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 Une apparition au milieu des eaux [Megara]

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MessageSujet: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Mer 6 Mar - 17:08

Megara et Hercule




Lorsque j’arrivai à la rivière, je ne savais pas trop ce que je venais y faire. Est-ce que je voulais venir ? Je ne me souvenais même plus d’y avoir pensé. Je suppose que j’avais vagabondé et que malgré moi, mes pieds m’avaient trainé ici, comme pour me torturer un peu plus encore.

Flashback

Ce matin je n’avais pas encore posé le pied par terre que déjà je sentais que cette journée allait être horrible. Je n’avais pas de dons ou quoique ce soit qui me permettaient de savoir ce qui allait se passer, mais j’avais toujours eu cette chose en moi, ce sentiment, cette intuition innée qui me disait lorsque la journée allait être propice. Je me souviens, il y a quelques semaines – bien que cela me semble être des années - j’avais une tâche à accomplir, une de ces douze tâches qui étaient censées m’apporter … Quoi déjà ? Ah oui. La rédemption. Je m’étais levé un matin, et je savais que devais battre les oiseaux du lac Stymphale. Je me souviens encore des moqueries d’Eurysthée quand j’avais reporté ce jour, encore et encore, sous prétexte que j’attendais « la bonne journée ». Et un matin, je m’étais levé, et je l’avais fait. J’avais massacré ces créatures, une par une, sans sourciller. Peut-être l’aurais-je fait aussi la veille, après tout, personne ne sait ce qui ne s’est pas produit, mais j’avais toujours raisonné comme cela. Et aujourd’hui allait être une journée désagréable.

La plupart des gens que j’avais croisés dans la rue recherchaient quelqu’un. Beaucoup semblaient un peu perdu, mais ils ne l’étaient pas vraiment, pas comme moi. Je marchais dans la rue, observant ce qui m’entourait, et je suis à peu près sûr que quelqu’un qui me croisait aurait dit que j’avais l’air serein. Mais ils se trompaient. Ils avaient tous quelque chose à se raccrocher, quelqu’un à chercher, avec qui parler. Alors que moi, je n’avais personne. Ma famille m’avait rejeté, et ce que j’avais construit, ma famille, mon foyer, je l’avais détruit. Je n’avais personne à chercher, et sans mes capacités, personne à sauver. Aucun but, aucune perspective.

Toutes les informations que j’avais recueillies sur cet endroit, je les avais obtenues en parlant à des inconnus. C’était assez vague. Personne ne savait vraiment pourquoi on était là où même qui nous y avait envoyé. J’étais personnellement persuadé qu’aucun Dieu n’aurait eu la motivation nécessaire pour faire du mal à tant de personnes, du moins pas si cela impliquait la perte de ses propres pouvoirs. Mais pour être honnête, je n’avais même pas la curiosité de chercher des réponses à ces questions.

J’avais donc fait la chose qui me paraissait à ce moment-là la plus intelligente –quoique pour être honnête, je me doutais que c’était faux : j’avais trouvé une cave, et avec la force humaine que j’avais toujours, j’avais enfoncé la porte. Et j’avais bu. Le soleil était à son plus haut lorsque j’étais rentré, et lorsque je sorti, il me semblait bien qu’il était beaucoup plus bas. Je dis semblais parce qu’honnêtement, ma vue n’était plus si fiable. J’avais avec mes pouvoirs perdu ma résistance à l’alcool également. Une chose de plus à ajouter à la looogue liste des choses que j’avais perdues.

Lorsque j’ouvris les yeux, je me rendis compte que je m’étais très certainement assoupi contre ce , là derrière. Je fronçai les sourcils. J’avais mal. Je ne savais même pas où …

Fin du Flashback

J’avais donc marché et je m’étais retrouvé là, près de cette rivière. J’étais resté un moment assis à côté, sans penser à rien, juste en regardant l’eau couler dans son lit. J’y voyais passer des poissons de toutes les couleurs, et je suppose que cela occupait mon esprit. Mais je fus interrompu dans mon observation par un bruit sourd derrière moi. On aurait dit un bruit d’animal en peine, aussi je me retournai pour voir. J’aperçu alors ce magnifique écureuil qui semblait s’être coincé la patte après un morceau de bois. Sans réfléchir, je m’avançais pour lui venir en aide. A peine l’avais-je décroché qu’il me mordit le doigt, avant de filer. J’émis un hoquet de surprise en voyant le sang couler de ma main. Quel étrange spectacle. Comment moi, Hercule, fils de Zeus et grand héro, pouvais-je saigner après avoir été … Mordu, par un être si petit ? Je senti la rage monter en moi, et là encore j’agis sans réfléchir. Je cognais de toutes mes forces contre cet énorme rocher derrière moi. Le sang coula de plus belle. Chaque parcelle de ma main me faisait mal, et était abimée. J’éclatai de rire, un rire nerveux probablement, avant de me laisser aller contre ce rocher. C’était ça, la retraite de héros ?

Lorsque je relevai les yeux, je vis Megara, qui se tenait près de l’eau, à quelques mètres de moi. Elle semblait sortir de l’eau, comme à chaque fois que je l’avais vue. Je n’arrivais pas à savoir si c’était Héra, ou mon propre esprit qui me torturait avec ces visions permanentes de ma femme, dès que j’étais au plus bas, mais le fait est qu’elle apparaissait souvent. J’y avais cru les premières fois. J’avais pleuré même je crois. Mais à chaque fois, lorsque je m’approchais trop près ou que je tentais de la toucher, elle s’évaporait. Je me retournai, je regardais partout autour de moi, mais il n’y avait rien. Aussi avec le temps j’avais appris à détourner les yeux, et faire comme si elle n’était pas là.


« Tu es encore venue me torturer. Tu aimes ça n’est-ce pas. »

J’avais ri. Mais là encore, ce n’était pas un rire franc comme celui que je partageais avec ma femme, ou celui que j’avais quand je jouais avec mes enfants, non. C’était un rire sinistre et sans couleur.

« Tu sais que j’y ai cru les premières fois mais ça ne prend plus. Je ne sais même pas pourquoi tu prends encore la peine de jouer à ça. »

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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Jeu 7 Mar - 16:03



    We are never getting back together





L'eau de la rivière était fraîche. Presque aussi fraîche que celles dans lesquelles Mégara avait pris l'habitude de se baigner, sur terre. Toutefois, celle-ci avait quelque chose de différent, quelque chose qu'elle ne pouvait pas vraiment expliqué, mais qui la faisait se sentir mieux. Sur terre, il y avait toujours plus ou moins l'appréhension de rencontrer des humains tels que Créon, qui nourrissaient le projet d'avoir une nymphe uniquement pour leur bon plaisir. Il y avait également les satyres, dont la réputation n'était plus à faire. Et puis, il y avait ses mortels, humbles, venant chercher ce don destiné à guérir leurs proches. Mise à par cette dernière catégorie, lorsque l'on y réfléchissait bien, la vie d'une nymphe sur la terre n'était pas vraiment de tout repos, car le danger pouvait provenir de n'importe où, et ce sans se faire attendre. À Némeïl, on ne pouvait pas dire que tout était parfait et sans risque, la vie lui avait appris qu'elle contenait toujours des défauts. Quoi qu'il en soit, la créature savait pertinemment que personne (ni même quelque chose), ne viendrait la déranger lorsqu'elle était en parfaite communion avec son élément complémentaire : l'eau.

