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 [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire

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MessageSujet: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Ven 1 Fév - 18:28

Libre

Rêveries d'une promeneuse solitaire

Gemma & peut-être toi ?  :coeur:


Gemma marchait. Marchait ? A vrai dire, elle déambulait, elle se promenait, elle se baladait. Mais elle ne marchait certainement pas. Car marcher implique le fait d'aller, aller vers un but, quelque chose, un endroit. Et, en ce qui la concernait, elle n'avait pas de but, rien du tout, pas d'endroit. Aucun objectif. Alors elle allait et venait, flânait.
Elle avait choisi le parc de l'école. C'était un endroit charmant. Immense, comportant diverses parties, les jardins l'apaisaient. On aurait pu s'y perdre. D'ailleurs, c'était peut-être ce qu'elle recherchait, finalement. La seule chose qu'elle cherchait, oui, c'était de se perdre. Un comble tout de même. Il y a tellement d'autres choses à chercher !

Je m'effondrai sur la pelouse, exténuée. J'étais restée debout je ne sais combien de temps. La douleur me prit d'un coup, une crampe insupportable à la jambe, et me rappela que je n'étais pas surhumaine. Haha. Surhumaine. Bien sûr que non, j'étais demi-déesse. J'avais découvert ma véritable nature quelques heures auparavant, et j'étais encore choquée. Peut-être était-ce pour cela que je sentais le besoin de m'éloigner. M'éloigner un peu, me retrouver. Me perdre. Je ne savais plus. Je n'avais plus aucune certitude.
Recroquevillée en boule sur le sol, je me sentais minuscule. Et pourtant, je possédais des dons. J'étais exceptionnelle. Pourquoi me sentais-je si vulnérable alors ?
Je commençai à pleurer doucement. Etais-je triste ? Je n'en savais rien. C'était juste trop d'émotions. Trop de pression. Trop d'information. Trop de choc. Trop de choses à encaisser. Je n'avais que quinze ans ! Etait-ce normal de vivre ce genre de chose ? A quinze ans ? Je n'étais qu'une enfant ! Comment étais-je censée supporter cela ?
Larmes.
Je pleurais longtemps, peut-être pendant des heures, je ne savais plus. Mes peurs coulaient dans mes pleurs. Je sentais que je me vidais petit à petit, et je me calmais. J'aurais pu rester prostrée là pendant des heures, si personne n'était venu. Mais quelqu'un arriva...

Créditsimage 1 : Gendries de Bazzart
image 2 :  Tussanus Postea de Bazzart

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Dernière édition par Gemma Anderson le Sam 22 Juin - 16:01, édité 1 fois
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Héphaïstos
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Jeu 28 Fév - 5:31

Libre

Incruste

Gemma & Hépha


Le sens de l'orientation, voilà un don qu'aurait apprécié de posséder Héphaïstos. Dès qu'il était trop loin de ses forges, le monde de Néméil lui semblait totalement incompréhensible et désorganisé : il se retrouvait souvent dans le quartier Latin en voulant se rendre sur l'avenue de l'Olympe, et inversement. Finalement, ces péripéties l'énervaient tant et tant qu'il s'en prenait à la moindre âme charitable qui voulait lui porter secours... Se créant presque malgré lui une réputation peu reluisante, pour ne pas changer de celle qui l'avait toujours suivie.
Cette fois-ci, le forgeron grec rentrait simplement d'une course sur la rue de l'Elysée, et il s'était perdu dans un parc qui n'éveillait aucune rémiscience dans son esprit.

    - Par les mille batards de Zeus, où j'suis encore tombé... Grogna le jeune Dieu, en guettant avidement une indication sur la marche à suivre - mais les divinités toutes puissantes ne s'encombraient pas de panneaux de circulation, il fallait croire. J'en ai marre de cette terre d'exil à la Dédale... Manquerait plus que j'tombe sur le Minotaure.


Héphaïstos avait pris l'habitude de parler tout seul, puisqu'il avait rarement de compagnie : allez savoir lequel de ces faits était la conséquence de l'autre. Il avança donc dans les jardins du quartier neutre au hasard de ses envies, pestant contre la malédiction qui le poursuivait.
Un bruit doux de sanglottement le guida soudain dans sa direction.

    - C'est pas fini cette comédie ? S'insurgea-t-il en découvrant une petite gamine qui pleurait toutes les larmes de son corps. T'es quoi toi, une sorte de satyre miniature ?


Méfiant, pour ne pas dire paranoïque, Héphaïstos jeta un rapide coup d'oeil autour d'eux : il aurait juré que c'était une farce de Dionysos, qui lui avait envoyé un être lamentateur pour le destabiliser. C'était forcément ça. Un piège dangereux, avec des cheveux auburn et des grands yeux de biche.
Il la fixa avec dureté.
Depuis que les Dieux s'étaient trop amusés de ses sentiments, Héphaïstos se refusait toute empathie, il ne comptait pas céder devant les larmes d'une créature, aussi triste son histoire fut-elle.
Et pourtant, il restait planté là, à attendre une réponse, un peu maladroit dans sa posture, ne pouvant guère tenir longtemps immobile en s'appuyant sur sa jambe blessée : s'il se moquait totalement de l'état des autres, n'aurait-il pas du l'ignorer et poursuivre son chemin incertain ?

Créditsimage 1 : Eden memories | image 2 : Insuline
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Jeu 28 Fév - 11:55

Je pleurais, longtemps. Cela faisait du bien de pleurer, des fois. On se vide de larmes, on se vide de peines, il ne reste plus rien de soi.
J'avais tellement pleuré que je ne savais plus rien. J'avais mal à la tête, où étais-je ? Tout devenait petit, flou, lointain. J'étais dans mon monde, comme dans un nuage. Seule.

"C'est pas fini cette comédie ?"

Je ne l'avais pas entendu s'approcher. Je me relevai péniblement, m'asseyant sur le sol. Une comédie ? C'était plutôt pathétique, plutôt tragique comme situation. Quelle était cette personne qui me trouvait comique ?

Je mis quelques secondes à le voir, les larmes m'aveuglaient encore. Ce temps d'adaptation me permit de ne pas avoir l'air si surprise que cela en voyant le visage de cet homme. Un frisson me parcourut. Depuis que j'étais sur Néméïl, j'avais pris l'habitude de la beauté surnaturelle des dieux. Mais lui... Il était moche ! Vraiment pas beau ! Même sur Terre, je pense que je l'aurais trouvé hideux. En plus, ce n'était pas comme s'il essayait de s'arranger un peu, non non ! Il avait cet air blasé des gens qui ne croient plus en rien, et qui en veulent au monde entier.

"T'es quoi toi, une sorte de satyre miniature ?"

Sympathique, de plus est. Je ravalais rapidement ma tristesse et mes larmes. Ne pas se brouiller, ne pas chercher les ennuis. Il me regardait durement. D'autres larmes me montaient aux yeux. Aïe aïe aïe... Trop tard. Et c'était reparti pour un tour ! Quelques hoquets, quelques sanglots, et encore des torrents de larmes. Je n'étais même plus triste, je ne sais plus, j'avais peut-être peur, j'étais fatiguée, et puis cet homme qui me regardait si méchamment ! Et s'il essayait de me violer ? Y avait-il des criminels sur Néméïl ? Je commençai à prendre peur, à paniquer.
Et il ne bougeait pas ! Il ne bougeait pas, il restait là, planté devant moi, à me regarder, sans rien dire, sans rien laisser paraître ! C'était probablement le pire ! J'étais à moitié allongée par terre, petit être sanglotant, et cet homme qui me toisait...

"Je... Non... Je... Demi-déesse... Jupiter..." hoquetai-je en tremblant.

Respire.
Inspiration. Expiration.
Calme-toi, ou l'autre va te gueuler dessus pour ne pas m'être exprimée assez clairement.

"Je... Je suis la fille de Jupiter... Mais... Mais je ne savais pas... Ma famille... Ils sont tous encore en Angleterre... Toute seule... Je connais personne... Je..."

Malgré moi, mon regard était suppliant. J'avais besoin de réconfort, j'avais besoin qu'on me dise que tout irait bien. Je n'avais jamais rien vécu, je n'avais que quinze ans ! J'étais peut-être encore un peu gamine, à quinze ans, on est censé être à moitié adulte. Mais j'avais toujours eu ce côté enfantin, toujours protégée. Alors oui, il fallait qu'on me rassure. Tout ce dont j'avais besoin, c'était d'un chocolat chaud, d'affection, et d'un bon câlin au coin du feu. Mais cette personne ne semblait pas être la plus disposée à me donner cela.


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Jeu 28 Fév - 14:10

    Que disait-elle, cette fontaine intarissable, en se déversant de larmes autant que de paroles ? Héphaïstos se pencha vers elle, pour essayer de comprendre cette langue qu'il ne devait pas parler, puisqu'il n'en relevait que des mots incohérents.
    Finalement, elle se répéta, et il crut deviner globalement la trame de l'affiliation qu'elle évoquait.

      - Ouais... Enfin, ça m'dit pas pourquoi tu chiales, tout ça, conclut-il, en passant une main dans ses cheveux désordonnés, peu habitué à ce genre de situations. Comment gérait-on un enfant en crise ?


    ...
    Héphaïstos ne se souvenait même pas d'avoir été un enfant un jour, en réalité : cela remontait quand même à plusieurs centaines d'années. Et puis il n'en avait pas eu - ou pas élevé, du moins.
    Les enfants, il n'aimait pas ça. C'était bruyant, dépendant, et puis... Ils pleuraient souvent, quoi. La preuve était là devant lui, avec ses yeux tout humides dardés sur lui, attendant surement qu'il prenne des responsabilités d'adultes et l'aide. Faible créature.

      - Tu sais que si tu continues, tes joues vont fondre, et tu vas devenir aussi laide que moi. Merci Héphaïstos, pour ce conseil digne d'un grand pédagogue, extrèmement compatissant. Alors arrête, ajouta-t-il, avec fermeté.


    Allons bon, il allait quand même bien réussir à se faire obéir par une moitié de romaine, demi-déesse. Ayant réglé ce problème, ou ayant essayé en tout cas, Héphaïstos tenta de trouver une solution au deuxième, celui dont il n'avait pas tout saisi.

      - Ton père il est là, pas en Angleterre, j'l'ai croisé l'aut'jour avec sa pimbêche brune, là... Il fit un geste circulaire, puis carré, sans parvenir à retrouver le nom de la Déesse. Il n'avait jamais réussi à retenir qui était qui, chez ces romains, qui avait cru bon de se nommer comme des planètes. Bref, t'as qu'à le dire, si t'es perdue, au lieu d'inventer des Odyssées ridicules... C'bon, c'pas une honte quoi.


    Parle pour toi, Héphaïstos.
    Il n'osait pas regarder trop longtemps la fillette, parce que la supplique dans ses yeux l'embarrassait franchement... Dans quel pétrin s'était-il encore mis ?
    Il ne sortirait plus jamais de sa forge, pour ne pas avoir à faire à ce genre de désagrément, à l'avenir. Et puis, il ne manquait plus qu'il ait des problèmes avec la lignée des Romains, parce qu'il trafiquait avec sa batarde... Ce genre d'histoire, ça puait. Il ne voulait pas s'y trouver mêlé.
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Jeu 28 Fév - 18:24

"Ouais... Enfin, ça m'dit pas pourquoi tu chiales, tout ça."

Hein ! J'étais véritablement offusquée. Offensée. Choquée.
Attendez, est-ce une façon de traiter les gens ?
Ce comportement me faisait vraiment mal au coeur, contrastant douloureusement avec la chaleur dans ma famille. Mes parents ne m'auraient jamais dit cela. Déjà, ils utilisaient un vocabulaire bien plus châtié, ils étaient bien élevés, eux. Ils savaient parler aux gens sans donner l'impression de les considérer comme des moins que rien. Finalement, peut-être que cet homme méritait son sort. Je tentai de lui lancer un regard noir, mais je ne savais pas paraître en colère. Il semblait donc que je fis la moue, comme une enfant pas contente qui boude.
J'étais encore plus triste. Que cette personne, la seule que j'aie vue depuis quelques heures, soit aussi gratuitement méchante, c'était trop. A croire que le destin s'acharnait contre moi !

"Tu sais que si tu continues, tes joues vont fondre, et tu vas devenir aussi laide que moi. Alors arrête."

Je me remis à pleurer de plus belle. C'était la pire stratégie de réconfort que je n'avais jamais expérimentée. J'étais abattue, déprimée, fatiguée, je ne tenais plus, et cet homme qui me donne des ordres d'une façon si effrayante que je ne pouvais qu'avoir peur. Et en cas d'émotions intenses, ma stratégie est aussi radicale qu'inutile : je me transformai en fontaine de larmes.

"Ton père il est là, pas en Angleterre, j'l'ai croisé l'aut'jour avec sa pimbêche brune, là..."

Douleur et souffrance.
Cette phrase me toucha en plein coeur, alors que l'homme n'en avait pas la moindre idée. Il me rappelait que ma famille n'était pas ma famille, qu'ils m'avaient menti. Je ne savais même pas si eux-mêmes, ils étaient au courant. Connaissaient-ils ma nature demi-divine ? Ma mère avait-elle trompé mon père ? Je n'avais pas encore parlé à Jupiter, pour savoir ce qu'il avait réellement fait à ma mère. Je ne voulais pas lui parler, j'avais trop peur. Peur de savoir. Si ma famille était un mensonge ? Ce qui m'était le plus cher au monde, un mensonge. Je ne survivrais pas.
Jupiter était peut-être mon père, mais il ne serait jamais mon papa.

"Bref, t'as qu'à le dire, si t'es perdue, au lieu d'inventer des Odyssées ridicules... C'bon, c'pas une honte quoi."

Mes larmes coulaient silencieusement. Je ne hoquetais plus, c'était bien pire : je pleurais sans bruit. Je regardai l'inconnu avec un air de reproche, sans rien dire.
Un ange passa. Le silence s'éternisait. Je ne le rompis pas, continuant à fixer l'homme sans rien dire.

Lorsque je me sentis en état de parler sans devoir être interrompue par un flot de larmes, je dis doucement :

"Je suis perdue."

Puis, avec un triste sourire, j'ajoutai :

"Mais tu ne peux pas m'aider. Je suis anglaise, je n'ai rien à faire ici. D'ailleurs, je m'en vais."

Je me relevai avec précaution, et commençai à marcher doucement. Je ne savais pas où j'allais, mais une chose était sûre, je ne resterai pas. C'était aussi simple que cela. Je n'étais pas d'ici, je n'étais pas faite pour rester ici, alors il ne restait qu'une chose à faire : partir.


