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 [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire

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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mar 18 Juin - 15:36


Si Gemma était embarrassé par le silence, Héphaïstos, lui ne l'était pas. Il l'était bien plus par le flot de questions de la demoiselle, qui lui montrait ainsi de l'attention... L'habitude lui avait fait préféré le premier sort au deuxième, pourtant plus apprécié du commun des mortels. La solitude divine, pesante, sans fin, était un gouffre dans lequel il s'était muré - dont il apercevait tout juste le ciel, se sentant un peu ébloui, et hésitant par conséquent à poursuivre son ascension. Il avait adoré le soleil, pourtant, autrefois.

    - C'pas mauvais, grogna-t-il pour toute réponse à l'intérêt de la fillette pour le plat qu'elle lui faisait découvrir, jetant un coin un regard à la serveuse qui les épiait, et avait surement attendu cette conclusion. Pour un truc de romains.

Il se remit donc à manger, assez goulument, comme pour appuyer son propos : au moins, il savait faire honneur à la table, à défaut de respecter le personnel et sa compagnie. Il eut cependant du mal à avaler la bouchée qu'il avait dans la bouche, quand Gemma décida de poursuivre la discussion sur le sujet de l'amour. Il haussa les épaules, puis la laissa poursuivre seule son raisonnement, jusqu'à ce qu'elle ait une idée brillante, et espère son approbation, par un grand regard pétillant. Héphaïstos se tordit sur sa chaise, franchement mal à l'aise. Comment expliquer à une gamine, qu'il était illogique, qu'il était faible au point d'avoir l'impression qu'il pourrait disparaitre, sans Aphrodite dans sa vie ?

    - J'peux pas divorcer. J'ai fait une promesse... Soupira le forgeron, en sentant son cœur se serrer à ce souvenir. Et la parole d'un Dieu a plus de valeur que celle d'un stupide humain versatile. Aucune paperasse ne peut remplacer l'honneur !

C'était bien la perception d'un mortel, ça, de croire que les contrats devaient être édités, signés, ancrés dans un fichier informatique ou sur un cahier des charges. Pour les grecs anciens, une déclaration solennelle suffisait amplement. Celui qui la bafouait ne retrouvait jamais son orgueil ainsi perdu. Personne ne l'ignorait.

    - T'es trop p'tite et trop mortelle pour comprendre, assura-t-il avec une sorte de superbe supériorité, d'un ton presque paternaliste.

Il était en quelque sorte content de pouvoir lui enseigner ce genre de principes, qu'elle n'allait pas apprendre dans ses cours de droits. Ils étaient à l'essence même de ce qui différenciait les bons Dieux des mauvais Dieux. C'était son seul atout, pour se gausser d'être encore parmi les premiers, malgré les humiliations. Il avait gardé une certaine morale, il avait compensé par ses erreurs par des leçons, et il était assez fier de n'avoir jamais failli à ses mots.

[Désolée c'est court, mais on approche de la fin je crois ! =)]




   



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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Ven 21 Juin - 20:52

Héphaïstos mangeait les spaghettis de façon assez... Peu appétissante. J'évitais de le regarder pendant qu'il dévorait - qu'il massacrait ! - les pauvres pâtes ; le spectacle n'était vraiment pas beau à voir. Il n'avait manifestement pas compris le concept de l'entortillage autour de la fourchette, avant de mettre dans la bouche avec la cuillère. Non, il y allait sans se prendre la tête, de façon assez barbare et... Répugnante. Je fronçai le nez devant ce manque évident d'éducation, mais ne fit pas de commentaire. Ils n'étaient probablement pas habitués à ce genre de plat sur l'Olympe. Et puis, pour une fois qui ne râlait pas, je n'allais pas lui en donner l'occasion !

Le problème d'Aphrodite continuait à m'intriguer. Comment avait-il pu passer des milliers d'années avec la même personne ? Même si c'est l'âme soeur - et il semblait que ce n'était pas le cas - on finit tôt ou tard par se lasser, non ? Et puis, franchement, Aphrodite... Ils se faisaient tous deux du mal en restant ensemble ! Aphrodite était volage, même moi qui ne m'étais jamais réellement intéressée à la mythologie, je connaissais ses nombreux amants. Ils étaient tellement mal assortis... Oui, se marier avait probablement été une erreur, il fallait qu'ils se séparent pour ne pas la prolonger. Je pensais cela sincèrement : le divorce n'était pas un miracle, mais il leur permettrait de ne pas empirer la situation.

