ce qui chassait plusieurs jours passés à ne rien faire ou presque dans le Quartier Nord. Comme les autres, elle resterait aveugle et sourde aux mises en garde de cette terre de mystères...

Presque arrivée à la première ligne de crête, la luminosité déclinant rapidement l'arrêta, la laissant perplexe, et bien vite son visage se tourna vers les cieux devenus obscurs, sourcils froncés. Tel un animal sauvage, Sif sentit les battements de son coeur s'accélérer, alors qu'elle reconnaissait une éclipse, phénomène décrit par certains ouvrages de la bibliothèque d'Odin qu'elle avait parcourus dans sa jeunesse. Cela n'avait rien d'extraordinaire en soit... Pourtant, une éclipse nécessitait un fin halo de lumière autour de la planète cachant à la Terre les précieux rayons diurnes, or ici, il ne restait aucune trace de l'astre, aucune, seulement le noir le plus glaçant, seulement piqueté de rares étoiles qui à présent profitaient de l'absence de leur encombrant voisin pour apparaître à une heure illogique. Quelque chose d'étrange se passait, la divinité le sentait bien, son instinct ne la trahissait que rarement. Cet instinct même l'exhortait à rejoindre au plus vite Thor et les autres, comme si la solitude qui lui avait tant parue attrayante dans la matinée était devenue un danger, une source d'inquiétude la poussant à rechercher la compagnie de ses amis, la chaleur d'un rassurant foyer. Ni une ni deux, l'Asyne abandonna tout son matériel avant de se changer en cygne, sa forme animal lui permettant d'aller beaucoup plus vite qu'à pied. La pente lui permit de décoller sans trop d'embarras, et ce malgré les arbres potentiellement dangereux du fait de son envergure, et ce fut dans un ciel limpide quoi que menaçant que l'Asgardienne s'envola, ne cherchant pas comme tant de fois naguère le plaisir relatif à cet exercice si magnifique qu'était celui d'observer le monde d'en haut. Durant le trajet du retour, effectué à tir d'aile -du moins aussi vite qu'un cygne peut l'entreprendre-, le soleil reparut, ce qui rassura un peu Sif, avant que la brusque vague de froid n'augmente son angoisse d'un cran supplémentaire. Mais que se passait-il, bon sang ? À chaque battement d'aile, son sang pulsait plus violemment dans ses veines sous le coup d'une angoisse irrépressible, tandis que la chute de la température rendait ses mouvements plus exténuants. Oh, en aucun cas la métamorphe ne permettrait au sommeil de ne serait-ce que faire peser un peu plus lourd ses paupières... La simple idée lancinante de savoir ses êtres chers en péril sans qu'elle puisse tâcher de les secourir lui aurait donné l'énergie de parcourir la moitié du globe, froidure ou non. Malgré cela, il lui fallut plusieurs heures pour rejoindre les abords de la cité, des vents contraires s'acharnant notamment contre son avancée ; à croire que Némeïl, telle une déesse en colère, faisait des siennes...

Après un atterrissage ma foi assez chaotique en lisière de la plaine du Quartier Neutre, l'Asyne recouvrit sa forme humaine, se frottant vigoureusement les bras afin d'y réactiver la circulation, et se dirigeant les sens aux aguets vers la métropole. Peu de monde se trouvait là en vérité, et Sif se maudit d'avoir mis autant de temps à rentrer : l'incident donnait tous les signes de la fin belle et bien réelle, quoi que certains badauds flânassent encore là, comme si rentrer chez eux après le rassemblement logiquement dû à la panique ne les enchantait guère. Flâner... Flâner ? Aux regards que ces derniers lui lancèrent, la Scandinave comprit qu'elle n'était pas l'objet d'intentions amicales, loin de là. Visiblement, sa métamorphose n'avait pas échappé à certains, peu amateurs de ce qui passait pour beaucoup pour de la sorcellerie, quoi que sur l'île, tous ou presque aient leurs propres capacités surnaturelles. Celle de changer d'apparence avait toujours troublé, voire dérangé ; elle tâcha donc de faire abstraction de ces regards peu amènes afin de trouver quelqu'un à qui s'adresser. Croyant avoir trouvé en un inconnu une figure neutre, la déesse osa une question, qui fut reçue avec une méchanceté qui la surprit : il n'avait rien à faire avec les Nordiques, qui feraient mieux de retourner au fin fond de leur toundra avant que leurs exactions ne leur valent un aller simple pour un bûcher bien trop chaud pour eux. Sif reçut cette violente réplique comme une gifle, et en demeura proprement interdite, yeux écarquillés, et méninges lancées à plein à régime afin de déterminer pourquoi, non d'un chien, tout le monde paraissait soudain braqué contre son peuple. Une stupeur qui termina de la changer en proie facile... Autour du premier belligérant commença à se rassembler un petit groupe d'insulaires tout aussi remontés contre son peuple. Telle une pluie de printemps, les récriminations commencèrent à tomber...

Ainsi, au moins, la déesse en apprit un peu plus sur le mal qui avait frappé sans prévenir la colonie : une histoire de soleil disparu puis de froid brutal -qu'elle avait remarqué puis ressenti en altitude-, mais aussi de langages bouleversés, et de panique sous-jacente, bientôt devenue suspicion générale, une colère sourde ayant élu pour responsables les Nordiques. Mais sur la base de quels arguments, quelles preuves ? Sif bouillait de répliquer avec fermeté, de défendre l'honneur des siens avec justice, appelant à ce que l'on se sert les coudes au lieu de se lancer dans une chasse aux sorcières aussi aveugle que vide de sens ; chacune de ses assertions se voyait coupée, alors que personne ne s'écoutait vraiment, mais que tous désiraient ajouté leur sentiment à cette vague d'accusations infondées. Que faire ? Elle croyait en la paix, et énerver encore plus ces gens ne mènerait à rien, sinon à aggraver une situation dont elle ignorait peut-être encore beaucoup. Quant à leur clouer le bec de façon physique... C'était tentant, quoi que déraisonnable, pour les mêmes raisons que précédemment, sans oublier que la belle n'avait aucune arme sur elle, et que tous ces visages autour d'elle ne lui disaient rien : qui parmi eux possédaient des dons offensifs ? Ah, si tout ceci était advenu en Asgard... Au Royaume d'Odin, ce genre de prises de bec survenait de temps à autres ; l'Asyne s'en sortait toujours avec brio, car connaissant les petits défauts ainsi que les anecdotes inavouables de chacun. Une remarque ironique, et le tour était joué... À présent, sur cette île de malheur, il y avait tant de haine, et tout avait l'air d'empirer, de ne plus vouloir retrouver la normalité, et de s'éloigner irrémédiablement chaque jour un peu plus de leur vie d'avant...

Et son silence buté avivait les emportements, comme si toute réaction, et même absence de réaction de sa part ne pouvait qu'aboutir à l'expression de ce que tous gardaient au fond d'eux, nécessité sauvant leur coeur d'une lente digestion par la colère. Au mot "catin", son visage se durcit instantanément, tandis que son regard se planta sans plus aucune trace d'aménité ou de réserve dans celui de l'inconnu lui ayant causé ce brûlant affront. Poings serrés et bras le long de son corps, Sif tâchait de garder son calme, s'accrochant au projet de ne pas mettre le feu aux poudres ; ce n'était pourtant pas à présent l'envie qui lui manquait... Même désarmée, son corps demeurait dangereux, et sa propriétaire une adversaire aussi mortelle que bien entraînée. Il ne serait pas dit que Sif l'Insoumise serait lancée insulter de la sorte sans se défendre...