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Jeu 28 Fév - 20:10

    Elle lui lança un regard noir, et Héphaïstos ne comprit pas vraiment ce qu'il avait dit de travers, pour qu'elle se mette dans cet état. Il avait vraiment un don, pour réveiller le côté obscur de ceux qu'il cotoyait. Ce devait être une sorte de malédiction, dont il avait écopé en même temps de sa blessure à la jambe.
    Bref, ça ne le perturba pas plus que cela, sur le moment, trop habitué à provoquer chez ceux qu'ils croisaient ce genre de ressentiment. Il ne fallait pas oublier qu'il était le méchant, quand même, dans l'histoire.
    Ils se dévisagèrent en silence, lui, se balançant doucement pour dégourdir sa jambe douloureuse, elle, laissant couler ses larmes le long de ses joues, sans un bruit. Drôle de rencontre, tellement improbable.

    Puis elle avoua d'un coup, brusquement, qu'elle était perdue, abdiquant sa fierté pour de la tranquillité.
    Héphaïstos haussa les épaules.
    Ben voilà, c'était pas si dur - mais après tout il s'en fichait, n'est-ce pas ?
    Elle lui annonça qu'elle s'en allait, parce qu'elle n'avait rien à faire ici... De mieux en mieux.
    Héphaïstos hocha la tête.
    Son ignorance face aux besoins d'une gamine le rendait tout simplement muet... Il ne se l'avouait pas à lui-même, mais il avait peur qu'en disant encore un mot mal tourné, elle se remette à pleurer à chaudes larmes. Là, elle avait l'air calmée, donc il ne voulait plus faire de bourde.

    Elle se mit sur ses pieds - Héphaïstos songea qu'elle était bien petite, même debout, mais il se retint de lui faire le commentaire. Puis elle commença à marcher.
    Héphaïstos lui emboita le pas.
    Sans rien ajouter.

    Il y avait deux bonnes raisons à cette conduite étrange :
    1 - La filette semblait sûre d'elle, elle était déterminée à partir de ce parc, et Héphaïstos aussi : s'il la suivait, elle le conduirait peut-être à la sortie. Il n'avait pas compris le double sens dans les paroles de l'enfant, n'ayant jamais été très doué en relations humaines.
    2 - Il ne voulait pas s'attirer d'ennuis, si la progéniture de Jupiter se faisait agresser, et qu'il fusse la dernière personne à l'avoir vu. Avec la chance et la réputation qu'il avait, il pouvait être certain d'être un suspect condamné d'avance. Alors autant la surveiller jusqu'à ce qu'elle soit à l'abri des créatures louches qui trainaient dans le coin - non, Héphaïstos ne se comptait pas dans cette catégorie.

      - J'suis déjà passé par là, se risqua-t-il quand même à informer la demi-Déesse, quand elle passa devant un chêne centenaire, à l'écorce toute tordue.


    En d'autres termes, ils tournaient en rond.
    Malgré sa carrure imposante, et ses cheveux hirsutes, Héphaïstos n'avait pas l'air partiuculièrement méchant, à se trainer les mains dans les poches... Juste vraiment bourru, et peu commode. Pas dangereux, mais pas très engageant non plus.
    Qu'inspirait-elle à une adolescente, en jouant à son ombre ? Surement pas de la confiance.
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Ven 1 Mar - 12:54

J'avais décidé de partir. Partir, c'était bien. Oui, c'était la seule chose à faire. Je mis donc mon plan à exécution, c'était aussi simple que cela. Mon projet était de partir, peu importe le moyen, je m'en irais. Je m'efforçai d'oublier ma tristesse et je me mis en route, me concentrant sur mon objectif. Partir. Marcher me fit du bien, cela me calma ; de plus, l'idée que je venais d'avoir me donna de l'énergie. Maintenant que je savais ce que j'allais faire, je me donnerais à fond. J'étais têtue, obstinée comme un enfant pouvait l'être. Je ne me laissais pas convaincre facilement, non non.
Maintenant, par quel moyen pouvait-on quitter cet endroit ? Si je me souvenais bien, j'avais aperçu une île au loin, un jour. J'étais bonne nageuse, je pourrais très bien m'y rendre. Après...? Mmmh... Ou bien, brûler une partie de la forêt, pour avertir de notre présence les éventuels bateaux qui passeraient. Ce serait pas mal aussi. De toute façon, il restait encore beaucoup d'arbres. Décidée, je marchais de plus en plus rapidement, échafaudant des plans d'évasion. Néméïl était une prison qui me retenait loin des miens, je n'aspirais à qu'à la quitter, et je ferais tout ce que je pouvais pour y parvenir.

"J'suis déjà passé par là."

Je me retournai.

"Encore vous ?"

Ainsi, cet homme me suivait-il ? Je l'avais presque oublié à vrai dire, trop concentrée sur mes pensées. Il m'agaçait. Je n'étais plus triste maintenant, j'étais passée à autre chose, à mon plan. Et lui, c'était un obstacle qui me détournait de mon objectif. Il m'ennuyait.

Puis je pris conscience de ses paroles. Nous tournions en rond. Je ne l'avais pas remarqué, à vrai dire. Je compensais généralement mon déficit de mémoire visuelle par ma mémoire auditive (qui, elle, était excellente), mais cela n'aidait pas tellement pour se repérer dans un parc. Surtout que, faisant honneur à mon sexe, mon sens de l'orientation était exceptionnellement mauvais.

L'homme me regardait. Il ne semblait pas agressif, mais tout en lui m'agaçait. Qu'il fasse une remarque comme cela, sans rien ajouter, c'était totalement inutile, contre-productif et idiot. J'avais l'impression qu'il se moquait de moi, et je n'aimais pas cela du tout. Surtout que je n'avais pas que cela à faire, moi, j'avais une évasion à programmer !

"Puisque vous êtes si fort, si vous me disiez comment quitter cet endroit, je vous en serais très reconnaissante."

J'étais légèrement ironique, c'est vrai. Mon ton n'était pas des plus respectueux, mais je ne pensais pas tellement devoir le respect à cet homme.

"D'ailleurs, si vous aviez un moyen de partir de Néméïl, j'apprécierais également."

Tant qu'à faire !


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Sam 2 Mar - 19:14

    Elle n'avait ni l'air effrayée, ni peinée, cette fois-ci, lorsqu'elle se retourna pour dévisager Héphaïstos, en lui reprochant, plus par le ton de sa voix que par ses paroles, sa présence derrière elle, encore - ses propos étaient orgueilleusement ironiques, même un être obtus comme le forgeron le percevait clairement.
    Qu'elle s'offusque, il pouvait parfaitement l'entendre, mais la lueur dans son regard, ça, il ne pouvait le supporter... Comment une gamine, qui n'avait arpenté la terre qu'une quinzaine d'années, pouvait-elle se permettre de manquer ainsi de respect à un Dieu ? Héphaïstos n'était peut-être pas le plus beau, ni le plus fin de ses pairs, mais il n'en avait pas moins accompli des prouesses, à rendre humbles les grands de l'Olympe. Que serait Arès sans les armes indestructibles qu'il lui avait forgé ? Qu'aurait fait Zeus s'il n'avait pas consenti à libérer sa femme ? Que seraient devenus les hommes, plus simplement, s'il ne leur avait pas livré le secret de l'utilisation du feu et du fer, et ne les avait pas épargné maintes époques, de la fureur des volcans ?

      - Pour qui me prends-tu, Moïse l'halluciné, qui ouvre le jardin en deux grâce à la bonne parole monothéïste ? Gronda-t-il, son visage plus encore déformé par la colère. Comment oses-tu me mettre au défi d'être un ridicule guide, petite batarde ?


    Il bouillait, et ses paumes le brulaient, avec la furieuse envie d'asséner à cette insolente une gifle bien méritée. Si elle avait été élevée par son véritable père, il était évident qu'elle aurait été mieux éduquée à se plier devant ses supérieurs.
    Pourquoi ne l'avait-elle pas été d'ailleurs ? Jupiter l'avait-il reniée, chassée ? Vendue à des humains ignorants ? Héphaïstos se refusa d'éprouver la moindre compassion, en imaginant ces hypothèses... Il ne voulait pas se trouver le moindre lien ou point commun avec elle.

      - S'il y avait un moyen de partir de Néméil, sois sûre que ton merveilleux paternel l'aurait trouvé ! Cracha de nouveau Héphaïstos, avide de blesser. Fais-toi une raison, t'es coincée là et c'est pas en te f'sant des ennemis que tu vas t'y plaire.


    Franchement, cette constatation ne lui faisait surement pas plus plaisir qu'à elle, mais elle l'avait cherché. Non ?
    Non, il ne fallait surtout pas qu'il éprouve de regret à la remettre à sa place... Et pourtant, il avait vraiment peur, maintenant, qu'elle fonde de nouveau en sanglots.
    Par tous les éclairs de Zeus, qu'avait-il fait pour mériter toujours pareils sentiments ?

      - C'est vrai quoi, déclara-t-il en se radoucissant légèrement, gêné de s'être emporté - son caractère impétueux était plus fort que sa sociabilité, cela allait sans dire. J'disais juste que j'étais passé par là, et qu'on tourne en rond !


    On, comme s'ils avaient fait le chemin ensemble, de manière volontaire.

      - MOI AUSSI JE SUIS PERDU DANS CET ENDROIT LABYRINTHIQUE, BORDEL DE ZEUS, VOILA ! Cria-t-il soudain, plus au ciel qu'à la gamine, d'ailleurs - ce n'était pas elle qu'il blamait, au fond. On aurait bien besoin d'Hermès, conclut-il, en guettant les alentours, comme si le seul fait d'évoquer le messager allait le faire apparaitre... Mais cela ne marchait peut-être pas aussi facilement, dans ce bled d'exil.
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Sam 2 Mar - 21:01

J'avais donc formé le projet de m'en aller, de m'évader de cette île qui n'était pas aussi paradisiaque qu'elle semblait. Alors oui, je n'aimais pas être dérangée quand je faisais quelque chose ou quand je pensais quelque chose. J'avais peut-être réagi un peu vivement, et je commençais déjà à le regretter. En effet, notre inconnu semblait s'échauffer petit à petit, et je pris peur. Avec ses cheveux hirsutes et son regard effrayant, on aurait aisément pu le croire fou. Vraiment. Il paraissait totalement malade. J'avais peur.

"Pour qui me prends-tu, Moïse l'halluciné, qui ouvre le jardin en deux grâce à la bonne parole monothéiste ? Comment oses-tu me mettre au défi d'être un ridicule guide, petite bâtarde ?"

J'aurais pu rire ; effectivement, il avait vraiment l'air halluciné. Mais il grondait tellement fort et d'une façon tellement impressionnante que je ne pus que me taire, et baisser les yeux honteusement. Je m'en doutais, mais j'avais offensé un dieu. Ce n'était pas le moment de deviner qui il était. Je sentais que j'allais regretter ma petite insolence, et bien comme il fallait. J'allais le payer, et très cher. J'avais peur. Je tremblais comme une feuille.

"S'il y avait un moyen de partir de Néméil, sois sûre que ton merveilleux paternel l'aurait trouvé ! Fais-toi une raison, t'es coincée là et c'est pas en te f'sant des ennemis que tu vas t'y plaire."

J'aurais voulu être une souris. Un insecte. A vrai dire, ne pas exister.
Cet homme me blessait, pour la deuxième fois il me rappela que mon véritable père n'était pas mon père. Pire, il me condamnait ici. Je m'étais accrochée à l'espoir de pouvoir partir, mais maintenant... Il me mettait en face des choses que je savais déjà. « Il n'y a que la vérité qui blesse. » Mon énergie s'était évanouie. Disparue aussi rapidement qu'elle m'était venue.
Et puis ce regard de reproche, de mépris que le dieu me lançait. Je n'arrivais pas à supporter cela. J''avais honte, dire que la seule personne que j'avais croisée ce jour-là s'avérait odieuse avec moi ! J'étais intimidée, je me sentais ridicule. Il avait tellement raison.

Les larmes me montaient aux yeux, doucement, silencieusement. J'étais petite, bête, stupide, perdue, je n'avais ni pouvoir ni magie pour m'aider dans ce monde si violent. Le désespoir me prit de nouveau. Je gardai ma tête baissée : il ne suffisait plus qu'il me voie pleurer ! Qu'il me crache dessus une fois de plus ! Et le pire, c'est que je l'avais mérité. J'avais mérité qu'il me traite ainsi. Si seulement j'étais persuadée du contraire, j'aurais pu garder un peu de dignité, j'aurais pu garder la tête haute. Au sens propre comme au figuré. Alors je gardais le silence. Piteusement, honteusement. Je n'avais rien à dire, aucun argument à opposer. Tout ce qu'il disait était vrai, c'est ce qui me faisait le plus mal.

"C'est vrai quoi. J'disais juste que j'étais passé par là, et qu'on tourne en rond !"

Oui, c'était vrai. Oui, tu avais raison. Qu'est-ce que je pouvais te répondre ?
Larmes. Larmes. Larmes. Ma vue se brouille. Tête baissée, je chuchotai, d'une voix inaudible, tremblante, tellement faible, dans un murmure, dans un soupir :

"Je sais..."

Et soudain, lui, qui explose :

"MOI AUSSI JE SUIS PERDU DANS CET ENDROIT LABYRINTHIQUE, BORDEL DE ZEUS, VOILA !"

Son cri me surprit, je relevai la tête soudainement. Je le regardais. J'avais cru déceler, ne serait-ce qu'une seconde, son désespoir. Dans son aveu, j'ai entendu la même crainte que la mienne. Lui aussi était fragile. Je le découvrais petit à petit, mais les dieux n'étaient pas imperturbables. Ils étaient humains, ils étaient faibles. Parfois.

Je le regardais. Je ne pouvais lui en vouloir, je le savais. Même s'il n'avait pas l'air commode, même s'il était visiblement misanthrope et totalement incapable de la moindre communication, je sentais qu'il restait quelque chose... De bien. Oui, curieusement, c'était quelqu'un de bien. Maladroit, qui ne savait pas comment s'y prendre, mais quelqu'un de bien au fond.

Je souris aussi gentiment que possible à travers mes larmes qui se tarissaient peu à peu. Il avait besoin d'aide. Peut-être que je pourrais l'aider, moi. Je n'étais pas aussi corrompue que les autres dieux, qui avaient tout de même des mœurs assez légères, quoi qu'on en dise.

Mais il ne faisait pas attention à moi. Il pensait déjà tout haut. Heureusement, car je ne pense pas qu'il aurait apprécié ma curiosité pour sa personne. Il était plutôt du genre à vouloir qu'on lui fiche la paix. A penser qu'il n'avait besoin de personne, qu'il n'avait pas besoin d'aide.