Allongée dans toute sa longueur sur la surface parfaitement lisse de la rivière Styx, Mégara avait les yeux fermés. Sa longue chevelure brune flottait autour d'elle, tel un halo de lumière, tout comme sa robe, d'un blanc rappelant l'innocence des premiers jours. Elle se tenait ainsi, l'air sereine, telle Ophélie, mais belle est bien vivante. Ses sens étaient plus développés que jamais : grâce au toucher, elle pouvait sentir l'eau froide glisser le long de son corps encore tiède ; grâce à son ouïe, elle pouvait entendre chaque craquement de feuille, chaque bruit de feuille sous le vent ; grâce à son odorat, elle pouvait sentir les nombreuses odeurs qu'apportait la nature. Ces moments où elle ne faisait qu'un avec ce qu'il y avait autour d'elle, la nymphe les appréciait tout particulièrement. Ils lui permettaient de s'évader et d'oublier l'instant présent. Ces derniers temps, il lui arrivait un peu plus fréquemment de se rendre en ces lieux, retrouvant ainsi sa véritable nature. Megara ignorait depuis combien de temps exactement elle se trouvait ici, mais elle y était, et cela suffisait à son bonheur. Néanmoins, quelque chose vint troubler cette bulle de paix.
Des bruits et un rire suffirent à « réveiller » la jeune femme, qui ouvrit les yeux, s'aveuglant durant quelques secondes par la lumière du jour. D'un geste gracieux, elle se mit sur ses deux pieds, profitant du fait que l'eau ne soit pas très haute dans cette partie de la rivière. Sa robe lui collant par endroit à la peau, elle la souleva, afin de pouvoir sortir sans escomptes des roseaux entourant le bord de la source. Dans un premier temps, elle ne savait pas quelle était la chose qui avait brisé sa bulle. C'est une fois qu'elle fut hors de l'eau que Mégara entendit la personne à laquelle elle s'attendait le moins.

Hercule. Entendre sa voix, celle qu'elle n'avait pas entendue depuis un temps incalculable lui procura un instant de perdition, durant lequel son coeur s'accéléra. S'il y avait bien une chose à laquelle elle ne s'était pas attendue en venant ici ce jour, c'était bien de rencontrer le héros. La nymphe ne l'avait pas tout de suite regardé. Non, elle s'était arrêtée, l'herbe lui caressant les pieds, le vent lui caressant la peau. Ce ne fut qu'après avoir mis son châle sur les épaules qu'elle osa se tourner vers son mari, son coeur battant toujours aussi fort. La raison ? La peur. La crainte de ce moment, de ces retrouvailles. Les paroles qu'il prononça à son égard ne firent guère grand-chose pour améliorer la situation. Le torturer ? Jouer avec lui ? Était-il bien sûr de parler à la bonne personne ? Aussi loin qu'elle s'en souvienne, Mégara ne pensait pas avoir infligé quelconque souffrance à son époux. Serait-ce possible qu'il se trouve dans le même état de folie qu'à l'instant tragique ? Tant de questions tournaient dans son esprit, dont la plupart sans réponses.

Timidement, mais sûrement, elle s'approcha de Hercule, qui ne la regardait pas. Un violent doute la submergea alors quant à son identité.


-Hercule... ?

Sa voix était calme et particulièrement douce, dénotant aucune intention de « torture », si l'on reprenait son expression. Tout ce qu'elle souhaitait, c'est d'avoir le soulagement de bien se trouver en compagnie de cet homme attendu autant que craint. Si c'était bien le cas, la créature ne savait pas vraiment comment elle allait pouvoir réagir. Le prendre dans ses bras était quelque chose à exclure, bien qu'une partie d'elle-même ne demandait que ça. Elle ne pourrait pas non plus être totalement indifférente, il restait l'homme pour qui elle avait toujours eu des sentiments. Mais également celui l'ayant brisée.
Arrivée à sa hauteur, Mégara s'agenouilla pour observer son visage, si du moins ce dernier osait se tourner vers elle.


-Quand aurai-je bien pu te faire du mal... ? Continua-t-elle, sur le même ton que précédemment, n'ayant jamais été vraiment violente de toute manière.

Elle n'était ni sotte, ni aveugle. De plus, elle connaissait le dieu qu'elle avait épousé : jamais il ne l'aurait accusé de telles choses, et n'aurait pas non plus rigolé de cette manière aussi peu naturelle. Cet Hercule se tenant devant elle n'était en rien celui qu'elle avait connu autrefois. De nouveau, son coeur s'accéléra. Et s'il devenait violent ? Non. Il ne fallait pas qu'elle commence à penser à de telles idées. Il ne lui ferait pas de mal. Pas à elle. L'espace d'un instant, Mégara fut poussé par l'envie de toucher ses cheveux dorés, et encore une fois, cette même partie d'elle brisée et en colère, l'y empêcha.

Quoi qu'il en soit, et peu importe ce qui allait se passer dans les minutes qui allaient suivre, une chose était quasiment sûre : rien ne serait sans doute plus comme avant, entre ces deux personnes qui avaient été pourtant si proches l'une de l'autre.


Dernière édition par Megara le Sam 9 Mar - 21:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Sam 9 Mar - 17:09


Que me voulait-elle encore ? Et comment Héra pouvait-elle continuer à me torturer ainsi encore aujourd’hui ? Il y avait l’incapacité physique bien sûr, car elle était censée avoir perdu ses pouvoirs. Mais j’avais entendu que certains gardaient des vestiges de leur grandeur passée. Si Héra avait encore un pouvoir c’était certainement la manipulation des esprits. Mais sans même parler de cela, n’avait-elle pas mieux à faire aujourd’hui, avec toute cette pagaille, que de s’amuser avec moi ? Ne m’avait-elle pas suffisamment fait souffrir ?

Lorsqu’elle s’avança vers moi, je sentis une rage profonde m’envahir. J’aurais voulu la faire disparaître, supprimer son image de mon esprit, encore plus aujourd’hui. Après tout, emprisonné sur cette île peuplée de Dieux, quelles étaient mes chances de la revoir un jour ? Nulles, certainement. Je relevai les yeux vers elle, et l’observai, alors qu’elle prononçait mon nom. Je savais pertinemment que ce n’était pas elle, mais je profitai de sa présence pour l’observer. Elle était telle que lorsque je l’avais vue la première fois, chez Créon. Elle demeurait la plus belle femme que je n’ai jamais rencontrée, et je savais à présent qu’elle avait bien d’autres qualités cachées sous sa peau laiteuse. Elle avait une force en elle plus grande que je n’en aurais jamais, et la douceur d’une plume. Alors je profitais de sa vue, cherchant à conserver son image dans mon esprit, car je me savais condamné à ne plus la revoir et surtout, même si j’avais cette chance un jour, je n’étais pas sûr d’avoir le courage de la saisir. Alors cette image, cette illusion, c’était sans nul doute ce que j’aurais de mieux de ma femme avant … Sans doute ce que j’aurais jamais de mieux d’elle. Lorsqu’elle s’agenouilla près de moi, je plongeai mes yeux dans les siens. Une hallucination pouvait-elle être si réelle ?

MEGARA ► Quand aurai-je bien pu te faire du mal... ?