Par chance -si l'on peut du moins parler ainsi-, un cri sauvage domina le tumulte, clouant tout le monde sur place dans un silence de mort d'où peinèrent à ré-émerger de rares murmures outrés : Thrùd venait de se porter à son secours, à sa manière bien à elle, fracassante et proprement terrifiante pour celles et ceux peu habitués à se retrouver nez à nez avec une Valkyrie bien décidée à en découdre. La pression qu'avait ressenti la déesse depuis le début de cette confrontation se relâcha, lui rendant les idées plus claire :

-Paix ! lança-t-elle à son tour, levant les deux paumes en signe d'apaisement. Nous autres Scandinaves possédons un tribunal tout aussi performant que les vôtres, qu'ils soient égyptien, grec ou romain. Si le coupable appartient à notre monde, son cas sera jugé avec la plus grande sévérité, comme il est de mise, les nôtres ayant été comme vous victimes des phénomènes survenus en ce jour. Nous cherchons tous des réponses, et nous n'entraverons pas plus que vous la bonne marche de la justice, soyez-en assurés. Il est inutile de faire couler le sang aujourd'hui.

Serait-ce suffisant, maintenant que Thrùd avait balayé d'un accès de sauvagerie tout élan de représailles musclées à son encontre ? Ce qui était certain, c'était qu'avec ce rassemblement potentiellement encore hostile, l'Asgardienne n'avait pas encore eu le temps d'être déstabilisée par une réalité pourtant avérée : elle avait à présent une dette envers la fille illégitime de Thor...








(c) paraliptic & staircasewit



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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Sam 15 Juin - 20:15

 Sigr se balançait de droite à gauche en grondant. Les gens reculaient devant sa grande gueule pleine de crocs. Un homme aurait pu y faire entrer sa tête tout entière alors qu'elle n'était même pas ouverte à son maximum. Thrùd sur son dos, balayait la foule avec un regard glacial. Ce n'était pas comme avant, où elle regardait la foule des dieux et des demi-dieux, il n'y avait aucune joie démente dans ses yeux. Elle était fatiguée, mais ce n'était pas une fatigue saine comme après une bataille ou un entrainement éprouvant, c'était la fatigue de celui qui voit sa nation rabaissée depuis trop longtemps. Thrùd n'avait même pas envie de se battre. Passé l'entrain de la première charge, elle était juste lasse. Elle tourna le regard vers la déesse encerclée par la foule. Et elle en fut tellement surprise qu'elle manqua de tomber de sa selle. Sif. La femme de Thor. La femme de son père. Autrement dit, sa belle-mère. Situation gênant pour une bâtarde de se retrouver face à l'épouse de l'homme qui l'avait engendrée. Surtout quand elle était la déesse des mariages par dessus le marché. Thrùd était affreusement embarrassée. Elle avait toujours évité au maximum de se retrouver face à Sif. Même lors des banquets, elle se débrouillait toujours pour se mettre le plus loin possible d'elle.
Les yeux écarquillés, la valkyrie se demanda quelle attitude elle était censée adopter, cote à cote avec sa belle-mère au milieu d'une foule en colère. Elle pinça les lèvres sous la maille qui couvrait son visage, jeta un œil aux gens, toujours tenus en respect par Sigr mais plus pour longtemps, hésita, puis, se penchant hors de sa selle, saisit Sif par la taille et la posa sans douceur comme un sac de farine, devant elle en travers du garrot du loup.
La valkyrie claqua de la langue et lança deux ordres en vieux norrois à la bête, qui fit volte-face et s'éloigna au galop. Il fonça vers le quartier nordique comme si il essayait de charger les premières maisons. C'était une bête robuste, faite pour porter sa maitresse et plusieurs défunts, elle aurait pu continuer longtemps à cette allure, si Thrùd ne l'avait pas ralentie dans les rues du quartier nordique.

"Je vous dépose rue d'Asgard?" demanda-t-elle, comme si Sif n'était pas affalée à moitié sur ses cuisses, à moitié sur Sigr.
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Jeu 27 Juin - 11:27

Sif n'avait jamais été réellement douée en matière de politique. C'était bien une des seules activités lui étant interdites par son sexe qu'elle ne regrettait pas, et qu'elle n'avait jamais recherché : écouter de vieux barbons discuter des heures sur la façon la plus diplomatique de choisir la musique à un bal lui paraissait clairement improductive, autant que les ronds de jambe et les cérémonials interminables que son appartenance aux Ases métamorphosait en passages obligés, un point commun de plus partagé avec Thor. Comme il lui avait coûté, dans sa jeunesse, de porter robes et corsets afin de paraître aux cérémonies officielles, un pas derrière ses parents ! En vieillissant, et donc en gagnant en maturité ainsi qu'en respect auprès de ses pairs, la jeune femme avait pu peu à peu s'imposer, et ainsi obtenir un certain nombre de modestes passe-droits, comme celui d'être autorisée à paraître devant Odin en tenue masculine, ou encore de n'être au bras d'aucun cavalier lors des réceptions. En se refusant à jouer le rôle créé pour elle par la noblesse asgardienne ainsi que par tous les codes jamais édictés par les gens de bon goût, Sif avait donc perdu de nombreuses opportunités qui lui auraient permis d'en apprendre plus sur la psychologie d'autrui, sur ces expressions en disant plus long qu'on ne l'imaginait sur les pensées agitant une personne demeurant silencieuse. Ce genre de talent, aussi inutile puisse-t-il paraître à une guerrière adepte de la franchise et des actes sans ambages, aurait pourtant pu lui être utile... Sans même ressasser un passé douloureux fait d'incompréhension et de non-dits jamais détectés, la déesse aurait par exemple pu remarquer et interpréter l'air de légère surprise qu'arbora Thrùd à sa vue, une Valkyrie de son acabit montrant sans le vouloir qu'elle était un peu prise à contre-pied sortant quand même de l'ordinaire.

Au milieu du rassemblement, Sif garda son attention concentrée sur celles et ceux les cernant, et qui demeuraient une question autrement plus pressante. Son regard passait d'un visage à l'autre, vif, quoi que ses traits soient encore emprunts de sérieux et de concentration : ses réflexes devaient être prêts à fonctionner au quart de tour, que ce soit pour se défendre, attaquer, ou encore fuir. Utiliser son don demeurait un option, quoi que de peu d'intérêt : son vol avait grignoté de manière notable de son énergie, et même s'il lui restait de quoi faire honneur aux traditions militaires de sa patrie, une nouvelle transformation risquait d'être doublement handicapante, d'un point de vue faiblesse et surtout déplacement ; si seulement elle avait eu le pouvoir de devenir, que sais-je, un loup, ou même un ours... Le cygne, tout comme son titre de Déesse des Mariages, ne lui collait vraiment pas. Pourtant, l'atmosphère semblait moins tendue : étaient-ils tous en train de réfléchir ? Au bienfondé de ses paroles ? Ou à la façon la plus sûre de les tuer toutes les deux en évitant les dents du monstre chevauché par la guerrière aux cheveux blonds ? Sif ne le saurait jamais.