"On aurait bien besoin d'Hermès."

Oui, enfin là, c'était passager. Il avait besoin d'aide temporairement. Ma théorie restait valable.

A l'évocation de ce nom, je rougis. Hermès. Mon dieu. C'était bien le mot. Mon dieu, mon dieu, mon dieu. Il ne manquait plus que lui, effectivement. Non, il ne fallait pas qu'il vienne. Je serais paralysée, traumatisée, tout ce que vous voulez, mais pitié, je préférais rester perdue plutôt que de le voir. J'étais tellement gênée en sa présence, tellement intimidée. Quand je le voyais, mon cœur battait plus fort, mes mains étaient moites... L'inconnu allait forcément l'apercevoir, et alors là. Je ne répondais plus de rien.
J'avalais difficilement ma salive, tentant de prendre un air dégagé. Peine perdue. Maintenant qu'il m'avait parlé d'Hermès, je ne pouvais me débarrasser de son image. Image obsessionnelle, entêtante. Je me mordis la lèvre inférieure. Je ne voulais pas qu'il voie ma gêne.

"Oui oui" dis-je d'un air faussement distrait. Je priais pour que le dieu messager ne vienne pas. Mais, en même temps, je n'avais pas de solution de recours. A moins que...

"On pourrait peut-être essayer d'appeler Mercure aussi..." proposai-je très doucement ; j'avais tellement peur de sa réaction que je ne pouvais dépasser les dix décibels quand je parlais.

Nous attendîmes quelques minutes, mais Hermès n'apparut pas. A mon grand soulagement d'ailleurs. Quoi que, peut-être qu'il allait venir, je n'en savais rien. Il lui fallait du temps pour voyager, non ? Pas de signe de Mercure non plus.

Bon. Comment sortir de ce fichu parc ? On pourrait se guider avec les astres ? Quoi que, en plein jour. Surtout que je ne savais pas me repérer grâce aux constellations, bien que je savais toutes les nommer. Moui. Finalement, c'était une mauvaise idée. Au pire, je pouvais toujours essayer de grimper à un arbre pour essayer de voir la sortie ? Mais j'avais eu 4/20 en escalade, en cours de sport, donc ce n'était peut-être pas la peine. Non, il aurait juste fallu que je grimpe sur ses épaules, pour prendre un peu de hauteur et voir par-dessus les haies. J'avais une vague idée de la sortie – sur ma gauche – mais où exactement... Il fallait de la hauteur pour voir.

Mais cet homme n'avait pas l'air fan des contacts humains. Alors les contacts physiques... J'avais retenu la leçon, il fallait y aller avec pré-cau-tion avec les dieux. Déjà avec Perséphone, à mon arrivée sur Néméïl... Maintenant avec ce dieu, visiblement grec : jurer par Zeus, proposer les services d'Hermès. J'espérais que les autres mythologies seraient moins susceptibles.
Bref, avec délicatesse et diplomatie.

"L'idéal serait de prendre de la hauteur pour voir par-dessus ces haies..."

Je sentais qu'il allait m'interrompre par une remarque du type "Je sais, tu me prends pour un hybride ou quoi ? Mais tant que tu n'as pas de solution, etc...". Je continuai donc sans m'arrêter :

"Peut-être qu'avec un appui pour s'élever, on pourrait voir la sortie..." me risquai-je doucement en jetant un regard aux alentours. Qu'un grand chêne, aux branches beaucoup trop hautes pour que je les atteigne. Je lançai au dieu inconnu un coup d'oeil interrogateur : peut-être qu'il voulait tenter un peu de grimpette ?

"Sinon, je suis plutôt légère..." suggérai-je timidement. Je n'osais pas aller au bout de ma pensée. J'avais tellement peur qu'il soit effrayé par l'idée qu'une demi-humaine puisse le souiller de son contact. Je me mis à me ronger les doigts nerveusement, dans l'attente d'une gifle, d'un cri, je ne sais quoi.

Là, par contre, je ne pouvais pas m'en vouloir. C'était une solution valable. Vraiment. Ce n'était pas une gaffe, ce n'était pas déplacé, ce n'était pas irrespectueux. Sinon, on pouvait très bien rester bloqués là aussi.


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Dim 3 Mar - 17:18

    Bien sur, Héphaïstos ne faisait allusion à Hermès que pour mieux prouver l'inutilité de lier des alliances avec les autres Dieux grecs : quand on avait besoin d'eux, ils n'étaient pas là. Il soupira donc... Cette constatation le désespérait toujours autant, même après des centaines d'années. Il s'acharnait pourtant, toujours, à croire qu'il pouvait peut-être trouver parmi ses semblables une personne de confiance, tout comme il s'obstinait malgré lui à rechercher encore les affections d'une Aphrodite qui ne l'avait jamais aimé.
    N'importe quel humain aurait peut-être été, finalement, après toutes ces déceptions, bien plus amer que lui. N'importe quel humain aurait surement abandonné. Mais Héphaïstos, derrière ses sarcasmes, gardait espoir que ses efforts payeraient un jour. Cette nouvelle terre pouvait être une opportunité pour réussir enfin à faire sa place parmi les figures de l'Olympe.

    Elle recommençait à tordre les lèvres comme si elle retenait un nouveau sanglot - il s'en serait douté - et il sentait que son empathie lui brulait les yeux, contaminés par toute cette tristesse enfantine... Cet état l'exaspérait grandement. Il ne pleurerait quand même pas pour une gamine qui l'insultait !
    Elle préférait Mercure, grand bien lui en fasse, il haussa les épaules, en poussant un soupir - pfff - qui montrait bien qu'il n'avait aucune préférence.

      - Pourquoi, t'aimes pas les grecs maintenant ? Bougonna-t-il, juste pour la forme. Moi j'en suis un, j'te signale.


    Oui, c'était vrai ça... Il ne s'était même pas présenté. En temps normal, dans le monde duquel il avait été exilé, il aurait surement fait une entrée impressionnante en matière, juste pour le style : Zeus avait encouragé ses sous-fifres à donner de la classe à chacune de leurs apparitions. Les illusions étaient toujours très importantes en ce qui concernait la religion... Mais Héphaïstos, ayant été reclu longtemps, avait perdu ses bonnes habitudes de politesse.

    Et pourquoi était-il si méfiant, de toute façon ? Elle proposait juste une alternative pour les sortir de là... Il tenta de se calmer, et lui offrit un sourire-grimace, histoire de faire passer cette pique pour une blague.
    Tout pour qu'elle ne se remette pas à chouiner.

      - T'en fais pas, j'suis pas très patriotique t'façon. Difficile de croire qu'il puisse être ami avec qui que ce soit, de toute façon. N'importe lequel de ces traitres fera l'affaire... Enfin t'as raison, mieux vaut se débrouiller par nous-même, si on veut pas rester là.


    Elle proposait déjà de regarder par dessus les haies, et il approuva d'un signe de tête, suivant son raisonnement en fronçant les sourcils, en grande réflexion.
    Clairement, la gamine suggérait qu'Héphaïstos pouvait la porter pour qu'elle accède à cette vue... Le Dieu ne voyant pas d'autres solutions, et étant bien décidé à partir, il secoua doucement, à contre coeur, sa tignasse désordonnée, pour lui donner son accord.
    Il se baissa, crispé, s'appuyant avec grand mal sur sa jambe blessée. Cette douleur était un constant rappel de l'aversion que lui vouait sa propre mère, qui aurait surement voulu qu'il se perde dans ces jardins, par sa faute, et aurait rit devant ces tentatives ridicules.

      - Vas-y grimpe... Ordonna-t-il séchement, en lui montrant son dos, avec un regard plein de défi. ET DELICATEMENT ! Ajouta le forgeron, juste pour lui rappeler que sa position n'était pas celle d'une monture divine : il n'était pas insensible, ni de corps ni d'esprit, malgré les apparences.


    Le déshonneur d'Héphaïstos venait surement de là : cette tendance à toujours offrir un soutien pour que les autres s'y appuient, l'écrasent pour mieux s'élever. Mais il était trop tard pour changer maintenant, surement, quand les habitudes étaient si bien ancrées dans son âme, comme autant de faiblesses.
    Il se laissait avoir par quelques larmes et une bouille innocente... Son coeur, pourtant assombri, le tromperait-il cette fois, en plaçant son sort entre les mains d'une petite romaine ?
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mer 6 Mar - 15:19

"Pourquoi, t'aimes pas les grecs maintenant ? Moi j'en suis un, j'te signale."

Je n'étais même plus étonnée par le sale caractère du personnage. Je haussais les épaules. Ainsi, le dieu était grec. Mmmh... Un dieu grec, plutôt hideux et pas très civilisé... Arès ? Héphaïstos ? Hadès ?
En réalité, je n'avais rien contre les Grecs, j'aurais même voulu être grecque. C'était la mythologie que je connaissais le mieux - j'aurais été moins déboussolée. Alors que les Romains, c'était une autre histoire. Dire que j'appartenais à une civilisation de plagiaires. Bon, pas totalement, mais les Grecs avaient tout inventé, les Romains n'avaient qu'amélioré ces idées. Non, je n'avais rien contre les Grecs, j'aimais les Grecs, j'étais censée être grecque, mais je suis romaine.
Et puis, c'est juste que je ne voulais pas voir Hermès. Enfin, si. Peut-être trop, justement. Enfin, je n'en savais rien. Il valait mieux ne pas le voir. Et puis ce n'était pas la question !

"C'est que je suis romaine" répondis-je, comme une évidence. Evidence, évidence... Je me sentais tout de même plus anglaise que romaine. Etoffer ma culture latine n'avait jamais fait partie de mes priorités.

"T'en fais pas, j'suis pas très patriotique t'façon."

Héphaïstos, sans aucun doute. Arès ne tiendrait pas ce genre de discours, et Hadès... L'homme que j'avais en face de moi était quelqu'un de bien au fond, je le sentais. Ce ne pouvait qu'être Héphaïstos.

"N'importe lequel de ces traitres fera l'affaire... Enfin t'as raison, mieux vaut se débrouiller par nous-même, si on veut pas rester là."

Héphaïstos, adjugé !

"Il vaut mieux se débrouiller par nous-même..." C'était le moment de proposer mon idée. Qu'il me porte pour trouver la sortie, et après... Après, on verra !

Quel ne fut pas mon étonnement lorsque le dieu fit un signe d'approbation ! J'étais persuadée que j'allais me faire tabasser pour avoir osé l'offenser en le comparant à je ne sais quelle estrade, ou quelque chose du genre. Là, rien ! Ma surprise était complète. Dire que je n'avais même pas à batailler pour défendre mon idée, rien du tout ! J'étais presque déçue.

Lorsque je le vis se baisser, j'eus la confirmation - s'il y en avait besoin - qu'il s'agissait d'Héphaïstos, par sa jambe blessée. Je connaissais l'épisode avec Héra. Je fixais cette jambe, me demandant comment une mère pouvait agir ainsi. Les dieux n'étaient vraiment pas raisonnables... Ils étaient totalement fous, oui ! Dire qu'ils étaient capables de telles abominations... Tous des tarés !

"Vas-y grimpe..."

Je regardai la jambe. Je n'étais plus très sûre de moi. L'appui ne m'avait pas l'air très solide, si c'était pour qu'on s'écroule tous les deux... Déjà qu'il avait du mal à tenir droit tout seul, alors avec quelqu'un sur lui... Sinon, on pouvait aussi tenter autre chose. Faire la courte échelle ? Ce serait peut-être plus sûr. Je ne bougeais pas, me mordant la lèvre.

Mon regard croisa alors celui du dieu. Autorité, défi et ordre.
Bon, bah d'accord... Puisque c'était comme ça... Je m'approchais avec mille précautions.

"ET DELICATEMENT !"

Comme si j'avais besoin de la précision ! Un léger coup aurait suffit à le faire basculer sur le côté, j'en étais sûre. La jambe tordue ne me rassurait aucunement.

Bon, maintenant, il fallait y aller. Je pris une inspiration, posai mes mains très lentement sur son dos. Attention... Je pris un petit appui pour m'élancer. En équilibre instable, je remontai mes jambes ; j'étais maintenant à genoux sur son dos. Il fallait se lever. La partie la plus délicate de l'opération.
Inspiration, expiration. Je me mis sur mes genoux, posai un pied sur la colonne vertébrale du dieu. Oups, non, pas là. Difficilement, je changeai mes appuis, oui, c'était à peu près bon. Debout, Gemma ! Je me relevai doucement, les mains écartées (comme si elles me permettaient de conserver l'équilibre...).
Je sentais qu'Héphaïstos allait bientôt faiblir. Je regardai alors sur ma gauche, où la sortie devrait être, et, comme prévu, l'issue était exactement à l'inverse, c'est-à-dire devant à droite. En fait, nous étions tout proche, c'était presque un miracle que nous soyons passés à côté tant de fois ! Il suffisait de continuer encore un peu devant nous, sur une trentaine de mètres peut-être. La haie s'arrêtait alors sur notre droite, avant de reprendre de nouveau : c'était un petit espace d'une soixantaine de centimètres de large, et il fallait prendre ce passage. La sortie serait visible après. Ce n'était probablement pas le chemin officiel (ceux qui avaient conçu le parc n'avaient sûrement pas voulu que l'on passe par un petit trou dans la haie), mais c'était une route comme une autre !

Je sautai alors directement par terre, m'effondrant à moitié sur le sol - je tombai de trop haut.

"Suis-moi !" dis-je, sans plus de précision, et je partis en courant, pressée que j'étais de rejoindre la civilisation. Je sautillais, enthousiaste. C'était un peu comme une course d'orientation, une chasse au trésor. J'aimais bien ce genre de jeu. Dommage que ce soit fini aussi vite, alors que ça venait juste de commencer.

Le passage était là, à droite.

"Viens !" fis-je signe à Héphaïstos, qui avait l'air d'avoir bien du mal à me suivre. Je ne me permis pas de remarque, mais apparemment, Monsieur le dieu n'avait pas l'habitude de faire du sport. Un peu d'exercice ne lui ferait pas de mal.

Je passais entre les feuilles - le trou était plus étroit que je ne le pensais -, et hop : la sortie était juste là, droit devant nous. J'avais déjà vu cet endroit, et, bien que je ne savais pas exactement où nous étions, je savais aussi qu'un Grec serait bien capable de se repérer à partir de là - c'était tout de même leur quartier.
Je m'arrêtai, me retournai et attendis Héphaïstos, un large sourire sur les lèvres. J'avais le sentiment de l'accompli, de la victoire. Nous avions trouvé le trésor.
Je ne m'attendais pas à des remerciements, ni à une parole de sympathie. Je voulais juste savoir ce qu'il comptait faire. Maintenant que nous avions trouvé la sortie, je n'avais pas tellement envie qu'il s'en aille. Et je n'avais pas tellement envie de m'en aller.