Elle était si proche de moi, et j’avais cette envie grandissante de la toucher, de sentir sa peau douce et chaude, de remettre en place la mèche de ses cheveux qui revenait dans son visage. Mais je savais que cela finirait comme à chaque fois, dès que je voudrais la toucher …

Je me souviens de cette journée où elle m’était apparue, près d’un lac, lac où je devais tuer une créature. J’avais beau savoir qu’elle était là pour me distraire, je n’avais pu m’empêcher de discuter un peu avec elle. Elle était semblable à maintenant, douce, drôle. Elle portait la même robe qu’aujourd’hui. On avait parlé un peu, et elle avait fait glisser les bretelles de sa robe, se retrouvant magnifique dans sa nudité. Puis elle s’était retournée vers le lac et y avait plongé, avant de ressortir pour me demander de la rejoindre. « Viens mon amour » avait-elle dit. « Tu sais que je ne te ferais jamais de mal, c’est sans danger. » Et je l’avais rejointe dans l’eau bien évidemment, et la bête m’avait attirée dans les profondeurs. Mais j’étais si fort à cette époque, j’avais réussi à m’en défaire. Et lorsque j’avais ressurgit hors de l’eau, Megara m’attendais, assise sur un rocher. « Embrasse-moi mon héros ». Voilà ce qu’elle avait dit. Mais à la seconde où je l’avais touchée, elle avait disparu.

Ce souvenir me fit revenir à la raison. Contrairement à tout ce que je pouvais me raconter, voir le fantôme de ma femme ne me faisait que du mal, et je devais avoir la force de résister à ces tentations que mon esprit m’offrait. Relevant les yeux vers elle, je secouai la tête.

HERCULE ►Allez, va-t’en.

Je l’avais doucement poussée, comme on chasse une fumée, ou une odeur. Mais ma main s’était heurtée contre sa chair, me faisant fixer un instant la partie de son bras que j’avais touchée. Je la fixai pendant de longues secondes, les yeux écarquillés. Ils parcoururent son visage, ses cheveux, son corps, en une fraction de seconde, avant qu’un sourire ne s’élargisse sur mon visage.

HERCULE ► Oh mon dieu Meg, c’est vraiment toi.

Sans vraiment réfléchir aux conséquences, j’avais attrapé son épaule, comme pour m’assurer que je n’avais pas imaginé ce contact, mais non, je pouvais la sentir, elle était vraiment là. La seconde d’après, je l’attirais contre moi, toujours sans penser à rien, et je la serrais, peut-être trop fort, mon sourire ne voulant pas quitter mes lèvres. Je la serrais, encore et encore, plongeant mon nez dans ses cheveux mouillés. J’aurais juré que de longues minutes s’étaient écoulées avant que je réalise vraiment, mais peut-être était-ce des secondes ? Lorsque j’ouvris à nouveau les yeux, je pris conscience que je n’avais pas le droit de faire cela. Après tout, ne l’avais-je pas lâchement abandonné ? N’avais-je pas tué nos enfants, ses enfants ? Et cette, cette croisade dans laquelle je m’étais lancé … Etait-ce vraiment pour chercher la rédemption que je l’avais entreprise, ou pour ne pas avoir à l’affronter, elle, son regard, et son malheur ? A la seconde où je réalisai cela, je reculai. Ce recul fut difficile, au point que j’avais l’impression que m’arracher à elle revenait à m’arracher un bras, comme si elle était une partie de moi qui n’étais jamais supposée me quitter.

HERCULE ► Je … Je suis désolé.

Pourquoi ? L’avoir prise dans mes bras ? L’avoir abandonnée ? Avoir tué ses enfants ? Il y avait tant de choses pour lesquelles j’étais désolé.

HERCULE ► Je suis juste heureux de voir que tu vas bien, je … Je suppose que je ne m’attendais pas à te revoir un jour … Ici … Megara




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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Lun 11 Mar - 9:59

Megara avait eu raison : ses accusations ne lui étaient pas adressées directement, mais bien à quelqu'un d'autre. Dans un sens, le fait qu'il n'ait rien à lui reprocher la soulagea. Il y avait tout un tas de choses qu'elle portait sur ses épaules, des choses qu'elle voyait maintenant comme honteux lorsqu'elle vit le sourire illuminer le visage de Hercule. En avoir davantage, qui plus est venant de son mari, lui serait insupportable. D'un autre sens, la nymphe n'était pas rassurée à l'idée qu'une personne lui fasse du mal. Était-ce encore Héra, n'en ayant pas eu assez ? S'était-elle fait passer pour elle ? À croire que la déesse ne les laissera jamais en paix, elle, la cause de tout leur malheur. Le couple avait souffert, que ce soit d'un côté comme dans l'autre. Toutefois, cela ne servirait peut-être pas à les rapprocher autant qu'avant, l'un d'eux ayant été l'instrument, l'outil aidant l'homme à briser les chaînes. La jeune femme lui en voulait, c'était certain. Au point de vouloir le voir disparaître, ou encore à le laisser se faire torturer et plus encore ? Malheureusement, tout n'était pas aussi simple.

Lorsque Hercule serra contre lui, Megara se laissa faire sans mal. Les yeux fermé, elle profita de cette étreinte, de cette chaleur qu'elle n'avait ressentit depuis des lustres. Et son odeur, si unique. Ses bras restèrent stoïque le long de son buste, mais nul ne pouvait douter du bonheur que cela lui fit, de sentir à nouveau le corps de l'être aimé contre elle. S'il n'avait pas décidé de la lâcher, sans doute aurait-elle pu rester ainsi des heures et des heures, sans s'en lasser. Bien qu'elle n'avait pas perdu de temps pour remplacer cette agréable sensation, cela lui avait tellement manqué. Néanmoins, la créature fut tout aussi heureuse que ce soit son époux qui décide de s'écarter. Elle-même n'en aurait certainement pas eu la force, du moins en cet instant. Malgré toute la tendresse qu'elle mourrait d'envie de lui accorder, elle n'oubliait pas que c'est de ce corps que le mal avait été fait. Sa tête se baissa alors, cherchant la force de ne pas à nouveau tomber dans ses bras. Une simple image suffit à la lui donner. Une image bien plus nette qu'elle ne l'aurait voulu.
Meg se tenait à genoux, tout comme aujourd'hui, les yeux rouges. Elle pleurait comme jamais elle ne l'avait fait auparavant, les larmes coulant le long de ses joues et gouttant sur sa robe. Entre deux sanglots, elle entendait ses enfants crier, là, dans le feu. Ils hurlaient de douleur, demandant à ce que tout cela finisse, leurs corps se consumant dans les flammes rougeâtres. Impuissante, elle observait la scène avec peur, tristesse et colère.
C'était la première fois qu'elle ressentait à nouveau ces émotions. Mais elle releva la tête, prête à faire face à tous ses fantômes. Être désolé ne suffirait sans doute pas à la refaire fléchir, pas après tout ce temps.


-Après avoir été envoyée ici, j'ai cru jusqu'à aujourd'hui que tu avais échappé à notre bannissement... Ou pire...

Qu'il soit mort.
Meg s'était inquiétée, de ne pas avoir de nouvelle de lui, et encore plus de ne pas savoir où il se trouvait. Avec le départ des êtres mythologiques sur Néméïl, elle avait cru pendant longtemps qu'étant un demi-dieu, son mari était resté sur terre. À son « grand » soulagement, il fallait bien l'avouer, cela n'était pas arrivé.