En une fraction de seconde, son univers passa de la plaine immense transformée en prison de chair par ces insulaires hésitants à un mélange épileptique de couleurs à la fois diffuses et floues, de contours indistincts et de formes disparaissant aussi vite qu'elles étaient apparues. Même son corps était chamboulé : pliée en deux et la tête en bas, la demoiselle sentait ses jambes battre dans le vide, tandis qu'une rythme de course la secouait à intervalles réguliers et souples. Mais qu'est-ce que...?! Par Yggdrasil, Thrùd venait de la prendre en otage ! Que dis-je, d'agir à la manière de ces barbares qui, en quête d'une épouse, enlevait une innocente à sa famille avant de la jeter en travers de leur selle et de s'en aller l'épouser de force à grand fracas ! Si sa compatriote avait été un homme, course effrénée à dos de loup géant ou pas, Sif lui aurait fait amèrement regretter le fait d'être né, détestant les mauvaises surprises, et encore moins être traitée comme un objet, une petite chose fragile incapable de se tirer toute seule d'affaire. Personne ne lui avait demandé son avis, et cela l'aurait agacée au point de la rendre au minimum invivable, au pire brutale... S'il ne s'était pas agi de Thrùd. Qui, à l'évidence, avait cru bien faire. Qui gagnait automatiquement l'apaisement de toute irritation outragée de la part de Sif du fait de sa filiation. Deux poids deux mesures, effectivement... Sigr continua donc sa galopade sans interruption, et l'Asyne, ses doigts crispés au coeur des longs poils soyeux de l'animal, tâcha de s'équilibrer autant que possible, sentant contre sa joue la chaleur du sang pulsant à travers son corps massif, les narines emplies de l'odeur acre de la bête.

Loué soit Odin, cette expérience pour le moins déplaisante trouva plutôt prestement une conclusion. La question de la cavalière, aussi diplomate la guerrière souhaite être en la présence de la fille de Thor, reçut une réplique à la fois étouffée et indignée :

-... Laissez-moi descendre...!

... Oui, pas très poli tout ça, même si cela se comprenait. Pour mieux appuyer sa requête, la brunette agita les mollets, quitte à taquiner les flancs de leur monture de la pointe des pieds ; le message parut cependant assez clair, puisqu'on la laissa se dépêtrer de sa position XXX, sinon infamante. Déposée à terre, à moitié avec l'aide de Thrùd, à moitié par ses propres moyens, son premier pas fut un brin hésitant, le temps que l'univers se retrouve dans le bon sens. Quelques secondes supplémentaires furent nécessaire afin de dissiper toute impression de tournis intempestive, autant de temps de silence qui s'installa sans qu'au final, la Valkyrie obtienne une réponse valable.

-Mais bon sang, qu'est-ce qui vous a pris ? se récria presque Sif, encore un peu sonnée par tout ce chambardement, et adoptant à son tour le vouvoiement, fait rare lorsqu'elle s'adressait à un autre Nordique. La situation était sous contrôle...!

Et ses yeux, soulignés par des sourcils froncés, semblaient dire : "j'avais la situation sous contrôle !". Heureusement que ces mots-là n'avaient pas été prononcés, car cela aurait été bien irrespectueux envers Thrùd et la peine que celle-ci s'était donnée pour éviter un esclandre... Il n'en était pas moins vrai que leur repli précipité sans raison apparente les feraient passer pour de belles lâches, tel était l'avis de l'Asyne. "Merci en tout cas de m'avoir sauvé la mise" n'aurait quoi qu'il en soit pas été de trop...

Cette dernière soupira, abandonnant ce débat qui de toute façon ne servait à rien, la plaine étant loin derrière elles.

-Je vous sais grée de votre offre, Thrùd. Mais je ne puis regagner ma demeure sans connaître la raison de toute cette hostilité envers notre peuple. Que s'est-il passé ?

Dans sa voix, il n'y avait plus de reproche, seulement le besoin de savoir, sans curiosité mais avec une certaine préoccupation : la Valkyrie était de confiance, et saurait compléter les zones d'ombre.



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Dernière édition par Sif le Jeu 4 Juil - 13:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Jeu 4 Juil - 9:28

Sif se mit à s'agiter, battant sans vergogne les flancs de Sigr. Thrùd la regarda un instant faire, perplexe. Qu'est ce qui justifiait une telle violence? La valkyrie et son loup l'avaient tout de même tirée d'un fort mauvais pas. Elle lâcha la crinière de Sigr à laquelle était cramponnée, libérant du fait Sif, qu'elle avait maintenue avec ses avant-bras.
Toujours plongée dans la perplexité, elle aida la déesse à mettre pied à terre et la regarda peiner à reprendre son équilibre. Autant de chichis pour une petite chevauchée un peu inconfortable! Thrùd se souvenait de situations bien pires, mais Sif n'était peu être pas aussi résistante et habituée qu'elle. Elle avait tendance à ne pas se rendre compte qu'elle avait plus de force physique et de robustesse que la plus part des femmes, qu'elles soient des déesses, des créatures et des humaines. Certes, Perséphone lui avait bien tenu tête quand elle s'étaient battues, mais Thrùd avait quand même triomphé après une bagarre brève, mais intense, ou elle avait même fait une courte crise de furie. Elle en gardait un grand respect pour la déesse grecque, ainsi qu'une molaire cassée qui laissait un trou dans le coin gauche de son sourire.
Thrùd se tourna alors vers Sif et la dévisagea un instant, puis éclata de son habituel rire sans joie. Cette déesse ne doutait vraiment de rien! Comment pouvait-on battre ainsi des records d'aveuglement? La valkyrie déchaussa son pied gauche de son étrier et le posa sur son genou droit, comme si elle était paisiblement assise dans son fauteuil devant le poêle, puis retira son casque, la bouche entrouverte sur un sourire sarcastique.

"Sif, la situation n'était pas sous contrôle. Pas le moins du monde." Thrùd appuya ses paroles en hochant la tête de gauche à droite, puis poursuivit: "Ils étaient tellement aveuglés par leur propre stupidité que même Sigr ne les impressionnaient pas. J'aurais apprécié de ne pas faire une tuerie, comprenez? Comme je ne pouvais pas vous laisser vous faire mettre en pièce par cette bande de tarés consanguins, je vous ai prise avec moi. Dites moi merci, plutôt que de m'engueuler."

Thrùd reprit une position normale sur sa selle, et pencha la tête pour remettre son casque, quand Sif se remit à parler. La valkyrie interrompit son geste et se tourna vers sa belle-mère.

"Je n'ai pas envie d'en parler. Dites vous simplement que ces gens étaient stupides et mauvais. Vous avez eu un beau frisson, vous pourrez le raconter à vos amies demain dans votre confortable salon et vous pourrez même leur dire à quelle point la bâtarde de votre homme est rustre et mal-élevée." Thrùd lança un regard pénétrant à Sif, puis remit son casque. "Je vais rentrer chez moi, j'ai eu une grosse journée et je rêve d'aller me coucher. Si vous avez encore quelque chose à dire c'est le moment."