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Sam 9 Mar - 21:00

    Anglaise, romaine, Néméilienne... Décidément, l'identité de cette gamine était vraiment complexe. Héphaïstos n'avait pas envie de comprendre, et il n'insista pas. De toute façon, grecs comme romains, même combat pour lui : il n'appréciait pas les Dieux, point barre. La petite n'était qu'à moitié de cette catégorie, ce qui en faisait déjà quelqu'un de naturellement plus appréciable.
    Elle grimpa avec hésitation sur son dos, et Héphaïstos eut un ricanement moqueur, étouffé... Il sentait bien qu'elle prenait du mal pour éviter la dégringolade, rapport à sa jambe tordue. Mais si l'apparence du forgeron était en effet inquiétante, il n'en était rien, en réalité, de sa condition physique : il possédait une grande force, et le poids d'une adolescente se faisait à peine sentir sur ses épaules. Néanmoins, il s'amusait de sa prudence, et en jouait même : cette naïveté lui rappelait vaguement quelqu'un de très familier.

    Elle sauta alors à terre, déterminée, triomphante. Le Dieu ne retint pas un sourire satisfait, en obéissant à son ordre pour la suivre. Peu importait qu'elle prenne les commandes, s'il arrivait à s'enfuir de cet endroit où il ne faisait que tourner en rond.
    Il eut, là, des difficultés à garder l'allure : la fillette était plus agile que lui, et contournait les obstacles avec légèreté - le Dieu, quant à lui, laissa quelques branches brisées sur son passage, les arrachant comme si elles étaient faites de paille, juste pour l'ennuyer.
    Si même la nature s'y mettait... Le monde entier était bel et bien contre lui.

      - Pas si vite, j'suis pas une nymphette des bois, moi, grogna-t-il, sans qu'elle ne relève sa remarque. Elle non plus n'était pas une créature de la forêt, et elle se débrouillait pourtant bien mieux que lui. Héphaïstos poussa un nouveau soupir vexé. Suis-moi, qu'elle dit en passant dans des trous de souris... J'suis pas un gosse, moi ! Bordel de Vénus.


    Héphaïstos ne jurait jamais par sa femme, qu'il respectait bien trop, malgré ce que les autres auraient pu en penser. Il n'aurait jamais toléré que son nom fusse souillé par un parjure, aussi innocent soit-il. Et il détestait la déesse romaine, parce qu'Aphrodite la jalousait... L'amour inconditionnel qu'il portait à sa femme en aurait surement fait fondre toute autre. Mais Cupidon l'avait frappé pour lui offrir la seule déesse qui soit inaccessible à cette affection : ce bambin était décidé bien cruel, avec ses flèches empoisonnées.
    Etrangement, depuis ces siècles, ses sentiments, s'ils avaient été induits par un quelconque enchantement, auraient du sans doute se dissiper : or c'était loin d'être le cas.
    En parcourant le jardin sur les pas de son alliée improvisée, Héphaïstos rêvait d'absolution, et pestait comme s'il voulait ajouter à sa sentence.

    Finalement, la mi-humaine avait bel et bien trouvé la sortie. Ils se retrouvèrent devant le parc, l'une satisfaite et l'autre perplexe d'avoir accomplit cet exploit sans plus d'épreuves. Rien ne paraissait à Héphaïstos sans conséquences. S'il obtenait la victoire aujourd'hui, il subirait sans doute pire le lendemain - ainsi en allait de son quotidien pessimiste.

      - Super... Déclara-t-il sans grande conviction, non pas parce qu'il ne le pensait pas, mais bien parce qu'il ne voulait pas se montrer trop enjoué devant une enfant. Il en allait de sa réputation. Au fait, vu que t'as quitté les tiens, t'es à la rue sur Néméil ?


    Héphaïstos, ou l'art de battre un record de manque de tact en une phrase. Il lui rappelait déjà qu'elle n'était pas chez elle, ni connue, ni vraiment acceptée. Qu'elle portait surement un patronyme que son véritable père ignorait. Bref, la totale. Elle avait beau avoir trouvé la fin de cet endroit, elle restait perdue.
    Et Héphaïstos ne se rendait même pas compte que sa question était déplacée, puisqu'il l'observait, attendant sa réponse, avec un regard interrogateur.
    Au fond, il s'inquiétait juste de la direction qu'elle allait prendre, et si elle y trouverait un toit, à défaut d'y trouver la chaleur d'un foyer... Au fond, il s'inquiétait de son sort, mais il le faisait si maladroitement, qu'il semblait faire exprès de lui rappeler ce à quoi elle était condamnée, par pure méchanceté.
    Les quiproquos n'avaient jamais joués en sa faveur.




   



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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Dim 10 Mar - 12:53

Je courais vers la sortie, sautillant, légère, contente ! Héphaïstos avait bien du mal à suivre la cadence, ce qui me faisait un peu rire. Pas méchamment, mais sa tête m'amusait. Et sa mauvaise foi surtout.

"Pas si vite, j'suis pas une nymphette des bois, moi."

Moi non plus, mais il faut faire un peu de sport de temps en temps. Il pouvait tout de même admettre qu'il ne savait pas courir, ce n'était pas un drame. Surtout avec une jambe à moitié tordue. Mais non, Monsieur n'avouait pas ses faiblesses. Ahh, l'égo masculin, multiplié par l'égo divin ! Cela me faisait rire, cela m'amusait ; un rire cristallin, léger, alors que je volais presque à travers le parc.
Arrivés au niveau du trou dans la haie, je lui fis signe de venir. Je ne me retournai pas, mais je l'entendais grommeler derrière moi :

"J'suis pas un gosse, moi ! Bordel de Vénus."

Je souris. C'était presque mignon. Parce que, bon, jurer par Vénus, ce n'était pas si raffiné que cela. Surtout que Vénus était une femme admirable. C'était elle qui m'avait signalé ma nature divine, et elle avait été d'une gentillesse incroyable ! La seule déesse romaine à qui j'avais parlé jusque là, compréhensible et empathique. Je ne fis pas de remarque, mais je n'aimais pas cela. Vénus était quelqu'un de bien. Non, non, si on voulait jurer par une déesse, autant le faire par Aphrodite.

J'entendis quelques pas lourds se rapprocher, et Héphaïstos arriva enfin.

"Super..." fit-il d'une voix molle.

Je le regardai, courroucée. On venait de trouver la sortie, et il n'était toujours pas content ! A ce stade, je ne pouvais plus rien pour lui !
C'était tout de même gênant, cette faculté qu'il avait de semer la mauvaise humeur ! J'étais tellement satisfaite, tellement contente d'avoir trouvé la sortie ; j'étais fière de moi, j'avais l'impression d'avoir accompli quelque chose (ce n'était pas grand-chose, mais ce n'était pas rien non plus), et là : pouf ! Plus rien. Pourtant, j'étais plutôt quelqu'un de joyeux, d'enjoué ; mais sa science du désespoir dépassait de très loin mon caractère.

"Au fait, vu que t'as quitté les tiens, t'es à la rue sur Néméil ?"

Regard de reproche.
Il exagérait, vraiment. J'hésitais entre la colère et la tristesse.
Je serrai mes lèvres, fort, très fort. Mais, rien à faire, des larmes me montaient aux yeux encore une fois, doucement. Mon visage se décomposait à vue d'oeil. J'avais presque oublié cela ; je ne pouvais pas l'effacer totalement de ma mémoire, mais y penser moins... Et lui... C'était vraiment injuste ! Je n'avais jamais rien fait de mal à personne, j'avais peut-être volé les habits de ma soeur une fois ou deux, mais elle m'avait pardonné ! J'étais une élève modèle, j'étais sage, je respectais les gens. Alors, pourquoi moi ? Je n'avais rien fait à personne ! Et puis, maman aussi était quelqu'un de respectable ; Jupiter était vraiment un être ingrat. Souiller une personne aussi pure que maman. J'en avais marre de ces caprices divins ! J'étais la victime de leurs jeux idiots, futiles ; et ces dieux ne se rendaient pas compte que j'avais des sentiments, moi aussi. Ils considéraient les humains comme des moins que rien, mais au fond, nous étions tous pareils.

Papa...
Maman...
Keira...

Je me jetais dans les bras du dieu, et lui fis un câlin. Je le serrai fort, fort, fort, le plus fort possible. Bah oui, j'étais toute seule, mais j'en avais marre, j'étais fatiguée. Je ne voulais plus être toute seule. Je ne méritais pas d'être toute seule.
Même s'il était méchant, même s'il était égoïste, Héphaïstos était quand même quelqu'un. Et j'avais besoin de quelqu'un. Alors voilà, ce serait lui, tant pis. Le premier venu, je n'en savais rien, mais j'avais besoin d'un soutien. D'un appui.

Et je me mis à pleurer à chaudes larmes.

"Je... Je... Toute seule... Injuste... Vr... Vraiment... Papa... Maman..."

Maintenant, on pouvait se moquer de moi, je m'en fichais. On pouvait dire qu'à quinze ans, on ne devrait plus avoir besoin de personne, mais ce n'était pas vrai. La famille avait toujours compté le plus au monde pour moi.
J'avais tellement pleuré, toute la journée, que j'étais plus faible que jamais. Je n'avais plus rien, plus de force, plus d'énergie, plus d'envie. Je voulais me laisser aller, je réfléchirai plus tard. Je tenais à peine sur mes jambes, et je tremblais doucement. J'avais froid. Comme si l'adrénaline qui m'avait tenue jusque là me quittait progressivement. La peur me gardait éveillée, et maintenant que je ne craignais plus...

"Tu t'occuperas de moi ?" demandai-je doucement. Je me comportais vraiment comme une enfant, mais là, je n'en pouvais plus. J'avais trop vécu de choses en un temps trop court.

Oui, il y avait Perséphone, Hermès, Vénus, Idun... Je leur avais parlé quelquefois, mais en réalité, ils s'en foutaient de moi. Ils avaient bien d'autres problèmes, ce que je comprenais. Je dormais chez Vénus, mais la journée, j'étais seule. On me croisait, mais on ne me voyait pas. Je devais toujours aller vers les autres, toujours demander de l'aide, personne ne venait vers moi. Maintenant, c'était tout. Stop. Assez, y en avait assez. Ce serait Héphaïstos, et puis c'est tout ! Qu'il le veuille ou non, je ne lui demandais pas son avis. De toute façon, j'avais de l'affection pour lui, je l'aimais bien, il serait mon tonton, et puis voilà !


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Dim 10 Mar - 20:11

    Finalement, Héphaïstos regrettait presque sa question, sortie trop vite, sans réfléchir. Malheureusement, il était comme ça, impulsif, brutos, et il ne pensait pas vraiment, avant d'agir... Surtout lorsqu'il s'agissait de relations sociales. Il n'était tout simplement pas doué en la matière.
    Il ne redoublait de créativités et de finesse que pour Aphrodite, et celle-ci ne le remarquait même pas : ainsi, il avait cessé de faire des efforts pour plaire, il avait arrêté de peser ses mots, de jouer de l'apparence en public. Il s'était aussi laissé pousser les cheveux, qu'il ne coiffait jamais, et une barbe naissante, qui lui donnait un air sale et repoussant : il semblait laid, alors qu'il ne l'avait pas toujours été, et ne l'était pas vraiment, au fond. A une époque révolue, il avait essayé de séduire sa femme par son physique, et il s'était révélé d'une prestance assez avantageuse, soigné et lavé, malgré sa jambe qui le faisait boiter. Mais cela n'avait pas suffit, bien évidemment, et il avait abandonné.
    Il repensait à la grimace qu'avait fait sa belle épouse la dernière fois qu'elle l'avait vu, et il était bien loin d'attendre une réponse de la gamine qui l'avait sorti du parc, tout à ses divaguations.

    Puis tout d'un coup, il sentit quelqu'un lui presser la taille, et se baissa avec stupéfaction pour poser son regard sur la demi-déesse, qui se serrait contre lui : il crut d'abord à une attaque, et recula sans succès, clopinant maladroitement, cherchant son équilibre.
    Et enfin, il comprit que les intentions de la fillette étaient bien différente.
    Héphaïstos en écarta d'autant plus les yeux, ahuri, bien plus effrayé que si elle avait voulu lui mettre un coup dans l'estomac.

      - Non, mais... Mais, ça va pas ?! Mais enfin, t'as perdu la tête ou quoi ? S'exclama-t-il, bégayant, en la repoussant du mieux qu'il pouvait. Il ne voulait pas la brusquer, ni user de violence dans une telle situation, et elle resta donc pendue à lui sans qu'il ne puisse s'en séparer. J'suis pas une baby-sitter, moi ! J'suis forgeron. J'tape sur le fer, j'm'occupe pas des mioches, non, ça c'est un truc de femmes. Faut demander à une déesse, ça va pas le faire là, non, non.


    A force de se défendre par des mots, il espérait qu'elle finirait par le lacher, réalisant l'immense erreur qu'elle avait fait en jetant son dévolu sur lui... Il ne voulait clairement pas faire garde d'enfants, il ne savait d'ailleurs pas le moins du monde s'y prendre avec eux : la preuve en avait été faite pendant cette expédition.
    En plus de cet inconvénient, il y avait également ce déconfort, inconnu, qu'il ressentait à l'étreinte de l'adolescente. Personne ne lui témoignait ainsi de l'affection. Jamais.
    C'était affreusement embarrassant, et il ignorait totalement les règles de politesse qui forçaient les hommes à y répondre ou non.
    En l'occurrence, il décida du lui tapoter le haut du crâne, comme il l'aurait asséné à un bon chiot.

      - Je... J'vais aller parler à ton père, il saura quoi faire de toi, déclara-t-il avec sa délicatesse habituelle. Après tout, Jupiter n'avait pas qu'une seule fille, à priori, il avait du en élever une dizaine, alors une de plus ou une de moins... Héphaïstos était persuadé qu'il ne ferait pas la différence - et étonnement, ce constat l'ennuyait. J'suis pas bon à... ça, moi.


    Ca, c'était les sentiments, ces trucs dégoulinants, qui comprennaient les larmes... Il ne gérait que les métaux durs, pas les petits coeurs tout mous et tout doux des filles. Il les aurait malmenés, avec ses grosses pattes, il en était persuadé.
    Et puis, s'il ne voulait pas être apprécié, la réciproque était valable : il redoutait de s'attacher de nouveau à quelqu'un, qui l'abandonnerait pour un autre plus beau, plus avenant, plus courtois. Il ne comptait pas prendre le risque de perdre une chose qu'il était en mesure de refuser d'avance, avant qu'elle ne prenne trop de valeur à ses yeux.