La nymphe passa sa langue sur ses lèvres, dans le simple but de les humecter. Son regard fut attiré par les marques rouges tâchant ses mains physiquement, et non plus mentalement. Autrefois, elle les aurait prise et aurait pris la peine de les soigner grâce à son don. Maintenant, elle n'en ferait rien, non seulement parce qu'elle ne possédait plus son pouvoir, bien qu'elle puisse tout de même arranger ce désastre grâce à l'eau de la rivière. D'un geste du menton, elle les désigna et se contenta d'une simple question :


-Que t'ait-il arrivé ?

Cette question valait tout aussi bien pour ses mains que pour tout ce temps où il avait été inscrit aux abonnés absents. Dans ce qu'elle disait, il n'y avait aucun reproche, aucune accusation. Son regard se contentait de briller, d'observer les moindres traits de son visage si beau, mais marqué de bien des épreuves.
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Ven 15 Mar - 18:42


Malgré moi j’avais fait abstraction de la résistance de Meg lorsque je l’avais prise dans mes bras, pour une simple raison : je ne l’avais ressentie. Ou étais-je trop aveuglé par ma propre euphorie pour ne pas m’apercevoir que ma femme ne me retournait pas mon étreinte ? Néanmoins, lorsqu’elle leva les yeux vers moi ce n’était plus le regard tendre et amoureux qu’elle me lançait auparavant. Cependant je ne parvenais pas à savoir quel était le sentiment dans ses yeux à ce moment précis. Colère, mépris, haine ? Je croyais plutôt y lire de la peur. Je crois que j’aurais préféré la colère … Comment pouvait-elle croire que je lui ferais du mal ? Mais d’un autre côté, comment avais-je pu en faire à mes enfants, nos enfants ? Je venais enfin de trouver un point positif à cette île, malgré tout. Il y a quelques mois, j’avais quitté le foyer pour me racheter, et peut-être aussi un peu pour échapper au regard de Megara, mais aussi car je refusai de lui faire du mal. Je ne songeais même pas à la revoir, ou à me lier à qui que ce soit, puisque je ne pouvais même plus faire confiance à mon propre corps, mon propre esprit. Mais aujourd’hui, là, en face d’elle, je n’avais pas peur de la blesser. Bien sûr Héra avait plusieurs tours dans son sac et je doutais que sur cette île ou ailleurs, elle me laisse tranquille. Mais elle n’avait plus le pouvoir de manipuler mon esprit, et je n’avais pas à craindre de lui faire du mal. J’aurais voulu lui dire « Ne t’en fais pas, tu ne risques rien. » Mais pourquoi m’aurait-elle fait confiance ? Savait-elle au moins que j’avais été poussé à tuer nos enfants ? Quelle partie de la vérité connaissait-elle ? Elle devait en savoir une partie du moi, puisqu’elle ne m’avait pas encore arraché les yeux …

MEGARA ► Après avoir été envoyée ici, j'ai cru jusqu'à aujourd'hui que tu avais échappé à notre bannissement... Ou pire...

Elle s’inquiétait pour moi ? Je relevai les yeux vers elle sans savoir quoi répondre. Mais par bonheur je suis là ? Non, décidément, je ne me voyais pas présenter ma présence comme une bonne chose.

HERCULE ► J’ignorais moi aussi que les Nymphes avaient été transportées jusque Néméïl.

Je reconnu à peine ma voix tant j’étais froid. Les Nymphes ? J’aurais pu dire toi, mais qu’est-ce que cela aurait voulu dire ? Je ne t’aurais surement pas cherché si j’avais su, j’aurais certainement même évité les rivières, alors … J’étais néanmoins heureux de la savoir ici il fallait le reconnaître.
Elle désigna alors ma blessure à la main. Elle la fixait depuis quelques secondes, quand elle osa me demander ce qui piquait sa curiosité et qu’avouons-le, j’aurais préféré qu’elle ne demande pas :

MEGARA ► Que t'est-il arrivé ?

Que voulait-elle dire ? Ma main était certes blessée, mais quelle importance ? Je n’allais certainement pas lui dire que je m’étais emporté parce qu’un écureuil m’avait mordu, cela reviendrait à dire que oui, j’étais violent et dangereux. Quoique cela pourrait détendre l’atmosphère …


HERCULE ► Je me suis battu avec un écureuil … Il a gagné.
Je lançai un sourire timide.

HERCULE ► Mais ça n’était pas la question n’est-ce pas ?

Je souri à nouveau. Meg ne posait jamais les questions gênantes, mais elle savait tourner ses paroles de telle sorte qu’on y vienne quand même. Lorsque je levai les yeux vers elle, j’aurais juré qu’elle avait deviné mes pensées. Je n’osais pas la taquiner à ce sujet, j’en avais perdu le droit. Mais il me sembla pendant une seconde une seule, qu’elle m’avait compris, et que cette connexion entre nous existait toujours, même si elle était vraiment amoindrie.


HERCULE ► Je ne sais pas ce qu’on t’a raconté …

Je n’avais pas la force de lui dire que je n’étais pas un monstre, qu’on m’avait poussé. J’espérais de tout cœur qu’elle avait des informations là-dessus


HERCULE ► Mais j’ai été consulter l’oracle de Delphes, et il m’a envoyé faire plusieurs travaux afin qu’il puisse … M’accorder la rédemption.

Je ne pus retenir un léger rire en songeant à ce que je disais. Comment douze travaux, ou même cent pourraient-ils m’apporter la rédemption pour avoir tué mes enfants ?


HERCULE ► Je venais de les finir lorsque je suis arrivé ici.

Comment lui expliquer que ces travaux insurmontables étaient la seule chose qui m’empêchait de penser à ce que j’avais fait ? Que depuis que j’étais ici j’étais perdu ? Mais moi aussi j’étais curieux.


HERCULE ► Et … Et toi ? Qu’as-tu …

Je ne terminai pas ma phrase. Qu’as-tu fais quand je t’ai abandonné, voilà la question, mais je ne voulais le dire. C’était il y a des mois maintenant. Avait-elle quelqu’un dans sa vie ? Le temps avait passé et pour ce que j’en savais, elle aurait presque pu avoir un enfant depuis notre dernier échange.


HERCULE ► Tu as été occupée ?
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Lun 20 Mai - 13:38

Chaque mot prononcé par Hercule donna à la nymphe une sensation de renaissance. C'était un peu... Comme si elle se réveillait dans un monde qu'elle avait quitté il y a bien longtemps, avec ces odeurs si douces et agréables à sentir, et ces bruits dont on ne peut pas se passer. Chaque phrase qui s'échappèrent d'entre les lèvres de son mari furent avalés par Megara, qui n'en perdit pas une miette. Bien trop de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'elle avait entendu cette douce mélodie à ses oreilles. Ce qui était le plus étrange dans tout cela, s'était que l'entendre parler la rassurait, tel un baume apaisant entourant son coeur meurtrit. Etait-il seulement assez long pour le soigner complètement ? Pas vraiment. Il faudra du temps avant que le mal commit s'efface de ses pensées les plus noires, si du moins il daigne bien partir un jour. Toute seule, il est certain qu'elle ne le vaincrait pas, mais à deux, ne dit-on pas que nous sommes plus fort ? C'est certainement l'une des raisons pour laquelle Megara restait particulièrement calme envers le meurtrier de ses enfants. Ne soyez toutefois pas sot en pensant qu'il en serait de même avec n'importe quelle autre personne, car cela n'est pas le cas. Elle l'avait aimé, d'un amour tel qu'il en était indescriptible. Ce même amour brûlait toujours en elle. Plus petit, certes, mais toujours bel et bien présent. Quelle faiblesse cela pouvait être, n'est-il pas ?