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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Jeu 18 Juil - 16:10

Spoiler:
 



Pourquoi cela devait toujours plus ou moins tourner au vinaigre entre elles ? Certes, il y avait des limites que Sif se refusait à dépasser, quoi que Thrùd ne semblât pas les craindre, comme sa rixe contre Perséphone l'avait démontré. Mais même sans que violence et paroles réellement haineuses ne s'immiscent entre elles, l'atmosphère demeurait pesante, voire même vénéneuse lorsque la Valkyrie n'y mettait clairement pas du sien. Nom d'un chien, Sif n'avait pourtant pas l'air si hostile que ça ! Pas très à l'aise, parfois désireuse que leurs rencontres tournent court pour reprendre son souffle et essayer une nouvelle e fois en vain de mettre un nom sur les émotions tournoyant en elle en la présence de la guerrière, mais jamais aussi belliqueuse que pouvait l'être la blonde. Quel était donc son problème ? Ah, c'était vrai, Thrùd se comportait ainsi avec la quasi totalité de toutes les créatures douées de raison de ce monde, et de tous les autres... Une attitude qui ne facilitait vraiment pas les choses.

Une nouvelle fois, Sif tâcha de contrôler son irritation, la part d'elle-même préférant le tact et ne pas répondre à chaud tâchant de faire patienter encore un peu celle plus encline à répliquer du tac-au-tac, et sans prendre de gants. L'idée que toute altercation puisse menacer son amitié avec Thor agissait telle une pluie glacée sur le fer rouge de son agacement ; combien de temps le duel entre le chaud et le froid tiendrait-il avant, le retour ou calme, ou le cas échéant, et malheureusement, de céder à l'appel si tentant du règlement de comptes bien senti. Aussi courageuse que soit la défenseure du Valhöll lors de brefs épisodes, son mauvais caractère finirait bien par suffisamment motiver quelqu'un pour lui dépeindre ses quatre vérités, et ce même simplement pour se défouler, puisque rien ne semblait pouvoir écorner la haute opinion qu'elle nourrissait à son propre endroit. Quelqu'un qui n'aurait peu peur de perdre le père en se mettant à dos la fille... Thrùd, pas forcément rapporteuse ? Honnêtement, vous auriez accordé foi à cette notion, aux vues de son comportement ?

-Comment pouvez-vous le savoir, vous n'avez même pas essayé, lui rappela la Scandinave d'une voix à la fois sombre, et pleine de défi malgré sa retenue.

Mais c'était vrai qu'essayer, ç'aurait été accorder le bénéfice du doute à ces gens, leur laisser une seconde chance, et donc quelque part avoir foi en eux, aspirer à un climat de paix à construire ensemble, et non à imposer à coup d'estoc. Il était certain que les gens ne vous aiment pas quand la seule facette de vous qu'ils perçoivent se résume à une furie n’essayant même pas de sauver ce qui pouvait l'être... Aussi obtus et dans l'erreur soient-ils, paradoxalement. Les Valkyries, nées et ne vivant que par la guerre, avaient sans doute perdu cette vision humaniste, quoi que réaliste, trop désabusées par les monceaux de cadavres ayant jonché les champs de batailles qu'elles visitaient avant l'Exil. Au final, c'étaient elles les plus mal loties, durcies par ces horreurs, avilies par le plaisir de voir le sang couler, et la souffrance leur apporter les âmes de valeureux mortels. La mort faisait partie intégrante de la culture scandinave, autant pour les hommes que pour les dieux, l'honneur s'inscrivant chez les uns comme chez les autres dans une existence digne suivie d'un sacrifice héroïque, au point de les faire passer dans l'imaginaire collectif pour des brutes primaires juste bonnes à se taper dessus. S'ils avaient été envoyés là, c'était pour travailler sur eux-mêmes, pas pour enfoncer un peu plus le clou. Encore des notions impossible à expliquer à l'aveugle et sourde Thrùd...

La suite du programme fut cependant à son calme relatif ce qu'une tempête est à la frêle embarcation. La condescendance à peine voilée de son interlocutrice était tout bonnement insupportable. Quoi, croyait-elle que parce que Sif n'était ni déesse de la guerre ni l'une de ses sœurs, elle n'avait rien d'une guerrière pour autant ? Que parce qu'un homme avait décidé pour elle de son avenir en la rendant responsable des Mariages, elle devenait une maîtresse de maison précieuse n'ayant d'autre activité que de préparer des petits gâteaux pour l'heure du thé ? Par les neuf branches d'Yggdrasil, il n'y avait pas pire insulte pour la Nordique que celle remettant en cause ses aspirations, son mode de vie, ses valeurs. Toute sa vie, Sif avait dû lutter contre des volontés hautaines qui s'étaient ries de son désir de se battre comme un homme, qui l'avaient traitée comme une gamine avec des rêves trop grands pour elle. À chaque fois, la jeune femme avait encaissé l'affront, pour mieux leur montrer qui elle était vraiment, et qu'elle méritait de porter l'épée autant que Tyr, ou que les fameuses mais non moins invivables Valkyries. Que Thrùd, combattante émérite, la dénigre au point d'annoncer tout haut qu'elle ne voyait pas autre part que dans un canapé moelleux s'avérait être soit un faux pas inconscient quoi que fort dommageable, soit le fruit d'une volonté mal intentionnée. Dans tous les cas, Sif en avait assez de son air pompeux de mademoiselle "je ne supporte personne car je vaux mieux que vous", qui la rendait simplement encore plus superficielle que celles et ceux qu'elle ne se gênait pas pour déprécier.

La suite de son discours, complètement incompréhensible, finit de dégoûter la jeune femme de ce bref échange ; cette fois, ses sourcils se froncèrent avec exaspération, tandis que son ton n'avait plus rien de neutre, dévoilant juste son ras-le-bol à l'extrême limite de la politesse :

-"Mon homme" ? Mais de quoi parlez-vous ?  ça n'a aucun sens ; et puis pourquoi aurais-je donc quelque chose à vous dire ?

Autre que des choses que la blonde aurait feint de ne pas entendre, avec un air passablement ennuyé, mais qui pourtant la démangeaient sérieusement. Non, vraiment, pour l'instant, Sif avait juste envie de partir à la recherche de ses amis, ainsi que d'une personne enfin capable -et surtout désireuse- de la renseigner. Parce que visiblement, Thrùd ne se sentait pas vraiment concernée par ces phénomènes pour le moins inquiétants, et encore moins par le fait que les siens puissent servir de cibles à une populace mal informée. Oh, mais après tout, de la part d'un bourrin, comme elle se définissait elle-même, ça ne devait pas être trop surprenant... Quelque part, Sif aurait peut-être aimé que les choses en soient autrement, qu'un dialogue, même compliqué, soit possible entre elles. Un projet que Thrùd renvoyait à l'état de pure chimère.



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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Sam 31 Aoû - 10:08

Thrùd rajusta la maille de son casque en jetant un regard las à Sif à travers les lunettes de son casque. Mais ne pouvait-elle simplement pas fermer son clapet et cesser d'essayer d'avoir le dernier mot? Qu'est ce qu'elle y connaissait? La valkyrie n'avait pas passé son éternité installée confortablement à Asgard, elle, et il lui semblait qu'elle était plus apte à évaluer la situation que Sif. Thrùd ne prit toute fois pas la peine de lui expliquer et se contenta de l'écouter d'une oreille vague en constatant que des flèches s'étaient échappée de son carquois pendant la folle chevauchée.

*Le cuir est détendu, il va falloir que j'en fasse un nouveau. J'irais acheter du cuir demain..." pensa-t-elle en comptant les flèches restantes.

Sif commençait à perdre son calme, au grand amusement de Thrùd. Ce ton qu'elle s'efforçait de garder neutre, mais qui suintait d'énervement malgré tout la fit sourire. Cela ne se vit pas sur son visage, mais ses yeux se plissèrent. Elle n'avait pas comprit l’allusion visiblement.