      - ET CESSE DE CHOUINER ! J't'ai d'jà dit que j'supporte pas ça, tu l'sais maintenant, et tu m'casses encore les oreilles, ajouta-t-il avec une exaspération pas tout à fait sincère, la secouant pour qu'elle se calme - méthode inefficace numéro 3, mais il fallait bien toutes les essayer. J'suis sûr que y'a à manger dans le coin, si t'as faim.


    Il n'était pas totalement ignare à l'éducation des enfants : il connaissait les raisons qui les amenaient à faire des caprices, et le manque de nourriture était une des causes principales de leur agacement. Ainsi, puisqu'il ne pouvait remédier pour l'instant au problème des parents, il allait tâcher de compenser en la gavant comme une oie blanche.
    Il constata alors que son procédé n'était pas très fin, et qu'il lui montrait trop d'affections, trop d'importance pour ses soucis de demi-humaine. Il était hors de question qu'elle le croit généreux ou compatissant, ou elle s'accrocherait plus à lui. Alors, il hocha la tête.

      - Moi j'boufferai un sphinx en tout cas, alors j'y vais, déclara-t-il, mine de rien. Toi t'fais comme tu veux, j'm'en fous.


    Oh le vilain menteur ! Si ce constat était vrai, pourquoi la couvait-il avec curiosité, guettant sa réaction ?
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Lun 11 Mar - 21:39

Je serrais Héphaïstos contre moi, très fort, et me détendais petit à petit au contact de cette présence. Mais, soudainement :

"Non, mais... Mais, ça va pas ?! Mais enfin, t'as perdu la tête ou quoi ?"

Non, ça n'allait pas. Mais par contre, je n'avais pas perdu la tête. Je le regardai, surprise, sans bouger.

"J'suis pas une baby-sitter, moi ! J'suis forgeron. J'tape sur le fer, j'm'occupe pas des mioches, non, ça c'est un truc de femmes. Faut demander à une déesse, ça va pas le faire là, non, non."

Le machisme ne m'atteignait même pas. J'étais quand même un peu blessée, mais je pus tout de même me contrôler suffisamment pour répondre doucement :

"Justement."

Justement.
Il ne savait pas s'occuper des enfants - étais-je encore une enfant ? -, c'était pour ça qu'il devait se charger de moi. Cela me paraissait tellement évident que je ne développai même pas ma pensée. Si c'était pour me confier à une nounou, quel intérêt ? Je voyais bien qu'il fallait que je m'endurcisse, que j'étais trop molle, incapable de faire face aux situations que je subissais. Ce n'était pas une gentille déesse qui pourrait m'aider pour cela. Je n'avais pas besoin d'apprendre le tricot, la couture ou la cuisine.

Il finit par me tapoter la tête gentiment, et je crus qu'il avait changé d'avis.

"Je... J'vais aller parler à ton père, il saura quoi faire de toi."

Pfff.
Jupiter n'avait pas cherché à me voir depuis que j'étais là ; pourtant il savait que j'étais sur Néméïl. Mais rien du tout. En même temps, ce n'était pas entièrement de sa faute, je ne faisais aucun effort non plus, j'avais trop peur d'être déçue, et de le décevoir. Je n'étais pas encore prête à affronter mon père, le dieu des dieux, Jupiter - enfin, peu importe son nom. Ce n'était même pas une personne dans mon esprit, c'était un concept, c'était une idée. Et je n'avais pas tellement envie qu'il devienne une personne, parce que je ne sais pas haïr les gens. Au fond de moi, je n'avais pas du tout envie d'apprécier ce Jupiter. Enfin, je n'en savais rien. Ce dont j'étais sûre, c'était que ce n'était pas la peine. Je n'attendais rien de lui.
Jupiter... Je ne le connaissais pas, mais il m'avait tellement fait de mal ! Je n'avais pas grand-chose, dans ma petite vie tranquille en Angleterre, mais maintenant, je n'avais plus rien. Serais-je capable de lui pardonner ?

"J'suis pas bon à... ça, moi."

Si...
Si, tu viens de le dire, tu viens de l'admettre. Si, parce que tu ne m'as pas jetée, tu ne m'as pas giflée, tu m'as pas vraiment brusquée, alors que tu aurais pu. Si, parce que tu es gentil au fond, je le sais. Si, parce que tu en as autant besoin que moi. Tu as autant besoin que moi d'y croire, y croire, parce qu'il ne te reste rien d'autre. Y croire ? Y ? J'en sais rien.

Maintenant, il ne restait plus qu'à le lui faire comprendre. Car je ne lâcherai pas.
En même temps, pourquoi me repoussait-il ? Qu'avais-je fait de mal ?

"Mais... Mais... Tu..."

J'étais plus touchée que je ne croyais. C'était un inconnu, que je venais de rencontrer il y a quelques minutes, mais pourtant...
Alors, je me rendis compte que c'était la première personne que je tutoyais depuis que j'étais ici. Ce tu voulait dire tellement de choses... Dire que ce ne sera probablement jamais le cas avec Jupiter ! Mon "père". Je n'aimais pas ça. C'était une idée répugnante. Maman et lui dans un lit... Non !
Et, sans m'en rendre compte, les larmes m'étaient monté aux yeux, une fois de plus.

"ET CESSE DE CHOUINER !"

Je sursautai. Il m'avait fait peur !

"J't'ai d'jà dit que j'supporte pas ça, tu l'sais maintenant, et tu m'casses encore les oreilles."

Je baissai la tête, sans rien ajouter. Alors qu'il se mit à me secouer comme un prunier. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, mais je me laissais faire, n'ayant pas assez de force pour me dégager de l'emprise d'Héphaïstos. Enfin, il arrêta, heureusement juste à temps ! Je ne me sentais pas très bien, je devais être verdâtre... Je mis quelques secondes à me détendre, à reprendre ma respiration, et à attendre que cette envie de vomir me passe. Il n'y était pas allée de main morte le dieu, je me sentais vraiment nauséeuse ! Je finis tout de même par reprendre le contrôle approximatif de mon diaphragme, et respirer à peu près correctement.

"J'suis sûr que y'a à manger dans le coin, si t'as faim."

Faim ?
Mon estomac se rappela à moi à ce mot. Je n'avais pas mangé de la journée, et, on a beau dire ce que l'on veut, mais pleurer ne rassasie pas. Oui, j'avais faim, maintenant qu'il le disait. Je prendrais bien des tagliatelles à la carbonara. Un gros plat de pâtes. Miam.

"Moi j'boufferai un sphinx en tout cas, alors j'y vais."

Du sphinx ? C'est comestible ? La gourmandise a toujours été mon péché mignon, et, bien que je détestais cuisiner, je goûtais toujours de tout. Du cheval, des insectes, du chien, du serpent, des testicules de boeuf, des grenouilles, des escargots... Rien - en-dehors des cornichons, allez savoir pourquoi - ne m'avait jamais fait peur. Alors du sphinx, pourquoi pas ?

"Toi t'fais comme tu veux, j'm'en fous."

Je ne me formalisai même plus de ces formules, que l'on pouvait considérer comme des expressions idiomatiques intraduisibles de l'héphaïstosien. En anglais courant, cette phrase donnait : "Are you coming?".

"Je veux bien goûter du sphinx aussi, j'en ai jamais mangé avant. C'est bon ?" répondis-je, enjouée.

Cela peut paraître bien simple, mais quand je n'allais pas, du chocolat me mettait systématiquement de bonne humeur. C'était miraculeux. Il pouvait véritablement m'arriver n'importe quoi, la nourriture me consolait toujours. D'ailleurs, le manque de sucreries est l'une des principales raisons de ma tristesse sur Néméïl. Je n'avais pas touché une barre chocolatée depuis que j'étais là, autant dire que mon humeur n'était pas au beau fixe.

"Au fait, je m'appelle Gemma" dis-je en lui tendant la main, avec un sourire.

"On va où ?" demandai-je.


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mar 12 Mar - 4:32

    Justement ? Justement quoi ? Héphaïstos fronça les sourcils en fixant la gamine, ne voyant pas du tout où elle voulait en venir : justement, elle aimait qu'on ne l'aime pas ? Etait-elle masochiste ? En tout cas, son comportement ne faisait pas beaucoup de sens, et il ne comprenait pas qu'elle s'accroche ainsi à lui. S'il avait été une fillette - condition extrèmement dure à imaginer - Héphaïstos n'aurait certainement pas voulu de lui-même pour l'aider. Il pensa un instant à une blague des Dieux : qui avait donc eu l'idée saugrenue de lui lancer une mini-romaine dans les pattes ? Celui-là aurait bien besoin de cotoyer un peu plus les muses pour être inspiré.

    Il ne remarqua même pas qu'elle commençait à employer avec lui un ton plus familier, usant de tutoiement. A vrai dire, lui-même ne tenait pas de conversations très soutenues... Il ne tenait pas de conversations tout court, en fait.
    Depuis plusieurs centaines d'années, le grec était resté enfermé dans ses forges, indifférent aux tracas du monde des humains - qu'ils croient ou non en lui, ça ne lui importait pas du tout. C'était pour cette raison qu'il avait été très surpris de se retrouver sur Néméil : il ne l'avait pas cherché, d'aucune manière.

    Elle voulait goûter du sphinx ? Il écarquilla les yeux. Peut-être devrait-il cesser les sarcasmes avec elle, son esprit étant trop jeune pour qu'elle perçoive l'ironie divine ? Une chose était sûre, ils ne mangeraient plus jamais de créatures mythologique, pour la simple et bonne raison qu'elle avait pris forme humaine sur l'île, et qu'ils - enfin, Héphaïstos du moins - n'étaient pas cannibales.

      - Euh, t'as pas encore croisé grand monde ici, j'me trompe ? Se moqua-t-il, avec un ricanement crispé - il n'était pas habitué à rire. Décidément, il y avait encore plus perdu que lui, dans ce bled d'exil. Si tu voyais le Sphinx, t'aurais surement pas envie d'en faire ton repas... C'une façon de parler.


    Non, non, il ne trouvait pas ça touchant - plein de mauvaise foi. Il trouvait ça agaçant, d'être face à un être aussi naïf, voilà. Elle avait tout à apprendre de la vie, clairement, et lui, il en savait un peu trop, un peu trop mal... Il ne voulait pas qu'elle découvre cela avec ses yeux blasés, ses pensées pessimistes, ses rêves brisés.
    Héphaïstos n'était pas non plus égoïste, il souhaitait pour les autres, innocents, un meilleur sort que celui qui avait été le sien - et à ses détracteurs, par contre, de brûler dans les flammes de son feu.

      - Gemma... Répéta-t-il, songeur. C'est bien un nom d'humain ça. Impossible de dire s'il s'agissait d'un compliment, d'un reproche, ou juste d'une constatation.


    Il haussa les épaules, fixant un instant la main qu'elle lui tendait sans réagir - que voulait-elle ? - puis se mit en marche vers le centre ville, histoire d'y dénicher une taverne sympathique, avec son nouveau boulet sur les talons.

      - Tu l'fais exprès ou quoi ? Gronda Héphaïstos, pensant sans doute qu'elle s'amusait de sa désorientation, encore, en lui demandant où ils se dirigeaient. J'connais pas l'quartier, on rentrera là où ça sentira bon, c'tout.


    Il hésita à ajouter "si t'es pas contente tu dégages", mais il se retint. Il n'avait étrangement plus envie qu'elle le prenne au mot, et se vexe.
    Enfin, le plan était limpide pour lui : il la nourrissait, puis la ramenait en bonne santé à son père, histoire de s'en débarrasser... Le seul problème était de savoir si Jupiter en voudrait. Héphaïstos ne savait que trop bien qu'on ne pouvait pas obliger les Dieux à chérir leurs enfants.




   



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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mar 12 Mar - 10:47

"Je veux bien goûter du sphinx aussi, j'en ai jamais mangé avant. C'est bon ?"

J'étais toujours partante pour de nouvelles aventures culinaires.

"Euh, t'as pas encore croisé grand monde ici, j'me trompe ?"

Je secouai la tête. Non, je n'avais pas croisé grand monde, j'étais là seulement depuis quelques jours. En plus, comme j'étais timide, je n'allais pas forcément vers les autres. Et les dieux ne me voyaient pas, ou alors, quand ils m'apercevaient, je sentais souvent leur regard méprisant. Oui, ils savaient que je n'étais pas déesse, et pourtant, je n'étais pas créature non plus. Une hybride, une demi, franchement, qui s'en souciait ?

"Si tu voyais le Sphinx, t'aurais surement pas envie d'en faire ton repas... C'une façon de parler."

"Aaaaaaaaah...!" fis-je, comprenant qu'il s'agissait d'ironie.

C'est vrai que je n'étais pas forcément au courant des expressions du pays. Il faudrait peut-être que je me renseigne d'ailleurs. Je me disais bien que les Sphinx avaient une conscience, d'après mes souvenirs, Œdipe et l'énigme... Quel est l'être qui marche sur quatre pattes au matin, sur deux à midi et sur trois le soir ? Alors, les manger, ce n'était peut-être pas très correct. Mais j'étais quelqu'un d'ouvert sur les moeurs, et si on était cannibale ici, ce n'était pas un problème, je m'habituerais.

Je ne m'étais pas présentée ! Je tendis ma main, comme les adultes faisaient habituellement (je sentais que faire la bise à la française n'était pas forcément une bonne idée avec Héphaïstos, en plus il devait piquer des joues).

"Au fait, je m'appelle Gemma"

"Gemma..." répéta-t-il, comme s'il méditait sur mon prénom. Je m'attendais au pire concernant ses conclusions patronymiques. J'aimais bien mon prénom, je n'avais pas envie qu'on le descende en flammes. Et, finalement :

"C'est bien un nom d'humain ça."

Ca aurait pu être pire. Je laissai retomber ma main, voyant qu'Héphaïstos ne tenait pas à la serrer. Je ne m'en formalisai pas, ce ne devait pas être l'usage. J'hésitai entre faire une révérence, saluer à l'asiatique - Namasté ! - ou bien me mettre au garde-à-vous. Je n'eus pas le temps de me décider, il était déjà parti. Je le suivis en sautillant. Je voulais demander des millions de choses - marcher avec quelqu'un me donnait toujours cette envie - mais je sentis que ce serait malvenu dès ma première question :

"On va où ?"

"Tu l'fais exprès ou quoi ?"