Le fait que les nymphes soient venues également sur Néméïl était quelque chose qui échappait encore à la jeune femme. Elle-même n'en avait pas encore croisé... Dans un sens, elle fut ravie qu'il n'ait jamais appris leur présence sur l'île, car cela l'aurait sans doute encore éloignée d'elle. Une pensée assez déplaisante, quand on savait à quel point son départ précipité avait laissé un grand vide dans la vie de Meg'. Il avait certes était rempli par quelques aventures, mais il n'est jamais simple de combler quelque chose s'étant encré en vous depuis des années, en plus d'y avoir laissé une trace indélébile.
Ce que Hercule lui raconta, son épouse en étant plus ou moins au courant. En effet, après que la colère ait laissée place à la tristesse (et que son deuil avait été plus ou moins fait), elle avait cherché pendant plusieurs semaines le demi-dieux, non pas pour le revoir absolument, mais toutefois pour être certaine que rien de mal ne lui était arrivé. Il aurait suffi d'un simple geste de désespoir, ou d'une nouvelle ruse d'Héra pour le faire disparaître à jamais. Vous comprenez donc pourquoi le revoir sur ces terres la soulagea profondément ? Ce que la créature ignorait en revanche, c'est qu'il s'était adossé à des tâches dans le but de trouver le pardon, suite à l'acte fatidique. Sur le coup, elle mourrait d'envie d'en savoir plus, notamment en quoi consistait ces fameux travaux. Mais en y réfléchissant bien, cela n'était peut-être pas le moment idéal de parler de telles choses. Y'en aurait-il seulement un autre ?

Sentant ses jambes s'engourdirent sous son poids, la brunette se mit finalement assise et entreprit de s'occuper des blessures de Hercule. Elle le châle qu'elle portait sur ses épaules et se muni d'une petite pierre qui traînait non loin. Avec l'aide de cette dernière, Megara commença à couper son châle en deux parties plus ou moins égales, du moins ni trop grandes ni trop petites pour entourer les phalanges meurtrie de son époux. La vue du sang était quelque chose qui la révulsait, et qui pouvait même l'écoeurer. Le simple fait de savoir que ce liquide rougeâtre provenait de l'homme la faisait frissonner. Il fallait également avouer que le voir dans un tel état (même s'il y avait plus grave), ne lui plaisait pas vraiment.


-A ton départ j'ai... Elle poussa un soupire avant de reprendre : j'ai tenté de reprendre une vie normal.

En lui répondant, la nymphe enroula délicatement le premier tissu, un peu mouillé parle contact de sa peau humide, autour de la main de son interlocuteur. Elle prit garde à ne pas trop le serrer, pour ne pas lui faire mal et lui couper la circulation du sang. Le vent léger qui traversa les feuilles des arbres environnants caressa sa peau encore froide par l'eau avec laquelle elle était entrée en contact. Ses poilés transparents hérissèrent sur ses épaules dénudées.

-Je suis retournée à mes anciennes occupations de nymphe... J'ai soigné des personnes malades et profité des rivières autant que je pouvais.

Elle attaqua la deuxième main, et se perdit à la frôler de ses doigts experts en bandages. Cette fois, ce ne fût plus le vent qui lui donna des frissons.

-A mon arrivée ici, c'était un peu différent. Enfin, je suppose que ça l'est...

Megara ne pouvait pas lui avouer vraiment ce qu'elle faisait depuis qu'elle était arrivée à Néméïl. Ses relations charnelles avec d'autres risquait de mettre en péril de possibles retrouvailles amicales, tout comme cela risquait de le mettre en rogne, jusqu'à ce qu'il devienne... violent ?
Quoi qu'il en soit, elle eut un sourire à peine perceptible lorsqu'elle fini de bander l'autre main.


-Voilà, ça sera moins douloureux comme ça.
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Mar 28 Mai - 18:11

Après que je lui ai raconté ce que j’avais fait après avoir quitté notre domicile conjugal, et l’avoir abandonnée seule dans son chagrin, elle ne me parla pas tout de suite de ses propres occupations depuis notre séparation. En même temps je n’avais absolument rien à dire ; méritais-je seulement d’avoir de ses nouvelles ? J’avais très envie de savoir pourtant. Pas forcément à propos de ce qui s’était passé juste après mon départ, mais ici, depuis Néméïl. Après tout je n’avais jamais entendu que les nymphes étaient venues ici. Etait-elle la seule ? Si oui, c’était elle fait d’autres connaissances ? Et bien sûr la question qui me taraudait plus que toute autre : avait-elle rencontré quelqu’un ? Après tout, elle en avait tous les droits, et les opportunités. Elle me semblait plus belle que jamais, et aussi forte. Elle était douce, gracieuse, sensuelle … Je ne doutais pas que d’autres avant moi l’avaient remarqué. Mais peut-être après, également … Là encore, je n’étais pas en droit de demander. Après tout, qu’étions-nous aujourd’hui l’un pour l’autre sinon deux étrangers ? Moi-même, si je n’avais pas été si occupé par mes travaux, n’aurais-je pas trouvé quelque réconfort dans d’autres bras ?

Elle ne me répondit pas tout de suite, s’occupant auparavant de mes blessures en silence. Je la remerciais d’un sourire, surpris par ce geste affectueux. Mais encore, elle était une nymphe. L’aurait-elle fait pour n’importe qui d’autre ? Sans doute. Là, elle recommença à parler d’un sujet plutôt dérangeant ; sa vie après mon départ. Elle me dit avoir repris une vie normale, ou du moins avoir essayé. Une partie de moi, la plus égoïste, aurait voulu qu’elle me dise avoir souffert de mon absence, tout comme j’avais souffert de la sienne. Mais la bonne partie, celle qui se préoccupait d’elle principalement, était heureuse de savoir qu’elle avait réussi à se remettre et à vivre malgré ce que j’avais pu faire. Je n’avais pas les idées très claires, j’étais moi-même bien incapable de savoir ce que je ressentais. Je l’observais, peut-être un peu trop, lorsque je vis ses épaules frémir. J’aurais volontiers ôté mon haut pour le lui mettre sur les épaules, c’est sans doute ce que j’aurais fait habituellement, mais je ne portais que cela, et je ne pensais pas vraiment que me retrouver à moitié nu devant elle allait rendre cette situation moins étrange.

Puis, elle m’apprit être « retournée à ses occupations de nymphes ». Mon sang ne fit qu’un tour. Je connaissais bien les « occupations » des nymphes, pour en avoir moi-même profité par le passé. Mais Megara était différente, bien plus farouche. Elle n’était pas femme à s’offrir au premier homme à se présenter devant elle. Cette pensée me rassura un instant, du moins. Je ne devais pas y songer, je ne le devais plus. Elle termina mon bandage et m’assura que cela serait moins douloureux, passant ses mains sur mes bandages. Avant qu’elle n’ait eu le temps de les retirer, je fermais mes mains sur les siennes, ignorant la légère douleur que cela me provoquait. Je désignai mes mains du menton.