"Mon père. Le dieu de la foudre. Thor, quoi." répondit-elle sur un ton indifférent. "Vous devez lui en vouloir de vous avoir préféré une humaine quand même, non?"

La provocation était peut-être de trop, mais Thrùd n'avait pu s'en empêcher. C'était traître, c'était vraiment vraiment bas, mais sa mauvaise humeur atteignait des sommets et elle ne pouvait pas décemment coller un pain à Sif pour se défouler, à moins de vouloir se prendre une raclée de son père à cause de cette fâcheuse tendance qu'elle avait de casser la gueule à ses amies. Elle trouvait donc d'autres moyens, plus vicieux mais presque aussi jouissif.

"Bon, ravie de cette entrevue. Je peux toujours vous déposer rue d'Asgard si vous le souhaitez. Sinon passez le bonjour à mon père."

Thrùd ébouriffa les poils de l'encolure de Sigr, puis claqua de la langue. Le loup partit à l'amble dans la faible lueur de la lune. Pour une fois, il avait eu la décence de ne pas s'enticher de Sif, contrairement à cette sale habitude qu'il avait. Loki, Idun, Artémis, il les avait tous faits.
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Ven 6 Sep - 20:16

Le pire, dans tout ça, c’était qu’elles ne s’écoutaient même pas, Sif pour une raison assez obscure qui la tétanisait presque un peu, et Thrùd… Tout simplement parce qu’elle n’en avait rien à faire. En découlait donc, inévitablement, un dialogue de sourds –enfin plutôt de sourdes en l’occurrence-, duquel au fond rien de réellement positif ne pouvait ressortir.

Pour une fois cependant, Sif se montra toute ouïe, quoi que la réponse à sa question ne soit pas tout à fait autant espérée de sa part que ce qu’elle aurait voulu. Vous savez, c’était l’éternel dilemme : à quel point souhaitiez-vous entendre des choses blessantes, désagréables, qui brouilleraient les pistes et mettraient à mal votre vie ? Tout ignorer constituait-il quelque chose de pire ? Trop tard cependant, l’interrogation avait été formulée, et la Valkyrie se fit un malin plaisir de lui donner « satisfaction ».

L’espace de quelques millisecondes, la Nordique ne dit rien, parfaitement de glace, le temps que son esprit appréhende bien toutes les nuances des mots de sa vis-à-vis. Alors c’était cela, l’épine qui ne cessait de blesser. Le croquemitaine de leur relation gangrénée. Un quiproquo monstrueux. Si les sourcils de Sif avaient pu se froncer encore plus, ils l’auraient fait, tant la surprise et l’absurdité de tout ceci dépassaient ce qu’elle parvenait à appréhender intellectuellement –trop étrange, trop déroutant, trop… tout-.

-C’est absurde… ! Il n’y a jamais rien eu entre Thor et moi. Nous sommes amis, et rien de plus.

Périlleuse répartie, car il ne valait mieux pas qu’une Valkyrie ait l’impression d’être traitée de menteuse, ou pire encore, de sotte n’ayant rien compris du tout à l’histoire… Cependant, la brunette n’avait pu empêcher sa véhémence de s’exprimer, et ce avec détermination : elle n’était la maîtresse de personne, et ne laisserait personne salir l’honneur de son meilleur ami, même par les insinuations douteuses de la fille de celui-ci.

Notez tout de même, au passage, le choix inconscient de sa formulation : il n’y avait effectivement jamais rien eu entre eux… Mais il n’était pas dit qu’à l’avenir, il n’y aurait rien. Ah, le déni pur et dur, quelle chose formidable…

-Je respecte ses choix, quels qu’ils soient, continua la déesse en serrant un peu plus les dents, tentée de répondre plus sèchement que cette femme n’était restée qu’un instant dans la vie de Thor, elle. Vous devriez en faire de même, par considération pour lui.

Oui, l’acide de la mesquinerie lui avait brûlé les lèvres… Cela ne faisait cependant pas partie de son caractère, de se montrer blessante, du moins pas tant qu’une attaque n’avait pas été orchestrée clairement contre elle où ceux lui étant proche. Vu comment Thrùd était partie, l’on pouvait soupçonner qu’un jour, cette retenue n’aurait plus lieu d’être, quand les diffamations seraient devenues assez grave pour tenir lieu de déclaration de guerre. Thor constituait leur dernière rambarde de sécurité, un garde-fou salvateur, car aucune d’entre elles ne souhaitait le perdre pour une dispute aussi futile. Si le maître de la Foudre n’avait pas été là… En même temps, sans lui, la guerrière au loup n’existerait même pas, ce qui aurait grandement simplifié le problème, et fait de la vie de Sif un désert sans couleurs.

Cette dernière releva imperceptiblement le menton : elle n’avait rien à cacher ni à prouver, pourquoi donc se tourner les sangs ? Elle avait officiellement dissipé le malentendu, toute mauvaise foi de la part de la demoiselle tomberait sous le sceau de l’entêtement enfantin, ce qui causerait du tort à Thrùd, et non à elle. La Valkyrie souhaitait être considérée comme elle le méritait ? Qu’elle donne des raisons de mériter cette estime.

-Allons-y.

Les brèves secondes de silence ayant précédé ces derniers mots avaient laissé planer le doute quant à la fin de cet échange en équilibre sur une corde raide. Le petit côté bravache de Sif s’exprimait néanmoins, pleinement soutenu par sa fierté, son désir de paraître intouchable et intouchée, et ce pour elle-même avant tout. Si cela convainquait son interlocutrice, tant mieux ; sinon, qu’elle aille au diable avec ses balivernes. Au moins, l’Asyne essayait, ce qui ne pourrait que la servir, quoi qu’il s’agît là d’une pensée un peu trop finaliste pour la Scandinave. Non, cette dernière voulait simplement faire les choses dans les règles, sans repousser une main plus ou moins charitablement tendue. Et lui prouver qu’elle ne la craignait pas.

Sans même attendre une réponse ou un geste de sa part, la jeune femme se mit en marche vers la fameuse rue d’Asgard, avec dans l’idée de ne pas lâcher cette occasion par lâcheté insoupçonnée de son cœur, tellement à nu dès qu’on évoquait Thor. Allons, les troubles de son âme ne l’empêcheraient pas d’être quelqu’un de fort et de décidé, tout de même ! Ce serait un monde sinon !

Ah, Sif, si têtue… Si inconsciente d’une réalité aussi évidente que le nez au milieu du visage.



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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Dim 8 Sep - 19:24

Thrùd arrêta Sigr quelques mètres plus loin, pour regarder Sif emmêler dans ses protestations. Elle ne s'était pas rendue compte que cette question n'était qu'une provocation. Mais tant pis, au moins la valkyrie était maintenant sûre de la relation de Thor et de Sif.
En même tant, il n'y avait que la vérité qui blessait. Thrùd s'imagina un instant former une famille avec son père et la déesse. C'était ridicule. Sa vraie famille s'était dispersée à travers Némeïl: les valkyries avaient été pour elle autant de mères, de tantes et de soeurs, autant qu'une enfant pouvait en rêver. Thor n'avait prit son rôle de père que depuis très peu de temps et il faisait partie de ce qu'elle considérait comme sa famille. Mais ce n'était pas le cas de Sif. Elle n'était qu'une étrangère.
Si jamais elle et Thor venaient à s'unir, d'autres enfants pourraient naître. Et le dieu de la foudre pourrait préférer ses charmants bambins légitimes à une bâtarde déjà adulte et dotée d'un caractère épouvantable par-dessus le marché. La peur serra de sa main glacé de coeur de feu de Thrùd. Elle en mourrait si elle perdait la faveur nouvellement acquise de son père.
L'angoisse coupa le souffle à la valkyrie. Elle n'écoutait plus ce que disait Sif, mortifiée par cette idée encore inenvisagée. Ses mains se mirent à trembler très légèrement, imperceptiblement, mais suffisament pour marquer un trouble profond chez Thrùd, qui avait habituellement un contrôle parfait sur son corps. Elle entendit alors Sif comme à travers du coton. Elle reprit une respiration normale en réalisant qu'elle n'inspirait qu'à petits coups comme si elle était blessée au ventre, puis se tourna vers elle, sans même songer à être désagréable.