Euuh. Quoi ?

"J'connais pas l'quartier, on rentrera là où ça sentira bon, c'tout."

Ah bon ? J'étais persuadée qu'on était chez les Grecs. Enfin, pas vraiment, mais tout près. Juste à côté du Neutre. Ou peut-être pas. En fait, je n'avais pas la moindre idée d'où j'étais. Ne va jamais avec des inconnus. Oui, enfin, on ferait une exception pour cette fois. Et puis ce n'était pas vraiment un inconnu.

"Ca me paraît être un bon plan" répondis-je du tac au tac.

Nous continuions notre route, en silence. Pourtant, les questions me brûlaient les lèvres, j'avais tellement de choses à demander ! Es-tu vraiment marié à Aphrodite ? Pourtant, il paraît que c'est une vraie peste. A moins que ce soit Aglaé ? As-tu vraiment essayé d'emprisonner Héra ? T'es-tu vraiment fait jeter de l'Olympe ? J'étais comme une fan de série télévisée qui pouvait avoir des spoilers incroyables, des scoops sur les coulisses ! Le soap opera des dieux !
Et tomber de l'Olympe, ça a fait mal ? Tu as pleuré ? T'es tombé dans les pommes ? Comment tu fais pour forger ? Comme les humains ? Ou pas ? Ca fait combien de temps que tu es marié ? Tu aimes bien les autres dieux ? Les Grecs ? Les autres ? Et moi ? Tu m'aimes bien ? C'est quoi ta couleur préférée ? Tu sais bien chanter ? Que penses-tu de la guerre de Troie ? Quel est ton temple préféré ? Quel âge as-tu en vrai ? Tu ne t'ennuies pas ici ?

Je ne pus résister, et posai la dernière question à laquelle j'avais pensé :

"Dis, tu préfères l'Olympe ou Néméïl ?"

Puis...

"On est bientôt arrivés ?"

J'avais faim, vraiment. Mon estomac gargouilla comme pour confirmer mes propos.
Tu préfères les pizzas ou les pâtes ? Il y a des pizzas sur l'Olympe ? Des pâtes ? Des hamburgers ?


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Sam 16 Mar - 17:32

Un bon plan ? Héphaïstos ne put se retenir de jeter un coup d'oeil surpris à Gemma, éberlué comme si elle venait de lui avouer qu'elle le trouvait magnifique : il avait peine à y croire, et il n'était pas habitué à ce qu'on lui fasse un compliment, de quelque ordre qu'il soit. Après l'avoir observé indécis et perdu, voilà qu'elle pensait qu'il avait des idées non négligeables... C'était un progrès énorme. Un pas en avant qu'Aphrodite n'avait fait qu'en plusieurs centaines d'années, et encore, sans l'officialiser vraiment.
Cette gamine était décidément trop bizarre : le Dieu reconnaissait sans hésitation aux humains des pouvoirs secrets, et il en avait là la preuve, la demoiselle tenant clairement son empathie de son côté mortel. Il admirait secrètement cette habilité, que n'avaient pas ses compères, à oublier, et à pardonner. Lui-même était dégoûté par cette tâche - alors que Gemma s'y pliait avec un enthousiasme désarmant.

    - Grumpf, répondit-il, bourru. Qu'y avait-il d'autre à ajouter ? Il ne savait pas, ne s'étant jamais trouvé dans ce genre de situation. D'ailleurs, il craignait que ce ne soit ironique... Mais si elle le suivait, sa démarche était alors contradictoire : à moins qu'elle ne veuille juste l'embêter ? Héphaïstos fronça les sourcils, songeur, gêné par ces choix multiples. Les relations étaient beaucoup trop compliquées, il comprenait soudain pourquoi il les fuyait. C'ton estomac qui commande tes émotions, faible créature.


Ce n'était pas une insulte, plutôt une boutade, dite avec cette voix rauque qu'il prenait toujours lorsqu'il se forçait à employer un ton badin alors qu'il était embarrassé. Elle semblait en tout cas avoir été plongée par cette balade en pleine méditation, et le forgeron s'en contentait fort bien. Il ne voyait aucun mal à ne pas faire la conversation.
Mais sans étonnement cette fois-ci, il entendit la demi-déesse fendre le silence.

    - Qu'est-ce que ça change ? Grogna-t-il. Dans un cas comme dans l'autre, j'suis toujours entouré des mêmes traitres.


Ce n'était pas tout à fait vrai, mais c'était ainsi qu'il le ressentait. Son existence entière était vouée à le faire expier des fautes qui n'étaient pas les siennes. Qu'il soit la proie de ses parents ou de ses sujets, quelle importance ?
Il ne ressentait que l'ingratitude qui l'accablait, et cet amour ridicul, irrationnel, dont il ne pouvait se débarrasser.

    - J'te retournes pas la question... Ajouta-t-il, toujours maussade, bien que légèrement radouci, en réalité. Il ne lui demanderait pas, parce qu'il savait déjà qu'elle aurait préféré être chez elle... Elle aussi subissait l'injustice née des caprices des puissants. Et puis, il ne voulait pas qu'elle se mette encore à pleurer - toujours cette crainte, qui le poussait à lui jeté de petits coups d'oeil soupçonneux de temps en temps. T'façon c'est inutile comme choix, c'est nul ! S'emporta-t-il soudain, pour la secouer, manquant une fois encore clairement de pédagogie. On est ici, et voilà, faut s'y faire.


Sujet clos. Qu'elle arrête d'être tant... Tant... Attendrissante, avec sa curiosité déplacée. Voilà, ça, ça agaçait Héphaïstos. Ses marteaux n'avaient pas la fâcheuse tendance à le harceler ou à vouloir connaître sa vie : c'était la principale raison pour laquelle il appréciait leur compagnie.

    "On est bientôt arrivés ?"


Le Dieu sentit un lourd désespoir lui tomber sur les épaules. Elle le cherchait. Elle le cherchait, non ? C'était forcément une manigance pour lui faire péter les plombs, perdre son calme... Et recevoir une rétribution qui arrangerait tous le monde sauf lui.

    - MAIS TU LE F... Commença-t-il à hurler, avant de se reprendre. S'il s'agissait d'un piège de sa mère, pour qu'il se brouille avec les divinités romaines, et se retrouve avec la communauté des astres sur le dos, il n'allait pas lui donner la satisfaction de tomber dedans. Il soupira donc, pour reprendre le contrôle de sa colère impulsive, espérant ne pas avoir brusqué et choqué sa petite accompagnatrice, garante de paix. Et bien, tout dépend ce que tu entends par "bientôt" ? Car pour un immortel comme moi, le temps n'avance pas pareil qu'pour les crevables.
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Lun 18 Mar - 20:00

J'avais donc décidé de suivre Héphaïstos pour manger ensemble. Ce serait un moyen de faire connaissance, et cette idée me réjouit.

"Grumpf" fit le dieu. Par bonheur, j'étais très douée en onomatopées, presque une experte dans ce domaine particulier. Cela signifiait, dans son contexte courant, une approbation qui ne veut pas avoir l'air d'en être une. Autrement dit, Héphaïstos était plutôt content, ou, devrais-je dire : ma présence ne le dérangeait pas tant que cela. Puis :

"C'ton estomac qui commande tes émotions, faible créature."

Je n'ajoutai rien, c'était vrai. Je n'en avais même pas honte. Bah quoi ? J'avais toujours été gourmande, c'était probablement le péché capital qui me correspondait le plus. Pas besoin de m'acheter par de l'argent, une boîte de chocolats suffisait largement ; et puis comme je bavarde toujours en mangeant... On pouvait me soutirer toutes les informations que l'on voulait.
Et pour le "faible créature", je n'étais on ne peut plus d'accord, j'avais autant de force qu'une mouche.

Nous marchions donc en silence, j'avais mille choses à demander. Je finis par céder à la tentation de la curiosité (comme quoi, j'étais vraiment une faible créature) :

"Dis, tu préfères l'Olympe ou Néméïl ?"

Le dieu me regarda, et répondis d'un ton bourru, comme tout ce qu'il disait :

"Qu'est-ce que ça change ? Dans un cas comme dans l'autre, j'suis toujours entouré des mêmes traitres."

Ce n'est pas faux. Sauf que là, il y en avait plus, si on ajoutait les Romains, les Scandinaves et les Egyptiens. Mais en même temps, il y avait tout de même des différences.
Et puis zut, c'était pour faire la conversation !

"J'te retourne pas la question..."continua le dieu. C'est vrai que pour moi, c'était tout simplement évident. Vive l'Angleterre ! Même si la campagne pue, même s'il pleut tout le temps, même si le thé est amer, j'étais vraiment anglaise jusqu'au bout des doigts. Une pure britannique. Mais je savais que je m'habituerai à Néméïl, probablement trop vite d'ailleurs. Je n'étais pas quelqu'un de très nostalgique, j'étais bien trop jeune pour penser au passé ! J'étais mal, oui, ma famille me manquait, mais - et c'est horrible à dire ! - un jour ou l'autre, je les oublierai. Je vis dans l'instant, dans le présent, c'est ainsi.

"T'façon c'est inutile comme choix, c'est nul !" s'énerva-t-il d'un coup, sans que je le voie venir. Je baissai la tête, une fois de plus, telle une enfant punie et honteuse. Je ne savais vraiment pas ce que j'avais fait de mal, mais il fallait faire comme avec ma soeur : profil bas et attendre que la tempête passe.

"On est ici, et voilà, faut s'y faire."

Ok, message reçu 5/5. On n'en parle plus.
Finalement, j'aurais dû poser une autre question.

Silence.

Nous continuions de marcher sans parler. Quelques minutes comme cela, puis l'envie de bavarder me reprit. J'étais incapable de me taire (sauf lorsque je pensais intensément, mais je n'avais pas de sujet de réflexion. Ou plutôt, mon sujet de réflexion était juste à côté de moi, et je ne pouvais laisser passer l'occasion de poser mille et une questions).

"On est bientôt arrivés ?"

"MAIS TU LE F..." hurla-t-il.

Je fermai les yeux et me recroquevillai, comme pour me protéger du bruit. C'est qu'il faisait peur dans ses accès de fureur !
Mais cela s'arrêta soudainement, si bien que je tentai un coup d'oeil inquiet, me demandant ce qui avait pu se passer. Eh bien, je ne vis rien, plus de colère ! Oh, c'était rapide cette fois-ci.

"Et bien, tout dépend ce que tu entends par "bientôt" ? Car pour un immortel comme moi, le temps n'avance pas pareil qu'pour les crevables."

Ah, quand même un peu de mauvaise foi, je me disais bien... J'acceptai le terme "crevable" sans rien dire, trop préoccupée par ce qu'il venait de dire.

"C'est-à-dire ? Tu peux dormir pendant des années par exemple ? Et puis t'as quel âge ? Tu t'ennuies pas ?"

Une éternité devant moi. Ce devait être terrible ! Je ne comprenais pas tous ces gens qui rêvent de l'immortalité. Quel ennui ! Il n'y a plus aucun but alors, puisque l'on peut tout faire. Trop de possibilités, je perdrais la tête. Vivre longtemps oui, toujours non.

"J'espère bien que je vais mourir, moi" finis-je par penser tout haut. Au moins, avec une date de péremption, on a des objectifs définis dans un temps imparti. J'étais naturellement paresseuse, et si j'étais immortelle... Je n'imagine même pas à quel point je procrastinerais !

"Tu te souviens quand t'avais mon âge ?" demandai-je. Car avec l'immortalité vient le problème de la mémoire ! Si on oublie tout, au final, on fait toujours la même chose, on réapprend toujours la même chose. Oh, la vie éternelle était bien absurde ! On tournerait en rond, à vrai dire. Comme ceux qui font Alzheimer. Comme les poissons rouges qui découvrent leur bocal à chaque seconde.
Je ne voulais pas être un poisson rouge.


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mar 19 Mar - 5:39

Pourquoi s'intéressait-elle à sa vie et à ses sentiments ? Héphaïstos n'avait jamais eu un pareil auditoire et il ne savait pas trop si ces questions devaient être écartées ou juste acceptées. La réponse n'était d'ailleurs pas évidente à formuler, ni à comprendre... Gemma s'engagea sur des chemins sinueux, qui les conduiraient surement bien plus loin que leurs pas pressés sur le troittoir.

    - J'en sais rien, j'ai arrêté de compter après 1257 ans, grommela le Dieu, réellement incertain du temps qu'il avait passé à parcourir le monde des humains, plus que l'Olympe. J'ai pas vraiment b'soin de dormir, surtout pas des années. Et puis j'm'occupe, comme tous le monde, j'fais des trucs quoi...


Oui, comme trainer des jours et des jours dans sa forge, à tourner en rond et produire des merveilles de métal, que le monde ne verrait jamais - et n'apprécierait surement pas à leur juste valeur, de toute façon. Et puis se morfondre, dans un mariage raté : ça aussi il le faisait assez régulièrement.
Il fallait bien avouer qu'il avait passé des années et des années à essayer d'arranger les choses, dans succès... Alors, il avait bien le droit à un peu de repos, maintenant - repos qui se traduisait pas un espionnage intensif depuis qu'il était sur Néméil.

    - J'espère que tu vas mourir aussi, approuva-t-il, sur le ton badin de la conversation. Quelle discussion étrange ! Réalisant que son propos était un peu tordu, Héphaïstos s'amusa de cette ambiguité. Le plus tôt sera le mieux : j'ai bien l'impression qu'il n'y a que comme ça que je serais débarrassé de toi !


Disant cela, il posa sur elle, un court instant, un regard contradictoirement bienveillant. Il lui souhaitait réellement de pouvoir partir, quand elle aurait accomplit tout ce que son coeur lui inspirait... Lui, s'il suivait ce dernier, n'était pas prêt à abandonner.
S'il ne pouvait disparaitre avant d'avoir connu un amour réciproque de la part d'Aphrodite, il serait surement le dernier Dieu encore vivant. Et pourtant, c'était la seule chose, l'unique désir qu'il avait. Une ambition impossible, une quête infinie, pour un immortel.
Son affection pour sa femme défiait leur condition de divinité, le temps, la raison, il savait au fond de lui qu'il ne cesserait pas se languir d'elle, dusse-t-il l'attendre encore au-delà de tout espoir.
Tout le faisait toujours revenir à elle, quelles que soient les épreuves, quelles que soient les interrogations curieuses de la fillette... Mais elle ne toucherait néanmoins jamais la vérité.

    "Tu te souviens quand t'avais mon âge ?"

    - T'as quel âge toi, une dizaine d'années ? Ne put-il s'empêcher de persiffler, clairement méprisant. Cette durée était aussi insignifiante pour lui qu'un claquement de doigt... Elle était une Ephémère, elle était née hier et n'avait rien vu, à son échelle. Bien sur que j'm'en souviens.