« Meg … Merci pour ça. Cela réchauffe le cœur de voir qu’au moins toi, tu n’as pas changé. Toujours à prendre soin des autres, même de ceux qui ne le méritent pas nécessairement … »

Je lâchai l’une de ses mains, gardant l’autre dans la mienne. Je me pinçai les lèvres, cherchant mes mots. Je n’avais jamais été doué pour m’exprimer, bien plus du genre à frapper pour régler un conflit. Mais je le devais dans ce cas précis. Je me devais de m’excuser, vraiment. Je levai es yeux vers elle, plongeant mon regard dans ses yeux azurs. Cela ne facilita absolument pas ma tâche.

« Toi et moi … Nous ne sommes pas juste deux vieux amis qui se retrouvent. J’étais ton mari, tu étais ma femme … Alors je ne vais pas continuer à te demander comment va la vie et repartir comme ça, jusqu’à ce qu’on se recroise à nouveau dans une semaine, ou même un mois … »

Je penchai la tête, baissai les yeux pour mieux la regarder ensuite … Je ne savais pas comment introduire ce qui allait suivre.

« Mais nous nous sommes toujours dit les choses très simplement et sans détour toi et moi. Alors je vais tenter de garder cette ligne de conduite. Je vais te le dire, parce que je dois te le dire ; je suis vraiment désolé d’être parti sans un mot, sans avoir jamais donné de nouvelles. C’est un regret avec lequel je vais devoir vivre, et qui me hantera toujours j’en suis certain. Je ne t’en reparlerais plus après aujourd’hui, même si j’aimerais m’excuser auprès de toi chaque jour, je ne vois pas ce que je pourrais dire de plus que cela … »

Voilà, cette étape-là était passée. Maintenant venait le plus difficile. Mais j’avais pourtant affronté des monstres incroyables, des créatures immortelles et bien d’autres choses. Allais-je me laisser effrayer par une petite phrase ?

« Mais Meg, si je suis désolé, je n’oserais jamais te demander pardon … Car moi-même, je ne me suis pas pardonné. Mais tu dois savoir que je n’ai jamais cessé de t’aimer, et que j’aurais toujours de l’affection pour toi, je ne cesserais jamais de m’inquiéter pour toi … Je ne savais pas jusqu’aujourd’hui que tu étais ici toi aussi mais … Te savoir là, sur cette toute petite île, où je suis condamné à vivre moi aussi … »

Je pris une grande inspiration car j’étais persuadé que ce que je disais n’avait plus aucun sens.

« Ce que j’essaye de dire, tant bien que mal c’est que j’espère que toi et moi, nous pourrons … Essayer de se donner des nouvelles. Je suis conscient que je n’ai rien le droit de te demander, mais cela me parait insensé de vivre si prêt de toi et de ne pas te voir. Alors si jamais tu pouvais trouver la force en toi de me revoir et de chercher à … Redevenir … Amis … Cela signifierait énormément pour moi. »




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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Mar 9 Juil - 13:29

Les choses auraient pu être tellement simples. Il aurait simplement fallu à Megara d'accepter ses excuses, pour être à nouveau à ses côtés, comme si de rien ne s'était passé. Si vous saviez combien de fois elle avait rêvé de se réveiller contre lui, de pouvoir lui parler et sourire comme autrefois, lorsqu'ils étaient encore inséparables... Une partie d'elle l'encourageait à aller vers lui, et elle ne savait pas comment, mais elle réussissait tant bien que mal à résister à l'envie de lui sauter au cou. S'il s'était contenté de partir, sans doute n'aurait-elle pas hésité à se laisser emparer par le tourbillon de ses sentiments, qu'elle éprouvait toujours à l'égard d'Hercule. Mais dit maintes et maintes fois, les choses étaient bien plus complexes que cela. Il avait non seulement brisé son cœur, mais également son âme... Et ce genre de blessure ne se guérisse pas avec de simples mots ou de paroles bien tournées. C'était tellement plus profond, tellement plus difficile à vivre qu'un mal physique... Ce genre de choses, on le gardait toute sa vie enfouit au fond de notre esprit, même si l'on arrivait à avancer en oubliant plus ou moins. Quoi que l'on dise, on y pensait toujours un peu. C'était le cas de la nymphe tous les jours, malgré son sourire quotidien. La vision d'enfants et de jeunes couples suffisait à lui faire revivre de mauvais souvenirs. Et quelquefois, elle se perdait à imaginer à quoi ressembleraient ses enfants maintenant... Sans doute auraient-il cette petite touffe blonde en guise de cheveux et seraient aussi énergiques que leur père. Cette image, elle ne pourrait désormais la voir que dans son imagination.

En sentant les mains de demi-dieu prendre les siennes, Megara ne fit aucun geste montrant un potentiel refus. Au contraire, elle les observa un instant l'une dans l'autre, un mince sourire aux lèvres. Non, elle n'avait pas changé de ce point de vue là. Peu importe l'identité de la personne frappant à sa porte, elle la soignerait avec grand plaisir. Après tout, cela faisait partie de sa nature de nymphe, et c'était certainement celle qu'elle préférait le plus, en plus du fait qu'elle soit accrochée aux fleuves et rivières. Alors, même si Hercule lui avait le plus grand mal, elle ne le laisserait pas souffrir. C'était ainsi, et l'amour brûlant encore en elle en était certainement pour beaucoup dans son cas.
Silencieuse, la jeune femme écoutait calmement ce que le héros avait à dire, buvant presque ses mots. Ses yeux se posèrent dans les siens, et inconsciemment, elle se perdit à les contempler. Cela faisait tellement longtemps qu'ils n'avaient pas été aussi proche... Tout en le laissant parler et surtout s'excuser pour ses erreurs passées vis-à-vis d'eux, Meg' tentait de chercher au fond d'elle-même les mots exactes, afin de lui exprimer avec clarté tout ce qu'elle avait sur le coeur depuis de si nombreux jours. Elle souhaitait à tout prix se montrer juste, sans pour autant se montrer froide et distance, car elle ne voulait pas être ainsi. Non, elle ne cherchait pas à entrer dans une relation de haine et de rancoeur avec Hercule, non seulement parce qu'elle en serait tout bonnement incapable, mais également parce que cela serait encore plus difficile à vivre pour cette femme n'ayant ressentit de véritables sentiments qu'envers son interlocuteur. Fallait-il pour autant redevenir un couple lambda, sans aucun problème ? Bon sang, pourquoi cette histoire ne pouvait pas être simple, hum ?

Le grec s'arrêta de parler. C'était désormais à elle de prendre la parole.
La créature n'enleva pas encore sa main de la sienne, préférant sentir un quelconque contact de leur deux corps pour la suite des événements. Quelque peu gênée, elle baissa la tête et observa les brins d'herbes dansant sous la petite brise.


-Hercule c'est..

Elle prit une grande inspiration, se donnant ainsi du courage.

-Je pourrais accepter tes excuses. Je sais qu'elles sont sincères, mais également que tu n'as jamais cherché à me nuire d'une quelconque manière, mais...

Un soupire s'échappa de ses lèvres, légèrement tremblantes. C'était la première fois qu'elle allait aborder ce sujet avec lui.

-Mais ce que tu as fait... Ce que tu leur a fait... Je t'en ai horriblement voulu, et ça je ne pourrais jamais le cacher. Cela serait un mensonge que de dire que tout est pardonné aujourd'hui. Tu es parti au moment où j'avais le plus besoin de ta présence. Je me suis sentie seule, abandonnée... Et même oubliée. Tout ce que j'aurai souhaité, c'est un mot, un signe ou quoi que ce soit m'affirmant que tu étais vivant, me disant où tu étais et si tout allait bien pour toi.