L'argument de l'honneur me laissait perplexe. J'avais juré des centaines de fois d'égorger ma soeur, et pourtant je ne l'avais jamais fait - heureusement d'ailleurs, mes parents n'auraient sans doute pas apprécié. A vrai dire, j'avais promis tout et son contraire dans des moments d'énervement. Je ne comprenais pas. L'honneur, oui, c'était important. Mais il n'avait le choix qu'entre la honte et le malheur le plus profond. Je choisirais sans hésiter la honte. Honte d'avoir trahi un serment, mais apaiser sa souffrance par le temps et la distance... Et pourtant, je sentais intimement que cela ne changerait rien. Héphaïstos était amoureux, oui, amoureux, ce devait être cela. Il était amoureux comme un garçon de quatre ans, ne voulant pas reconnaître ce qui éclatait pourtant aux yeux de tous, niant effrontément ses sentiments. Mais là, je le regarde, et je ne comprends pas comment cela avait pu arriver. Comment il avait pu y croire. Il paraît tellement sauvage, misanthrope, asocial, que sais-je ! Amoureux ? L'amour, ce n'est pas censé être doux ? Le plus pur des sentiments, tellement intense, tellement profond... C'est comme cela que j'imaginais l'amour. Et lui ? J'avais l'impression que rien ne pouvait le toucher. Qu'il était insensible. Qu'il avait tout vu, tout vécu. J'aurais pu faire n'importe quoi - crier, hurler, lui sauter dessus, que sais-je ? - j'étais persuadée qu'il resterait impassible. Peut-être ressentirait-il une certaine gêne, mais des émotions ? Et pourtant, je sentais une certaine forme de détresse. A ce moment précis, je haïssais Aphrodite de toutes les fibres de mon corps. Je la détestais profondément, je la méprisais comme ce n'était pas possible. Comment pouvait-elle se comporter de façon aussi cruelle ? Être la déesse de l'amour, mais ne pas avoir de coeur ! Honte, oui, elle devrait avoir honte ! Héphaïstos n'était pas malveillant, ne le voyait-elle pas ? Comment pouvait-elle être aussi méchante avec lui ? Je pouvais comprendre qu'elle n'était pas amoureuse - après tout, Héphaïstos n'était pas aussi beau que ce qu'elle pouvait espérer, et on ne commande pas à ses sentiments - mais le traiter aussi inhumainement ! Si elle n'avait ne serait-ce qu'une once d'estime pour lui, elle l'aurait laissé partir. Mais jouer comme cela avec Héphaïstos, c'était de la torture ! Le pauvre homme était amoureux, et elle n'avait pas la force de lui arracher le coeur une fois pour toutes, au lieu de le laisser espérer en vain...

Malgré ce que le dieu disait, j'étais petite et mortelle, mais je comprenais. Enfin, en partie. Il ne pouvait pas partir, parce qu'il était a-mou-reux (comme j'avais du mal à imaginer !). Il pouvait prétendre ce qu'il voulait - l'honneur, pourquoi pas ? - il n'en avait pas la force. Et surtout que tout cela était inutile. Il avait attendu des milliers d'années, pourquoi n'attendrait-il pas encore quelques siècles ? Tout cela me donnait mal à la tête. Je me promis que si un jour j'étais amoureuse, mais que le garçon me trompait, je m'en irais. Le problème, c'est que je n'étais pas une Grecque, et que je ne tenais pas mes promesses. Une résolution inutile, une de plus. Je ne m'en formalisai pas. C'était l'intention qui comptait.

"Si tu le dis. Ce n'était qu'une idée, mais si t'es pas content, alors débrouille-toi" fis-je en boudant tout de même un peu, vexée par le ton plutôt que par ses paroles.

"Je voulais rendre service, c'est tout" continuai-je en faisant la moue.

Je comprenais petit à petit que je ne pouvais pas comprendre. C'était tellement au-dessus de moi ! Héphaïstos avait dû avoir retourné le problème dans tous les sens pendant quelques milliers d'années, et, apparemment, il n'avait pas trouvé de solution. Tant pis. J'essayais de lui apporter mon point de vue extérieur, mais je sentais que c'était ridicule. Et pourtant, je ne pouvais pas ne pas essayer.