Il réfléchit quelques instants en silence. Se remémorait-il réellement son adolescence telle qu'elle avait été ? Après avoir été jeté de la montagne d'Héra, il avait été receuilli par des humains... Il avait été heureux, pendant un certain temps : aimé, chéri, protégé.
S'il était laid pour un Dieu, pour un mortel, il était d'une beauté tout à fait appréciable. Sa blessure l'avait certes ennuyé dans les travaux basiques qu'on lui avait vu assignés, mais sa force extraordinaire avait largement compensé. Il avait eu des amis, des amantes, il avait connu les plaisirs simples des êtres sans soucis. Il avait été admiré pour sa générosité, sa compassion, son talent.
Il s'était épanoui, avant d'être rongé par le feu de la vengeance. Avant de poser les yeux sur la plus belle créature qu'il lui avait été donné de voir, avant d'en être totalement consumé.

    - J'parlais pas autant, déclara-t-il, mentant éhontément. Jeune, il avait été un incorrigible bavard, il avait toujours eu un mot d'esprit à donner à son entourage, un conseil, une parole intelligente... Puis il s'était muré dans un silence punitif. Pourquoi tu m'demandes ça ? Ajouta-t-il, d'un soupir méfiant. Elle travaillait pour le service des renseignements ? C'est vrai qu'elle avait eu une réaction bizarre lorsqu'il avait parlé d'Hermès, il l'avait bien vu : elle était surement espionne à son service.


Il avisa plus loin une sorte de taverne et s'y dirigea, accélérant le pas, ne se souciant pas qu'elle puisse le suivre avec difficultés. Si elle était ce qu'il pensait, il pourrait tout aussi bien en profiter.

    - Et toi, alors, qu'est-ce que t'aimes faire, à part harceler les inconnus ? Se moqua-t-il - lui aussi pouvait mener des enquêtes, et il était bien déterminé à en savoir plus sur son compte, désormais... Il pourrait toujours la tromper, lui donner de fausses informations pour être tranquille.
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Ven 29 Mar - 8:59

"C'est-à-dire ? Tu peux dormir pendant des années par exemple ? Et puis t'as quel âge ? Tu t'ennuies pas ?"

"J'en sais rien, j'ai arrêté de compter après 1257 ans."


Je le regardai avec des yeux ébahis. 1257 ans. Au moins. Whaou ! Mais pourquoi arrêter de compter après 1257 ans ? Autant arrêter après un chiffre rond. Alors que là, 1257, ce n'est vraiment pas pratique.
Hé, mais ça voulait dire qu'il avait peut-être connu Charlemagne ? Cristophe Colomb ? Napoléon ? Shakespeare ? Marie Curie ? La chance ! Alors que, de nos jours, il n'y a pas tant de personnes impressionnantes à rencontrer. Peut-être Barack Obama ou le Dalaï Lama. Ou le pape. Eventuellement. Le pire, c'est que si certaines personnes du XXIe deviennent intéressantes post-mortem, ça ne servira à rien de vivre à la même époque qu'eux, au final.

"J'ai pas vraiment b'soin de dormir, surtout pas des années."

Il avait bien de la chance ! J'avais besoin de mes neuf heures de repos par jour, sans quoi j'étais intenable. Le sommeil est une telle perte de temps ! Mais d'un côté, quand on vit des milliers d'années, on est peut-être content de dormir pour laisser passer le temps... Je fis un rapide calcul pour entrevoir le temps passé à dormir pour ces dieux... Alors, un tiers de l'existence... Quelques milliers d'années... Oh my God ! C'était juste énorme !

"Et puis j'm'occupe, comme tout le monde, j'fais des trucs quoi..."

Merci pour la précision, je n'aurai jamais imaginé.
Voyant qu'il ne semblait pas très décidé à poursuivre sur ses occupations divines - dommage, c'était ce qui m'intéressait le plus, je continuai, perdue dans mes pensées :

"J'espère bien que je vais mourir, moi."

"J'espère que tu vas mourir aussi"


Je le regardai, vexée. Hein ? C'était méchant ! Moi, j'avais le droit de bien vouloir mourir pour éviter l'ennui - mais lui ? C'était quand même un adulte, il était censé dire des choses du genre "mais non, la vie réserve bien des surprises, la sagesse qui va t'être accordée te fera apprécier d'autres plaisirs" et autres bêtises du même style.

"Le plus tôt sera le mieux : j'ai bien l'impression qu'il n'y a que comme ça que je serais débarrassé de toi !"

Je souris. Ainsi donc, c'était ironique. J'avais envie de lui faire un câlin - pour bien lui prouver qu'il n'était pas débarrassé de moi, loin de là - mais je me retins ; il ne paraissait pas être très tactile.

"Et tu te souviens quand t'avais mon âge ?"

Maintenant que j'avais commencé avec les questions, il était impossible de m'arrêter. Surtout que, étrangement, Héphaïstos semblait accepter mes indiscrétions. Je comptais bien en profiter pour assouvir ma curiosité.

"T'as quel âge toi, une dizaine d'années ?"

"J'ai quinze ans et trois mois. Pour les jours, je ne suis pas sûre, il n'y a pas de calendrier ici"
répondis-je fièrement et avec dignité. Non mais, une dizaine d'années ! Il me confondait avec une élève de primaire ! Est-ce que j'avais l'air d'une CM1 ?

"Bien sur que j'm'en souviens."

Sa réponse grave me surprit. Vraiment ? Pourtant, à plus de mille ans, je pensais qu'il y aurait eu dégénérescence des neurones, ne serait-ce qu'un début d'Alzheimer. Mais non. Etrange. C'est un dieu, imbécile. Ah oui.

"J'parlais pas autant" dit-il.

Normal, c'était un garçon.

"Pourquoi tu m'demandes ça ?" demanda-t-il alors, plissant les yeux.

"Pour rien !" répondis-je précipitamment. Sa méfiance me gênait, j'étais mal à l'aise – alors que je n'avais rien fait de mal !

Je ne sais même pas s'il avait entendu ma réponse, puisqu'il accéléra pour atteindre une taverne. Je courus comme je pus pour le suivre. Nous ralentîmes en arrivant devant l'auberge, et entrant, il demanda :

"Et toi, alors, qu'est-ce que t'aimes faire, à part harceler les inconnus ?"

"Harceler des gens que je connais !"
répliquai-je avec un sourire angélique. Puis, voyant qu'il ne se contenterait pas de cette simple réponse, je me lançai dans un monologue en m'asseyant à la première table que je voyais :

"Non, sinon, j'aime beaucoup apprendre des nouvelles choses. Surtout l'histoire, mais j'aime bien les sciences aussi. La philosophie, c'est intéressant, mais pas très utile quand même. Tu sais que ça veut dire 'ami de la sagesse' à la base ? Bah oui, suis-je bête, c'est une racine grecque, et tu es grec. J'aimerais bien être historienne des sciences, oui. Si tu veux, un jour, je te raconterai comment ils en sont arrivés à la bombe atomique. Franchement, c'est génial ! On dirait peut-être pas, mais la genèse du nucléaire, c'est tout simplement passionnant. A moins que tu ne la connaisses déjà. J'aime bien aussi la musique. Je suis très classique, surtout en tant qu'instrumentiste. Sinon, au niveau du chant, j'adore le jazz, la liberté d'interprétation que ça peut nous laisser. Et puis l'ambiance, c'est doux. Enfin, doux, pas forcément, mais je me comprends. Le classique, en chant, ça peut se perdre dans des démonstrations vocales techniques et perdre de vue la pureté, la beauté, la simplicité. Alors que le jazz, c'est moins agressif dans le sens où on "crie" moins. Et puis j'aime bien. Le baroque, oui, ça dépend, peut-être plus à la flûte et au clavecin – d'ailleurs, je ne peux jouer du clavecin qu'au conservatoire, c'est vraiment dommage. Il paraît que vous préférez la lyre, vous les Gréco-romains, il faudrait que j'essaie. Que je voie avec Apollon. Ou bien les Muses. Ou Orphée."

Je me tus, et réfléchis. Qui pourrait m'aider au niveau de la musique ? Cela faisait presque quelques semaines (depuis mon arrivée) que je n'avais pas joué, il faudrait que je puisse travailler pour continuer à progresser. Sans quoi, je vais perdre toutes mes capacités. Apollon devait être sur Néméïl, j'avais entendu parler de lui. Orphée et les Muses, j'en doutais. Ou bien voir avec les autres mythologies ? Je serai probablement beaucoup plus déboussolée chez les Egyptiens ou les Scandinaves, je me demande s'ils ont les mêmes instruments. En tout cas, pour trouver une flûte traversière digne de ce nom, c'est fini. J'aurai peut-être une flûte irlandaise ? Pareil pour le piano, j'ai très peu d'espoir. Non, il faudrait que je me mette à la harpe ou la lyre.
Et soudain, une illumination :

"Dis, toi, t'es forgeron ? Tu saurais fabriquer une flûte système Boehm ? Parce que ça m'étonnerait qu'il y ait des flûtes traversières ici, comme ça a été inventé au XIXe. Je composerai une musique pour toi, si tu veux bien." dis-je en souriant.

"Sinon, au pire, c'est pas grave, je me mettrai à la lyre..." continuai-je, redoutant tout de même sa réponse. Je venais de me souvenir qu'il s'agissait d'un dieu, on ne commande leurs productions !

"Bon, et sinon, on mange quoi ? Pas de sphinx alors. Il y a des spaghettis carbo ?"


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mer 10 Avr - 17:54

Mais que n'avait-il pas fait ? Héphaïstos regretta immédiatement d'avoir ouvert la bouche, quand il perçut le flot de paroles qui allait déborder des lèvres curieuses de la gamine. Il en fut tout abasourdi, lui qui n'avait pas eu de longue conversation depuis quelques années... Là, elle lui faisait largement rattraper tout le retard qu'il avait accumulé, tout en entrainant ses nerfs, pas suffisemment mis à l'épreuve, apparemment, par les jérémiades incessantes de sa femme.
Il en resta un instant perplexe, poursuivant sa marche en essayant de chasser la migraine qu'il sentait pointer... Il n'écouta rien, en vérité, son esprit fermé dès les premiers mots, de crainte d'exploser d'informations inutiles.

    - Hein quoi ? Demanda-t-il en voyant soudain, qu'après dix minutes de monologue - le temps était disproportionné pour un Dieu - elle attendait une réponse de sa part. Surement, déclara finalement Héphaïstos, abdiquant comme il avait pris l'habitude de le faire avec Aphrodite, sachant que certains mots, comme celui-ci, pouvaient s'adapter à toute situation, et être interprêté de manière à satisfaire son interlocuteur, lui offrant un répit.


Il fallait bien développer de tels stratagèmes, face aux attaques sournoises de la gente féminine, qui, quelque soit l'âge ou la nature, avait décidément les mêmes armes pour assomer leurs adversaires masculins. Car bien sur, tout était question de ruse, et de domination.
Héphaïstos ne pouvait presque pas concevoir que deux personnes puissent avoir une discussion visant seulement à se connaître, sans arrière pensées, sans chercher à profiter de l'interlocuteur qui se montrerait le plus faible en matière de rhétorique.
Bien entendu, le forgeron se catégorisait lui même comme relevant de ces dernières victimes.

    - Oui, il faut lire, c'est bien, commenta-t-il en se rappelant des derniers mots de la demoiselle, que son esprit avait bêtement enregistrés, dénués de contexte. Y'a plein de livres biens... Commença même Héphaïstos, avant de laisser ce sujet s'évanouir.


A vrai dire, il ne savait pas quoi ajouter. Il n'avait pas lu depuis des années et des années, et il avait oublié les titres comme les autres de ces ouvrages d'un autre temps, qui n'auraient de toute façon pas plut à l'adolescente.
Héphaïstos ne savait plus comment entretenir une conversation intéressante, et il ne tenait pas à faire l'effort de s'en souvenir. Pourtant, il se rappelait avoir brillé, dans certains débats, pour éblouir sa promise... Qui était toujours restée de marbre, face à ses jeux d'esprit, et ses beaux discours.
Elle avait voulu écraser cette vive intelligence qui le caractérisait, et qui la dérangeait, surement par jalousie : elle avait réussi, car pour elle, Héphaïstos était enclin à se faire passer pour bête aux yeux du reste du monde. Il lui donnait toutes les raisons de le mépriser, devant ses semblables, juste parce qu'il sentait le plaisir qu'elle prenait à l'humilier ainsi, et qu'il ne souhaiter que cela, la satisfaire.

    - C'pas moi qui fait l'menu, grogna le Dieu, lorsque Gemma, de nouveau plus concise, s'enquit de ce qu'ils allaient bien pouvoir manger. Et pourquoi, tonnerre de Zeus, voudrais-tu manger des pâtes carbonisées ?


Drôle de goûts, que ceux des humains, de nos jours. Héphaïstos fronça les sourcils, à la limite de lui proposer de lui faire à manger dans sa forge, pour qu'elle soit sure d'avoir des aliments bien noirs. Mais sa forge était son repère secret, et personne ne pouvait y pénétrer, surtout pas une enfant qui ne tenait pas sa langue.
Et puis il ne faisait pas la cuisine. Officiellement.
Pas question qu'elle le prenne pour un gentil marmiton, qui allait s'amuser à l'engraisser tendrement ! Pour ça, elle n'avait qu'à demander à Déméter. Ou à Bacchus.

Bref, il entra, que les propositions de la taverne plaise ou pas à sa jeune compagne.
Il s'assit à une table, et hêla une serveuse, qui arriva avec un grand sourire ravi pour prendre la commande.

    - La demi-portion d'humaine veut manger, servez-là d'abord, histoire qu'elle ait la bouche pleine rapidement, déclara-t-il très sérieusement, dissimulant sa politesse sous couvert de méchanceté.




   



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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Ven 12 Avr - 17:41

On m'avait lancée sur mes passions, je ne pouvais plus m'arrêter. Et puis, cette illumination, pourquoi pas demander à Héphaïstos de me fabriquer une flûte ? Je suis certaine qu'il saurait faire quelque chose d'aussi fragile et délicat qu'une flûte traversière, malgré son air un peu balourd. C'était d'ailleurs probablement l'une des seules personnes à en être capable sur Néméïl.

"Sinon, au pire, c'est pas grave, je me mettrai à la lyre..."

Héphaïstos sembla soudainement se réveiller (bien que je ne l'aie pas vu s'endormir) :

"Hein quoi ?"

Je fronçai les sourcils. N'avait-il pas écouté ?