Megara se pinça les lèvres, les mots se bousculant contre ces dernières. Parler de leurs enfants lui faisait toujours un petit quelque chose, tel un point dans le ventre, ou nouait sa gorge. Néanmoins, il fallait qu'elle exprime ce qu'elle ressentait, et dont elle n'avait jamais pu lui faire part.

-Si je me suis tant inquiété pour toi, malgré ce que tu as pu faire, c'est parce que mes sentiments pour toi n'ont jamais vraiment disparu. Te voir là, devant moi... Je n'irai pas jusqu'à dire que cela me fait plaisir, mais ça ne m'est pas désagréable non plus.

Elle poussa un nouveau soupire, ferma un court instant ses paupières et saisit sa main dans les siennes, comme si elle souhaitait lui réchauffer.

-Tu me demandes de rester en contact avec toi, et de peut-être redevenir amis... Je ne pourrais pas de dire non. Mais sache que peu de choses seront comme avant désormais.

Un instant de silence s'installa entre eux, durant lequel elle le fixa intensément dans les yeux.

-Montre moi qu'il reste encore quelque chose à faire...
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Lun 22 Juil - 8:58

Je savais ce que je risquais en demandant de se revoir. Je n’avais même pas envisagé se revoir en tant qu’autre chose que de vieux amis, mais même cela, je le savais, serait complexe. J’avais inconsciemment baissé les yeux, trop lâche surement pour affronter son refus. Nous avions été tellement l’un pour l’autre, elle faisait partie de mon histoire, comme je faisais partie de la sienne. Pouvait-on tirer un trait sur tout ça et faire comme si nous étions simplement deux étrangers ? Je refusais de le croire.

Pourtant lorsqu’elle commença, je senti que j’avais perdu la bataille. Elle affirma qu’elle pourrait accepter mes excuses … Au conditionnel. J’avais envie de lui dire qu’il ne fallait pas se freiner si elle en avait envie, mais je sentis que ce n’était pas un bon moment pour tenter une pointe d’humour. Evidemment que je n’avais jamais cherché à lui nuire, quelle idée étrange. Je secouais la tête, en signe d’approbation. Mais elle semblait décidée à ne pas s’arrêter là. Elle enchaina sur ce que j’avais fait, ce que j’avais commis, le mal que je lui avais fait, à elle et aux enfants. Je secouai la tête. Bien sûr que je m’en voulais, mais l’avoir laissée ? C’était pour elle que j’avais fait ça. Je serai les dents.

HERCULE ►« Crois-tu vraiment que je suis parti de gaité de cœur Megara ? Penses-tu que j’avais envie de me retrouver tout seul après ça ? N’oublions pas que je ne me suis pas réveillé un matin avec le désir de tuer nos enfants … »

Le dire à haute voix était horrible, et je supposais que cela allait lui faire quelque chose était donné que lorsqu’elle en parlait, elle évitait soigneusement d’employer des termes précis.

HERCULE ►« J’ai été manipulé par une déesse, forcé à le faire, et lorsque je me suis réveillé de son emprise, j’avais le sang de mes enfants sur les mains. J’avais été forcé à le faire Megara. Et quand je revois cette scène, c’est comme si c’était un autre qui commettait tous ces crimes … »

J’avais haussé la voix sans m’en rendre compte, et je me mordis la lèvre, regardant au loin un instant et faisant une légère pause le temps de me calmer. Lorsque mon regard revint vers elle, mes yeux étaient emplis de larmes.

HERCULE ►« J’étais innocent Megara. Mais pire que ça j’étais innocent tout en portant les mains du coupable. Je t’aimais … Tellement que je ne voulais pas te mettre dans la position où tu devrais choisir entre haïr ces mains, ces mains-là Megara, les miennes, et consoler celui qui les portes. »

Je secouai la tête.

HERCULE ►« Ne me mens pas Megara. Tu es peut-être capable de me parler aujourd’hui sans me sauter à la gorge, mais à ce moment-là, tu m’aurais haï. Alors peut-être me suis-je menti à moi-même comme à toi, peut-être que je n’étais pas simplement à vouloir te protéger, et que c’est un peu moi que je protégeais, mais je n’aurais pas supporté de faire mon deuil avec toi, me haïssant ainsi. »


Il y eu un long silence avant que Megara ne dise qu’elle s’était inquiété pour moi, car elle avait toujours des sentiments à mon égard. Cela me réchauffa le cœur. Moi aussi, j’avais toujours quelque chose pour elle malgré tout le temps qui avait passé. On avait vécu ensemble, eu des enfants ensemble … Cela ne se balaye pas d’un revers de la main. Mais qu’en était-il de ses sentiments aujourd’hui ? Et des miens ? Lorsqu’elle prit ma main pour m’annoncer qu’elle était d’accord pour essayer de reconstruire une forme d’amitié, je souris, incapable de me retenir. Je ne savais pas ce qu’il restait de nos sentiments, mais j’avais toujours une profonde affection pour elle, et savoir qu’elle accepterait qu’on se revoit me réchauffait le cœur. Puis elle plongea son regard dans le mien, me demandant de lui prouver qu’il y avait quelque chose à faire. Je réfléchis un instant. Cherchait-elle à me provoquer ? Non, ce n’était pas vraiment son genre. Pourtant elle se tenait la face à moi, ses yeux dans les miens, et sa demande semblait presque être un défi. J’avais du mal comprendre, mais lorsque je l’observai comme cela, j’aurais juré qu’elle me défiait de l’embrasser. Au lieu de cela, je portais simplement ma main à son visage, caressant sa joue de mon pouce.

HERCULE ►« Meg … Je ne veux pas qu’on se mente toi et moi. Rien ne sera jamais plus comme avant. Jamais. Nous ne sommes plus les mêmes, et pourtant nous sommes là, tous les deux. Si on essaye, je sais qu’il y a quelque chose à faire. Je le sais, et je te le dis. Maintenant pour te le montrer, il me faudra plus quelques instants près d’une rivière, il me faudra du temps. Mais si tu l’acceptes, nous ferons de la place pour ce temps, pour redécouvrir qui on est devenu, si ces deux personnes peuvent s’entendre, être proches … Ce que j’espère plus que tout. Parce que je ne peux pas imaginer ma vie sans toi dedans, quelque part. »
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Jeu 8 Aoû - 7:52