"Vous ne voulez pas monter?" dit-elle d'une voix rauque en tapotant le dos de Sigr derrière elle.
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Lun 16 Sep - 19:54

De toutes les mythologies, le panthéon nordique devait être le plus instinctif. Celui que l’on imaginait sans mal lancé dans d’interminables chasses, de l’aube grise jusqu’à la tombée de la nuit, à travers steppes sauvages, montagnes escarpées et forêts de résineux impénétrables, c’était eux, sans nul doute, drapés dans d’épaisses peaux de bêtes qu’ils avaient tuées de leurs mains. Alors que les élégants Grecs et les délicats Romains demeuraient associés à leurs belles toges blanches et à leurs agapes maniérées, le rude vent de l’Europe septentrionale nimbait les Scandinaves, tout de rudesse et de force à l’état brute. Certains parmi eux, malgré tout, conservaient une part de douceur, à l’instar de Freyja, Frigga ou même Sigyn, des déesses associées à la faille ainsi qu’au foyer ; il n’en restait pas moins vrai qu’en dehors de cette poignée de figures en apparence paisibles –n’imaginez pas ces dames incapables de lever une épée-, les autres faisaient figure de combatants hirsutes à peine civilisés, pleinement heureux que lavés dans le sang de leurs ennemis. Que voulez-vous, les Vikings avaient laissé une trace si vive dans l’esprit collectif, qu’à la longue, les réputations devenaient difficiles à redessiner de bout en bout !

Néanmoins, au moins dans le cas de Sif, le sixième sens était bel et bien une chose réelle, un outil qui par moments s’exprimaient sans que sa propriétaire le lui eût demandé, ou même s’en rendît compte. Ainsi, peut-être percevait-elle inconsciemment le mal-être de la fille de Thor, qui augmentait d’un cran le sien, comme un animal s’effraie en écho de l’inquiétude de son voisin, même sans savoir exactement de quoi il retourne ? En tout cas, foi d’Asgardienne, interagir avec quelqu’un avait rarement été aussi dur pour la brunette, pas aisée à approcher certes, mais nullement versée dans les hésitations, propres aux faibles et aux damoiselles, deux catégories n’étant point les siennes.

-À nouveau, votre suggestion est louable, répondit l’Asyne, sans avoir l’air fondamentalement reconnaissante, quoi qu’à son ton, on sentît qu’elle accordait du prix à l’offre de Thrùd, malgré la distance que lui permettait de conserver sa réponse. Mais chevaucher un loup géant est votre privilège. Et puis j’ai volé pour arriver jusqu’ici ; me dégourdir les jambes me fera du bien.

Oui, un privilège de Valkyrie, chose qu’elle-même ne pourrait qu’imaginer, à jamais privée de la chance d’appartenir à cette caste… Ah, si Sif avait été des leurs, rien que cela, ça aurait sans doute beaucoup aidé ! Thor et elle seraient certes toujours promis à un bel avenir, encore inquiétant pour la guide des âmes des bretteurs tombés sur le champ de bataille ; cependant, la fraternité qui les aurait liées aurait constitué le premier pas qui ne parvenait à se dessiner présentement entre elles.

Ç’avait été avec dégagement que la jeune femme avait évoqué son pouvoir de métamorphose, n’en rajoutant pas, car consciente que ce type de don mettait mal à l’aise certains, à commencer par celles et ceux l’ayant encerclée sur la plaine. Durant le bref silence qui suivit, seulement ponctué par le bruit léger de leurs pas, et celui encore plus feutré des pattes de Sigr, elle se prit à songer à toutes ces personnes, au ressentiment qui les avait toutes liées à cet instant précis. Si seulement l’amitié et l’ouverture d’esprit avaient pu en faire de même ! Espérer la paix sur l’île paraissait parfois une tâche plus que malaisée, potentiellement impossible, et cela déplaisait à la brunette, trop têtue pour abandonner son projet de cohésion inter-mythologies.

-Vous les auriez attaqués ? demanda-t-elle de but en blanc, en regardant la route devant elles.

Brève pause, avant un succinct coup d’œil vers Thrùd. La remercier pour son aide, à présent que l’émotion de la course se voyait retombée, n’aurait été insurmontable, si elle avait su comment s’y prendre.

-Sur la plaine, je veux dire. S’ils n’avaient pas hésité à donner l’assaut.

Un bain de sang des plus dommageables, voilà ce que ça aurait donné. Mais l’aide que la Valkyrie lui avait apportée, de même que sa proposition de locomotion vers leur quartier résidentiel, tout cela constituait un lot de preuves de bonne volonté que Sif ne pouvait ni ne désirait ignorer. À son tour, elle tentait une approche, sans trop savoir si une conversation pourrait en naître, à la place d’un silence pesant…



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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Ven 20 Sep - 16:18

Voler? Ah, oui... Thrùd se souvint d'avoir entendu parler des pouvoirs de métamorphe de Sif. Elle se demanda ce que cela pouvait faire de changer de peau, de devenir une autre créature. Devenir un loup par exemple. Elle chevauchait Sigr chaque jour que les Nornes avaient tissé depuis une éternité, il était un véritable prolongement de sa volonté et elle avait toujours une idée de ce qu'il pensait. Les deux se ressemblait tant qu'ils agissaient souvent de concert dans la vie quotidienne et ne faisait plus qu'un au combat. Mais malgré tout, Thrùd n'avait aucune idée de ce qu'on pouvait éprouver quand on était un loup.

La valkyrie aurait aimé faire part de ses réflexions à Sif mais n'osa pas. Il lui semblait que dans cette nuit silencieuse et froide, seulement troublé par les bruits de pas de la déesse et le léger grattement des griffes de Sigr, une paix fragile était née et qu'elle la briserait en parlant. Et puis, il ne fallait quand même pas que Sif pense qu'elle l'appréciait!

La nuit était si calme que Thrùd sursauta presque quand la déesse prit soudain la parole brisant le silence comme une pierre à travers une vitre. En voilà une question bizarre! Le fait que Sif en doute l'étonnait.

"Non, bien sûr que non." répondit la valkyrie d'une voix suintant l'ironie. "Ces braves gens auraient eu droit à du cygne rôti pour le diner."

Thrùd éclata de rire. Pas méchamment, mais elle trouvait cette question si insolite. Elle ne serait pas interposé pour ensuite se dégonfler et s'enfuir si la foule avait chargé. Si ils avaient attaqué, elle aurait fait un bain de sang sans hésitation. Penser pouvoir menacer une de ses compatriotes sous ses yeux sans qu'elle ne châtie au centuple l'imprudent était pour ainsi dire littéralement une erreur fatale.