"Surement" fit-il finalement. Je souris, ravie. L'idée de pouvoir bientôt souffler dans une flûte me remplissait de joie.

"Merci beaucoup !" fis-je. "L'idéal, ce serait entièrement en or. Sinon juste la tête en or, et le corps en argent, ce serait déjà génial !" précisai-je.

Je me tus, rêvant au magnifique son d'une flûte divine.

"Oui, il faut lire, c'est bien" fit Héphaïstos.

Quoi ? Je fronçai les sourcils et penchai sur la tête sur le côté. J'avais peut-être raison, finalement, même les dieux devenaient un peu gâteux à la longue.

"Y'a plein de livres bien..." continua-t-il.

Ok...
Je regardai le dieu sans savoir où il voulait en venir, un air profondément perplexe sur le visage. Mais apparemment, il ne comptait pas préciser sa pensée. Bon... Hum... Euuuuh...
Parlons d'autre chose.

"Bon, et sinon, on mange quoi ? Pas de sphinx alors. Il y a des spaghettis carbo ?"

"C'pas moi qui fait l'menu. Et pourquoi, tonnerre de Zeus, voudrais-tu manger des pâtes carbonisées ?" grogna Héphaïstos.

Je soupirai, désespérée. J'avais l'impression de parler à mon père, devant tout lui expliquer : "Oui, facebook est un réseau social, c'est pour parler avec des amis. Oui on les voit toute la journée, mais c'est pour rester connecté 24h/24. Mais tu ne peux pas comprendre."
Là, c'était pareil. Il fallait tout leur apprendre à ces vieux. N'importe quoi.

"Roooh, mais t'es bête !" m'exclamai-je. "Carbo, ça veut dire carbonara, c'est comme quand on dit bolo, ça veut dire bolognaise. C'est une sauce avec des pâtes. C'est plus court quoi, ça va plus vite à dire."

Il faut vraiment tout expliquer ici ! Mi-amusée, mi-agacée, je continuai :

"Comme si je voulais goûter des pâtes carbonisées ! C'est pas bon, et c'est cancérigène en plus."

Je secouai la tête devant l'ignorance de ce dieu, et soupirai une fois de plus.
Pendant ce temps, Héphaïstos héla une serveuse :

"La demi-portion d'humaine veut manger, servez-là d'abord, histoire qu'elle ait la bouche pleine rapidement."

"Bonjour" fis-je timidement à la jeune femme, pour compenser le manque de politesse de Monsieur le dieu. "Est-ce que vous auriez des pâtes à la carbonara s'il vous plaît ?" Elle hocha la tête et je poursuivis : "Dans ce cas, ce sera un plat pour moi, merci beaucoup."

La femme prit ensuite la commande d'Héphaïstos, puis retourna dans les cuisines.

Bon, où en étions-nous ? Ah oui, les livres.

"Pour les livres, tu aimes les histoires d'amour ? Ou plutôt des romans réalistes ? Poésie, théâtre ?" demandai-je. Je ne le laissai pas répondre et me ravisai :

"Et puis non, finalement, je n'ai pas envie de parler de livres. Ce n'est pas très drôle... Au fait, merci encore pour la flûte, ça va être génial !" fis-je en souriant.

"Bon... De quoi on parle ? T'as un sujet de discussion ? On va pas juste attendre là, pendant qu'ils préparent, c'est long et ennuyeux..."

Et si on gossipait ? Hihi, cancaner avec un dieu, ça doit être bien plus fun. Mon regard s'illumina, et je m'approchai d'Héphaïstos doucement. Sur le ton des confidences et des secrets, je demandai tout bas, curieuse :

"Pourquoi tu n'aimes pas les autres dieux grecs ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?"


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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Lun 22 Avr - 19:34

    Bête, lui ? Jamais, humains ou dieux, n'avaient osé l'insulter de la sorte, en pleine face. Bête parce qu'il ne connaissait pas un stupide plat de stupides romains ? Si Gemma ne l'avait pas encore compris, à son visage encore plus renfrogné que quelques minutes auparavant, Héphaïstos lui tenait rigueur de ce qualificatif. Si elle n'avait pas été toute guillerette et surtout si petite, ses poings lui auraient montrés qu'on ne parle pas ainsi au Dieu de la forge.

      - Traite-moi encore de bête, et c'toi qui va finir carbonisée ! Menaça-t-il, très sérieux. C'moi qui ait fait sauter le Vésuve, j'te signales, parce qu'les tiens m'avaient énervés.


    L'anecdote était vraie... Ce qui l'était moins, c'était qu'il fusse encore capable de faire preuve d'un tel pouvoir. Condamné sur cette île, il avait perdu beaucoup de ses dons, et par là même, la once de prestance qu'il lui restait encore.
    Dire qu'il avait provoqué des pleurs et des cris de terreur lorsqu'il avait montré son courroux, autrefois... C'était le bon temps, celui où Aphrodite l'avait presque aimé. Toujours presque, jamais tout à fait, jamais même un peu... Juste presque. Mais il avait été fier, tellement fier, de ce presque, qu'il l'avait célébré dans le feu.

    Il boudait encore, quand la serveuse se tourna vers lui pour prendre sa commande. Il remarqua le regard de la jeune femme, passant de son regard sombre, à ses cheveux broussailleux. Il crut percevoir un frémissement de dégoût, dans ses lèvres qui pourtant s'adressaient à lui avec la politesse adéquate à sa profession.

      - Idem, grogna-t-il, sous prétexte de dire le moins de mots possibles... Au fond, il était assez curieux de goûter à cette sauce qui lui évoquait si bien ce qui faisait son principal loisir. 'Rci.


    Gemma s'était remise à parler, et Héphaïstos hésita à rappeler la jeune serveuse, pour ajouter à son repas quelques bons litres d'alcool, pour l'aider à faire passer l'effervescence de sa compagne. Mais il n'avait pas assez de courage pour rentrer de nouveau en interaction sociale avec une inconnue.
    La gamine lui suffisait. Il soupira, comprenant succintement qu'elle faisait de toute façon les questions et les réponses, et qu'elle ne se rendait même pas compte de l'embarras qu'elle provoquait chez lui. Il jeta quelques coups d'oeil à la ronde, histoire de trouver de l'aide parmi ses bons concitoyens, pour prendre le relai de cette conversation... Mais personne ne semblait disposer à prendre son fardeau, sauf une sorte de vieux débris qui les observait d'un air lubrique - un ancien satyre surement - et il n'aurait pas laissé Gemma entre de telles mains, par acquis de conscience.
    Ainsi, il se retourna vers elle, résigné à subir.

      - T'es bien la seule à pas l'savoir... Ricana le Dieu amèrement, quand elle lui demanda la raison de sa rancune envers sa famille olympienne. Disons qu'ils s'amusent à jouer des petits tours à mes dépens, et qu'j'ai pas l'sens de l'humour.


    La première avait bien sûr été sa mère, en le jetant du haut de son royaume : très drôle avait été le vol, un peu moins la chute, surtout pour lui. Mais surement aurait-il du rire aussi, pour se faire accepter... Prendre la chose légèrement, vivre sans esbrouffes, oublier sa vengeance... Etait-ce ce qu'ils avaient attendu de lui ? Qu'il disparaisse, parce qu'il était jugé trop laid pour trôner à leurs côtés ? Certes, de critères de Dieux, Héphaïstos ne possédait aucune grace, mais il avait cette force, cette aura, qui le rendait néanmoins digne de sa place, et son seul objectif avait toujours été de la réclamer, et de l'obtenir dans le respect du mérite qui était le sien.

      - Même mon mariage n'est qu'une grosse blague, conclut-il. C'lui qui a écrit la Belle et la Bête n'avait rien compris à la vie... Y'a pas d'fin heureuse possible pour ce genre d'histoires.


    Oh, il lisait, finalement.
    Il se rappela soudain que son interlocutrice était une enfant, et il s'en voulut d'avoir évoqué un conte si beau sur un ton si pessimiste... Il avait longtemps voulu y croire, et il se refusait d'être celui qui ôterait l'espoir, pour connaitre la douleur d'être victime de cette désillusion.

      - Enfin, y'a surement des exceptions, j'imagine, se rattrapa-t-il maladroitement. Qui aurait dit qu'on s'retrouverait là à manger des pâtes carboni... Carbona... Carbinata ! S'énerva le forgeron, avant de secouer la main d'un geste impatient. Bref, tout arrive.




   



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Crazy codeuse ♣ RP en pauseGemma Anderson
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Ô Grand moi
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MessageSujet: Re: [LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire    Mar 23 Avr - 7:55

Héphaïstos n'avait pas l'air d'apprécier ma remarque. Il n'explosa pas, mais il se mit à parler tout bas, d'un air menaçant :

"Traite-moi encore de bête, et c'toi qui va finir carbonisée ! C'moi qui ait fait sauter le Vésuve, j'te signale, parce qu'les tiens m'avaient énervé."

Je rougis et baissai la tête. J'aurais préféré qu'il crie. La colère pure est moins impressionnante que la haine froide. Je balbutiai un "Pardon" d'une voix inaudible.
Un ange passa. Héphaïstos semblait encore énervé, et je n'osai pas me remettre à parler. Silence pesant, durant lequel j'eus tout le loisir de repenser à ses paroles. Ainsi donc, il avait fait sauter le Vésuve... Mais comment ? C'est tout de même un sacré volcan ! Mes yeux pétillaient de curiosité, je m'apprêtai à ouvrir la bouche pour demander, mais je renonçai devant l'air renfrogné du dieu. Le repas s'annonçait long...

Une éternité plus tard, une serveuse arriva enfin, libérant ma langue et détendant l'atmosphère. J'eus le plaisir d'entendre un grognement se rapprochant d'un mot de politesse de la part du rustre qui se disait dieu. Finalement, tout n'était peut-être pas perdu ! Cette preuve d'humanité m'encouragea à reprendre la conversation - d'un côté, je ne savais me taire indéfiniment. Je finis par aborder un sujet qui m'intéressait particulièrement :

"Pourquoi tu n'aimes pas les autres dieux grecs ? Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?"

Je fus agréablement surprise de voir qu'Héphaïstos répondit, ce qui n'est tout de même pas rien ! Le dieu n'avait pas l'air très bavard, je pris avidement les quelques mots qu'il me donna :

"T'es bien la seule à pas l'savoir... Disons qu'ils s'amusent à jouer des petits tours à mes dépens, et qu'j'ai pas l'sens de l'humour."

Certes, ce n'était pas une réponse très développée, mais je n'en attendais pas plus. De sa part, je considérais cela comme une confession totale. Je voulais surtout savoir si les légendes étaient vraies. Il semblait que oui.

"Même mon mariage n'est qu'une grosse blague" fit-il.

Je manquai d'avaler un spaghetti de travers. Pardon ? Héphaïstos me parlait-il de sa femme ? Aphrodite ? Ainsi donc, il s'était vraiment marié avec la belle Grecque. Pour une fois, j'étais sans voix.

"C'lui qui a écrit la Belle et la Bête n'avait rien compris à la vie... Y'a pas d'fin heureuse possible pour ce genre d'histoires."

Je grimaçai. Pour qui se prenait-il, lui ? N'était-il pas lui-même issu d'une histoire ? Il était une légende ! Il ne fallait pas généraliser, tout de même. Et puis, c'était de sa faute. Il n'avait qu'à pas demander la main d'Aphrodite. Comme Casimodo qui tombe amoureux d'Esméralda. Comme Emma - une amie du lycée - qui veut sortir avec un sportif. Quand on vise trop haut, ce n'est plus que la chance qui joue. Et Héphaïstos ne semblait pas très chanceux. Le regard du dieu croisa le mien, et il sembla se rendre compte que son raisonnement n'était pas valable.

"Enfin, y'a surement des exceptions, j'imagine. Qui aurait dit qu'on s'retrouverait là à manger des pâtes carboni... Carbona... Carbinata !"

"Carbonara" l'aidai-je doucement, amusée sans pour autant être moqueuse.

"Bref, tout arrive."

Je hochai la tête et souris, rêveuse.

Oui, tout arrive. Quelques semaines auparavant, on m'aurait dit que j'étais en réalité la fille de Jupiter, j'aurais ri aux larmes. Mais maintenant... Maintenant j'y croyais presque. Presque. Tant que je ne l'aurai pas vu, tant que je ne lui aurai pas parlé, je ne pense pas que je pourrais le considérer comme mon père. Et même... Jupiter quoi ! Pourquoi lui ? C'est tout de même un père ingrat ! Pourquoi n'aurais-je pas pu naître de Demeter ? Et pourquoi un Romain ? Il exagère, vraiment.

Est-ce vrai d'ailleurs, tout cela ? Comment serait-ce possible ? Ne serais-je pas plutôt devenue folle ? Je souris en pensant au "test" d'Alice au Pays des merveilles. Des multiplications, des capitales et une poésie à réciter, pour voir si on est dans le corps de quelqu'un d'autre.

3x3 = 9
5x7 = 35
3^4 = 9x9 = 81

Oulan-Bator est la capitale de la Mongolie.
Minsk est la capitale de la Biélorussie.

« Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage

Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

Pierre de Marbeuf »


Bon, apparemment je suis bien restée Gemma. Et je ne suis pas folle. Enfin, folle selon Lewis Carroll. En tout cas, je ne suis pas dans le Pays des Merveilles - ce que j'aurais pu deviner.

Roh, et puis zut, je m'en fous !

"Tu aimes ?" demandai-je à Héphaïstos, revenant à des questions plus pratiques. Il semblait que c'était la première fois qu'il goûtait ces pâtes.

Il y eut un autre silence. Je repensais à Aphrodite.

"En même temps, pourquoi tu as voulu te marier avec elle ? Pourquoi t'es tombé amoureux d'elle ?" demandai-je en fronçant les sourcils. Je ne comprenais pas. Il suffisait d'un peu de volonté pour l'oublier, non ?

"Mais maintenant c'est trop tard... En tout cas, moi, je ne me marierai pas ! Tu sais qu'un mariage sur deux finit en divorce ?"

Illumination :

"Bah tiens, pourquoi tu ne divorces pas ?"

Puis je pensai aux modalités juridiques :

"Quoique... Il n'y a peut-être pas d'avocat ici pour divorcer... Mais enfin, je veux bien t'aider pour les papiers : j'ai choisi l'option droit au lycée, si tu veux quelqu'un qui s'occupe de la paperasse" proposai-je gentiment, toujours prête à rendre service. Quoi de mieux qu'un divorce à l'amiable pour régler ses problèmes conjugaux une fois pour toutes ?


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[LIBRE] Rêveries d'une promeneuse solitaire

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