Nous avions fini de manger. Mon ventre était rempli au maximum, et je n'avais plus assez d'espace pour un dessert.

"On rentre ?" proposai-je alors.

Il n'était pas tard, mais le temps que je retrouve mon chemin jusque chez Vénus... On ne sait jamais !


[HRP : Et on finit là-dessus du coup ? Ca te va ?]


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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Dim 14 Juil - 5:58

    Si Héphaïtos n'aurait surement pas toléré le ton autoritaire de la demoiselle quelques heures avant, cette fois-ci, il ne s'en formalisa pas. Il lui avait fallu des années pour s'habituer à l'espèce humaine, de loin, et il ne lui avait suffit que d'une balade pour tolérer la présence de cette gamine... Était-ce sa partie divine qui la rendait plus supportable que le reste des mortels ?
    Après tout, quoiqu'en dise Héphaïtos, il avait toujours été humaniste : il n'aimait juste pas les démonstrations trop ostentatoires de ce soutien, et désapprouvait totalement les conduites qui menaient même à se mêler à eux. Pour cela, son père était extrêmement doué, et il avait ainsi engendré des bâtards qui lui apportait bien plus de joie que le forgeron, son fils légitime. Mais qu'importe. Héphaïstos faisait avec, et il savait au fond, que cette pureté dans sa lignée n'avait aucun sens pratique. Il se demandait souvent ce qu'il avait bien pu hériter de ses parents. Pour sûr en tout cas, il ne ressemblait en rien à sa mère.
    Est-ce que Gemma avait pris les traits de ses parents ? Il l'observa un instant en silence, tout comme elle l'observait : en pensant le faire discrètement.

      - Tu crois qu'j'ai fait comment pendant ces millénaires, sans toi ? Grogna-t-il, lorsqu'elle prétendit vouloir lui donner des conseils. Il fit une grimace, en écho à une sensation étrange au creux de son ventre, que provoquait la moue dubitative de la gamine. Se pourrait-il que son engagement le touche ? Il ne comprenait pas, de toute façon, pourquoi elle tenait tant à l'aider. S'tu veux m'rendre service, n'te perds plus.


    Bien sur, on en revenait toujours au même, ELLE s'était perdue, et IL l'avait secouru, dans sa grande bonté d'âme. On ne change pas un caractère de Dieu. Et il s'inquiétait de savoir, également, où elle allait dormir, et si elle s'y sentirait bien. Était-ce une place pour une demoiselle, d'avoir une couche chez l'identité romaine de l'Amour ?
    N'était-ce pas le double d'Aphrodite, si longtemps en compétition et détesté ? Il n'aurait jamais confié d'enfants à Aphrodite... Mais Vénus était réputée pour être différente, plus romantique et moins sexuelle. Héphaïtos soupira à cette pensée. Pourquoi sa femme ne pouvait-elle pas prendre exemple ?
    Et chaque fois la même réponse : il aurait été perturbé qu'elle change, et il se rendait compte qu'il ne l'adorait que comme ça, exactement comme elle était à présent. Non pas parce qu'il adhérait à ses principes, mais juste parce que tout son être, tel quel, le fascinait.

      - J'te raccompagne, conclut-il à la fin de ses réflexions. Croiser Vénus l'intriguait, aussi, malgré lui. Il l'avait entraperçue plusieurs fois à travers les siècles, mais jamais de manière très officielle. Prendre comme excuse le bien de Gemma serait parfait pour la rencontrer, et aviser, réellement, de ses capacités à prendre soin de la demi-romaine. Si cette dernière condition n'était pas remplie, il imaginait déjà d'accepter - sous l'écrasante responsabilité de la situation - de la prendre sous son propre toit. T'en as sur le menton.


    A tant s'occuper de lui et de ses problèmes, la petite n'avait pas fait attention à sa manière de manger, ou elle s'était tout simplement calquée sans faire attention sur le modèle d'en face. Du coup, de la crème avait légèrement coulée sur ses lèvres.
    Héphaïstos lui tendit une serviette avant d'appeler la serveuse pour régler les détails financiers de la transaction. Un bon restaurant, pas cher : cette île regorgeait vraiment de surprises.
    Il se leva ensuite, prêt à recevoir les indications de sa nouvelle minuscule presque-amie, en espérant qu'elle sache se repérer et s'orienter à partir de là. Le quartier romain n'était plus très loin.


Pour moi c'est désormais clos, merci miss !
:king: 




   



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