"Bon, sérieusement, je les aurait massacrés jusqu'au dernier" la valkyrie avait parlé sur un ton léger comme si elle avait entretenu Sif du succès de ses semis de géranium, mais son ton se durci soudain, avec un tremblement de furie sous-jacent. "On ne touche pas une déesse d'Asgard devant mes yeux. Surtout une amie de mon père."
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Mar 8 Oct - 20:45

Les sourcils de Sif se froncèrent presque alors que sa compagne de marche utilisait le procédé du sarcasme, arme qu'on ne se serait pas attendu, il était vrai, à voire maniée par une personne comme Thrùd. Ne nous faîtes pas dire ce que nous n'avions pas dit : l'Asgardienne ne sous-estimait pas la demi-déesse au point de la penser trop "bas de plafond", comme le dépeint l'expression populaire, pour penser l'ironie hors de sa portée, du fait de ses manières vraiment rustres, ainsi de ses si rares contacts avec la noblesse de son monde ! Certes, la Cour d'Odin pouvait receler bien des périls, y compris des traitres au sourire d'ange, mais ils demeuraient beaucoup moins impressionnants dans la menace qu'ils véhiculaient ainsi que dans leurs manières de faire que les hautes figures sanglantes du reste de leur mythologie, dépourvues de fastes pompeux, assurément pourtant disposées à tuer, sans donner dans la dentelle.

Que la blonde se donne ainsi la peine d’agir « civilement » -comprenez par là user des instruments un peu retors créés de toute pièce par la société, et non uniquement son mauvais caractère, ainsi que ses poings et diverses armes pour témoigner de sa désapprobation- constituait-il un bon signe ? Un semblant de lumière au bout du tunnel ? En même temps, sa boutade ne pouvait réellement être qualifiée de drôle ; du moins sa destinataire n’en ressentit pas une immense hilarité. Même un sourire faiblard fut hors de portée, tant Thrùd, en fin de compte, aurait pu être sérieuse, parlant vraiment avec son cœur, et non en tentant de mettre de l’eau dans son vin, poussée par l’idée de ne pas déplaire à son père, ou encore de cadrer un brin avec les règles d’une société en marge de laquelle elle se tenait avec fierté. Quel paradoxe, de se sentir prête à concéder un certain nombre de chose, tout en sentant encore une partie de soi-même enracinée dans le sol, enchaînée à d’instinctifs élans l’exhortant à prendre la fuite, à cesser toute entreprise audacieuse ! C’était sans doute l’une des premières fois où Sif avait ainsi à apaiser l’ombre animal planant au plus profond de son cœur, irraisonnable, viscérale. Même avec les gens qu’elle n’appréciait clairement pas, ça n’avait jamais été si semblable à une sorte d’écartèlement dont on n’aurait su quoi penser ; certainement parce que dans ces cas-là, les choses avaient été définitivement tranchées, une bonne fois pour toute, sans avoir à faire face à toute une palette de nuances.

La rectification de la Valkyrie, néanmoins, effaça d’un trait ses quelques doutes, la rassurant : d’un hochement de tête appuyé d’un léger sourire, l’Asgardienne garda encore un peu le silence, devenant un brin songeuse quant à la suite des affirmations de celle marchant près d’elle :

-Je comprends votre position, vraiment, quand bien même n’ai-je pas souhaité lever la main sur eux. Et je ferais exactement la même chose en pareille situation.

La demoiselle releva les yeux vers l’altière silhouette qui, juchée sur le dos mouvant du loup géant, se découpait dans le ciel nocturne, agrémentée d’une chevelure presque lunaire qui ajoutait à l’aura naturelle émanant d’une personne aussi mystérieuse, sauvage et légendaire que l’enfant du Tonnerre.

-Nous ne sommes peut-être pas si différentes…

Le dérapage. En prononçant ces mots, l’Asyne s’en rendit instantanément compte. Toutes deux ne ressemblaient pas moins à deux navires s’approchant l’un de l’autre, lentement, avec précaution, toute précipitation pouvant mener au drame. Et là, le pas trop large, le choc potentiellement imminent. Trop tard pour remonter le temps : son seul don consistait en la métamorphose, certes en un animal lui permettant de s’évader loin du sol, loin des problèmes qui subsistait sur terre, au-dessus de tout heurt et de tout sentiment, mais il lui aurait bien fallu redescendre un jour, et retrouver ce que Sif y avait laissé, non ? Après tout, l’Univers entier était né d’un choc, d’une unique rencontre chargée d’énergie, de laquelle avait surgi la vie un peu par hasard, là où le chaos aurait été la seule autre alternative…




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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Ven 11 Oct - 17:18

Thrùd sourit. Cela ne se voyait pas sous son masque de maille, mais elle souriait. Sous son langage châtié et ses manières de princesse, Sif était peut-être quand même quelqu'un d'intéressant, au final. Elle avait bien dit "peut-être", rien n'était sûr. Si cela se trouvait, elle n'était en effet qu'une poule d'eau blanche écervelée et doté d'un caractère insipide comme le pensait Thrùd à la base.

Elle venait tout de même de lui dire à demi-mots qu'elle n'aurait pas hésité à faire un massacre pour la protection des autres déesses d'Asgard! Non, vraiment, quand Sif affirma soudain qu'elles deux n'étaient pas si différentes, la jeune valkyrie ne pu qu'approuver mentalement, mais ne répondit pas. Thrùd était quand même trop fière pour admettre qu'en effet, elles étaient plus semblables qu'il n'y paraissait. Aussi elle ne dit rien préférant laisser les choses en l'état.

Elle laissa donc le silence retomber sur la rue. A nouveau on entendait plus que le léger grincement des griffes de Sigr sur le pavé, et de temps à autre le couinement d'une sangle de son harnachement. Mais le silence mit bientôt Thrùd mal à l'aise et elle ressentit un urgent besoin de le combler.

"Vous préférez la hache ou l'épée?" demanda-t-elle soudain.

Un renseignement utile à avoir selon elle. Et un bon moyen d'engager une conversation qui ne lui serait pas trop désagréable.
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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Dim 17 Nov - 19:44

Finalement, l’explosion attendue n’eut pas eu lieu. Ce n’était pas que Sif avait presque raidit les épaules dans l’attente d’une remarque acerbe bien sentie destinée à la remettre à sa place, mais quasiment. Quand on voyait la force de caractère dont savait faire preuve Thor, surtout lorsqu’il avait décidé de ne pas faire d’efforts pour caresser dans le sens du poil des personnes qu’il n’appréciait pas, le protocole aristocratique avait plutôt intérêt à se cacher dans un trou de souris, en attendant des jours meilleurs, et surtout des Asgardiens moins brutes de décoffrage ! Des choses que la jeune femme savait parfaitement encaisser, en étant d’ailleurs rarement la cible –ou alors de la part de courtisanes précieuses trop stupidement frivoles pour se rendre compte que la combattante, d’un coup de lame, aurait pu les couper en deux dans le sens de la hauteur sur le champ de bataille, ou par « accident » dans l’arène d’entraînement. Même le Dieu de la Foudre n’osait râler de trop à cause d’elle, sachant pertinemment que la brunette, bien que beaucoup moins épaisse que ses muscles de titan, arrivait à crier au moins aussi fort que lui lorsque sa réserve posée ne lui permettait plus d’obtenir le respect lui étant dû.