Plus la conversation avançait, et plus elle devenait assez pénible à continuer. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait plus ainsi parlé du passé, de ces choses qu'elle aurait préféré oublier pour pouvoir continuer à aller de l'avant. En se refusant d'en parler à qui que ce soit, Megara avait toujours pensé que cela l'aiderait à passer outre, et à terminer son deuil une fois pour toute. Bien évidemment, elle avait eu faux sur toute la ligne... En se taisant, elle s'était refermée sur elle-même, ou elle avait du moins conserver sa peine au plus profond d'elle-même, bien qu'elle se soit plus ou moins effacée en apparence. Le fait d'en parler, qui plus est avec le principal concerné après elle, avait donc quelque chose de particulièrement dérangeant, et même de perturbant. Si bien qu'en entendant Hercule élever un peu la voix, la nymphe se recule légèrement, comme pour se protéger.. Non pas qu'elle avait peur du demi-dieu, ni qu'elle craignait que tout cela tourne mal, mais entendre la vraie vérité, de ses lèvres... Le fait que la déesse Héra était à l'origine de ce massacre, qu'il était parti pour ne pas la faire souffrir... Elle le savait. Mais bon sang, c'était si difficile à accepter ! La jeune femme aurait tellement apprécié le haïr à cet instant même, le savoir véritablement coupable pour qu'elle puisse une bonne fois pour toute se sentir mieux. Mais encore une fois, ces stupides sentiments referaient surface, et l'empêchait d'avoir l'empathie qu'elle aurait préférée avoir. Impossible. Et quand elle vit des larmes apparaîtront dans ses yeux, elle se sentit affreusement mal. Elle n'avait pas été la seule à avoir mal suite à ces terribles événements, et Hercule était certainement le plus touché des deux. Ces perles salés recouvrant ses iris la confortait sur son idée, bien que le voir dans un tel état ne lui plaisait aucunement. D'un côté, c'est comme s'il revenait en arrière, et avait la discussion qu'ils auraient dû avoir depuis bien longtemps. Mette enfin un sens à leur relation, fixer enfin où ils en étaient tous les deux étaient quelque chose qui aurait dû se faire depuis des mois, pour leur permettre d'avancer...

-Te blesser n'était pas dans mes intentions...

Presque honteuse d'avoir amené le douloureux souvenir de leurs enfants sur le tapis, la nymphe passa nerveusement une main dans ses cheveux encore humides, presque tremblante. Tout ce qu'il disait, le fait qu'elle l'aurait détesté plus quiconque à ce moment, était si vrai. Dans sa peine, sans doute aurait-elle voulu lui faire du mal, tellement sa peine avait été grande. Lui en aurait-elle au moins fait pour autant ? Rien n'était moins sûr, car comme dit de nombreuses fois, Megara l'avait aimé, et ce genre de sentiment ne s'efface pas du jour au lendemain. Non, il reste enfouit au fond de vous, et vous embellit le coeur. Ou bien il vous le ronge, vous détruisant à petit feu...

-Hercule, tout ça... Tout ça je sais. Dit-elle d'une voix peu assurée. J'aimerais tellement qu'on arrive, toi comme moi, à ne plus y penser, à dépasser ça.

Ses yeux, se remplissant à leur tour de larmes, le regardait, comme perdue. Néanmoins, elle se refusait de pleurer, de laisser une seule de ces gouttes couler le long de sa joue. Elle ne voulait pas que cette force, qu'elle avait réussi à emmagasiner jusque là fonde, et encore moins devant l'homme qui avait été longtemps son mari. Elle voulait se montrer fière et forte, comme elle n'avait jamais cessé de l'être.
La douce caresse de sa main sur sa joue la réchauffa, dans le sens où ce genre de petites attentions lui avaient terriblement manqué, quoi qu'elle en dise. Et aucune ne les valait...

La créature sourit discrètement, doucement, lorsque Hercule lui dit qu'il ne pourrait imaginer une vie sans elle... Une froide, assez froide et cassante, serait bien sortie de ses lèvres à cet instant.. Une phrase répondant qu'il en avait eu une pendant plusieurs mois, et même année... Mais Megara ravala bien vite sa fierté, ne voulant en aucun cas le blesser, et les voir repartir dans une pente dangereusement glissante. Ils méritaient bien mieux que ça, après tant d'années passées ensemble... Même si elles s'étaient perdues avec le temps.


-Et si... Et si nous nous trouvons bien trop différents pour nous apprécier... ?

Peut-être que cette interrogation allait les refroidir, mais elle se devait de faire part de ses inquiétudes... De ce qu'elle espérait ne jamais voir arriver.

-... Déciderais-tu de repartir, et qu'ainsi tout finisse une bonne fois pour toute ? Reprit-elle, posant dans sa douceur légendaire sa main sur celle d'Hercule. Devrait-on continuer à vivre en se cherchant perpétuellement... ?

Et c'est à la fin de cette phrase qu'une larme s'échappa de son oeil, la forçant à fermer ses paupières pour empêcher les autres de la suivre.
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   Mer 21 Aoû - 12:56

Plus cette conversation avançait, moins j’étais à l’aise. Notre passif était peut-être trop lourd pour qu’on puisse un jour se retrouver … J’avais moi aussi envie de mettre cette histoire derrière nous, mais chaque fois qu’on échangeait un regard, ce n’était pas des promesses d’avenir que je voyais, mais des ombres, des fantômes de ce qu’on avait perdu. Pourtant lorsque je la voyais, je ne pouvais m’empêcher d’avoir du respect pour elle. Elle se montrait si forte et déterminée, malgré tout ce qui lui était tombé dessus.

HERCULE ► « Mieux aurait valu que tu ne me rencontre jamais. »

Contrairement à ce qu’on pouvait croire, ce n’était pas une phrase pour se faire plaindre, ou pour qu’elle me dise que non, ce n’était pas le cas. Elle ne répondit rien et je lui en fus reconnaissant. Elle savait que je le pensais, et peut-être le pensait-elle elle aussi. Je lui souris, d’un sourire triste. Lorsqu’elle croisa mon regard, elle affirma qu’on était peut-être devenu trop différent pour s’apprécier. Je secouai la tête, tout en sachant qu’il y avait surement du vrai dans sa phrase malgré tout. J’avais bien changé, je le sentais au fond de moi, j’étais devenu plus sombre, étranger au héro qu’elle avait connu auparavant. J’haussai les épaules.

HERCULE ► « Peut-être avons-nous tous les deux changés, et peut-être qu’on ne retrouvera jamais ne serait-ce que de l’amitié … Mais nous avons des souvenirs Megara. Des souvenirs, et des sentiments, quoiqu’on en dise, qui resteront ancrés en moi. Tu seras toujours ma femme et la … La mère de mes enfants. Si jamais tu as un jour besoin de quoi que ce soit, d’aide, de soutient, d’une oreille pour t’écouter … Même si ce n’est qu’un fantôme du passé qui se tient devant toi, je serais toujours là pour toi, quoiqu’il puisse arriver. Si tu dois croire une seule chose de ce que je t’ai dit, c’est bien cela. »

Alors qu’elle affirmait qu’on ne pouvait pas se chercher perpétuellement, j’acquiesçai avant de voir une larme rouler sur sa joue. Secouant la tête, j’essuyai instinctivement sa larme avant de la prendre dans mes bras et de laisser ses larmes rouler un instant. Cela dura longtemps, ou peut-être n’était-ce que quelques secondes ? Je la laissai pleurer un instant, pleurant par procuration en la serrant.

HERCULE ► « Chut, chut, je suis désolé … Cela nous a fait je le crains plus de mal que de bien. »

Je relevai son visage un instant, avant de déposer un baiser sur son front et de la lâcher.

HERCULE ► « Je vais te laisser. Va nager, retrouve ta rivière douce nymphe. Elle a toujours su te consoler mieux que moi. Mais n’oublie pas mes mots Meg. Je serais toujours là, si tu as besoin de moi. »

Et sur ces paroles bienveillantes, je la laissai avec sa rivière, sa meilleure et plus chère amie, et retraçai mon chemin jusqu’au quartier grec tout en repensant à cette rencontre forte en émotion, mais aussi en un sens, apaisante et libératrice.


RP TERMINE
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MessageSujet: Re: Une apparition au milieu des eaux [Megara]   

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Une apparition au milieu des eaux [Megara]

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