Avec Thrùd, l’option de jouer des poings en dernier recours passait à l’as, d’où une tactique défensive à user et abuser, jusqu’à ce que chacune d’elles réalise que tout danger se voyait écarté. Ladite tactique baissa d’un centimètre ses boucliers invisibles, alors que la Valkyrie ne se vexait en rien de son audacieuse comparaison, pour mieux converser comme l’auraient fait deux personnes lambda sans bagage émotionnel particulièrement dur à gérer.

Sif médita sa réponse à peine plus de quelques secondes, se connaissant par cœur dès qu’il s’agissait d’art de la guerre sous toutes ses formes :

-Je dirais l’épée. Même si je sais me servir d’une hache, et que j’ai appris à me battre à mains nues dès l’enfance, d’où une grande expérience dans ce domaine, plus que dans n’importe quel autre.

Sans se vanter, si avec des armes en métal, la déesse s’avérait effrayante, ses poings et près de quatre-vingt pour cent de son corps faisait d’elle une des meilleurs lutteuses de la capitale, fait avéré depuis des siècles, depuis cette belle époque où la demoiselle alors adolescentes écumait les séances d’entraînement des deux Princes et des fils de bonne famille ayan le privilège de s’exercer à leurs côtés. Souriant à se souvenir, elle voulut le partager avec Thrùd :

-… Ton père pourra d’ailleurs en témoigner… ! assura-t-elle sur le ton de la discrète plaisanterie, qu’elle n’avait jamais employé –ou osé employer- avec la bâtarde de Thor.

Ah, le nombre de fois où le fils d’Odin et son frère adoptif avaient mordu la poussière, se retrouvant de branlantes excuses juste pour en pas définitivement perdre la face suite à une défaite causée par une fille qu’ils s’étaient cru capable de battre sans se fatiguer… Tout un quotidien de franche camaraderie que Thrùd avait connu en parallèle chez les Valkyrie, sans pourtant la terrible conclusion qu’avait connu le fameux trio : le déchirement dû à Loki et sa face si sombre.



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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Lun 18 Nov - 21:36

L'épée? Oui un bon choix. Avec un bouclier, il était possible d'affronter à peu près tous les types d'adversaires. Thrùd n'avait pas de préférence: elle trouvait plus simple de charger et de combattre sur Sigr à la hache, car elle ne pouvait pas se permettre d'être encombrée par le bouclier essentiel à son style de combat à l'épée, mais préférait cette dernière dès qu'elle devait poser un pied par terre. C'était un sujet sans fin mais l'attention de la valkyrie fut attirée par la dernière phrase de Sif.

Son père. Elle venait de lui rappeler à quel point elle était plus proche de Thor qu'elle. Ils s'étaient entrainés ensemble des milliers de fois et s'étaient battus cote à cote pendant des millénaires. Si seulement il avait pu en supprimer quelques uns pour venir jouer avec elle quand elle était enfant, corriger la position de son bras quand elle apprenait à tirer à l'arc, l'aider à apprendre ses mouvements d'épée, à développer sa puissance à la hache, bref à lui manifester le peu d'affection et d'attention que souhaitait à l'époque une petite fille accompagnée par un louveteau pas plus gros qu'un chat.

Toute sa vie, elle avait souffert du manque d'attention de son père et c'était parce que Sif et consœurs se l'étaient approprié et lui avait fait oublier sa fille. Thrùd n'était pas haineuse au point de penser qu'elles l'avaient fait exprès, mais c'était néanmoins le cas. Elles arrivaient rue d'Asgard, enfin.

"Au revoir, Sif." déclara la valkyrie sur un ton neutre.

Anticipant les désirs de sa maitresse, Sigr fit demi-tour et s'éloigna au trot pour regagner leur maison rue de Jötunheim.

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MessageSujet: Re: Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]   Dim 1 Déc - 20:54

Spoiler:
 



Echec ou réussite ? La frontière n’était jamais vraiment nette, comme entre l’amour et la haine, selon certains poètes particulièrement inspirés. Ainsi, les plus grands drames pouvaient se trouver évités, sans que pour autant l’allégresse déferla dans les cœurs ; cet entre-deux, ni décevant ni agréable, venait de refermer ses griffes sur Sif, alors que le beau sujet de conversation qu’elle pensait avoir réussi à faire remonter en surface de leur duo conflictuel et opaque, tombait abruptement à l’eau. À qui la faute ? Là aussi, indécision : à la déesse pour ne pas avoir perçu son manque de tact ? À Thrùd, pour prendre la mouche sans réel motif, alors que leur discussion aurait pu, si elle s’était donné la peine de s’ouvrir un peu, devenir réellement sympathique et constructive ? À Thor, pour avoir laissé son enfant sans père, et avoir alors semé les graines des difficultés présentes ? Comme le blanc et le noir n’existant au final jamais de façon complètement séparée, tous avaient au fond à voir avec ça, éventuellement dans des proportions différentes, mais en tout cas, tous les trois se révélaient fautifs. Ce qui les différencierait les uns des autres dans un futur proche ? Les efforts qu’ils mettraient individuellement en œuvre afin d’améliorer ce quotidien bancal, sous pression.

-Au… Au revoir, répondit l’Asyne, trébuchant un brin sur des mots qu’elle ne s’était pas attendue à prononcer si vite, alors que rien ne semblait particulièrement forcer la combattante à jouer cavalier seul.

Ses lèvres se pincèrent une demi-seconde : une pointe d’hésitation encore, par le Sceptre d’Odin, c’en était presque inquiétant, comme son assurance se remettait mal de chaque rencontre avec la Valkyrie. Quelle sottise ! Comment être prise pleinement au sérieux ainsi, non de non ! Même pour elle-même, et indépendamment de ce que pouvait ben penser la progéniture de l’homme de sa vie, cet infime tremblement de son caractère bien trempé s’avérait irritant, incompréhensible, à bannir coûte que coûte. Allez, une dernière tentative, pour que l’honneur soit sauf, pour clore tout ceci sur une note pas si austère que cela !

-Et bonne route… ! lança la jeune femme un peu comme un cheveu sur la soupe, sans doute avec un temps de retard trop long pour que la destinataire de ce maigre souhait l’entendît seulement.

Encore sous le coup de la somme d’évènements venant de survenir entre elles, l’Asgardienne demeura immobile sur le chemin, le regard porté là où Thrùd avait pour la dernière fois appartenu à son champ de vision, avant que Sigr ne l’escamote vers leur cabane.
Dresser un bilan sur le champ se révélait épineux, tant pour l’heure, points forts et points faibles émergeaient tour à tour, sans parvenir à prendre complètement l’avantage au sein d’un raisonnement qui aurait été tout à fait posé et proprement structuré.

La brunette remit donc cela à plus tard : l’énigme mise en relief sur la Plaine demeurait, elle, entière, de même que ses questions relatives à la santé de Thor et des autres –questions qu’avait un peu et inconsciemment rassurées Thrùd par son attitude, qui aurait été beaucoup plus alarmée s’il était arrivé quelque chose de grave à son père. De nouveau sûre d’elle, et bien décidée à démêler le pourquoi du comment, Sif reprit sa route à bonne allure, appréciant décidément peu que des choses lui échappent, dans tous les domaines que ce soit : explication de phénomènes magiques d’ampleur, comme psychologie de demi-déesse cyclothymique.





The End





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Pour l'honneur d'Asgard [pv: Sif]

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